La Coordination Nationale de la Formation des Enseignants lance une initiative intitulée « 100 000 voix pour la formation des enseignants ». Le but est simple : demander l’abandon de la réforme de la formation, qui se met en place contre l’avis unanime des universités, des syndicats d’enseignants, des associations de parents, d‘étudiants, et demander l’ouverture de négociations pour obtenir une toute autre réforme.

100 000 voix, c’est un véritable défi ! C’est bien plus que toutes les pétitions réunies depuis un an. C’est possible de réussir dans un délai assez bref si tous les acteurs concernés se mobilisent.

Ce n’est pas simple parce qu’il faut prendre le temps d’expliquer cette réforme qui apparait très technique. C’est pourquoi la pétition se centre uniquement sur les enjeux de la formation. Cela n’empêche pas de développer tous les autres points néfastes de la réforme, notamment la difficulté d’accès au métier pour un grand nombre d’étudiants de milieux modestes. Dernière décision du gouvernement (début janvier) : les reçus au concours de cette année seront mis directement sur le terrain plein temps sans avoir eu de formation professionnelle..

Pour compenser, ils auront quelques semaines de stages et seront alors remplacés par des étudiants qui eux-mêmes n’auront reçu aucune formation professionnelle ! L’argument premier est que l’on manque de remplaçants !

Réaffirmons ensemble que ce métier s’apprend et que la formation des enseignants est un investissement pour l’avenir !

Un site spécial a été ouvert. http://www.100000voixpourlaformation.org/

Merci d’indiquer d’où viennent les signatures (la ville, l’université, l’école, ..).

Celle-ci a pour but d’alerter l’opinion publique du danger que représente la nouvelle réforme de la formation et du recrutement des enseignants. En effet, alors qu’il serait déterminant d’améliorer la formation des enseignants pour faire réussir tous les élèves, la réforme - telle qu'elle est imposée par le gouvernement - va fortement dégrader leur formation professionnelle, disciplinaire et pédagogique.

La pétition, qui demande l’abandon de la réforme et l’ouverture de réelles négociations pour obtenir une autre réforme, a recueilli 30 000 signatures en deux semaines. Ce chiffre exceptionnel montre l’intérêt porté à ce sujet qui est trop souvent présenté comme très technique et inabordable.

Elle a par ailleurs obtenu le soutien de nombreuses organisations : FCPE, UNEF, syndicats de lycéens, syndicats d’enseignants et d’universitaires, associations professionnelles, sociétés savantes et mouvements pédagogiques (GFEN, CRAP, ICEM, etc).

La CNFDE a de plus sollicité de nombreuses personnalités du monde politique, universitaire, éducatif et culturel pour parrainer cette initiative. Déjà de nombreux universitaires, anciens recteurs, ancien ministre, députés, écrivains ont répondu .

Tous les signataires de la pétition sont conscients des conséquences de cette réforme : des enseignants et étudiants seront envoyés devant les élèves sans garantie d'une maîtrise disciplinaire pour enseigner, du fait de la réduction des exigences des concours de recrutement et sans formation professionnelle, du fait de la destruction de la formation en lien avec les classes !

Prétendre que les enseignants seront mieux formés parce que leur titularisation aura lieu au niveau du master (Bac+5) est tout simplement un mensonge dans les conditions de la réforme actuelle. Au contraire, le service public d’éducation sera durablement affaibli.

Pour la CNFDE, recueillir 100 000 signatures est un véritable défi ! C’est aussi un très bon moyen pour aller à la rencontre des étudiants, des enseignants, des parents, des élus,.. . et de leur expliquer les réelles intentions du gouvernement qui sont, entre autres :

- économiser d’un coup 14 000 emplois de stagiaires, ce qui correspond à l’objectif de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux.

- justifier le fait que de nombreux étudiants qui ne seront pas reçus au concours faute de postes, pourront devenir « légitimement » vacataires ou contractuels puisqu’ils auront le diplôme requis pour enseigner (master) .

- sacrifier les IUFM, écoles professionnelles universitaires des enseignants, et au-delà toute formation professionnelle alternée, au motif que « l’apprentissage sur le tas » suffirait pour ce métier pourtant si difficile.

Les enfants sont-ils des cobayes ? Les IUFM ont certes besoin d’être améliorés, mais en aucun cas supprimés !

Les signataires de la pétition demandent l’ouverture d’une concertation digne de ce nom (ce que le gouvernement refuse depuis 18 mois), pour aboutir à une toute autre réforme qui ne sacrifie pas la formation disciplinaire, assure une formation professionnelle universitaire de qualité, garantisse le recrutement des enseignants fonctionnaires dont l’école a besoin, développe la recherche et permette aux étudiants de tous milieux d’accéder à des poursuites d’études.

Pour la Coordination Nationale de la Formation des Enseignants, l’enjeu de recueillir 100 000 voix est de la plus haute importance, le gouvernement doit enfin entendre la demande solennelle et pressante de la pétition : « Nous, citoyens, parents, étudiants, enseignants, élus... ensemble nous voulons que le gouvernement considère la formation des enseignants non comme un fardeau pour le budget de la nation mais comme un investissement pour l'avenir ! C'est pourquoi, nous lui demandons d'entendre nos voix : abandonnez cette réforme ; ouvrez des négociations !