cystite interstitielle, remboursement
Coup de gueuleSociété

En décembre dernier, le ministère de la santé a adopté un décret prévoyant l’arrêt du remboursement de l’Elmiron, le seul médicament qui soulage la cystite interstitielle. À partir du 16 mars, les femmes (90 % des patients) atteintes de cette maladie invalidante, qui souffrent de douleurs intenses et d’envies d’uriner très fréquentes, seront donc livrées à elles-mêmes.

Maladie mal connue

« Cette pathologie a longtemps été vue comme une maladie de foldingues, comme beaucoup de pathologies qui touchent les femmes et qui sont douloureuses. Certains généralistes se contentaient de prescrire des antidépresseurs », explique Françoise Watel, présidente de l’Association française de la cystite interstitielle (AFCI).

« La vie se résume aux douleurs et aux toilettes. C’est comme si on avait un chalumeau allumé à l’entrée du vagin qui vous brûle toutes les parties génitales. C’est insupportable », détaille Cathy Ségur, une assistante sociale ayant souffert pendant deux ans de cette pathologie. « À l’idée de retrouver ces douleurs, je suis terrorisée. Je sais que je ne tiendrai pas le coup  ! »

Question d’économies

La décision du ministère résulte d’un avis de la Haute Autorité de la santé (HAS), qui a classé l’Elmiron parmi les produits au service médical rendu faible. Une étude contestée par l’AFCI : « L’Elmiron n’est pas efficace pour tout le monde. C’est ce qui explique que les études cliniques sur lesquelles s’appuie la HAS ne soient pas bonnes. Mais ces recherches sont anciennes et on a depuis évolué dans la vision de la maladie. Celle-ci est désormais comprise comme symptôme dont les causes seraient diverses, ce qui explique les différences de réactions aux traitements », explique Françoise Watel.

Mais le ministère de la Santé a tout de même estimé qu’à 500 euros par mois, « le service médical rendu était jugé trop faible au regard du prix pratiqué par le laboratoire ». « Tout ça pour faire des économies ! C’est un abandon de soins de la part de l’État », accuse Cathy Ségur.

Société

La militante de Dispac’h était accusée d’avoir tagué des résidences secondaires lors d’une action de protestation en Bretagne

Le groupe Dispac’h avait mené une série d’action symboliques, non officielles, pour dénoncer la présence écrasante de résidence secondaire dans le Morbihan. Divers bâtiments avaient aussi été ciblés par des tags. Une militante du collectif indépendantiste accusée d’y avoir participe a finalement été relaxée. Les tags remontaient à mi-avril 2019. Le groupe cherchait à démontrer les « ravages du tourisme ».

Répression politique

De nombreux bâtiments publics et privés avaient été ciblés ; agences immobilières, résidences, stations balnéaires etc. Les membres de Dispac’h les avaient recouvert avec le pourcentage de résidences secondaires dans la commune concernée et autre chiffres illustrant le problème. Officiellement Dispac’h ne revendique pas cette action mais ils portent le même message. Il s’agit d’une vraie question, en effet non content de contribuer à la désertification des villes et villages, ces résidences provoquent un effet de gentrification.

La militante de 21 ans avait été arrêté dans les environs des maisons taguées à Quiberon dans la nuit du 14 au 15 avril 2019. Les membres de son collectif et de l’Union Démocratique Bretonne étaient présent à son procès pour la soutenir. L’avocate a dénoncé un dossier vide, sans preuve autres que quelques éléments circonstanciels. La militante souhaitait s’exprimer en breton avec un traducteur mais cela lui a été refusé. Elle n’a pas souhaité non plus répondre aux questions du tribunal. Il semble absurde qu’une action symbolique soit à ce point criminalisée. Notons que la militante a néanmoins été condamnée à 500 euros avec sursis pour avoir refusé le fichage ADN. Quand ils n’ont rien, ils trouvent toujours quelque chose.

israël, palestine, blocus
Coup de gueule

Dimanche 9 février, Tel-Aviv a provoqué une nouvelle fois les Palestiniens en leur interdisant l’exportation de produits agricoles vers Israël et le reste du monde.

« À partir d’aujourd’hui, l’exportation à l’étranger de produits agricoles palestiniens via le passage d’Allenby ne sera pas autorisée », a déclaré le Cogat, l’unité du ministère israélien de la Défense chargée de la surveillance des activités civiles dans les territoires palestiniens.

Stratégie d’asphyxie

Selon les autorités israéliennes, cette mesure aurait été prise en réponse au « boycott palestinien des veaux » qui aurait « gravement nui aux éleveurs de bétail israéliens » il y a cinq mois de cela.

La décision est un réel coup dur pour les exportations palestiniennes, le point de passage d’Allenby étant l’unique voie reliant la Cisjordanie à la Jordanie, porte commerciale ouverte sur le reste du monde. Cette mesure n’est d’ailleurs pas une première, puisqu’il y a une semaine déjà, le ministre de la Défense israélien, Naftali Bennett, a suspendu l’importation de produits agricoles de Cisjordanie en Israël.

Ces différentes décisions israéliennes illustrent parfaitement la stratégie d’asphyxie de l’économie palestinienne, mise en place par Israël suite au rejet des Palestiniens du plan de paix proposé par Donald Trump le 28 janvier dernier.

Balance commerciale déficitaire

80 % des exportations palestiniennes leur étant destinées, les Israéliens disposent ici d’un fort moyen de pression. Et la balance commerciale palestinienne étant déficitaire, les Palestiniens sont pieds et poings liés. Selon le ministère palestinien de l’Économie, les exportations agricoles vers Israël ont représenté 80,4 millions d’euros en 2018, contre 548 millions d’euros pour les importations de produits israéliens.

« C’est un désastre pour les agriculteurs. Les noix, les dattes, cela représente la grande majorité des exportations palestiniennes – et c’est le moment idéal pour exporter vers les pays arabes, juste quelques mois avant le ramadan. C’est une question de jours maintenant  : si les agriculteurs ne peuvent pas exporter, ils vont perdre beaucoup. Et cela représente des millions de shekels (1 shekel égale 0,27 euro – NDLR) », dénonce Saeb Bamya, ancien vice-ministre de l’Économie de l’Autorité palestinienne.

Guerre des étoiles, USA
Coup de gueuleInternational

Mercredi 5 février, les Etats-Unis ont donné vie à la branche militaire américaine de l’espace, l’US Space Force, qui a réalisé son premier tir de missile balistique intercontinental à ogive thermonucléaire.

« Moment très spécial »

Tiré dans la nuit de mardi à mercredi depuis le sol californien, l’énorme missile ( 18,2 mètres de long et 1,7m de diamètre) de type Minuteman III a parcouru 6 759 kilomètres avant de s’abîmer dans le pacifique, au large de l’atoll de Kwajalein (Iles Marshall).

Il s’agit d’ « un moment très spécial pour notre histoire nationale », a déclaré le commandant de la Space Force, le colonel Anthony Mastalir, qui a tenu à préciser que la trajectoire (orientée plein ouest) n’avait rien à voir avec les « événements actuels », sous-entendues les tensions avec la Chine. Et en effet, les calendriers de lancement étant élaborés trois à cinq ans à l’avance, il ne peut y avoir de corrélation avec la situation actuelle.

Nouvelles menaces

Par ce tir de missile, Donald Trump concrétise l’ouverture du sixième département des forces armées américaines, annoncé en juin 2018 contre l’avis de l’US Air Force, l’US Space Force. Cette nouvelle branche, forte de 16 000 agents, militaires et civils, sera chargée de protéger les satellites et engins spatiaux nationaux de toutes les nouvelles menaces, aussi bien numériques, que lasers et balistiques. La Chine, l’Inde et la Russie seraient d’ores et déjà équipées de complexes antisatellites, et l’Iran serait en passe de s’en offrir un.

Pour l’ex-ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud, la mise en place de l’US Space Force rompt « avec une vision de l’espace comme un milieu démilitarisé et régi par le droit international  », et ravive l’idée de « guerre des étoiles » lancée par le président Reagan il y a quarante ans.


SNCF, primes, non-grévistes
Coup de gueuleIdées

L’opérateur ferroviaire aurait octroyé des «  bonifications exceptionnelles  » à ses agents non grévistes pour les remercier de leurs bons et loyaux services. 

Scandale

«  Monsieur. Afin de vous remercier pour votre professionnalisme, votre implication et votre grande disponibilité dans le cadre du mouvement de grève ayant débuté le 5 décembre 2019, j’ai le plaisir de vous accorder une gratification exceptionnelle de 500 euros. Cette gratification vous sera versée sur votre paie de janvier », peut-on lire sur un courrier de la SNCF, adressé à un employé non-gréviste, intercepté par la CGT. 

Ainsi, alors que les cheminots mobilisés contre la réforme des retraites reçoivent des fiches de paie à zéro, les non-grévistes bénéficient eux d’une bonification de 500 euros en remerciement de leur “professionnalisme”, de leur “implication”, et de leur “grande disponibilité dans le cadre du mouvement de grève”.

Un scandale pour Bérenger Cernon, secrétaire de la CGT cheminots de la Gare de Lyon, selon qui ces primes iraient bien au-delà de 500 euros, s’étalant de 300 à 1  500 euros. «  Ce n’est pas la première fois que ça  arrive, mais ça  se produit de   plus en plus  », déplore le syndicaliste. 

« Tout cela nous choque, poursuit-il, après les différentes annonces de la direction sur des économies et des cessions d’actifs à faire pour se serrer la ceinture  », Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, ayant, en effet, annoncé un plan drastique de réduction des coûts pour compenser les pertes dues à la grève.

«  Assurer la continuité du service public  »

Même si elle renvoie la responsabilité à des « managers  locaux  », la SNCF assume parfaitement «  l’attribution de primes exceptionnelles à certains agents qui se sont mobilisés sur une période particulièrement longue pour assurer la continuité du service public pendant la grève  ». 

Le secrétaire national de la CGT Cheminots, Laurent Brun, a, lui, immédiatement dénoncé les méthodes d’un « patronat (qui) met les moyens des entreprises au service de la politique du gouvernement  », et prévenu que son syndicat allait saisir la justice.

Coup de gueule

Deux détenus jugés pour une tentative d’évasion du Centre de Rétention Administrative pointent les conditions inhumaines du centre

Les deux hommes de nationalité tunisienne ont été présentés au tribunal correctionnel de Rennes. On les accuse d’avoir tenté de s’évader du CRA de Sain-Jacques-de-la-Lande. Le problème c’est qu’avec la grève des avocats ils ne peuvent être défendus, il est donc impossible de les juger. L’un d’entre eux a pourtant insisté pour être entendu ; « je veux être jugé aujourd’hui, j’ai des choses à raconter ».

le CRA : une prison pour étrangers

Les deux hommes veulent dénoncer les conditions inhumaines de détention au CRA. Le président a fini par statuer que le jugement ne pouvait se tenir mais a accepté d’entendre les deux hommes. Ces derniers affirment que ; « certains policiers nous traitent comme des animaux ». Ils décrivent également des scènes de violences régulières. Les deux hommes expliquent qu’ils ont tenté de se suicider à plusieurs reprises. Ils justifient leur tentative d’évasion par leur crainte de devenir fou. Même le président semble prêter un certain crédit à leur histoire ; les hommes ont effet escaladé les les barbelés à main nu pour essayer de fuir.

Le président a décidé de les mettre en détention ailleurs qu’au CRA. A la fin de l’audience un des hommes a demandé à être envoyé aux urgences. Il avait avalé un certain nombre de boulons trouvés dans le tribunal. Cette affaire n’est qu’une parmi d’autres relatant les conditions de vie des détenus des CRA.

Société

A l’annonce d’un pique-nique antifasciste s’opposant à la venue de Marine le Pen à Brest un cadre du RN a proféré des menaces glaçantes

Le pique-nique était organisé par la gauche brestoise. Les 17 signataires de l’appel antifasciste s’étaient donné rendez-vous devant l’hôtel accueillant Marine le Pen jeudi dernier. La conférence de presse de cette dernière visait à soutenir la candidature aux municipales de Renée Thomaïdis. Les opposants étaient réunis en face, dans le square de la Tour d’Auvergne.

Des menaces inquiétantes

Selon le communiqué des organisations de gauche ; « Marine Le Pen n’est pas la bienvenue à Brest. Au moment où le mouvement social mène un combat pour le retrait du projet de réforme des retraites, les organisations signataires appellent les Brestoises et les Brestois à dénoncer les mensonges du RN, qui stigmatise les immigrés alors que le véritable problème de notre pays relève fondamentalement du partage des richesses ». Si Mme Thomaïdis est restée mesurée en dénonçant, sans hypocrisie aucune, « l’extrême intolérance » de la gauche, il en est autrement de Gilles Pennelle.

Gilles Pennelle est le responsable du groupe RN à la Région et responsable des élections au niveau national. Voici ce qu’il avait à dire des opposants ; « Dites aux associations, syndicats et partis de gauche qui menacent la République et la liberté d’expression d’une formation politique officiellement reconnue qui est aujourd’hui la première de France, de brûler un cierge. On s’en occupera particulièrement quand on sera au pouvoir, c’est-à-dire très prochainement, et on les mettra hors d’état de nuire ». On ne peut pas faire plus clair en terme de menace. Ce genre de petite phrases nous rappelle qu’on a bien à faire à un parti fasciste. On peut le maquiller et l’habiller autant qu’on veut, le costume démocratique gène le RN aux entournures.

Coup de gueuleIdées

Contre l’augmentation des trafics, fraudes et de l’insécurité la ville de Paris se dit prête à déclencher les feux de l’enfer

Un certain nombre de mesures ont été annoncées par la ville de Paris. Ces mesures tout azimuts touchent aussi bien des questions de propreté que d’insécurité. Dans le lot on peut aussi noter des actions contre le trafic de drogues dans les quartiers nord ou contre les fraudes des commerçants. Le centre de l’action de la ville vise cependant les quartiers populaires de Paris.

Des mesures contre l’insécurité

Ces mesures de luttes contre la saleté et l’insécurité s’accompagne d’une rhétorique guerrière menaçante. Si il est vrai que les quartiers visés du XVIII, XIX et XXe ont leurs lots de problèmes cette catégorisation semble assez exagérée. Selon Emmanuel Grégoire, Premier adjoint d’Anne Hidalgo ; « Depuis 2015, ces quartiers ont été confrontés à des crises à répétition : les réfugiés, le retour du crack, les mineurs isolés marocains à risque ». Une des mesures phare du programme est l’organisation de maraudes contre l’insécurité. Ainsi sur la place de la Chapelle et alentours des agents seront présents pour « faciliter la circulation des femmes ». Ces alentours étant difficiles d’accès aux femmes du fait de la présence de très nombreux jeunes hommes, selon la mairie.

Par ailleurs les commerçants vont voir les contrôles se renforcer. On soupçonne en effet de nombreux commerces du quartiers servir entre autre au blanchiment d’argent. Des cas de pressions sur les concurrents pour racheter leurs baux sont également recensés. Aussi la vente d’alcool sans restriction pose des problèmes de sécurité publique. C’est contre eux en priorité que la mairie se dit prête à « déclencher les feux de l’enfer ». La mairie n’hésitera pas à faire partir de forces des gérants posant problème.

La gentrification en marche

La marie compte aussi s’attaquer aux distributions d’aides alimentaires « non déclarées ». Ces distributions à destination des migrants et des pauvres ne seront donc plus autorisées. De façon un peu hypocrite la mairie pointe des problèmes de détritus et de bagarres entre migrants pour se justifier. Pour ne pas rester en reste en terme de racisme la ville pointe aussi le prosélytisme religieux de certaines associations caritatives. Seules les associations reconnues par la Mairie ne seront pas inquiétées. Malheur à ceux qui auraient l’outrecuidance d’essayer d’aider les gens.

Pour faire passer ces mesures un peu surprenantes la mairie annonce la rénovation de 40 000 logements sociaux pour 2019. De plus une promenade urbaine sera créée sous le métro aérien entre Barbès, Chapelle et Stalingrad. En tout 400 000 euros supplémentaires devraient être débloqués pour améliorer la vie du quartier. On peut douter de l’honnêteté de la mairie. Toutes ces mesures ressemblent en effet plus à des mesures de gentrification qu’à l’amélioration de la vie dans quartiers populaires. Il semble que la bourgeoisie ait définitivement envie d’en finir avec la présence des classes populaires dans la capitale.

International

Le ministre de la culture de Bolsonaro a été démis de ses fonctions suite à une vidéo où il plagiait un discours de Joseph Goebbels

Le but de la vidéo était de donner des détails sur une récompense artistique « héroïque » et « national ». L’allocution du ministre a été publié sur le compte Twitter du ministère de la culture. Pour rajouter au malaise, Lohengrin de Wagner servait de musique de fond. Ceci encourage à penser que le choix du ministre était délibéré. Choisir le compositeur favori de Hitler alors qu’on plagie son ministre de la propagande fait beaucoup de coïncidence.

Quand les fascistes se trahissent

Pourtant la ligne de défense du ministre Alvim pour cette vidéo désormais supprimée est de plaider une « coïncidence rhétorique ». Sans même parler du fait qu’un ministre devrait se poser des questions si sa rhétorique coïncide avec un membre du régime nazi, cette ligne de défense paraît bien faible. Le président Jair Bolsonaro a qualifié ce discours de « malheureux ». Il s’est également fendu d’un communiqué sur Twitter ; « Je réitère notre rejet du totalitarisme et des idéologies génocidaires comme le nazisme et le communisme, ainsi que toute proximité avec elles. Nous exprimons également notre soutien total et inconditionnel à la communauté juive dont nous sommes les amis et partageons nombre de valeurs ».

Ces déclarations mêlant de façon hors sujet le nazisme et le communisme est le propre de l’extrême droite. Souvenons-nous de l’incapacité de Trump à condamner les suprémacistes blancs après Charlottesville sans condamner aussi les antifascistes. Au cours de cette vidéo de six minutes le ministre Alvim a repris de façon quasi-identique un discours de Goebbels. Lors de ce discours ce dernier appel de ses vœux un art typiquement allemand, héroïque et national, privé de sentimentalité. Le nazi y pointe aussi l’intérêt de l’art à refléter les aspirations politiques de la population.

Coup de gueule

La révélation d’un échange de courrier internes visant à pénaliser les grévistes embarrasse l’université Jean Jaurès de Toulouse

L’objet de la discorde est une Liste noire remontant à 2018 qui a été révélée récemment. Il s’agit d’un véritable fichage d’opposants politiques mis en place par des responsables de l’université. Le courrier provenait de l’adjoint au directeur général des services (DGS) à l’intention de plusieurs responsables d’UFR. Dans le courrier le GDS demande que lui soient fournis les noms des éventuels grévistes afin de les empêcher d’accéder à certains sites.

Un fichage politique des opposants

A la date du courrier l’université avait en effet connu un mouvement important de blocage contre Parcoursup. Le message arrive cinq jours après l’expulsion des bloqueurs par les CRS. Ce n’est pas le seul élément qui prouve que l’université fiche les opposants. Un mail de Michèle Saint-Jean, directrice d’un UFR, dresse la liste de 24 enseignant grévistes dont il faudrait restreindre la capacité à utiliser leur badge d’accès. L’université fonctionne en effet en utilisant des badges d’accès nominatifs au lieu de clés. Il s’agit très clairement d’une répression du droit de grève et d’un fichage politique selon Sud-éducation. Ceci est confirmé par Isabelle Taraud, spécialiste en droit du travail ; « c’est une violation du droit de grève et une forme de discrimination ».

Pendant les jours et les semaines qui suivent les enseignants rapportent avoir eu des problèmes pour accéder à certains espaces de l’université. Certains n’avaient accès qu’à leur bureau et le DGS a nié être au courant de l’origine du problème. En apprenant la nouvelles, les enseignants « blacklistés » se sont déclarés « choqués » et ne comptent pas en rester là. La nouvelle directrice de l’université a déclaré qu’une mission d’inspection avait été demandée au ministre de l’enseignement supérieur. Les doutes sur un fichage politique des enseignants ont toujours existé, cette fois la preuve est faite que la pratique est une réalité.