Pourquoi les cheminots partent en grève

Les cheminots de la SNCF sont en grève depuis quelques jours à présent. Et pour cause, car leur statut risque fort d’être réformé et leurs avantages rognés.

Voilà un effet de plus de la réglementation européenne : ouvrir les marchés nationaux à la concurrence. Briser les monopoles d’états. Et la SNCF bénéficie jusqu’à présent du monopole du transport de personnes sur le réseau ferré de France. Une situation qui s’apprête à changer avec l’arrivée annoncée de nouvelles compagnies privées sur le territoire : l’Allemand Deutsche Bahn ou encore l’Italien Trenitalia compteront ainsi parmi les nouveaux entrants. A partir de 2020 les lignes TGV seront ouvertes à cette concurrence et à partir de 2023 ce sera le tour des lignes régionales. Ouverture à la concurrence, ok mais les nouveaux acteurs estiment que les conditions de travail des employés de la SNCF sont bien trop généreuses. Cette convention collective ne leur convient pas, et des négociations sont ainsi en cours pour en définir une nouvelle. Et c’est bien là que ça coince.

Les cheminots redoutent de devoir se plier à bien de nouvelles contraintes, de devoir travailler dans des conditions de travail plus complexes. A cette définition d’une nouvelle convention collective vient s’ajouter les discussions sur l’organisation du travail. Deux champs de bataille qui mobilisent les troupes de cheminots. Temps de travail, temps de pause, rémunération, primes, retraite, jours de compensations, RTT…absolument tout est en train d’être abordé.

Reste à savoir si les cheminots réussiront bel et bien à conserver leurs avantages longuement et durement acquis ou s’ils seront balayés d’un revers de main suite à une génuflexion supplémentaire face aux grandes compagnies privées. Des compagnies qui brandiront à coup sûr la menace de perte d’emplois si elle n’obtiennent pas gain de cause.