Coup de gueule

Un adolescent de 16 ans a été tabassé par des policiers pourtant expérimentés dans un commissariat de Pau alors qu’il était ivre

La scène a été filmée par la caméra d’un policier municipal. L’IGPN est en train de mener l’enquête. L’adolescent était menotté au moment des faits, dans la nuit du 19 au 20 octobre. Le policier municipal avait activé sa caméra car le ton montait entre le jeune menotté et les policiers. Il semble que l’adolescent ait voulu faire un croche-pied à un adjoint de sécurité, ce qui aurait déclenché l’attaque.

Qui nous protège de la police ?

Deux OPJ expérimentés, un chef de poste et un officier de quart de nuit ont alors roué le jeune de coups pendant plusieurs minutes. Suite à cela l’adolescent a du être conduit à l’hôpital. Il a le tympan percé et le médecin lui a donné 10 jours d’ITT. Il semble que depuis les agents aient été entendu par l’IGPN. Sans surprise ils ne sont ni désarmés, ni suspendus. Ils reconnaissent pourtant les faits et expliquent avoir perdu leur sang froid.

Depuis Cécile Gensac, la procureure de la République de Pau envisage de donner le dossier au parquet de Tarbes. En effet selon ; les faits sont suffisamment graves pour que nous envisagions un dépaysement, de manière à ce que les faits puissent, si tel est le cas, être jugés de manière sereine, impartiale et objective. L’objectif aussi, c’est qu’à travers le jugement  qui pourrait avoir lieu ailleurs, il n’y ait pas d’amalgame qui puisse être fait à Pau sur la façon de travailler de l’ensemble des policiers. Le parquet de Pau a bien conscience que les policiers palois «sont tous très affectés par ce qui s’est passé»”.

Coup de gueuleIdées

Les femmes victimes de violences allant jusqu’au meurtre au sein de leur couple ne sont que très rarement prises en compte

Jusqu’au 17 novembre dernier le nombre de féminicide conjugaux était monté à 136 meurtres. Ce compte des féminicides tenues par des militantes recense les meurtres commis sur des femmes par leur conjoint ou ex-conjoint. Les chiffres officiels du ministère de l’intérieur comptabilisent 121 meurtres en 2018 et 130 en 2017. Souvent ces victimes ont contacté les services de police, des proches ou on cherché une aide qu’elle n’ont pas reçu parce qu’on ne les a pas cru.

Les chiffres parlent

Il est intéressant de se pencher sur un rapport du ministère de la justice datant du 16 novembre. Le rapport étudie les cas de 88 féminicides ou de tentatives. Il s’avère que 15 % des auteurs ont déjà été condamnés pour violences conjugales, et dans 77 % pour des violences sur la même femme. Il faut aussi noter que deux tiers des femmes avaient déjà subis des violences qu’elles avaient été 65 % à rapporter à la police. Ces plaintes déjà rares sont peu suivies d’effets ; 80 % d’entre elles sont classés sans suite. Seul un des auteurs avait fini en garde-à-vue.

Une autre étude du parquet d’Aix-en-Provence s’intéresse à 26 féminicides ou tentatives entre 2018 et 2019. Près de 55 % des auteurs avaient des antécédents de violences ou de menaces sur leur conjointes. Un quart des procédures avait été classés sans suite et deux tiers des auteurs étaient sous suivi judiciaire. Sur 120 femmes tuées en 2018 un tiers avait déposé une plainte ou une main courante. Les cas outranciers de refus de prises en compte des plaintes de ces femmes par la police sont monnaies courantes. Ces refus d’agir de la part des institutions policières ont régulièrement pour effet la mort de la plaignante.

Changer la société

Des mesurettes gouvernementales ne cessent de démontrer leur inutilité. Le bracelet anti-rapprochement existe depuis 2017 ; il n’est pas utilisé et rien n’assure de l’intervention des forces de police. Le « téléphone grand danger » est sous-utilisé, la plupart de ces téléphones ne sont pas attribués. L’ordonnance de protection permettant de protéger les femmes d’un conjoint violent est également sous-utilisée ; la mesure a été appliquée 1839 fois pour 3000 demandes. En Espagne, qui compte moins d’habitants, la mesure a été accordée 29 000 fois sur la même période.

Tout ceci pose la question de l’inefficacité policière et judiciaire à défendre les femmes contre les féminicides, mais aussi de la société patriarcale qui produit de telles violences. Fort heureusement des militantes se dressent encore et toujours contre le sexisme à travers le monde et ici comme ailleurs il semble que ce mouvement se renforce. Il semble aujourd’hui clair que si le changement doit arriver il arrivera par une transformation de la société et non par un changement gouvernemental.

Politique

Le secrétaire d’État en charge des Retraites Laurent Pietraszewski prévient d’emblée qu’il n’y aura pas de discussions quant à la pénibilité

Pietraszewski a choisi de donner quelques précisions sur une chaîne d’info le 24 décembre dernier ; il semble encourager ceux travaillant dans des conditions trop difficiles à se reconvertir. L’individu faisant par là montre de sa méconnaissance des conditions de vie de tous ceux qui ne partagent pas sa vie de grand bourgeois.

Un blocage patronal

Une des revendications majeurs pour les syndicats d’accompagnement comme la CFDT sont le rétablissement des quatre critères de pénibilité. Ces derniers avaient été supprimés en 2017. Selon Pietraszewski ; « Ils n’étaient pas ou peu évalués dans la vie des entreprises. Nous ne pensons pas que c’est en remettant en place les critères qui ne fonctionnaient pas en 2017 que nous allons trouver des solutions ». Il ajoute qu’il est pour l’ouverture du débat mais qu’il ne débattra pas des mesures prises en 2017 ; en somme il est pour le débat mais pas trop. Il ajoute aussi que le vrai débat pour lui est de savoir comment une personne peut sortir d’un métier pénible. Cette idée de la reconversion n’a aucun sens pour de multiples raisons, mais tout d’abord parce qu’il faudra toujours quelqu’un pour effectuer ces métiers pénibles.

Il semble pourtant s’agir de la ligne officielle du gouvernement. Le premier ministre l’a précisé dans son communiqué annonçant des discussions prévues pour le 7 janvier. Pour un autre syndicat d’accompagnement comme l’UNSA ces critères de pénibilité sont importants. Selon eux le patronat opère un véritable blocage sur ces questions. On imagine mal comment le gouvernement espère calmer le mouvement alors même qu’il refuse de discuter des questions les moins radicales défendus par les syndicats les moins vindicatifs.

International

Policiers et manifestants pro-démocratie se sont affrontés mardi soir dans un centre commercial de Hong-Kong à la veille de Noël

Le mouvement Hong-kongais avait appelé à perturber les fêtes et à mener des rassemblements éclairs. Les policiers ont opéré un certain nombre d’arrestation. Pour l’occasion des policiers en civil étaient présents dans la foule. La plupart des affrontements ont eu lieu au centre commercial de Harbour City à Tsim Sha Tsui. Ce centre est l’un des plus importants de la ville. Ce n’est cependant pas la première fois que le mouvement cible ces hauts lieux de la consommation.

Cibler l’économie

Depuis le début du mouvement de nombreux centres commerciaux ont été le théâtre d’actions et de manifestations. Le mouvement semblait pourtant se calmer mais la période des fêtes semble relancer la lutte ; des manifestants appellent à agir dans les grandes zones commerciales jusqu’au nouvel an. Mardi soir des centaines de manifestants vêtus de noirs ont investit Harbour City. Il semble que les affrontements aient commencé quand les militants ont repéré des policiers en civil. Ces derniers ont été encerclés et caillassés ; la police anti-émeute est alors intervenue. Un des policiers a même menacé des militants avec un fusil.

D’autres manifestations de ce genre ont eu lieu ailleurs dans la ville. La communauté chrétienne est importante, ce qui explique l’importance des fêtes à Hong-Kong. La municipalité a cependant renoncé à transformer les rues commerçantes en rue piétonne comme l’année passée ; de peur que les manifestants se rassemblent. Il semble que ces actions commencent à avoir un fort impact économique. Depuis le début du mouvement le tourisme se porte mal et l’économie est entrée en récession.

Politique

Cette mesure d’augmentation du salaire des policiers et le paiement de leurs heures supplémentaires vise à clairement à s’assurer de leur fidélité

Le gouvernement ne cesse de choyer les agents depuis le début de ce mouvement social. Macron avait récemment annoncé qu’il n’y aurait pas de changement dans le régime spécial des policiers. Aujourd’hui une étape supplémentaire est franchie dans l’espoir de désamorcer tout mouvement social de la part des agents. A n’en pas douter ceux-ci se rendent aussi bien compte qu’en période de mouvement social leur position de négociation s’est renforcée.

Le gouvernement cède à toutes les demandes policières

La décision de revaloriser les salaires est venu le 19 décembre dernier. Le ministère de l’intérieur a fait cette annonce après une seule journée de protestation des policiers. Ces derniers réclamant toujours plus de moyens, avec cette fois pour excuse la crise des Gilets Jaunes. Pour s’assurer de leur fidélité le gouvernement a donc décidé de s’atteler au règlement des millions d’heures supplémentaires non-payées. Une prime exceptionnelle de 300 euros a aussi été accordée. De leurs cotés les policiers avaient opéré des fermetures symboliques de commissariats dans plusieurs villes pour faire pression sur l’État.

L’augmentation du salaire des policiers commencera par 40 euros par mois dès le 1er janvier. Le syndicat policier SGP s’est félicité de ces nouvelles ; « c’est ce qu’on voulait ». L’augmentation ne s’arrêtera pas là ; elle montera jusqu’à 120 euros pour les gardiens de la paix et jusqu’à 150 pour les gradés d’ici la fin de l’année prochaine. Il est toujours intéressant d’observer les attitudes de l’État quand celui-ci se sent menacé ; la précaution d’usage est de s’assurer du soutien des forces de répression. Rappelons-nous que les militaires sont aussi exemptés de cette réforme des retraites que le gouvernement cherche à nous vendre comme un progrès social.

Société

Dans le cadre de la lutte contre la réforme des retraites la raffinerie Lavéra va être arrêtée et des AG vont se tenir dans les autres raffineries

Cette annonce a été faite par le syndicat de la Chimie de la CGT. La décision a été prise le 22 décembre de démarrer l’arrêt total de la raffinerie Lavéra, près de Martigues. L’arrêt total va prendre quelques jours, selon le secrétaire général de la CGT Chimie ; Emmanuel Lépine. La tenue d’AG dans les autres raffineries semble annoncer d’autres arrêts de ce genre dans les jours qui viennent. Ainsi des AG doivent se tenir aujourd’hui à Grandpuits, à la Mède et à Feyzin. Les salaries voteront sur l’arrêt des installations.

La lutte se renforce

Si ces trois raffineries s’arrêtent c’est ni plus ni moins que la moitié de la capacité de production de carburant du pays qui s’arrête. Seuls resterons les dépôts portuaires qui pourraient aussi être bloqués en cas de durcissement supplémentaires du mouvement. En effet ces dépôts sont déjà en grève. Selon Lépine ; « ces dépôts sont également en grève. Les remorqueurs de Fos-sur-Mer ne branchent plus les bateaux sur le port pétrolier. Au Havre c’est la même chose, les portuaires sont en grève ».

Face à l’absence de négociations et à la répression de la part du gouvernement il semble que les salariés aient la volonté de durcir la lutte. Les salariés ont bien conscience que cette mesure pourrait être mal perçu. Néanmoins les grèves des transports n’ayant pas réellement entamé le soutien à la lutte, on peut espérer que cette décision pèse plus lourdement sur le gouvernement que sur la population. Lépine rappelle justement que le gouvernement « est en pleine responsabilité de la situation actuelle. C’est à lui d’en sortir ».

Coup de gueuleInternational

L’Inde construit des camps de détention pour 1,9 millions d’habitants de la province de Assam risquant d’être déchus de leur nationalité

Cette annonce de la construction de camps de détentions massifs vient juste après la nouvelle que près de 2 millions de personnes pourraient être déchus de leur nationalité. Ces personnes vivent dans le nord-est de l’État de Assam. Ils ont été exclu lorsque l’Inde a publié la liste du Registre National des Citoyens de l’État en août dernier. Ceux qui ont été exclu de la liste devront prouver qu’ils sont des citoyens indiens. L’ONU et des groupes de défense des droits de l’homme ont fait part de leur inquiétude devant le risque de créer autant d’apatrides.

Une mesure islamophobe

Ce Registre National des Citoyens a officiellement pour but de lutter contre l’immigration à Assam. Le gouvernement indien cherche à exclure les personnes originaires du Bangladesh ; un pays à majorité musulmane. Dans les faits cette liste sert clairement les projets islamophobes du gouvernement Modi. En effet de très nombreux musulmans vivant dans l’État légalement depuis des décennies ont été exclus de la liste. Pour ces personnes il leur faudra retrouver des papiers remontant à des décennies pour prouver leur existence légale.

Chacun sait que dans cette partie pauvre et rurale de l’Inde la conservation des archives n’est pas dans la liste des priorités. Même les citoyens légaux n’ont pas de certificat de naissance. L’Inde prévoit donc la construction de 10 camps de détentions. Chacun d’entre eux pourra contenir 3000 personnes et fera la taille de 7 terrains de football. Certains partis ont commencé à s’insurger seulement après la découverte que de nombreux Hindous seraient visés. Le gouvernement est en train de légiférer pour résoudre le problème ; cette loi vise la légalisation des hindous, sikhs et bouddhistes, mais pas des musulmans.

Politique

Le député Jean-Pierre Grand demande que toute prise de photo ou vidéo des forces de l’ordre soit punie par de la prison et des amendes

Le sénateur de l’Hérault a déposé 3 amendements. Dans ces derniers il demande des peines allant jusqu’à 1 an de prison et 45 000 € d’amendes. La décision sur le texte sera rendue le 17 décembre. Vraisemblablement si le texte était adopté, les contrevenants s’exposeraient plutôt à une amende de 15 000€. Fort heureusement de nombreuses voix s’élèvent contre ce texte liberticide.

Une provocation à l’encontre du mouvement social

L’apparition de ce texte dans le contexte des violences policières qui ne cessent d’émailler le mouvement social n’a rien d’une coïncidence. Certains à droite préfèrent protéger l’institution policière plutôt que leurs concitoyens. Ce texte de « lutte contre la haine » sur internet empêcherait toute personne, journalistes compris, de prendre légalement des images des fonctionnaires de police. Plus précisément le texte vise la modification de l’article 35 de la loi de 1881. Cette loi protège la liberté de la presse.

Des protestations se font entendre aussi bien dans le champ syndical que du côté de la ligue des droits de l’homme. L’avocat Arié Alimi appelle ainsi à une mobilisation des journalistes et de leurs syndicats. Si les différents amendements passent il sera impossible prendre toute image des policiers, y compris dans des lieux publics comme les manifestation. Les plus fervents opposants au texte semble pour l’instant être les journalistes. Or, on a bien vu que ces derniers n’avaient pas toujours eu à cœur de relayer les violences commises par les forces de l’ordre. Ceux qui sont visés par ce texte sont avant tout les citoyens qui chercheraient à informer sur les violences impunies régulièrement commises par les policiers.

International

Le président d’extrême droite brésilien Jair Bolsonaro a annoncé le lancement d’un nouveau parti d’extrême droite au slogan évocateur

Le président est un habitué de ce genre de manœuvre ; l’homme en est à son neuvième parti politique. L’annonce a eu lieu le 21 novembre dernier. Cet énième parti porte le doux nom d’Alliance pour le Brésil et son slogan laisse peu de doute sur son orientation politique ; Dieu, Famille, Patrie. Le parti vise directement l’électorat d’extrême droite évangéliste. Cet annonce vient après la brouille entre le président et son ancien parti qui remonte maintenant à l’année dernière.

Un parti fasciste

Selon le président ; « si j’avais fait ça plus tôt, nous aurions élu 100 députés et un sénateur par État ». Son ancienne organisation était le Parti Social Libéral. Ce dernier était anecdotique avant l’arrivée de Bolsonaro en mars 2018. Dans la foulée de son élection 50 députés et quatre sénateurs du PSL avaient été élus aux élections générales. Le lancement du nouveau parti a été annoncé à l’extérieur d’un hôtel, orné pour l’occasion d’un écran géant. Quelques dizaines de partisans triés sur le volet et portant les couleurs du pays étaient présents.

Le compte twitter de l’Alliance pour le Brésil compte déjà 150 000 abonnés. La plupart de ses communications sont accompagnés des hashtags « Dieu, Famille, Patrie ». Sans surprise le cœur idéologique de l’organisation prône ; « le respect de Dieu et de la religion » et la « Défense de la vie, de la légitime défense et de la famille ». Il ne manque que le « travail » pour obtenir le bingo du parfait fasciste. L’avocate du parti s’est aussi indignée contre un supposé « athéisme obligatoire » au cours de la cérémonie de création du parti. Karina Kufa est aussi une partisane violemment anti-avortement, ce que partage le parti. Enfin le dernier pilier idéologique est la lutte contre le socialisme et le communisme. Bolsonaro est désormais le président de ce nouveau parti et son fils sénateur en est le vice-président.

IdéesPolitique

Malgré la crise grave que traverse l’industrie électronucléaire dans le pays le gouvernement semble vouloir persévérer dans cette voie

Le chantier de l’EPR à Flamanville, le problème insolvable de la gestion des déchets, l’abandon du projet Astrid ; rien ne semble pouvoir décourager le gouvernement. Cette fuite en avant dans cette industrie polluante et dangereuse se traduit aujourd’hui par la volonté de vendre EDF à la découpe et de lancer le chantier de six nouveaux EPR.

L’impasse du nucléaire

L’exemple de l’EPR de Flamanville aurait pourtant du sonner la fin de ce réacteur de « 3e génération. Le réacteur était censé être connecté au réseau en 2012 et coûter 3,5 milliards d’euros. Au lieu de ça on estime qu’il ne sera pas prêt avant 2023 et risque de coûter au moins 12,4 milliards d’euros. L’Autorité de Sûreté du Nucléaire (ASN) à pointé de nombreux problèmes graves au fil des années.

En 2015 l’ASN relève des anomalies de fabrication sur la cuve du réacteur. En 2017 des anomalies de forgeage sont détectées sur la cuve ; EDF a du reprendre 53 soudures défectueuses. Enfin en juin 2019 l’ASN a annoncé que huit autres soudures difficilement accessibles devaient être refaites. Selon le ministre de l’économie Bruno Le Maire il faut finir ce chantier avant de prendre de nouvelles décisions pour la filière. En somme, pas de nouveaux EPR avant les élections présidentielles de 2022.

Persévérer quand tout a échoué

Il est d’autant plus absurde de construire de nouveaux réacteurs que la question des déchets n’est toujours pas réglée. Les déchets de haute et moyenne dont la durée de vie se chiffre en centaine de milliers d’années sont le principal soucis. En 2020 on estime que ces déchets représenteront 58 500 m². La loi Bataille de 1991 donnait trois pistes de travail pour la gestion des déchets ; la transmutation, le stockage en formations géologiques profondes et le conditionnement en surface.

La transmutation consiste en l’utilisation de réacteurs à neutrons rapides refroidi au sodium ; le projet Astrid. Le commissariat à l’énergie atomique a cependant annoncé récemment qu’ils abandonnaient les recherches sur le prototype Astrid. Les raisons ; manque de soutien politique et trop coûteux. De son côté le projet d’enfouissement avec la construction du laboratoire Cigéo à Bure fait à face à une opposition farouche de la population. Malgré la répression les opposants occupent actuellement la zone.

Les mensonges du gouvernement

Malgré ces problèmes une annonce d’importance est tombée le 20 juin 2019. Macron souhaite le découpage d’EDF en deux filiales. La filiale bleue serait détenue à 100 % par l’État et comprenant activités nucléaires, barrages hydroélectriques et réseaux de transports d’électricité. La filiale verte verrait son capital ouvert au privé et regrouperait distribution d’électricité, branche commerce, énergies renouvelables, filiale consacrée au services et Enedis. En somme nationalisation totale du nucléaire pour lancer d’autres projets nucléaires et privatisation du reste.

Le journal Le Monde a aussi révélé qu’une feuille de route précise avait été donnée au président d’EDF pour la construction de six nouveaux EPR ; en contradiction avec les déclarations du président. Cette piste est la seule étudiée par le gouvernement, aucune mention n’est faite des énergies renouvelables. Le lobby du nucléaire a encore de belles heures devant lui.