International

Les manifestants se sont retranchés dans l’Université Polytechnique (PolyU) et repoussent les assauts des forces de l’ordre

Malheureusement pour les manifestants l’occupation de l’Université semble s’être transformé en une gigantesque nasse. Les manifestants manquent d’eau et de nourriture et risquent dix ans de prison en cas d’arrestation. C’est pourquoi certains essayent à tout prix de s’échapper. Plus d’une centaine d’entre eux ont réussi à fausser compagnie à la police ; preuve une fois encore de l’inventivité et de la vitalité de ce mouvement populaire.

Certains ont en effet découvert des tunnels très étroits ne pouvant laisser passer qu’une seule personne à la fois. Malheureusement la police à fini par découvrir l’astuce, mais pas avant qu’un grand nombre de gens réussissent à s’enfuir. D’autres ont suspendu des cordes depuis un pont et se sont laissés glissés vers des motos et scooters qui les attendaient. Certains ont même tenté de passer par les égouts, mais sans succès.

Défaite tactique, victoire stratégique ?

Cette confrontation avec la police est sans doute la plus violente des cinq derniers mois. Des voix s’élèvent appelant la communauté internationale à l’aide ; certains craignent un nouveau Tian’anmen. Près de 600 manifestants se sont finalement rendu à la police durant la nuit dernière. Environ 200 manifestants mineurs ont été relâchés, mais seront poursuivis. Les 400 autres sont en état d’arrestation.

Il reste donc encore environ une centaine de manifestants retranchés. Carrie Lam, la chef de l’exécutif a appelé à mettre fin à l’occupation sans violence. L’occupation avait commencé la semaine dernière au cours de la grève générale et le boycott des cours. L’université était devenu pendant ce temps une base d’opération pour le mouvement et les blocages. Pour certains, loin d’être une erreur tactique, cette occupation de PolyU a renforcé le mouvement. Le statut de l’université et la violence policière renforcent le soutien populaire au mouvement.

International

L’Ayatollah Khameini semble soutenir la décision du gouvernement d’augmenter les prix de l’essence de 50 % malgré les protestations

Un mouvement populaire touche actuellement une grande partie du pays. L’Ayatollah a condamné les destructions engendrées et a menacé le mouvement d’une forte répression. Le gouvernement a d’ailleurs coupé internet pour ses 80 millions d’habitants. Il est donc difficile de suivre le mouvement de contestation qui se développe dans le pays.

Des images provenant d’agences de presse officielles montrent cependant l’ampleur des dégâts ; stations essence, banques et véhicules brûlés et routes couvertes de débris. Depuis cette hausse des prix les manifestants ont abandonné leurs voitures le long des autoroutes principales et ont rejoins des manifestations massives dans la capitale et ailleurs. Les forces de police auraient fait usage d’armes à feu pour réprimer le mouvement.

Une situation critique

On ignore combien de personnes ont été arrêtés, blessées ou tuées. Certaines vidéos montrent cependant des blessés graves. Les autorités ont annoncé que trois morts étaient à déplorer. L’un d’entre eux serait un policier tué lors de l’attaque d’un commissariat à Kermanshah. Il est cependant difficile de faire confiance à tout gouvernement qui réprime sa population. Loin de tenter de calmer la situation l’Ayatollah Khameini à traité les manifestants de « voyous ».

L’Ayatollah défend aussi la thèse d’une conspiration internationale. Ces « voyous » seraient des agents payé par l’étranger, notamment des groupes alignés avec la famille de l’ancien Shah. Tout cela n’augure rien de bon pour les dizaines de milliers de manifestants. Ces accusations délirantes et la coupure totale de l’internet semble annoncer que la répression va être exceptionnellement brutale.

Coup de gueuleInternational

La police bolivienne a ouvert le feu, tuant neuf personnes à Sacaba, lors d’une manifestation d’opposants au coup d’État en cours

Les Nations-Unies préviennent que la situation risque de devenir « hors de contrôle ». Les manifestants sont décrits partout comme des soutiens du président Morales. Cependant, plus largement il s’agit des secteurs populaires et indigènes qui manifestent leur opposition à ce qu’ils voient comme un coup d’État de l’extrême droite. Lors de cette manifestation des dizaines de personnes ont été conduite à l’hôpital dans des états graves. Le nombre de mort depuis le début des manifestations est désormais de 23.

Cette nouvelle manifestation vient après la nomination de Jeanine Anez au poste de président. Cette dernière est une sénatrice religieuse conservatrice de droite. Sa nomination a été soutenu par les États-Unis, ce qui ne va pas améliorer sa popularité chez les boliviens. Les politiciens pro-Morales ont marqué leur rejet de cette nomination en boycottant l’assemblée ratifiant sa prise de pouvoir.

Le retour de la droite

Pour l’instant Anez n’a nommé que les membres de son cabinet et de nouveaux dirigeants pour les forces armées ; ce qui n’augure rien de bon. Elle a cependant insisté sur le caractère intérimaire et donc provisoire de sa nomination. Elle précisé qu’ils organiseraient de nouvelles élections d’ici trois mois mais que Morales ne sera pas autorisé à participer ; il est menacé de poursuites pour fraude électorale si il revenait en Bolivie.

Morales est aujourd’hui au Mexique où il a reçu l’asile politique. On peut craindre le pire pour la Bolivie quand on voit qui profite actuellement du coup d’État ; la droite religieuse réactionnaire et des groupes fascisants. Ces derniers sont structurés sur leur opposition au pouvoir indigène de Morales et de ses partisans. L’effet bénéfique de nombreuses politiques de Morales risquent au mieux d’être remises en question. Au pire, la situation pourrait basculer vers des affrontements plus intenses.

Politique

La marche « contre l’islamisme » du groupuscule fasciste Génération Identitaire n’a réuni que quelques centaines de personnes dans la capitale

Ce n’est pourtant pas rassurant qu’un groupe de ce genre puisse défiler dans les rues sans être inquiété. Ce genre de manifestation n’avait pas eu lieu depuis des années. En 2017 une autre marche du genre avait été interdite par la préfecture par peur des contre-manifestations antifascistes. Les organisateurs avancent le chiffre de 800 manifestants ; l’agence Ebra Presse décompte elle entre 300 et 500 marcheurs.

Selon la porte-parole du groupe ils représentent « le peuple de France ». Ce dernier devait cependant être trop occupé pour se rendre à la manifestation. Cette marche arrive une semaine après la manifestation contre l’islamophobie ; il est rassurant de noter que cette dernière avait rassemblée des milliers de participants.

Un groupuscule actif

Génération Identitaire a beau faire de son mieux pour lisser son image ; leurs manifestations ressemblent à toute les manifestations d’extrême droite. On y trouve une forte majorité d’hommes, habillés de noir et hurlant des slogans racistes et islamophobes. Jean-Yves Le Gallou, ancien cadre du FN était également présent. L’homme est désormais président de la fondation identitaire Polemia.

Cette manifestation a certainement aussi pour but de tenter de galvaniser leur base. On se souvient que deux membres de l’organisation ont été condamnés à de la prison ferme pour l’opération anti-migrants dans les Alpes. Il ne faut aussi pas sous-estimer ce groupuscule fasciste ; leurs relais et leurs connections avec le Rassemblement National ont été clairement révélés. Ces derniers servent depuis longtemps de laboratoire théorique avant l’adoption de leurs thèses par le RN.

International

La police hongkongaise accuse l’université d’être devenu un centre de préparation de cocktails molotov et une base pour les émeutiers

Ces accusations font suite aux affrontements ayant eu lieu au cœur du centre financier de la ville. De nombreuses personnes ont été tabassées et arrêtées. Au cour de cette journée l’essentiel des transports étaient à l’arrêt et toutes les universités fermées suite à une nuit d’affrontement sur le campus. Dans la journée qui a suivi les militants ont monté des barricades pour prévenir le retour potentiel des forces de l’ordre.

A cette occasion de nombreux militants s’étaient équipés de cocktails molotov ; une image qui a beaucoup circulé montre même certains d’entre eux avec un arc et des flèches. Ces arcs viennent du centre sportif de l’université. La veille la police avait attaqué l’université avec des canons à eaux et des gaz ; les étudiants s’étaient alors défendus. Selon la police les étudiants leur ont tiré des flèches enflammées et bloqué l’autoroute voisine.

Un mouvement inarrêtable

Durant cette nuit d’affrontement la police a fait un usage massif de gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc ; des milliers de munitions ont été tirés. Aussi 142 militants ont été arrêtés. Cette agression policière n’a fait que renforcer la colère des gens qui sont sortis en nombre le lendemain pour bloquer la ville. Des affrontements et arrestations ont émaillée cette journées.

Hong-Kong entre dans son sixième mois de mouvement social. Cette nouvelle phase marquée par des grèves a des chances de se prolonger pour plusieurs jours. La plupart des écoles ont fermé sur les conseils de la police. De nombreux slogans faisant référence à Chow Tsz-Lok sont aussi apparus sur les murs. L’étudiant de 22 ans est mort suite à une chute lors d’une récente manifestation. Cette première mort lors des manifestation semble galvaniser la contestation.

International

Le parlement a réussi à se mettre d’accord sur la convocation d’un référendum visant à introduire des changements constitutionnels

Ce référendum va se tenir en avril 2020. Le but est clairement d’apaiser le climat quasi-insurrectionnel qui règne dans le pays depuis près de deux mois. Il s’agit d’un accord historique ; le gouvernement et l’opposition ont accepté de mettre sur la table la réécriture de la constitution. Ceci était une exigence de longue date de la rue et du mouvement social. La constitution est directement héritée de la dictature de Pinochet.

Le référendum comptera deux questions ; une sur la révision de la constitution et l’autre sur la méthode pour la rédiger. En effet pour beaucoup de personnes, faire réécrire la constitution par ceux qui sont au pouvoir ne risque pas de faire changer grand-chose. Plusieurs méthodes et idées sont actuellement étudiées, notamment l’élection des rédacteurs du texte.

Pour que tout reste comme avant il faut que tout change

Il est clair que la classe politique chilienne se sent menacée, la gauche comme la droite. Ces derniers ne sont pas en phase avec le mouvement populaire qui les dépasse largement. Ceci est très clairement une façon de tenter de ramener le calme. En faisant mine de répondre aux demandes et en fixant une date prochaine, on peut espère vider les rues et diviser le mouvement. Cependant les gens ne manifestent pas uniquement pour un changement constitutionnel ; le cœur de la mobilisation repose sur la question des injustices économiques.

On voit bien l’hypocrisie des partis de gouvernement de Hong-Kong à Paris ; on cède sur une partie des demandes pour éviter d’avoir à accepter les autres. C’est un miroir aux alouettes qui est présenté à la population. La lutte contre les injustices économiques ne sera pas entérinée par une constitution aussi progressiste soit-elle, surtout si elle est rédigée par la même classe politique qui a profité de cette constitution héritée de la dictature.

Nos combats

Plusieurs affrontements ont eu lieu entre des étudiants et l’organisation d’extrême droite « la Cocarde » qui tente de s’implanter à l’université

L’arrivée de cette organisation qui prône l’union des droites est vue comme une provocation dans cette université historiquement de gauche. Pourtant cette organisation a réussi à faire élire deux représentants pour la CoMUE lors de sa première élection. Les syndicats du personnels ont récemment écrit un texte pour s’insurger contre l’arrivée de l’extrême droite sur leur lieu de travail.

Le dernier affrontement a eu lieu le 17 octobre entre les membres de la Cocarde, des antifascistes et des membres du NPA et de l’Unef. L’affrontement a été assez violent, notamment du fait de l’utilisation de matraques télescopiques et de bombes lacrymogènes. Les CRS sont intervenus pour séparer les militants mais une dizaine de blessés sont à déplorer. Les militants du NPA accusent la Cocarde d’avoir la veille agressé un de leur militant en le traitant de « sale arabe » et de « sale gauchiste ».

Nanterre la rouge

La réaction violente face à une organisation qui affirme sa proximité avec Zemmour et Marion Maréchal Le Pen est le signe que Nanterre reste ancrée à gauche. L’organisation a réussi à obtenir un certain nombre de voix du fait de sa position anti-blocage. Toute autre organisation aurait réuni autant de soutien selon certains étudiants. Le fait que cette organisation soit une organisation d’extrême droite n’est malheureusement pas clair pour tous les étudiants.

Du côté de l’administration les enseignants s’opposent clairement à la présence de ce groupe. Même la présidente de l’Université s’est vu obligé de reconnaître que l’organisation entraînait l’arrivée de la violence. De son côté la Cocarde vise les prochaines élections au conseil d’administration de l’université. Espérons que les étudiants ne laisserons pas l’extrême droite s’implanter dans leur fac.

Coup de gueule

Une factrice a écopé d’une mise à pied d’un mois sans salaire pour avoir signé un colis en lieu et place d’une usagère à sa demande

Cette factrice de 59 ans travaille à Tulle en Corrèze. L’annonce de cette punition lui a été signifié par un conseil de discipline ce mardi 12 novembre. L’annonce a choqué de nombreux habitants et provoque la colère des syndicats. On l’accuse d’avoir signé un colis à la place d’une usagère qu’elle connais bien pour lui rendre service en son absence.

Cette factrice travaille à La Poste depuis 27 ans. Elle s’est avouée soulagée quand on lui a annoncé qu’elle risquait trois mois de mise à pied ; elle avait peur d’être licenciée. On comprends mal la décision du conseil de discipline. En effet, signer les colis à la place des usagers qu’on connaît est une pratique très répandue dans les campagnes. Karine Lavaud, secrétaire de la CGT FAPT, ajoute que cela permet d’éviter au personnes de se déplacer jusqu’au bureau de poste.

Tous perdants

Il semblerait que ce soit la fille de l’usagère qui se soit plante en voyant la factrice signer à la place de sa mère. Depuis une pétition à été lancée et a réuni 7500 signatures. De plus le hashtag #TousAvecSylvie est apparu sur les réseaux sociaux. Face à cette levée de bouclier la poste a assurée comprendre la réaction des usagers. Ils affirment qu’ils se devaient de réagir car la faute est réelle.

Pour la secrétaire de la CGT FAPT la punition est bien trop lourde. Selon Karine Lavaud ; « Elle a simplement voulu rendre service, a reconnu son erreur, s’est excusée plusieurs fois auprès de la direction ». La factrice affirme qu’elle continuera à faire son travail au mieux de ses capacités. Cependant elle respectera désormais les ordres à la lettre, elle ne pourra plus rendre service à ses usagers comme le faisait auparavant.

International

Les irakiennes participent en grand nombre aux récentes mobilisations contre le gouvernement malgré le danger et les normes sociales

De très nombreuses femmes de tous âges étaient présentes dans la foule sur la place Tahrir de Baghdad et ce bien après minuit mercredi dernier. Des dizaines de personnes ont pourtant été tuées sur cette place depuis le retour des manifestations le 24 octobre. Plus tôt dans la journée ont pouvait entendre la foule scander « A bas le régime ».

Selon Da’a Mohamed Kahder, une lycéenne de 17 ans venue avec sa famille ; « Il est important que les femme sortent dans la rue pour que la police anti-émeute, les partis politiques et tous voient ce que nous pouvons faire ». Selon Sanaa Ghrany, sa mère de 50 ans ; « Toutes les femmes, tous les opprimés doivent sortir dans la rue ». Elle ajoute qu’elles n’ont pas peur de la mort et qu’elles iront jusqu’au bout. Ce sentiment semble largement partagé par les irakiennes présentes. Pour elles les femmes doivent participer à tout et se débarrasser des normes qui imposent le contraire.

Une mobilisation sans précédent

Les dernières manifestations sont différentes des précédentes car des personnes venant de toute la société y participent. Celles-ci ont commencés le 1 octobre et ne cessent de se renforcer. Ceci malgré la répression qui a fait plus de 250 morts. Ainsi au cours des dernières mobilisations 100 personnes ont été tuées selon la Haute Commission Irakienne pour les Droits de l’Homme. Ceci a convaincu de nombreuses femmes de rejoindre le mouvement.

Ceci est sans précédent pour un mouvement irakien. Selon certaines manifestantes cela a aussi contribué à faire changer de nombreux hommes d’avis sur la place des femmes dans la mobilisation. Selon Ismaa Saoud Jabar, 35 ans ; « Personne ne peut parler à notre place. Personne ne peut me représenter. Si mon frère se rend à une manifestation il ne représente que lui. Nous voulons entendre toutes les voix irakiennes, toute la société et tout son peuple. »

Nos combats

Des déclarations issues du comité confédéral national laissent à penser que le vote d’une grève reconductible reste une possibilité

Ce comité confédéral national s’est tenu les 5 et 6 novembre dernier. Il a réunit les responsables des fédérations professionnelles et des unions locales. Dans sa déclaration finale le comité appelle à l’organisation d’assemblées générales au sein des entreprises et des services publics afin de décider de la marche à suivre pour le 5 décembre. Plus précisément le comité souhaite que soient discutés les « modalités des actions, de la grève, de sa reconduction dans la durée afin de gagner le progrès social ».

L’air de rien, cette déclaration finale rapproche la CGT de la possibilité d’une grève reconductible interprofessionnelle ; ceci n’est pas arrivé depuis plus de vingt ans à l’échelle confédérale. De plus le syndicat appelle à organiser des assemblées générales unitaires pour le 6 décembre. Ensuite le CCN annonce la tenue d’une intersyndicale au niveau nationale pour le même jour. Enfin la CGT appelle ses militants à se mobiliser aussi pour le 7 décembre ; il appellent à « participer massivement à la manifestation nationale contre le chômage, la précarité et pour une reconquête de la sécurité sociale protégeant des risques de la vie ».

Une mobilisation à construire

On voit bien que ces suites d’appels importants visent à poursuivre la mobilisation du 5 décembre. Ceci montre bien que la CGT ne compte pas se laisser faire face aux attaques du gouvernement et cherche à se donner les moyens de ses ambitions. Ceci montre aussi qu’il existe une forte motivation au sein des fédérations et des unions départementales. La CGT a par exemple doublé le tirage de son quatre page sur la réforme des retraites déjà imprimé à un million d’exemplaires.

La réussite du mouvement est malheureusement loin d’être garantie. Il reste à savoir si il saura entraîner largement les salariés dans la grève et éviter que celle-ci reste cantonnée aux transports. L’inquiétude est bien présente même dans les fédérations ayant déjà appelé à la grève reconductible ; la chimie, les services publics et le commerce. Tout le monde semble favorable à la grève reconductible, mais la date du 5 décembre sera un indicateur du niveau de mobilisation.