La révolte gronde en Iran

Les mensonges de la République islamique concernant le crash du Boeing d’Ukraine International Airlines ont ravivé la colère des opposants au régime, qui s’était apaisée suite à l’assassinat du général Ghassem Soleimani.

« Menteurs ! »

L’aveu tardif des autorités iraniennes, qui ont reconnu samedi avoir abattu « par erreur » le Boeing d’Ukraine International Airlines, et tué 176 personnes, majoritairement des Iraniens et des Canadiens, a réveillé la colère de milliers d’Iraniens. « Menteurs ! », « À bas la dictature religieuse ! », « À bas l’oppresseur, qu’il soit shah ou guide ! », scandait la foule samedi dans les rues de Téhéran.

Après avoir fermement nié la thèse du missile avancée dès mercredi par Ottawa, les gardiens de la révolution islamique ont effectué une volte-face spectaculaire samedi, admettant que leurs forces avaient abattu « par erreur » l’avion, pris pour une « cible hostile  ». Le commandant de la branche aérospatiale des gardiens, le général Amirali Hajizadeh, a déclaré endosser la « responsabilité totale » de la catastrophe. « J’aurais préféré mourir plutôt que d’assister à un tel accident », a-t-il assuré. 

Tentative d’instrumentalisation

Donald Trump a immédiatement tenté d’instrumentaliser le mouvement, se disant solidaire des protestataires. « Au peuple iranien courageux et souffrant : je suis avec vous depuis le début de ma présidence et mon gouvernement continuera de vous soutenir », a-t-il twitté samedi.

Exactement ce dont le régime avait besoin pour taxer de « conspiration » étrangère les manifestations, et mener la répression sanglante dont il a le secret. Car selon le parti communiste iranien Tudeh, 360 ​​manifestants auraient été « assassinés à bout portant » au début du mois de décembre, et 8 000 autres blessés, arrêtés, et/ou torturés. Tudeh dénonce également « le spectacle dégoûtant des aveux forcés à la télévision », et « le traitement cruel et inhumain des familles endeuillées qui sont obligées de payer pour récupérer les cadavres de leurs proches pour les enterrer pendant la nuit ».