L’Ecosse pionnière en matière de lutte contre la précarité menstruelle

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Mardi 25 février, le Parlement autonome écossais a voté, à l’unanimité (112 voix pour, une abstention), la gratuité des protections périodiques pour les femmes. Une mesure évidente, mais pourtant totalement inédite dans le reste du monde.

Importance des questions de genre

La députée travailliste à l’origine de ce texte, Monica Lennon, a salué une « première victoire contre la précarité menstruelle ». Selon elle, l’adoption de ce texte « marquerait un tournant en normalisant la menstruation en Écosse et en envoyant le signal tangible du sérieux avec lequel notre Parlement prend en compte les questions de genre ».

Pour sensibiliser son auditoire, madame Lennon a également fait référence à une séquence marquante d’un film du réalisateur britannique Ken Loach. « L’indignité de la précarité menstruelle a récemment été mise en lumière dans le film “Moi, Daniel Blake”. On y voit une jeune mère faire ses courses dans un rayon de supermarché… Aucune femme ne devrait être confrontée au choix de nourrir son enfant ou se protéger durant la menstruation. La solution doit être politique. Les protections, c’est un droit dont on doit s’assurer qu’il est toujours garanti aux femmes. »

Mettre fin au tabou des règles

Le projet de loi vise également à en finir avec le tabou des règles, et vient compléter la campagne du gouvernement indépendantiste écossais engagée en début d’année et ayant pour slogan : « Appelons “règles” les règles ! ».

« On ne devrait pas avoir à utiliser des expressions ou des euphémismes pour parler des règles, estime, de son côté, la secrétaire du cabinet pour les communautés et les collectivités locales, Aileen Campbell. Ayons confiance et discutons-en ouvertement, sans avoir honte ! »

« Pourquoi un sujet aussi important, touchant une partie aussi significative de la population, n’a-t-il été mentionné qu’une fois en dix-sept ans, depuis la création de ce parlement ? Sans aucun doute, le silence et la stigmatisation autour des règles et du corps des femmes demeurent une barrière culturelle importante pour affronter avec succès la réalité de la précarité menstruelle », s’insurge Monica Lennon.