Netanyahou mise sur l’expansion pour séduire la droite ultra 

Israël, Cisjordanie, annexion

Mardi 10 septembre, le premier ministre israélien a promis que s’il était reconduit au pouvoir lors des législatives du 17  septembre, il annexerait une partie de la Cisjordanie. « Aujourd’hui, j’annonce mon intention d’appliquer, avec un futur gouvernement, la souveraineté d’Israël sur la vallée du Jourdain et la partie nord de la mer morte », a-t-il déclaré, en direct à la télévision. 

Main mise sur l’eau

Ce plan n’affecterait pas « un seul Palestinien », a osé assurer Netanyahou. Pourtant la vallée du Jourdain est un lieu stratégique pour l’approvisionnement en eau, dont l’annexion a en fait démarré il y a plusieurs années. La plupart des agriculteurs et éleveurs palestiniens en ont déjà été expulsés, et ceux qui résistent sont harcelés sans relâche par les autorités israéliennes, qui n’hésitent pas à confisquer leurs troupeaux. Pour récupérer leurs bêtes, les éleveurs doivent alors payer des “frais de nourriture”.

L’eau, toujours l’eau 

Dans les années 50, le fondateur de l’État hébreu, David Ben Gourion, donnait déjà ce conseil à Charles de Gaulle pour réussir une bonne colonisation : garder les meilleures terres et le littoral, et maintenir les populations autochtones dans l’intérieur, asphyxiées. 

Gaza mise à part, la carte actuelle de la Palestine montre que les successeurs de Ben Gourion ont suivi son conseil, Netanyahou ne dérogeant pas à la règle. Ce plan sera « une opportunité historique et unique d’appliquer notre souveraineté sur nos colonies en Judée et Samarie et en d’autres lieux clés pour notre sécurité », a, en effet, assuré le premier ministre israélien.

Stratégie ancienne et apolitique

L’annexion de la Cisjordanie a commencé au lendemain de la guerre des Six Jours en 1967, et depuis, la politique israélienne est restée la même. Elle a varié en agressivité au gré des gouvernements successifs, mais qu’ils soient de droite (Likoud) ou de gauche (travailliste), l’Etat hébreu n’a jamais cessé de s’étendre. 

Aujourd’hui encore, le principal opposant à Netanyahou, le centriste Benny Gantz, prône la même politique expansionniste que son adversaire  : la vallée du Jourdain doit demeurer sous contrôle israélien, et les colonies doivent continuer de proliférer.