Le nucléaire : une passion française

Malgré la crise grave que traverse l’industrie électronucléaire dans le pays le gouvernement semble vouloir persévérer dans cette voie

Le chantier de l’EPR à Flamanville, le problème insolvable de la gestion des déchets, l’abandon du projet Astrid ; rien ne semble pouvoir décourager le gouvernement. Cette fuite en avant dans cette industrie polluante et dangereuse se traduit aujourd’hui par la volonté de vendre EDF à la découpe et de lancer le chantier de six nouveaux EPR.

L’impasse du nucléaire

L’exemple de l’EPR de Flamanville aurait pourtant du sonner la fin de ce réacteur de « 3e génération. Le réacteur était censé être connecté au réseau en 2012 et coûter 3,5 milliards d’euros. Au lieu de ça on estime qu’il ne sera pas prêt avant 2023 et risque de coûter au moins 12,4 milliards d’euros. L’Autorité de Sûreté du Nucléaire (ASN) à pointé de nombreux problèmes graves au fil des années.

En 2015 l’ASN relève des anomalies de fabrication sur la cuve du réacteur. En 2017 des anomalies de forgeage sont détectées sur la cuve ; EDF a du reprendre 53 soudures défectueuses. Enfin en juin 2019 l’ASN a annoncé que huit autres soudures difficilement accessibles devaient être refaites. Selon le ministre de l’économie Bruno Le Maire il faut finir ce chantier avant de prendre de nouvelles décisions pour la filière. En somme, pas de nouveaux EPR avant les élections présidentielles de 2022.

Persévérer quand tout a échoué

Il est d’autant plus absurde de construire de nouveaux réacteurs que la question des déchets n’est toujours pas réglée. Les déchets de haute et moyenne dont la durée de vie se chiffre en centaine de milliers d’années sont le principal soucis. En 2020 on estime que ces déchets représenteront 58 500 m². La loi Bataille de 1991 donnait trois pistes de travail pour la gestion des déchets ; la transmutation, le stockage en formations géologiques profondes et le conditionnement en surface.

La transmutation consiste en l’utilisation de réacteurs à neutrons rapides refroidi au sodium ; le projet Astrid. Le commissariat à l’énergie atomique a cependant annoncé récemment qu’ils abandonnaient les recherches sur le prototype Astrid. Les raisons ; manque de soutien politique et trop coûteux. De son côté le projet d’enfouissement avec la construction du laboratoire Cigéo à Bure fait à face à une opposition farouche de la population. Malgré la répression les opposants occupent actuellement la zone.

Les mensonges du gouvernement

Malgré ces problèmes une annonce d’importance est tombée le 20 juin 2019. Macron souhaite le découpage d’EDF en deux filiales. La filiale bleue serait détenue à 100 % par l’État et comprenant activités nucléaires, barrages hydroélectriques et réseaux de transports d’électricité. La filiale verte verrait son capital ouvert au privé et regrouperait distribution d’électricité, branche commerce, énergies renouvelables, filiale consacrée au services et Enedis. En somme nationalisation totale du nucléaire pour lancer d’autres projets nucléaires et privatisation du reste.

Le journal Le Monde a aussi révélé qu’une feuille de route précise avait été donnée au président d’EDF pour la construction de six nouveaux EPR ; en contradiction avec les déclarations du président. Cette piste est la seule étudiée par le gouvernement, aucune mention n’est faite des énergies renouvelables. Le lobby du nucléaire a encore de belles heures devant lui.

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