Gaza face au Coronavirus  : quarantaine dans la quarantaine

Gaza, coronavirus

«  Le virus est là  », déclarait le ministère de la Santé de Gaza, dimanche 22 mars, dans un communiqué. Les contaminés, deux Palestiniens de 30 et 40 ans ( ayant de toute évidence contracté l’infection au Pakistan ), ont immédiatement été placés dans un centre de quarantaine à la frontière avec l’Égypte.

« Gigantesque désastre »

« Il est illusoire de penser qu’on peut gérer une telle situation dans un espace clos comme celui-ci », déclarait le responsable de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à Gaza, Matthias Schmale, la semaine dernière, assurant qu’un « gigantesque désastre » était à prévoir.

Principale cause de l’inquiétude du responsable de l’ONU, la densité de la population gazaouite, qui figure parmi les plus élevées au monde, avec 6 028  personnes au km2. Deux millions de Palestiniens vivent en effet entassés sur un territoire de 365 km2, les moins bien lotis d’entre eux étant parqués tels des animaux, comme par exemple dans le camp de réfugiés de Jabalia, au nord de Gaza-ville, où la densité s’élève à 82 000 personnes au km2. (A titre de comparaison, la densité n’est que de 500 habitants par km2 de l’autre côté du mur, en Israël, et elle descend à 117,63 personnes en ce qui concerne la France.)

Cruel manque de moyens

Avec 60  lits seulement en soins intensifs, et à peine autant de ventilateurs respiratoires pour adultes, parler de «  manque de moyens  » est un euphémisme. Mais Gaza souffre également d’une pénurie de personnel soignant, et n’est pas équipée en matériel de première nécessité  : ne serait-ce qu’en lits d’hôpitaux, la quantité est insuffisante, avec seulement 2895 places disponibles, soit 1,3 lit pour 1 000 personnes.

Ulcéré par cette situation, aggravée par le blocus israélien en vigueur depuis 2007, l’analyste politique Jehad Abdusalim accuse  : « La menace imminente du Covid-19 sur Gaza est peut-être la dernière opportunité pour dire ce que beaucoup refusent d’entendre : le problème de Gaza n’est pas un manque d’aide humanitaire, aussi urgente soit-elle. Il s’agit de savoir qui, entre le Jourdain et la Méditerranée, est privilégié et qui ne l’est pas. Qui a le droit de vivre et de prospérer sur cette terre et qui n’en a pas le droit. »

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