Le  nouveau «  plan immigration  » fait froid dans le dos 

plan immigration

Mercredi 6 novembre, le premier ministre Edouard Philippe a présenté le nouveau « plan immigration » du gouvernement, qui tient en 20  mesures. Et bien que Marine Le Pen parle elle «  d’enfumage traditionnel  », l’objectif de la majorité est limpide  : attirer l’électorat le plus à droite, et détourner l’attention des vrais problèmes sociaux,  le chômage et les retraites. 

Immigrés «  professionnels  »

Deux mesures en particulier ont suscité l’indignation des députés, la première concernant l’éloignant des sans-papiers à l’accès à la santé, et la seconde dédiée à l’instauration de « quotas » annuels d’immigrés « professionnels ».

« L’utilisation des notions de « “talents” et “compétences” renvoie directement à “l’immigration choisie”, voulue par Sarkozy en son temps et jugée anticonstitutionnelle », fulmine Marilyne Poulain, responsable du Collectif immigration de la CGT. «  Le gouvernement balaie du revers de la main la question des droits des travailleurs sans titre de séjour qui occupent justement bon nombre d’emplois dans les entreprises et font complètement partie de la classe ouvrière de ce pays ».

« Outre qu’elles n’empêcheront pas des désespérés des guerres ou de la pauvreté de migrer, les mesures proposées sont dangereuses, car elles vont précariser encore plus un public déjà vulnérable », a, pour sa part, réagi la délégation de la gauche sociale et écologique au Parlement européen. 

«  Main-d’œuvre jetable »

« Cette mesure gouvernementale ne va qu’aggraver la situation par l’introduction d’une main-d’œuvre jetable, poursuit madame Poulain. L’idée d’un visa dont la durée correspondrait à celle de contrats à durée déterminée revient à créer une classe d’employés privés, en totale insécurité et soumis à des relations de subordination indignes, comme on le voit déjà dans certains secteurs de l’emploi saisonnier. » 

En effet, sur 33 000  titres de séjour accordés en 2018, seulement 7 000 sont d’anciens travailleurs sans-papiers. Les clandestins restants, qui sont encore des dizaines de milliers, sont condamnés à travailler dans la servitude, dans des secteurs comme le ramassage des ordures, la restauration ou le bâtiment.

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