Chili : La France abandonne un allié gênant

Au moins 23 personnes ont été tuées par la police chilienne, 200 ont perdus au moins un œil et plus de 2300 ont été blessées

La France, qui est pourtant coutumière du soutien apporté aux régimes autoritaires et répressifs a cette fois refusé d’aider le Chili. Face à l’indignation le gouvernement a choisi d’annuler la formation que la police française devait fournir aux forces de police chiliennes en terme de maintien de l’ordre. Le président chilien Sebastian Piñera avait récemment déclaré que les polices anglaises françaises et espagnoles allaient conseiller les forces chiliennes sur le maintien de l’ordre.

Une internationale de la répression

Ce partage d’expérience visait clairement à améliorer l’efficacité de la police chilienne dans la répression. Le sous-secrétaire au ministère de l’Intérieur chilien, Rodrigo Ubilla parlait ainsi des ; « situations de conflits intenses et de violences telles qu’elles ont été observées ces derniers jours ». Ceci est sans aucun doute très gênant pour la diplomatie française qui se serait certainement passé de ces commentaires. Étant donné la virulence de la répression dans le contexte français, le rapprochement avec Piñera est plus que gênant. Le nombre de personnes ayant perdu la vue au Chili rappelle la critique des LBD en France dont les policiers se servent pour éborgner les manifestants.

L’ONG Humans Rights Watch a dénoncé de graves violations des droits de l’homme de la part de la police. Le directeur de l’ONG pour les Amériques, Jose Miguel Vivanco déclare avoir reçu des centaines de plaintes, dénonçant la violence abusive. Les manifestants de leur côté parlent de tortures, de viols, de meurtres et de disparitions. Pour beaucoup ces évènement couplés avec les mensonges des médias et du pouvoir rappellent les heures de la dictature. Personne n’est à l’abri ; l’universitaire Gustavo Gatica a par exemple perdu la vue le 8 novembre suite à des tirs de la police. Il est le premier à être devenu entièrement aveugle du fait de la violence policière. Son cas est devenu symbolique. La police s’est engagée à arrêter d’utiliser ces projectiles mais la croix rouge chilienne rapporte qu’ils soignent encore des gens blessés par ces armes.

On ne fait pas taire la colère par la violence

Dernièrement la répression s’est abattu encore plus lourdement sur la ville d’Antofagasta, au nord du pays. Le comite d’urgence et de protection de cette ville minière a dénoncé un saut dans la violence policière. Le comité rapport que des enfants ont été blessés par des tirs de chevrotine et trois personnes ont été blessées par balle. De plus la police militaire est rentrée de force dans des habitations. Pour certains cette répression violente sur la ville d’Antofagasta vient du fait que la ville est particulièrement mobilisée et combative.

Le 15 novembre dernier le gouvernement et l’opposition ont signé un accord historique pour réécrire la constitution. Ce document est pour l’instant un héritage direct de la dictature. Il semble cependant que cela ne suffise pas à calmer la colère populaire. Comme à Hong-Kong et ailleurs, le gouvernement lâche du lest trop peu et trop tard ; la répression est venue à s’ajouter aux raisons de la colère. De plus la question de la constitution n’englobe pas toute les revendications. Les manifestants exigent une augmentation du salaire minimum et un meilleur accès à l’éducation, à la santé et au logement. L’annonce des élections n’a heureusement pas entamée leur combativité.

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