Coup de gueule

Depuis sa nomination en juin 2021 à la tête du Crédit Mutuel-Arkéa (CMA), Julien Carmona a du fil à retordre. Le dirigeant a en effet hérité d’une situation compliquée et doit aujourd’hui composer avec les bévues de l’ancienne direction.

Les choix de l’ancienne direction planent toujours sur le CMA, au grand dam de son nouveau président, Julien Carmona, qui hérite d’une situation compliquée, et ce tant sur le plan réputationnel que politique. Favorisé par son prédécesseur démissionnaire Jean-Pierre Denis, le nouveau président d’Arkéa doit non seulement jongler entre les partisans de l’indépendance de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel et les défenseurs du mutualisme, mais il doit aussi composer avec les casseroles judiciaires de l’ancienne direction de la banque.

Cadeaux de bienvenue

Les tribulations judiciaires du CMA ont ainsi rythmé les débuts de l’énarque à la présidence de la banque bretonne : fin juillet, le Conseil d’État rejetait les arguments d’Arkéa, décision aux allures de grand « non » au projet d’indépendance porté par Jean-Pierre Denis puis, le 13 septembre, la banque bretonne se voyait contrainte de signer un accord de « composition administrative » embarrassant avec l’AMF pour avoir failli à son devoir de conseil envers ses clients-investisseurs.

Julien Carmona n’aura donc pas connu le traditionnel état de grâce de début de mandat et doit déjà faire un choix décisif : poursuivre le grand rêve d’indépendance de son prédécesseur ou renforcer le modèle mutualiste de la banque. Le premier a du plomb dans l’aile puisque, comme le rappelle la Confédération Nationale du Crédit Mutuel, « toutes les juridictions françaises et européennes auront été sollicitées [par Arkéa], sans succès, pour contester l’intégrité du Crédit Mutuel au prix d’un risque de fragilisation du modèle bancaire mutualiste », quand le second vient de faire la preuve de sa résilience.

Position inconfortable

Pour autant, le nouveau président d’Arkéa apparaît comme tiraillé par ce choix . Celui-ci a en effet assuré il y a quelques semaines dans la presse vouloir « reprendre le dialogue » concernant le projet d’indépendance d’Arkéa – synonyme de perte du statut mutualiste pour la banque – tout en louant en parallèle la solidité de son modèle… mutualiste.

Une position paradoxale – et de plus en plus intenable – qui pourrait néanmoins s’expliquer par la vraisemblable implication de Jean-Pierre Denis dans la nomination du nouveau président d’Arkéa et l’amitié entre les deux hommes. Reste désormais à savoir jusqu’où ira Julien Carmona pour “plaire” à son prédécesseur.

Coup de gueuleEconomie

Nouveau rebondissement dans le dossier Arkéa-Crédit Mutuel : la banque bretonne, désireuse de voler de ses propres ailes depuis 2015 et d’utiliser son seul nom, pourrait bientôt être contrainte d’y adjoindre la mention de sa banque de tutelle, quel que soit le support utilisé. Un nouveau coup dur pour son PDG Jean-Pierre Denis, qui avait fait de la promotion de la marque Arkéa la pierre angulaire de son projet d’indépendance, en multipliant les contrats de sponsoring – des investissements dispendieux et, pour la plupart, mal avisés. 

Contentieux sur la marque

Jeudi 14 janvier, la banque Crédit Mutuel Arkéa (CMA) a très solennellement demandé à sa maison-mère, la Confédération Nationale du Crédit Mutuel (CNCM), de retirer un projet de décision réglementaire portant sur l’usage de la marque « Crédit Mutuel ». Selon le CMA, le document – dont le contenu doit encore être approuvé le 2 février par la CNCM – lui interdirait d’utiliser la marque « Arkéa » sans y accoler la mention « Crédit Mutuel ». 

Une décision qui fait sens, pour la CNCM, qui a beau jeu de rappeler que « le Crédit Mutuel Arkéa fait partie depuis toujours du groupe Crédit Mutuel, dont l’unicité a été confirmée en justice ». Saisi d’une question similaire en 2019, le tribunal administratif de Rennes avait, en effet, estimé que « les caisses de Crédit Mutuel (le CMA regroupe les caisses de Bretagne et du Sud-Ouest) n’ont pas le droit de proposer des services bancaires et financiers sans utiliser les termes ”Crédit Mutuel” ». 

Sans surprise, on ne l’entend pas vraiment de cette oreille du côté du Relecq-Kerhuon, près de Brest, où siège le CMA. Sans craindre de jouer les cartes, rebattues, de la victimisation et de la défense de « l’identité bretonne » supposée de la banque : « il s’agit d’une décision à caractère général, mais nous y voyons un caractère particulier, car chacune de ces mesures touche à notre identité », s’est ainsi plaint Cédric Malengreau, directeur du secrétariat général d’Arkéa. Ce en quoi la direction de la banque n’a, pour une fois, pas foncièrement tort.

Si le projet de réglementation était adopté en l’état, non seulement le CMA ne pourrait plus proposer de services bancaires sous son seul nom, mais encore devrait-il arrêter d’utiliser les dénominations « Arkéa » ou « groupe Arkéa » dans l’ensemble de ses activités commerciales, publicitaires, institutionnelles et même en matière de sponsoring. Un nouveau coup dur, qui tape là où cela fait – très – mal.

Un projet d’indépendance mis au rebut

Car il ne s’agit pas, avec cette énième joute linguistique et réglementaire, d’une simple question de fierté, ni même d’identité. Depuis l’annonce de son projet de désaffiliation de la CNCM en 2015, souhait renouvelé à plusieurs reprises, Arkéa a fait de son nom et de sa marque à la fois l’enjeu et le symbole de sa volonté d’indépendance – comment, en effet, imaginer voler un jour de ses propres ailes si une entité, quelle qu’elle soit, n’est pas capable de conserver ou d’imposer son nom dans l’espace public ? 

Mais sur ce plan comme sur tous les autres, la banque présidée par Jean-Pierre Denis est allée de Charybde en Scylla :  fin de non-recevoir de la Banque de France et du Trésor ; mesures prudentielles supplémentaires imposées par la Banque centrale européenne (BCE) ; avis défavorable de l’Autorité de contrôle et de résolution ; annonce de la dégradation de sa note financière par l’agence Standard & Poors ; renvoi du projet de désaffiliation aux calendes grecques par la BCE dès les premiers jours de la crise sanitaire…

Dans le même temps et à cause des mêmes erreurs de jugement de sa direction, le CMA a dû essuyer un certain nombre d’affaires et de scandales achevant de décrédibiliser tant son équipe dirigeante que la stratégie de celle-ci : à commencer par la désormais fameuse « première manifestation de banquiers » organisée à Paris, tous frais payés par la hiérarchie ; en passant par les révélations de notre confrère, Laurent Mauduit, de Mediapart, sur le train de vie fabuleux de Jean-Pierre Denis et du top management de la banque, dont les rémunérations variables étaient aussi fantastiques qu’illégales au sein d’un groupe mutualiste ; sans oublier le tort causé par le renflouement en catastrophe de sa filiale d’assurance-vie, Suravenir. Tant et si bien qu’au sein du groupe, plus personne ne croit aujourd’hui à la perspective d’une indépendance en bonne et due forme, que sa propre direction repousse désormais, et au mieux, à l’horizon 2024. Autant dire jamais. 

Arkéa, un nom qui, seul, fait flop

Mais, quand après tant de défaites et d’humiliations, il ne reste plus rien à défendre que son nom, on peut comprendre qu’Arkéa concentre tous les efforts dérisoires de ses dirigeants pour  sauver l’honneur de la banque, ou du moins ce qu’il en reste. Est-ce la raison pour laquelle Arkéa a multiplié, au cours de la période récente, les opérations de « naming » et de sponsoring, apposant son nom – sans, bien entendu, aucune mention du Crédit Mutuel – sur les maillots d’équipes de cyclisme et de rugby, sur une gigantesque salle de spectacle et même sur un voilier participant au Vendée Globe ? 

De très coûteux investissements promotionnels qui, pour la plupart, se sont eux aussi retournés contre leurs concepteurs. Qu’on en juge : l’équipe Arkéa-Samsic alignée sur le Tour de France cycliste ? Soupçonnée de dopage et potentiellement exclue des futures compétitions. L’Arkéa Arena de Bordeaux ? Portes closes depuis le début de la pandémie de Covid-19. Le bateau Arkéa-Paprec aligné aux Sables d’Olonne ? Obligé d’abandonner le Vendée Globe après une collision en mer. 

Non seulement un Arkéa sans le Crédit Mutuel ne verra probablement jamais le jour, mais son nom est désormais synonyme de scandales, d’échecs et de déroutes en tout genre. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

eoliennes mines droits de l'homme - drapeau rouge
International

Les rapports d’ONG se multiplient pour dénoncer les graves atteintes aux droits humains qui découlent de l’extraction, du transport et de l’exploitation des matériaux nécessaires à la fabrication des technologies utilisées dans les énergies renouvelables. Le silence public qui entoure ces pratiques est assourdissant : il traduit le malaise de personnels politiques et médiatiques à assumer certaines contradictions de l’écologie politique. Car les éoliennes, les panneaux solaires et les batteries de voiture électrique ont un très lourd coût environnemental et humain.

Les conséquences dévastatrices de l’exploitation minière sur des milieux déjà fragilisés : les énergies renouvelables pas toujours si vertueuses

La conception des énergies renouvelables nécessite des minerais, beaucoup de minerais… Or les catastrophes liées à l’utilisation de ces minerais se sont multipliées ces dernières années selon un rapport récent de l’ONG Sherpa intitulé « Ne minons pas la transition écologique ». L’une des plus violentes et importantes fut la rupture d’un barrage du réservoir de rétention d’une mine de fer à Brumadinho au Brésil, en janvier 2019. Le bilan de ce drame humain fait froid dans le dos : 270 morts directs dans un océan de boue toxique et des déchets toxiques par millions de tonnes qui pourraient affecter des millions d’habitants.

Cette catastrophe fait écho à une autre rupture de barrage dans le même pays en 2015. Dans les deux cas, on peut observer un enchevêtrement entre entreprises minières locales, sociétés de prospective internationales, avec des pratiques de certification frauduleuses et une corruption endémique, sans même parler des déplacements forcés de population venant servir de main d’œuvre bon marché sans équipement de protection de base. Comme le démontrait le chercheur Alain Deneault dans son livre « Noir Canada » en 2008, derrière les profits des compagnies minières internationales se cachent encore une mentalité coloniale, via la déstabilisation politique et la corruption endémique, dans un dédain absolu des terres et des hommes. Une partie des minerais qui servent à la construction de nos éoliennes, utilisées par les pouvoirs publics et les entreprises pour leurs campagnes de communication, est donc extrait dans le sang de bien des populations.

Dans d’autres régions, c’est le retour du stress hydrique pour les populations, étant donné les quantités astronomiques d’eau douce nécessaire à l’extraction minière. Le sous-sol riche en lithium de la région de Centenario-Ratones en Argentine par exemple en a fait les frais : disponibilité et qualité moindre de l’eau potable mais aussi pollution des ruisseaux utilisés pour abreuver le bétail et irriguer les cultures. Rappelons que le lithium, comme le cuivre ou le manganèse, fait partie des matériaux essentiels à la construction des batteries de voitures électriques.

Coup de grisou sur les droits humains

Au-delà des désastres écologiques évidents des exemples précédents, plus d’un siècle après les descriptions effroyables des conditions de travail ouvrières dans les mines par Emile Zola dans Germinal, les droits humains restent particulièrement bafoués dans l’industrie des énergies renouvelables. Une étude récente de l’ONG Business & Human Rights Resource Centre fait état de graves manquements à la dignité humaine par de nombreuses sociétés engagées dans cette industrie.

Le rapport offre un rappel cinglant des racines violentes d’un capitalisme souvent enrobé de greenwashing : saisies illégales de terres, conditions de travail calamiteuses, traitement infamant des populations locales, corruption et collusions politiques avec les élites locales. Mettant l’accent sur les énergies éolienne et solaire, le rapport dresse un classement des 16 entreprises cotées en Bourse les plus importantes dans le secteur, dont deux françaises. La conclusion est glaçante : « Les résultats suggèrent qu’aucune des entreprises (…) n’assume pleinement aujourd’hui (ses) responsabilités en matière de droits de l’Homme. »

L’ONG soulève que pas moins de 197 allégations de violations des droits de l’Homme ont été soulevées contre ces sociétés : meurtres, menaces, intimidations, spoliation des terres, conditions de travail dangereuses, salaires misérables, etc… Cette liste funeste amène à s’interroger sur l’impunité laissée aux entreprises des énergies renouvelables (aucune n’a accepté de répondre à ces allégations), là où d’autres secteurs (comme l’industrie pétrolière ou textile) sont depuis longtemps dans le collimateur des instances politiques nationales, internationales, des ONG et des associations. Sous prétexte d’énergie verte, le secteur des renouvelables devrait-il échapper aux règles internationales ?

On peut penser que le caractère indispensable des énergies renouvelables dans la transition énergétique a justifié de fermer les yeux sur ces exactions scandaleuses. Il est peut-être temps pour une opinion publique occidentale de plus en plus férue d’environnement de porter l’attention des pouvoirs politiques et économiques sur ces activités, par la mise en place de mécanismes de contrôle plus draconiens ou de critères d’investissements adossés aux droits humains. Pour l’avenir de la planète, via l’équilibrage du mix énergétique, nous ne pouvons pas détourner les yeux sans risquer de contrevenir aux objectifs et aux valeurs initiales de l’écologie : la préservation de l’environnement et des populations pour la continuation de la vie.

Coup de gueuleEconomieSociété

Les commerces de proximité ferment les uns après les autres, la faute au COVID-19 ? Oui, mais pas que…

Abandon gouvernemental

La nouvelle est tombée comme un coup de massue pour les commerçants français. Face à la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus, les commerces dits « non essentiels »  ont de nouveau été fermés pendant de longues semaines. Une décision d’autant plus incompréhensible que les centres commerciaux et les géants de la vente en ligne, dont l’exilé fiscal Amazon, y échappaient. Certes, la fronde des petits commerçants a fini par faire plier le Gouvernement, qui, dans un sursaut de génie, a interdit la vente de produits non essentiels dans les grandes surfaces, mais le mal était fait.

Pour la députée FI Clémentine Autain, « en favorisant les hypermarchés contre les magasins de centre-ville, le gouvernement protège un modèle de consommation déshumanisant et destructeur ». Selon l’auteure de l’essai A gauche en sortant de l’hypermarché, « favoriser l’hypermarché sur les petits commerces et les artisans, c’est aussi une façon de promouvoir la désertification des centres urbains et le tout-voiture auquel l’hypermarché est fondamentalement corrélé ».

Cela fait en effet au moins deux décennies que les centres-ville se battent pour la survie de l’activité. Avec un succès limité, notamment dans les communes de taille moyenne : selon la Fédération du commerce spécialisé (Procos), la vacance (soit la proportion de commerces à céder ou à louer) s’établissait ainsi à 12 % en 2018, contre « seulement » 7 % en 2012. Et alors que le taux de vacance atteint 15 % dans une ville moyenne sur trois, le flux de clients accueillis dans les boutiques est en baisse constante de plus de 5 % par an depuis cinq ans.

La faute à qui ?

Outre la hausse des loyers commerciaux ou les difficultés d’accès et de parking, la ruée vers l’hypermarché, phénomène aggravé en temps de Covid-19, contribue très largement à la désertification des centres urbains. La Bretagne symbolise malgré elle ce mal français : les centres-ville de Saint-Brieuc et de Saint Nazaire ont ainsi perdu plus de 15 % de leurs commerces en quinze ans. Quant à Brest, Châteaubriant, Fougères et Lorient, entre 7,5 et 10 % des boutiques sont aujourd’hui inoccupées. Pour Auray, La Baule et Vannes, ce taux atteint entre 5 et 7,5 %, et le centre-ville de Morlaix, dont 26 % des commerces sont inoccupés, est quant à lui en voie de désertification.

La course à la digitalisation, elle aussi favorisée par le Covid-19, a également sa part de responsabilité dans la désertification des centres-ville français : toujours en Bretagne, la filiale régionale du Crédit Mutuel Arkéa, que son ancien dirigeant, Ronan Le Moal, surnommait — sans gêne aucune — « l’Amazon de la banque » en raison de son goût prononcé pour les services dématérialisés, ferme ainsi, depuis plusieurs années maintenant, ses agences locales les unes après les autres.

La dernière en date, Plougonvelin, dont la directrice, Angélique Le Bras, justifie la fermeture par « l’optimisation des points de vente [de la banque] sur le territoire », vient ainsi s’ajouter à celles de Trégastel (Côtes-d’Armor), Sérent (Morbihan), Landéda (Finistère), Locmaria-Plouzané (Finistère)… Ou comment une banque bretonne, qui s’affichait pourtant comme un ardent défenseur de la région, participe — activement — à la désertification des centres-ville d’une région qui souffre.

Plus récemment, Etel a perdu le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel et la Caisse d’Epargne au profit de la commune de Belz. La fermeture progressive de ces agences avait commencé en 2010 avec celle du Crédit Maritime, la “banque des armateurs“. Et la vague de départs ne s’arrête pas là. Le 18 janvier prochain, ce sera au tour du Crédit Lyonnais de quitter Etel pour rejoindre Carnac. En plus de la fermeture de l’agence bancaire, la ville perdra un des deux distributeurs automatiques de billets.

D’après les chiffres de l’Insee, la Bretagne figure, avec les Pays de la Loire et la Nouvelle-Aquitaine, dans le top 3 des régions françaises où le contraste entre le dynamisme commercial des villes et la déprise des centres-ville est le plus important. La Bourgogne–Franche-Comté est elle aussi particulièrement concernée par ce phénomène.

Si le COVID-19 met plus que jamais en péril la survie des petits commerces français, ces derniers souffrent depuis plusieurs années maintenant, en raison notamment de la digitalisation à outrance de notre société et la ruée vers les hypermarchés. Le tout associé à l’incapacité du gouvernement français à réguler des acteurs comme Amazon, qui favorisent ni plus ni moins la mort des centres-ville français et de ceux qui l’animent.

Coup de gueule

Un policier de la PAF de Beauvais est accusé d’avoir forcé un migrant en rétention administrative à lécher ses chaussures

L’enquête est actuellement menée par l’IGPN, autant dire que le fonctionnaire n’a pas trop de soucis à se faire. Cet agent de la Police au Frontières (PAF) est néanmoins sous le coup de deux enquêtes ; l’une disciplinaire, l’autre judiciaire. Le procureur Florent Boura a ainsi précisé ; « une enquête préliminaire est ouverte pour violences volontaire par un dépositaire de l’autorité publique ». L’homme aurait été dénoncé par un de ses collègues.

Violence et humiliation

Les faits remontent au 14 novembre dernier. Cet agent est d’ailleurs expérimenté et non un nouveau dans le service. Les actes d’humiliations et de violence aurait été à l’encontre d’un détenu guinéen. L’homme avait été placé en rétention administrative et était alors détenu dans le commissariat de Beauvais. Selon un témoin le détenu n’avait « rien d’un délinquant insultant », comme si cela changeait grand chose. L’agent de la PAF l’a néanmoins forcé à se mettre à genoux pour lui lécher les chaussures. Le témoin choqué, s’est peu après confié à un autre membre de la PAF.

C’est ce dernier qui a fait remonter les informations et la plainte du détenu. La hiérarchie aurait alors avertit l’IGPN et la victime a été auditionné. Il semblerait que les chaussures du policier aient été saisies pour prélever de l’ADN. Faut-il qu’il y ait eu beaucoup trop de témoins pour que la police se sente le besoin d’être aussi diligente. L’agent accusé a d’abord reconnu les faits puis s’est rétracté ; il est actuellement en arrêt maladie, sans doute choqué qu’on lui ait léché les chaussures. Il semble qu’il s’agisse d’une de ses affaires que la police aime mettre en valeur pour prouver le bon fonctionnement de l’institution ;  « les brebis galeuses, quand il y en a, sont dénoncés ». Chacun sait pourtant à quoi s’en tenir à ce sujet.

Coup de coeurInternational

Le début de l’année scolaire a commencé par un retour du mouvement lycéens avec blocages et manifestations contre l’inégalité dans l’éducation

Ce retour du mouvement lycéen, de concert avec la marche féministe massive du 8 mars semble avoir redynamisé la mobilisation. De nombreuses actions de protestations, des manifestations ont eu lieu dès le premier jour des cours. Au lieu de retourner en classe les lycéens sont dans la rue. Le mouvement semblait s’être calmé pendant l’été chilien. La colère de la population ne semble pourtant pas s’être calmée. De plus le référendum sur le changement de la constitution héritée de Pinochet se tiendra en avril.

Le retour des manifestations

Selon Myaray Jimenez, le porte-parole de la Coordination des étudiants du secondaire d’Antofagasta ; « Il y a beaucoup de colère et de mécontentement. Pour ceux d’entre nous qui étudient dans les lycées municipaux, l’éducation qu’on nous donne est accablante ». L’éducation est depuis le début une des questions principales pour le mouvement social avec les retraites et le système de santé. La différence de qualité entre l’éducation reçu en lycée privé et le lycée public est un grave problème. Il faut aussi ajouter à cela la question des dettes des étudiants de l’université.

Rappelons que ce sont les lycéens qui ont lancé ce mouvement qui a débuté en octobre. Suite à cela la répression a été extrêmement dure ; des milliers d’arrestations et de blessés. Près de 30 personnes sont mortes dans des affaires liées à la répression. Les policiers continuent d’ailleurs à utiliser les munitions qui ont éborgné ou gravement blessé les yeux de 445 personnes. Selon un sondage récent deux tiers des chiliens soutiennent le retour du mouvement. Le pourcentage d’approbation du président du pays est à 12 %. Des réformes ont été lancées, mais les opposants veulent le renversement complet de ce système injuste. Le président a menacé qu’il n’hésiterait pas à instaurer un nouvel état d’urgence ; ceci ne risque pas de calmer les manifestants.

Coup de gueulePolitique

La gestion du Préfet Lallement est pointée du doigt après l’attaque policière d’une manifestation féministe à la veille du 8 mars

Cette manifestation était une marche nocturne féministe, le soir du samedi 7 mars. A cette occasion les policiers ont violemment chargé, frappé et trainé des femmes au sol. Cette action arrive au moment où des voix commencent à s’élever au sein de l’institution policière et chez les gendarmes contre la gestion du préfet Lallement. Sa nomination par Macron avait été un signal clair sur la façon dont le président entendait répondre à la crise des gilets jaunes. L’homme est connu pour la brutalité de ses pratiques. Tout le monde s’accorde à dire qu’il y a un « problème Lallement », sauf le ministre Castaner.

Qui nous protège de la police ?

Il est d’autant plus choquant de voir ces images de femmes traînées par les cheveux qu’il s’agit d’une manifestation dans le cadre du 8 mars. Un des éléments clef de la mobilisation féministe étant la lutte contre les violences faites aux femmes. Des personnalités politiques de tous bords se sont décrites comme choquées par les violences. Cependant ces pratiques sont-elles réellement une surprise ? Le fait que les policiers tabassent des féministes n’est que la continuation logique de la gestion des manifestations par Lallement.

Il semble que Castaner ait demandé un rapport sur la situation ce soir du 7 mars. Il n’y a cependant pas grand-chose à en attendre ; ce types violence est devenu une banalité en manifestation. La préfecture accuse d’ailleurs les manifestants d’être à l’origine des violences. Il n’est pourtant pas très bon signe pour l’institution quand des gendarmes pointent des dysfonctionnement. Des membres haut placés de la gendarmerie de Paris dénoncent les ordres illégaux du préfet et ses encouragement à « impacter » les manifestants. Reconnaissons au moins l’honnêteté du gouvernement qui ne se cache pas d’avoir choisi le tout-répressif.

InternationalPolitique

Un individu appartenant à l’extrême droite luxembourgeoise et soupçonné de préparer un attentat a été arrêté à Strassen en possession d’explosif

Le jeune homme de 18 ans était en effet en possession de « précurseurs d’explosifs ». Il semble qu’il ait réussi à se fournir sur internet afin de réunir le nécessaire à la fabrication d’une bombe. Les autorités ont pu repérer l’individu à temps justement du fait de son activité sur les réseaux. L’homme était notamment actif sur des forums d’extrême droite. Il semble par ailleurs qu’un service de renseignement étranger ait fourni des informations aux autorités luxembourgeoises.

La crainte d’un nouveau Hanau

Il semble que l’attaque de Hanau commise par le militant d’extrême droite Tobias Rathjen ait précipité l’action de la police. Les enquêteurs ont décidé d’agir dès le retour du jeune homme d’un séjour à l’étranger. Les agents ont alors procédé à une perquisition nocturne. La maison, le jardin et les champs alentours ont été fouillés. Selon les voisins la rue a été inaccessible pendants des heures. Les policiers cherchaient spécifiquement des caches d’armes et d’explosifs. Les policiers auraient prétexté un exercice pour justifier leur présence.

On attends encore des nouvelles de cette affaire. Pour l’instant les circonstances restent assez trouble. La police n’a communiqué que sur la façon dont ils ont eu connaissance des activités du jeune fasciste. Il est actuellement en détention provisoire au centre pénitentiaire de Schrassig après avoir été entendu par la justice. La grande activité du jeune homme sur les forums d’extrême droits et la présence d’éléments de préparation d’explosifs laisse peu de doutes sur ses intentions.

InternationalPolitique

Des habitants de Lesbos s’en sont pris à des migrants et ont aussi passé à tabac un journaliste suite à une augmentation des traversées illégales

Il semble qu’un groupe coordonné d’habitants de l’île ait cherché à empêcher un bateau de migrants de débarquer. En effet depuis quelques temps le nombre de personnes risquant la traversée a largement augmenté. Un journaliste présent au moment des faits a également été passé à tabac par les militants d’extrême droite. Son matériel photographique a aussi été jeté à la mer. Les tensions sur l’île seraient renforcés par la présence de militants d’extrême droite venus du monde entier.

Racismes et résistances

Il semble que ce groupe d’habitants ait pris la décision de s’organiser pour intimider et attaquer les médias en plus des migrants. Deux autres journalistes ont en effet été victimes de ces attaques. Les gardes-côtes ne sont pas en reste ; une vidéo est apparu montrant un navire de l’agence tentant de couler un canot de migrants. On ignore si l’enfant qui s’est noyé récemment était présent sur ce bateau. Plus récemment les gardes côtes grecs ont aussi ouvert le feu pour repousser un autre groupe tentant la traversée.

On estime qu’actuellement Lesbos accueille 20 000 demandeurs d’asile dans un camp en surpopulation ; Moria. Ce dernier n’est théoriquement capable d’accueillir que 3000 personnes. Fort heureusement tous les habitants de l’île ne se trompent pas de colère. Récemment deux militants d’extrême droite allemands de Génération Identitaire ainsi qu’un fasciste irlandais l’ont appris à leurs dépends. Les trois militants ont été reconnus pas des antifascistes et passés à tabac ; ces fascistes ont jugés plus sage de quitter le pays.

IdéesPolitique

L’ancien membre de la campagne présidentielle de 2017, Mickaël Ehrminger, porte plainte contre le RN notamment pour licenciement abusif

L’homme réclame 20 900 euros au Rassemblement national. Ceci vient s’ajouter à la difficile situation économique du parti d’extrême droite. Non content de d’assigner le parti en justice Mickaël Ehrminger s’est confié à Mediapart et Buzzfeed. L’homme était un proche de Florian Philippot. Il détaille les guerres internes et l’amateurisme de l’organisation. De son coté le parti poursuit Ehrminger aux prud’hommes pour violation de sa clause de confidentialité ; le RN demande 100 000 euros.

Le RN mauvais payeur

Cela fait près d’un an que le parti est censé payer des heures supplémentaires et la requalification du contrait de son ex-employé en CDI. Rappelons que le parti reçoit 5 millions d’euros de fonds publics. Suite à un commandement de payer signifié par un huissier une procédure de saisie sur un compte RN avait révélé un solde de 3008,09 euros. Suite à cela l’avocate de Ehrminger a lancé une procédure en liquidation judiciaire.

Wallerand de Saint Just, le trésorier du FN affirme qu’ils ont déjà payé une part importante de la somme. Ils seraient en train de lui rembourser 2000 euros par mois. Ehrminger affirme que cela est faux et il ajoute que ce n’est pas au parti de fixer des échéancier de paiement. L’avocate du plaignant souligne d’ailleurs que la question de ce l’échéancier prouve que le parti n’a pas « les moyens financiers de faire face à sa dette ».

La fin du RN ?

Cet énième problème financier tombe mal alors que s’annoncent les élections municipales. Rappelons que sur les 5 millions d’euros d’argent publics qui devaient être payés au RN 4,2 millions vont être retenus pour rembourser un prêt remontant à la campagne de 2017. Par ailleurs le RN est convoqué le 2 juin en Russie. Ils doivent s’expliquer sur le « remboursement partiel » d’un prêt de 9,4 millions d’euros. Ajoutons à cela le million d’euros retenu en 2018 dans l’affaire des emplois fictifs au parlement européens, et le tableau ne sera que partiellement complet. En effet l’affaire des kits de campagne surfacturé par Frederic Chatillon ne sera jugée qu’en avril ; l’État réclame 11,6 millions d’euros de dommages et intérêts.

Actuellement le RN cumule 24,4 millions d’euros de dettes. Le trésorier du RN se défend en affirmant qu’ils sont exclu du réseau bancaire traditionnel ; ceci les force à utiliser des méthodes plus coûteuses. De plus on assiste à une baisse du nombre d’adhérent du parti ; de 46 000 à 27 000. La situation du parti est loin d’être rose, espérons que le jugement d’avril mettra un dernier clou dans cette organisation d’extrême droite quasi-mafieuse.