Budapest ne respecte pas l’Etat de droit et défie Bruxelles

Mardi 10 décembre, les membres du gouvernement hongrois ont défié Bruxelles lors d’une audition qu’ils ont qualifiée de « farce » et de « chasse aux sorcières ». Le porte-parole du gouvernement, Zoltan Kovacs, a publié des tweets cinglants alors même que la ministre hongroise de la justice, Judit Varga, était entendue par les membres de la Commission.

Scandaleux et inacceptables

Monsieur Kovacs n’a pas hésité à qualifier de « farce » la procédure dont son pays fait l’objet, et d’« orchestre de Soros » les responsables européens qui en sont à l’origine, le porte-parole faisant ici référence au milliardaire américain juif d’origine hongroise George Soros, ennemi juré de Viktor Orban.

La présidence du Conseil de l’Union européenne (finlandaise du 1er juillet au 31 décembre 2019) a demandé des « clarifications écrites » à Zoltan Kovacs concernant ses tweets, qui constituent un « grave problème ». La ministre finlandaise aux affaires européennes, Tytti Tuppurainen, a, elle, qualifié cette attitude de « scandaleuse », et rappelé que « l’antisémitisme n’avait pas de place dans l’UE ».

« C’est une vraie campagne contre la Commission et les Etats membres en pleine procédure de l’article 7 », a ajouté le commissaire européen chargé de la justice, Didier Reynders, jugeant ces tweets « inacceptables ».

Des inquiétudes persistent

Cette procédure, prévue à l’article 7 du traité de l’UE, a été engagée par le Parlement européen en septembre 2018 contre Budapest en raison de « violations graves » des valeurs de l’UE, et pourrait déboucher sur des sanctions.

Or, selon la vice-présidente de la Commission, Vera Jourova, la séance de mardi n’a pas permis de dissiper les doutes de l’UE, en particulier concernant l’indépendance du système judiciaire hongrois.

A cela, la ministre hongroise de la justice, Judit Varga, a rétorqué qu’il était temps de « mettre un terme à cette chasse aux sorcières », dénonçant le « énième épisode d’une histoire interminable »« La Hongrie a toujours été engagée dans le respect de l’Etat de droit, et nous avons donné des réponses claires à toutes les questions », a ajouté la ministre.