A Blois, un Ehpad public changé en hôtel de luxe

L’Ehpad Gaston-d’Orléans, un bâtiment aux allures de châteaux offrant une vue imprenable sur le centre de Blois, sera bientôt vendu et remplacé par un hôtel 5 étoiles. Les 77 lits qu’il propose seront fermés, et leurs occupants répartis dans des structures existantes, pour la plupart déjà surchargées.

Chambres inadaptées

« Je n’oserais même pas mettre ma mère là-dedans », tente de convaincre Olivier Servaire-Lorenzet, directeur du centre hospitalier Simone-Veil de Blois, organisme dont dépendent cinq grandes maisons de retraite, dont l’Ehpad Gaston-d’Orléans.

Monsieur Servaire-Lorenzet vient de signer un compromis de vente avec Yvan Saumet, actuel président de la chambre de commerce et d’industrie du Loir-et-Cher et ex-dirigeant actionnaire d’une clinique privée revendue récemment, qui souhaite changer l’Ehpad en un hôtel 5 étoiles. A l’origine, l’homme voulait acquérir l’Hôtel-Dieu, sur le quai d’en face, mais l’Ehpad Gaston-d’Orléans était sans conteste le meilleur investissement.

« On me traite de directeur-vendeur mais les chambres n’ont pas de douche, certaines mesurent à peine 9 m2 et nous n’y mettions plus personne. Il aurait fallu des millions pour tout rénover et nous ne les avions pas ! », se défend le directeur de l’hôpital.

Contexte social difficile

Dès que l’acte notarié sera signé, les 62 résidents et le personnel auront quatre mois pour quitter les lieux, et rejoindront, pour la plupart, des structures existantes.

Or, « actuellement, les résidents de nos Ehpad reçoivent trente minutes de soins toutes les vingt-quatre heures, expliqueKatia, infirmière et déléguée CGT du centre hospitalier Simone-Veil. Là, ce sont 77 lits qui vont disparaître du parc public dans quelques mois, dans un département à la population vieillissante. »

Et certains membres du personnel ne comptent même pas être réaffectés. « J’ai commencé le métier à 16 ans, alors je prendrai ma retraite à 60 ans, au 1er juillet, quoi qu’il arrive, car je n’aime pas le flou », affirme Irène, aide-soignante dans cet Ehpad depuis vingt-huit ans.