Deal UE-Mercosur : un scandale en devenir?

Voté en catimini par la commission sortante, l’accord de libre-échange agricole entre les pays du Mercosur et l’UE a tout l’air d’un futur scandale sanitaire, alimentaire, agricole et économique.

La filière agricole française n’en voulait pas, mais elle l’aura quand même. L’accord de libéralisation commerciale mis en place entre les pays membres du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay) et les 28 de l’UE n’est pas une bonne nouvelle. Loin de là même car les éleveurs et les agriculteurs français vont être concurrencés par des produits de piètre qualité vendus au rabais.

 Tandis que l’ultra-libéral Jean-Claude Juncker y voit “un vrai message de soutien à un commerce ouvert, équitable, durable et réglementé”, les agriculteurs français quant à eux dénoncent une  “inacceptable signature d’un accord Mercosur-UE qui va exposer les agriculteurs européens à une concurrence déloyale et les consommateurs à une tromperie totale”. Des déclarations faites par Christiane Lambert la dirigeante du premier syndicat agricole français la FNSEA.

Il y a de quoi s’inquiéter car entre les “usines à viandes” sud-américaines et les produits agricoles cultivés dans des conditions plus que douteuses, les consommateurs européens devront faire attention à ce qu’ils achètent en rayon.

Mais les professionnels de la filière ont également de quoi s’inquiéter car ils redoutent que la guerre des prix qui va se jouer les mettent au tapis. Sans parler des méthodes d’élevage plus que douteuses pratiquées en Amérique du sud, à base d’antibiotiques utilisées comme hormone de croissance et d’une alimentation loin d’être de qualité. D’autant que la filière sud-américaine fait la part belle à des “usines à viande” comme le décrit la FNSEA.

La Confédération paysanne elle-aussi décrit l’accord, dénonçant le “sacrifice de l’agriculture et l’élevage sur l’autel d’un commerce cannibale et d’une course folle à la croissance au détriment du climat, de la planète et des hommes”.