Les renforts de Bolsonaro donnent de la voix

Bolsonaro, soutien

Mardi 7 septembre, jour de l’indépendance du Brésil, des centaines de milliers de personnes se sont réunies dans les plus grandes villes du pays pour afficher leur soutien au président d’extrême droite Jair Bolsonaro, dont la cote de popularité ne cesse de dégringoler. 

« O mito »

En choisissant le jour de l’indépendance pour rassembler ses troupes, Bolsonaro a voulu frapper fort et marquer les esprits. Il peut compter pour cela sur une base électorale solide, les bolsonaristes, qui représentent environ 30 des électeurs. 

Parmi ceux venus soutenir « o mito » (le mythe), figure justement Sonia Olives, 67 ans, qui affirme que «Bolsonaro est un président de droite qui montre que le Brésil a un futur, une direction». La sexagénaire explique s’être tournée vers Bolsonaro après les trahisons de Lula et du Parti des travailleurs. Bolsonaro est «honnête», il parle  «vrai»  et ne  «cache pas ses émotions». «  Il lutte pour un Brésil meilleur, seul contre tous », assure Sonia Olives. 

Encadrer la justice

Par ces manifestations Bolsonaro veut convaincre ses troupes de la nécessité d’«encadrer» le pouvoir judiciaire, en particulier deux juges constitutionnels, Alexandre de Moraes et Luis Roberto Barroso. Le président brésilien est même allé jusqu’à qualifier les manifestations «d’ultimatum à ces deux personnes». 

Et Bolsonaro peut compter sur ses partisans dans cette croisade. «On demande une intervention militaire», «le renvoi de tous les ministres de la Cour suprême», pouvait-on lire sur des pancartes dans la foule. Ou encore, ce sera «l’indépendance ou la mort».

Risque pour la démocratie

Dans l’esprit de certains manifestants, ces rassemblements à l’importance relative donnent toute légitimité et tout pouvoir à Bolsonaro. «À partir d’aujourd’hui, le peuple donne au président le pouvoir de commander par tous les moyens: armées et forces de l’ordre compris », estime Eduardo Gomes, un concessionnaire de 47  ans.

Pour Thomas Traumann, analyste politique indépendant et chercheur à la Fondation Getulio Vargas, il y a donc un vrai risque pour la démocratie : «À un moment, il y aura rupture avec les institutions démocratiques. Les manifestations, c’est le premier pas de ce projet.»

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