Nicolas Hulot songe à une taxe béton pour défendre les terres agricoles

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Le ministre de la Transition énergétique songe sérieusement à taxer les projets immobiliers en zone périurbaine. Une “taxe béton” pourrait voir le jour.

Stopper la “folie des grandeurs” des promoteurs pour protéger les terres agricoles. Nicolas Hulot en a assez des immenses projets immobiliers qui grappillent sur les terres agricoles, qui les engloutissent même. Chaque année ce sont en effet de 50 000 à 60 000 hectares de terres qui sont transformées en centres commerciaux, logements, bureaux, cinémas… Ces surfaces urbanisées qui représentent six fois la superficie de Paris sont en proie au phénomène d’artificialisation des sols. Comprenez : des barres d’immeubles sont construites en lieu et place de champs de blé, de maïs, de colza, de pâturages.

Le ministre veut en finir avec ce phénomène qui nuit aux agriculteurs français, déjà à la peine. Une “taxe béton” pourrait bien voir le jour. Elle prendrait la forme d’une taxe foncière proportionnelle aux mètres carrés construits par les promoteurs : «J’étudie une nouvelle source de financement qui permettrait de lutter contre l’artificialisation des sols et de financer la préservation de la biodiversité» a déclaré le ministre.

Une taxe crédible ?

Sur le papier, force est de constater que l’idée est bonne. Pour autant qu’elle ne freine pas le développement économique de certaines zones rurales ni n’empêche des ménages de trouver un logement. D’autant qu’un sondage d’opinion témoigne du soutien annoncé des Français pour cette mesure : 78% d’entre eux seraient favorables à un moratoire sur l’artificialisation des terres agricoles dès 2020.

Mais une fois n’est pas coutume, le ministre s’attaque à gros : la filière béton. La filière béton qui peut compter sur des partenaires de poids : promoteurs et investisseurs publics et privés. S’attaquer à leur porte-monnaie est loin d’être une partie gagnée à l’avance. En témoigne la volée de bois vert que le ministre a reçu suite à l’annonce des fermetures des centrales nucléaires ou la fin du diesel d’ici 2040.

Le ministre pourra cela étant compter d’une part sur le soutien de l’opinion publique ô combien précieuse de même que sur celle du premier ministre. Edouard Philippe l’ayant en effet encouragé à creuser la question.