Les revenus agricoles au plus bas en 2014

Le gouvernement a publié en début de semaine ses estimations pour les revenus des agriculteurs. On constate de fortes disparités entre les secteurs, mais ce sont les céréaliers confrontés à une baisse de 60% de leurs revenus qui sont en bas de l’échelle, avec 11.500 euros annuels.

Selon les données publiés lundi 15 décembre par le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste), le résultat courant avant impôt d’un agriculteur, toutes filières confondues, est en baisse de 5%, et représente en moyenne 24.000 euros. Cependant, il existe d’importantes différences de revenus entre les secteurs. Avec 11.500 euros annuels, les céréaliers sont les plus mal rémunérés. Plusieurs facteurs expliquent l’effondrement de 60% de leurs recettes. Non seulement les récoltes ont atteint un volume record dans le monde, surtout pour le blé et le maïs, faisant ainsi chuter le cours de céréales sous les 200 euros/tonnes sur Euronext, mais en plus la qualité des graines n’était pas au rendez-vous en France.

Les temps sont également difficiles pour les arboriculteurs qui affichent une baisse de 56% de leur revenu par rapport à 2013, atteignant ainsi le chiffre de 13.400 euros pour l’année en cours. En effet, la production de pêches et d’abricots a été abondante cette année, et la concurrence espagnole se fait de plus en plus forte, tirant les prix vers le bas. Les producteurs bovins viandes sont eux aussi touchés par cette baisse des prix générale dans l’agriculture, avec un déclin de 21%, ils n’auront touché que 14.500 euros en moyenne.

Pour la FNSEA, principal syndicat des agriculteurs, “il y a une baisse généralisée des revenus en agriculture, en repli de près de 25% par rapport aux trois dernières années. Même si quelques secteurs tirent leur épingle du jeu, il s’agit bien d’un séisme”. Le choix du gouvernement de privilégier les éleveurs dans la nouvelle PAC 2014-2020 a été fait au détriment des céréaliers, mais il a permis aux éleveurs ovins et caprins de bénéficier d’une augmentation de 23% de leur revenu, soit 20.000 euros.

Les viticulteurs et les producteurs de lait s’en sortent le mieux. Selon Agreste, les prix restent stables pour les viticulteurs qui ont vu leurs recettes progresser de 27% avec 46.200 euros et la hausse du prix du lait a été bénéfique pour les producteurs laitiers qui affichent un résultat en hausse de 30%, pour 30.100 euros annuels.

Crédits photo : PRA