prisons, droit de vote
PolitiqueSociété

La Direction de l’administration pénitentiaire (DAP) a récemment déclaré que les détenus ne pourraient pas voter directement dans leur centre pénitentiaire pour les municipales des 15 et 22  mars,  en raison des  « difficultés organisationnelles »  et de la  « complexité »  d’un tel scrutin ( local, à deux tours). 

«  Devoir de l’Etat  »

Pour ce scrutin,  « si chacun était inscrit dans une commune différente et qu’il fallait envoyer le bulletin le jour J dans chaque lieu de vote, ça aurait été compliqué », s’est justifié Amin Mbarki, chef du département des politiques sociales et des partenariats à la DAP.

Une observation aussitôt réfutée par les associations de défense des droits de l’Homme. « C’est peut-être plus complexe, mais ça fait partie des devoirs de l’État de permettre aux détenus de voter, assure François Bès, de l’Observatoire international des prisons.  Or, il n’y met ni les moyens ni la volonté. »

Les prisonniers pourront tout de même voter, mais seulement par procuration, une procédure qui  «  demande une organisation  » et n’est pas la «  priorité » des détenus, explique François Bès. Quelques chanceux bénéficieront d’une permission de sortie, pour aller directement au bureau de vote,  mais une telle procédure est «  très rarement acceptée ».

Solution simple

« On a essayé de m’expliquer pourquoi les détenus n’avaient pas le droit de voter, je ne l’ai toujours pas compris », déclarait Emmanuel Macron en mars 2018, mais la fausse naïveté du président ne trompe personne. « Ça fait des années qu’on essaye d’expliquer comment faire », s’emporte François Korber, délégué général de l’association Robin des lois. 

« L’article R40 du Code électoral donne le pouvoir au préfet de créer des bureaux de vote. Cela a déjà été fait dans des monastères, pourquoi pas dans les prisons ? Rien ne s’y oppose », explique François Korber, qui propose que les détenus soient inscrits directement sur les listes de la commune où se trouve la prison.

Mais cette solution n’est même pas envisagée par le ministère de la Justice, qui craint un  « déséquilibre électoral »  si  « le nombre de personnes détenues, votantes, est significatif par rapport au corps électoral de la commune ». « Cet argument n’est pas légitime, rétorque François Korber. Si, demain, un régiment de cavalerie s’installe dans un village, on peut penser que le vote de cette commune sera modifié, et pourtant, on laissera ces militaires voter.  Et si ça peut pousser les élus à aller voir ce qu’il se passe dans les prisons, ce ne  serait pas plus mal ».

Coup de gueuleSociété

Deux hommes ont été très légèrement condamnés pour une agression transphobe d’une extrême violence à Bordeaux en décembre dernier

L’agression remonte au 8 décembre dernier. Les deux individus ont depuis été condamnés à six mois de prison avec sursis pour ; « violences en réunion et liées à l’identité de genre ». La peine est assortie d’une mise à l’épreuve de deux ans avec obligation d’indemniser la victime et d’effectuer un stage de citoyenneté. Étant donné les circonstances de l’agression, la condamnation semble extrêmement légère.

Une agression transphobe

L’avocate de la victime, Me Marilou Séval, a annoncée la nouvelle. Ce qui est déjà encourageant c’est que la victime ait été relaxée. La jeune femme était en effet poursuivie pour avoir blessé un de ses agresseurs. Il semble qu’elle s’était défendue en portant des coups de talons. Il est déjà extraordinaire que cette femme de 25 ans ait été inquiétée pour s’être défendue. Les circonstances de l’attaque étant déjà extrêmement traumatisantes.

Le 8 décembre dernier la jeune femme sortait d’une boite de nuit du centre ville avec ses amies. Des inconnus l’ont violemment pris à partie et insultée en raison de son identité de genre. Elle a ensuite été tabassée et ses agresseurs l’ont jetée du haut d’une voie d’accès à un parking. Elle a subit une chute d’au moins deux mètres. Suite à cela les agresseurs ont pris la fuite mais ont été interceptés par la police. On est en droit de se demander pourquoi la condamnation n’a pas été plus lourde. D’aucun auraient même pu y voir une tentative d’homicide. Le fait que ces individus n’aient pas été plus lourdement condamné est assez troublant. De son côté Me Séval se déclare tout de même satisfaite que le caractère transphobe de l’agression ait été reconnue.

Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez veut sanctionner pénalement l’apologie du franquisme
InternationalSociété

Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez veut sanctionner pénalement l’apologie du franquisme, au motif qu’ «  en démocratie, on ne rend pas hommage aux dictateurs et aux tyrans  ». Un projet sensé, mais pourtant loin de faire l’unanimité, à droite comme à gauche.

Important débat

Bien qu’ils soient nombreux, à gauche, à estimer qu’ «  il était temps  »  de sanctionner l’apologie du franquisme, ils sont tout autant, à droite, à qualifier cette pénalisation d’atteinte aux libertés d’expression et d’opinion. Et même dans les rangs de la majorité, la mesure ne fait pas l’unanimité, certains la jugeant peu opportune au regard du travail de mémoire encore nécessaire sur le sujet.

Le 16 février dernier, le quotidien de centre gauche El País  rappelait par exemple qu’il existait déjà un délit « d’incitation à la haine », et estimait que créer « une norme spécifique pour des délits et expressions minoritaires qui ne sont pas suivies d’actes objectivement préjudiciables » s’apparentait à une « agitation propagandiste ».

Le chroniqueur Iñaki Gabilondo, figure emblématique de la gauche médiatique, s’est également prononcé « contre la pénalisation de l’exaltation du franquisme », qui pourtant lui « retourne les tripes », car en « limitant la liberté d’expression », le gouvernement démontre « la faiblesse des convictions démocratiques ». « Nous n’avons pas besoin de murailles, mais de citoyens », a martelé le chroniqueur.

« La tombe du dictateur est toujours payée par l’État »

« Ce qui manque, c’est une éducation et une culture démocratique », explique le président de l’Association pour la récupération de la mémoire historique, Emilio Silva. Car en Espagne, il est relativement fréquent d’entendre les personnes ayant vécu à cette époque vanter « l’ordre », la « sécurité » ou la « morale », et dire que « sous Franco, on vivait mieux ».

Monsieur Silva remet également en cause la pertinence de la mesure, « alors même que le franquisme n’a pas été jugé ni condamné ». « On va se retrouver avec des blogueurs en prison pour avoir dit “Viva Franco”, alors que la tombe du dictateur est toujours payée par l’État et que toutes les tentatives pour ouvrir des enquêtes pénales sur les responsables franquistes ont été empêchées », s’inquiète-t-il.

IdéesInternational

La Russie de Poutine fournit un soutien discret mais réel aux membres les plus radicaux des milieux fascistes et néo-nazis

Dernièrement le FBI a mené des opérations contre le groupe « The Base ». Un groupe fasciste paramilitaire faisant ouvertement référence à Al-Qaïda dans son nom. Des membres de ce groupe ont été arrêté alors qu’ils préparaient l’assassinat de militants antifascistes à leurs domiciles. D’autres ont été arrêté pour avoir cherché à lancer une guerre civile en préparant les meurtres d’agent de police ou de militants pro-armes, sans doute en faisant croire à une attaque d’antifascistes. D’autres membres encore ont été arrêtés pour des crimes et attaques racistes. Cependant, contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, ce groupe n’est pas basé aux États-Unis mais en Russie. Leur chef Rinaldo Nazzaro y réside.

Un havre pour l’extrême droite

Auparavant les organisations les plus radicales de l’extrême droite américaine venait de l’Amérique profonde. La plupart ont participé à des mouvements miliciens, toujours dans des zones rurales. Les choses ont aujourd’hui changé, notamment du fait de la présence de militants russes proches du Kremlin comme Aleksandr Dugin et Édouard Limonov. Les militants américains ont trouvé en Russie une source de financement et un sanctuaire. Ce type de militants est sans aucun doute du pain béni pour Poutine et sa volonté de perturber l’ordre social et politique aux États-Unis.

Ce rapprochement entre extrême droite russe et états-unienne a donc très certainement l’aval du Kremlin. Les premiers à avoir développé ces contacts avec des groupes occidentaux sont les nationaux-bolchéviques de Limonov ; une synthèse de stalinisme et de nazisme. Notons aussi que David Duke a vécu pendant des années en Russie et son livre antisémite était vendu à la Duma. Nombre de forums les plus actif sont aussi basés ou créés par des militants russe ; Iron March en est un exemple.

La main du FSB ?

Pour nombre de néo-nazis américains la Russie est « le dernier grand empire blanc », selon les mots du suprémaciste Harold Covington. Ce dernier est d’ailleurs un des idéologue de The Base. Le chef de ce groupe semble avoir déménagé en Russie avec sa femme en 2018, à peu près au moment de la fondation du groupe. L’homme semble soutenir ouvertement Poutine et sa politique. Ceci souligne à quel point le pays est devenu un sanctuaire pour l’extrême droite paramilitaire la plus radicale. De là à supposer que les services de renseignements aient favorisé et encouragé cette implantation il n’y a qu’un pas.

Certains courants comme le Mouvement Impérial Russe se sont d’ailleurs donnés comme objectif de construire une International des Droite. Ce groupe paramilitaire se bat en Ukraine et est accusé de fournir des armes à d’autres organisation européennes. Il est difficile d’imaginer que les services de renseignements russes n’aient pas leur mot à dire dans cette affaire. Néanmoins on peut affirmer à minima que les néo-nazis se sentent suffisamment en sécurité en Russie et peuvent y opérer librement. L’Internationale rouge serait-elle en passe d’être remplacée par une Internationale brune ?

cystite interstitielle, remboursement
Coup de gueuleSociété

En décembre dernier, le ministère de la santé a adopté un décret prévoyant l’arrêt du remboursement de l’Elmiron, le seul médicament qui soulage la cystite interstitielle. À partir du 16 mars, les femmes (90 % des patients) atteintes de cette maladie invalidante, qui souffrent de douleurs intenses et d’envies d’uriner très fréquentes, seront donc livrées à elles-mêmes.

Maladie mal connue

« Cette pathologie a longtemps été vue comme une maladie de foldingues, comme beaucoup de pathologies qui touchent les femmes et qui sont douloureuses. Certains généralistes se contentaient de prescrire des antidépresseurs », explique Françoise Watel, présidente de l’Association française de la cystite interstitielle (AFCI).

« La vie se résume aux douleurs et aux toilettes. C’est comme si on avait un chalumeau allumé à l’entrée du vagin qui vous brûle toutes les parties génitales. C’est insupportable », détaille Cathy Ségur, une assistante sociale ayant souffert pendant deux ans de cette pathologie. « À l’idée de retrouver ces douleurs, je suis terrorisée. Je sais que je ne tiendrai pas le coup  ! »

Question d’économies

La décision du ministère résulte d’un avis de la Haute Autorité de la santé (HAS), qui a classé l’Elmiron parmi les produits au service médical rendu faible. Une étude contestée par l’AFCI : « L’Elmiron n’est pas efficace pour tout le monde. C’est ce qui explique que les études cliniques sur lesquelles s’appuie la HAS ne soient pas bonnes. Mais ces recherches sont anciennes et on a depuis évolué dans la vision de la maladie. Celle-ci est désormais comprise comme symptôme dont les causes seraient diverses, ce qui explique les différences de réactions aux traitements », explique Françoise Watel.

Mais le ministère de la Santé a tout de même estimé qu’à 500 euros par mois, « le service médical rendu était jugé trop faible au regard du prix pratiqué par le laboratoire ». « Tout ça pour faire des économies ! C’est un abandon de soins de la part de l’État », accuse Cathy Ségur.

Société

La militante de Dispac’h était accusée d’avoir tagué des résidences secondaires lors d’une action de protestation en Bretagne

Le groupe Dispac’h avait mené une série d’action symboliques, non officielles, pour dénoncer la présence écrasante de résidence secondaire dans le Morbihan. Divers bâtiments avaient aussi été ciblés par des tags. Une militante du collectif indépendantiste accusée d’y avoir participe a finalement été relaxée. Les tags remontaient à mi-avril 2019. Le groupe cherchait à démontrer les « ravages du tourisme ».

Répression politique

De nombreux bâtiments publics et privés avaient été ciblés ; agences immobilières, résidences, stations balnéaires etc. Les membres de Dispac’h les avaient recouvert avec le pourcentage de résidences secondaires dans la commune concernée et autre chiffres illustrant le problème. Officiellement Dispac’h ne revendique pas cette action mais ils portent le même message. Il s’agit d’une vraie question, en effet non content de contribuer à la désertification des villes et villages, ces résidences provoquent un effet de gentrification.

La militante de 21 ans avait été arrêté dans les environs des maisons taguées à Quiberon dans la nuit du 14 au 15 avril 2019. Les membres de son collectif et de l’Union Démocratique Bretonne étaient présent à son procès pour la soutenir. L’avocate a dénoncé un dossier vide, sans preuve autres que quelques éléments circonstanciels. La militante souhaitait s’exprimer en breton avec un traducteur mais cela lui a été refusé. Elle n’a pas souhaité non plus répondre aux questions du tribunal. Il semble absurde qu’une action symbolique soit à ce point criminalisée. Notons que la militante a néanmoins été condamnée à 500 euros avec sursis pour avoir refusé le fichage ADN. Quand ils n’ont rien, ils trouvent toujours quelque chose.

israël, palestine, blocus
Coup de gueule

Dimanche 9 février, Tel-Aviv a provoqué une nouvelle fois les Palestiniens en leur interdisant l’exportation de produits agricoles vers Israël et le reste du monde.

« À partir d’aujourd’hui, l’exportation à l’étranger de produits agricoles palestiniens via le passage d’Allenby ne sera pas autorisée », a déclaré le Cogat, l’unité du ministère israélien de la Défense chargée de la surveillance des activités civiles dans les territoires palestiniens.

Stratégie d’asphyxie

Selon les autorités israéliennes, cette mesure aurait été prise en réponse au « boycott palestinien des veaux » qui aurait « gravement nui aux éleveurs de bétail israéliens » il y a cinq mois de cela.

La décision est un réel coup dur pour les exportations palestiniennes, le point de passage d’Allenby étant l’unique voie reliant la Cisjordanie à la Jordanie, porte commerciale ouverte sur le reste du monde. Cette mesure n’est d’ailleurs pas une première, puisqu’il y a une semaine déjà, le ministre de la Défense israélien, Naftali Bennett, a suspendu l’importation de produits agricoles de Cisjordanie en Israël.

Ces différentes décisions israéliennes illustrent parfaitement la stratégie d’asphyxie de l’économie palestinienne, mise en place par Israël suite au rejet des Palestiniens du plan de paix proposé par Donald Trump le 28 janvier dernier.

Balance commerciale déficitaire

80 % des exportations palestiniennes leur étant destinées, les Israéliens disposent ici d’un fort moyen de pression. Et la balance commerciale palestinienne étant déficitaire, les Palestiniens sont pieds et poings liés. Selon le ministère palestinien de l’Économie, les exportations agricoles vers Israël ont représenté 80,4 millions d’euros en 2018, contre 548 millions d’euros pour les importations de produits israéliens.

« C’est un désastre pour les agriculteurs. Les noix, les dattes, cela représente la grande majorité des exportations palestiniennes – et c’est le moment idéal pour exporter vers les pays arabes, juste quelques mois avant le ramadan. C’est une question de jours maintenant  : si les agriculteurs ne peuvent pas exporter, ils vont perdre beaucoup. Et cela représente des millions de shekels (1 shekel égale 0,27 euro – NDLR) », dénonce Saeb Bamya, ancien vice-ministre de l’Économie de l’Autorité palestinienne.

Guerre des étoiles, USA
Coup de gueuleInternational

Mercredi 5 février, les Etats-Unis ont donné vie à la branche militaire américaine de l’espace, l’US Space Force, qui a réalisé son premier tir de missile balistique intercontinental à ogive thermonucléaire.

« Moment très spécial »

Tiré dans la nuit de mardi à mercredi depuis le sol californien, l’énorme missile ( 18,2 mètres de long et 1,7m de diamètre) de type Minuteman III a parcouru 6 759 kilomètres avant de s’abîmer dans le pacifique, au large de l’atoll de Kwajalein (Iles Marshall).

Il s’agit d’ « un moment très spécial pour notre histoire nationale », a déclaré le commandant de la Space Force, le colonel Anthony Mastalir, qui a tenu à préciser que la trajectoire (orientée plein ouest) n’avait rien à voir avec les « événements actuels », sous-entendues les tensions avec la Chine. Et en effet, les calendriers de lancement étant élaborés trois à cinq ans à l’avance, il ne peut y avoir de corrélation avec la situation actuelle.

Nouvelles menaces

Par ce tir de missile, Donald Trump concrétise l’ouverture du sixième département des forces armées américaines, annoncé en juin 2018 contre l’avis de l’US Air Force, l’US Space Force. Cette nouvelle branche, forte de 16 000 agents, militaires et civils, sera chargée de protéger les satellites et engins spatiaux nationaux de toutes les nouvelles menaces, aussi bien numériques, que lasers et balistiques. La Chine, l’Inde et la Russie seraient d’ores et déjà équipées de complexes antisatellites, et l’Iran serait en passe de s’en offrir un.

Pour l’ex-ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud, la mise en place de l’US Space Force rompt « avec une vision de l’espace comme un milieu démilitarisé et régi par le droit international  », et ravive l’idée de « guerre des étoiles » lancée par le président Reagan il y a quarante ans.


SNCF, primes, non-grévistes
Coup de gueuleIdées

L’opérateur ferroviaire aurait octroyé des «  bonifications exceptionnelles  » à ses agents non grévistes pour les remercier de leurs bons et loyaux services. 

Scandale

«  Monsieur. Afin de vous remercier pour votre professionnalisme, votre implication et votre grande disponibilité dans le cadre du mouvement de grève ayant débuté le 5 décembre 2019, j’ai le plaisir de vous accorder une gratification exceptionnelle de 500 euros. Cette gratification vous sera versée sur votre paie de janvier », peut-on lire sur un courrier de la SNCF, adressé à un employé non-gréviste, intercepté par la CGT. 

Ainsi, alors que les cheminots mobilisés contre la réforme des retraites reçoivent des fiches de paie à zéro, les non-grévistes bénéficient eux d’une bonification de 500 euros en remerciement de leur “professionnalisme”, de leur “implication”, et de leur “grande disponibilité dans le cadre du mouvement de grève”.

Un scandale pour Bérenger Cernon, secrétaire de la CGT cheminots de la Gare de Lyon, selon qui ces primes iraient bien au-delà de 500 euros, s’étalant de 300 à 1  500 euros. «  Ce n’est pas la première fois que ça  arrive, mais ça  se produit de   plus en plus  », déplore le syndicaliste. 

« Tout cela nous choque, poursuit-il, après les différentes annonces de la direction sur des économies et des cessions d’actifs à faire pour se serrer la ceinture  », Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, ayant, en effet, annoncé un plan drastique de réduction des coûts pour compenser les pertes dues à la grève.

«  Assurer la continuité du service public  »

Même si elle renvoie la responsabilité à des « managers  locaux  », la SNCF assume parfaitement «  l’attribution de primes exceptionnelles à certains agents qui se sont mobilisés sur une période particulièrement longue pour assurer la continuité du service public pendant la grève  ». 

Le secrétaire national de la CGT Cheminots, Laurent Brun, a, lui, immédiatement dénoncé les méthodes d’un « patronat (qui) met les moyens des entreprises au service de la politique du gouvernement  », et prévenu que son syndicat allait saisir la justice.

Coup de gueule

Deux détenus jugés pour une tentative d’évasion du Centre de Rétention Administrative pointent les conditions inhumaines du centre

Les deux hommes de nationalité tunisienne ont été présentés au tribunal correctionnel de Rennes. On les accuse d’avoir tenté de s’évader du CRA de Sain-Jacques-de-la-Lande. Le problème c’est qu’avec la grève des avocats ils ne peuvent être défendus, il est donc impossible de les juger. L’un d’entre eux a pourtant insisté pour être entendu ; « je veux être jugé aujourd’hui, j’ai des choses à raconter ».

le CRA : une prison pour étrangers

Les deux hommes veulent dénoncer les conditions inhumaines de détention au CRA. Le président a fini par statuer que le jugement ne pouvait se tenir mais a accepté d’entendre les deux hommes. Ces derniers affirment que ; « certains policiers nous traitent comme des animaux ». Ils décrivent également des scènes de violences régulières. Les deux hommes expliquent qu’ils ont tenté de se suicider à plusieurs reprises. Ils justifient leur tentative d’évasion par leur crainte de devenir fou. Même le président semble prêter un certain crédit à leur histoire ; les hommes ont effet escaladé les les barbelés à main nu pour essayer de fuir.

Le président a décidé de les mettre en détention ailleurs qu’au CRA. A la fin de l’audience un des hommes a demandé à être envoyé aux urgences. Il avait avalé un certain nombre de boulons trouvés dans le tribunal. Cette affaire n’est qu’une parmi d’autres relatant les conditions de vie des détenus des CRA.