International

La police a découvert que des militants du parti d’extrême droite FPÖ dissimulaient des lingots d’or à la pension Enzian dans le Tyrol

La révélation a été faite par l’hebdomadaire Profil. La nouvelle s’est répandu comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux autrichiens. Le FPÖ est la troisième force politique du pays. Ils étaient au gouvernement il y a encore quelques mois. Le parti conservait apparemment ses lingots d’or dans des cassettes verrouillées.

Scandales à répétition

L’affaire est désormais connu sous le nom de « Trésor secret du FPÖ ». La découverte remonte à l’été dernier et est le fait de la police. Un raid à la pension Enzian a permis de retrouver ces cassettes. De nombreux cadre du FPÖ ont leurs habitudes dans ce cadre idyllique du Tyrol situé dans le village Sankt Jakob. Selon Dominik Nepp du FPÖ de Vienne, tout serait légal. Le chef de la section se défend de toute malversation. Selon lui l’or a été acheté par le parti au moment de la crise financière de 2008. L’objectif était de protéger les avoirs du parti d’un effondrement du système bancaire.

On ignore encore la somme exacte conservée dans ces caisses. On sait seulement que l’or se présente sous forme de lingots de 500g d’une valeur individuel de 21000 euros. De nombreux partis appellent à la transparence dans cette affaire et ironisent sur le FPÖ qui met son or à l’abri de la fin du monde. Le FPÖ était déjà en difficulté depuis la chute du gouvernement provoqué par son chef. Une vidéo montrant Heinz-Christian Strache acceptant d’offrir des marchés publics en échange d’argent était à l’origine de la chute du gouvernement. Depuis lors le train de vie de Strache a été pointé du doigt. Cette affaire a fait perdre dix points au parti aux élections de septembre. Ce n’est pas la première affaire du genre non plus ; en 2015 un livre révélait l’existence d’une cagnotte secrète du parti au Liechtenstein pour financer la politique de Jörg Haider.

IdéesPolitique

Malgré la crise grave que traverse l’industrie électronucléaire dans le pays le gouvernement semble vouloir persévérer dans cette voie

Le chantier de l’EPR à Flamanville, le problème insolvable de la gestion des déchets, l’abandon du projet Astrid ; rien ne semble pouvoir décourager le gouvernement. Cette fuite en avant dans cette industrie polluante et dangereuse se traduit aujourd’hui par la volonté de vendre EDF à la découpe et de lancer le chantier de six nouveaux EPR.

L’impasse du nucléaire

L’exemple de l’EPR de Flamanville aurait pourtant du sonner la fin de ce réacteur de « 3e génération. Le réacteur était censé être connecté au réseau en 2012 et coûter 3,5 milliards d’euros. Au lieu de ça on estime qu’il ne sera pas prêt avant 2023 et risque de coûter au moins 12,4 milliards d’euros. L’Autorité de Sûreté du Nucléaire (ASN) à pointé de nombreux problèmes graves au fil des années.

En 2015 l’ASN relève des anomalies de fabrication sur la cuve du réacteur. En 2017 des anomalies de forgeage sont détectées sur la cuve ; EDF a du reprendre 53 soudures défectueuses. Enfin en juin 2019 l’ASN a annoncé que huit autres soudures difficilement accessibles devaient être refaites. Selon le ministre de l’économie Bruno Le Maire il faut finir ce chantier avant de prendre de nouvelles décisions pour la filière. En somme, pas de nouveaux EPR avant les élections présidentielles de 2022.

Persévérer quand tout a échoué

Il est d’autant plus absurde de construire de nouveaux réacteurs que la question des déchets n’est toujours pas réglée. Les déchets de haute et moyenne dont la durée de vie se chiffre en centaine de milliers d’années sont le principal soucis. En 2020 on estime que ces déchets représenteront 58 500 m². La loi Bataille de 1991 donnait trois pistes de travail pour la gestion des déchets ; la transmutation, le stockage en formations géologiques profondes et le conditionnement en surface.

La transmutation consiste en l’utilisation de réacteurs à neutrons rapides refroidi au sodium ; le projet Astrid. Le commissariat à l’énergie atomique a cependant annoncé récemment qu’ils abandonnaient les recherches sur le prototype Astrid. Les raisons ; manque de soutien politique et trop coûteux. De son côté le projet d’enfouissement avec la construction du laboratoire Cigéo à Bure fait à face à une opposition farouche de la population. Malgré la répression les opposants occupent actuellement la zone.

Les mensonges du gouvernement

Malgré ces problèmes une annonce d’importance est tombée le 20 juin 2019. Macron souhaite le découpage d’EDF en deux filiales. La filiale bleue serait détenue à 100 % par l’État et comprenant activités nucléaires, barrages hydroélectriques et réseaux de transports d’électricité. La filiale verte verrait son capital ouvert au privé et regrouperait distribution d’électricité, branche commerce, énergies renouvelables, filiale consacrée au services et Enedis. En somme nationalisation totale du nucléaire pour lancer d’autres projets nucléaires et privatisation du reste.

Le journal Le Monde a aussi révélé qu’une feuille de route précise avait été donnée au président d’EDF pour la construction de six nouveaux EPR ; en contradiction avec les déclarations du président. Cette piste est la seule étudiée par le gouvernement, aucune mention n’est faite des énergies renouvelables. Le lobby du nucléaire a encore de belles heures devant lui.

InternationalNos combats

Au moins 23 personnes ont été tuées par la police chilienne, 200 ont perdus au moins un œil et plus de 2300 ont été blessées

La France, qui est pourtant coutumière du soutien apporté aux régimes autoritaires et répressifs a cette fois refusé d’aider le Chili. Face à l’indignation le gouvernement a choisi d’annuler la formation que la police française devait fournir aux forces de police chiliennes en terme de maintien de l’ordre. Le président chilien Sebastian Piñera avait récemment déclaré que les polices anglaises françaises et espagnoles allaient conseiller les forces chiliennes sur le maintien de l’ordre.

Une internationale de la répression

Ce partage d’expérience visait clairement à améliorer l’efficacité de la police chilienne dans la répression. Le sous-secrétaire au ministère de l’Intérieur chilien, Rodrigo Ubilla parlait ainsi des ; « situations de conflits intenses et de violences telles qu’elles ont été observées ces derniers jours ». Ceci est sans aucun doute très gênant pour la diplomatie française qui se serait certainement passé de ces commentaires. Étant donné la virulence de la répression dans le contexte français, le rapprochement avec Piñera est plus que gênant. Le nombre de personnes ayant perdu la vue au Chili rappelle la critique des LBD en France dont les policiers se servent pour éborgner les manifestants.

L’ONG Humans Rights Watch a dénoncé de graves violations des droits de l’homme de la part de la police. Le directeur de l’ONG pour les Amériques, Jose Miguel Vivanco déclare avoir reçu des centaines de plaintes, dénonçant la violence abusive. Les manifestants de leur côté parlent de tortures, de viols, de meurtres et de disparitions. Pour beaucoup ces évènement couplés avec les mensonges des médias et du pouvoir rappellent les heures de la dictature. Personne n’est à l’abri ; l’universitaire Gustavo Gatica a par exemple perdu la vue le 8 novembre suite à des tirs de la police. Il est le premier à être devenu entièrement aveugle du fait de la violence policière. Son cas est devenu symbolique. La police s’est engagée à arrêter d’utiliser ces projectiles mais la croix rouge chilienne rapporte qu’ils soignent encore des gens blessés par ces armes.

On ne fait pas taire la colère par la violence

Dernièrement la répression s’est abattu encore plus lourdement sur la ville d’Antofagasta, au nord du pays. Le comite d’urgence et de protection de cette ville minière a dénoncé un saut dans la violence policière. Le comité rapport que des enfants ont été blessés par des tirs de chevrotine et trois personnes ont été blessées par balle. De plus la police militaire est rentrée de force dans des habitations. Pour certains cette répression violente sur la ville d’Antofagasta vient du fait que la ville est particulièrement mobilisée et combative.

Le 15 novembre dernier le gouvernement et l’opposition ont signé un accord historique pour réécrire la constitution. Ce document est pour l’instant un héritage direct de la dictature. Il semble cependant que cela ne suffise pas à calmer la colère populaire. Comme à Hong-Kong et ailleurs, le gouvernement lâche du lest trop peu et trop tard ; la répression est venue à s’ajouter aux raisons de la colère. De plus la question de la constitution n’englobe pas toute les revendications. Les manifestants exigent une augmentation du salaire minimum et un meilleur accès à l’éducation, à la santé et au logement. L’annonce des élections n’a heureusement pas entamée leur combativité.

InternationalNos combats

Des membres Front antifasciste révolutionnaire membre du Bataillon international de libération passent en revue la situation du Rojava dans le nord-est syrien

Le mois d’octobre a été marqué par la trahison du Rojava par les États-Unis. Ce retournement d’alliance de Donald Trump en faveur de la Turquie a choqué jusqu’à ses plus fervents partisans. Depuis lors la Turquie a lancé une offensive et malgré le rétropédalage américain les combats ont causé de nombreux morts et déplacés. Un « accord » d’occupation d’une zone de territoire syrien a été « accepté » ; les ONG y signalent de nombreuses exactions et exécutions. Les informations viennent de camarades francophones du Front Antifasciste Révolutionnaire (RAF) membre du Bataillon international de libération (IFB), appartenant aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS).

La trahison américaine au cœur du problème

La situation militaire est apparemment en cours de stabilisation. Des affrontements perdurent entre les FDS et « l’armée syrienne libre » (ASL); en réalité des supplétifs islamistes de l’armée turque. Ces derniers sont soutenus par des frappes aériennes et l’artillerie turque. Les kurdes ont été obligés de se rapprocher du régime syrien dans l’espoir que la Russie intercède en leur faveur. Néanmoins le soutiens de Damas est plus formel que concret.

La population du Rojava supporte mal de voir les soldats turques et de l’ASL patrouiller leurs rues. De véritables scènes d’intifada ont eu lieu dans cette zone occupée. Il y a quelques jours les blindés turcs ont tirés sur la foule lors de l’une de ces manifestations. De plus, le 18 novembre dernier des blindés turcs et russes ont reçus des jets de cocktails molotov. On assiste aussi à une certaine hostilité vis à vis des forces du régime syrien qui n’a jamais été un allié. L’alliance de circonstance avec les kurdes est un compromis pour survivre.

Une organisation bicéphale

La situation politique au Rojava est particulièrement compliquée. Le PYD, ou Parti de l’Union démocratique est à l’origine des milices YPG-YPJ. Il s’est cependant s’est cependant en partie fondu en d’autres structures plus petites et locales. Les deux pôles de pouvoir dans la société rojavi sont ; les FDS pour le versant militaire et le Tev-Dem pour le pôle civil. Le Tev-Dem est une structure fédérant les organisations de base, comités locaux, communes depuis 2011. Le Tev-Dem semble actuellement compter sur une intervention salvatrice de la communauté internationale depuis l’invasion du comté d’Afrin par les kurdes.

Pour les combattants francophones le Tev-Dem est en partie responsables des échecs politiques actuels. Toutefois malgré la faiblesse diplomatique du Tev-Dem les institutions rojavi sont solides. Elles continuent à gérer l’organisation de la société malgré la situation de guerre. Ainsi, hors de zones de combats les civils vivent à peu près normalement et les réfugiés sont relogés aussi vite que possible. Néanmoins plus que la résistance des institutions on assiste à une résilience populaire et une auto-organisaton pour palier aux problèmes de première nécessité. Malgré tout la situation reste critique ; le Rojava a plus que jamais besoin d’aide.

Coup de gueule

La militante antiraciste et contre les violences policières porte plainte pour des propos racistes tenus à son encontre à Ivry

La militante est connue pour la lutte qu’elle mène depuis la mort de son frère Adama aux mains de la police en 2016. Depuis elle est devenue une figure de la lutte antiraciste et contre les violences policières. Assa Traoré faisait ses courses au G20 d’Ivry-sur-Seine avenue Maurice Thorez. Lorsqu’elle a signalé que des produits en rayon étaient périmés elle s’est vue répondre ; « Bah quoi, ça se passe pas comme ça en Afrique ? ». Manque de chance pour cette raciste ordinaire, Assa Traoré a décidé de ne plus se laisser faire.

« Il fallait marquer le coup »

La militante a décidé de déposer plainte immédiatement au commissariat local pour ; « injure publique envers un particulier en raison de sa race, sa religion ou de son origine ». De son côté le gérant de l’enseigne, Sylvain Circosta affirme qu’il n’y a eu aucun propos raciste. Les faits se sont déroulés à 9h mardi matin. Assa Traoré explique qu’en tant que parent FCPE elle faisait des courses pour aider une maman en difficulté. Elle ne fréquente pas habituellement ce magasin. Voyant des produits périmés en rayon elle a alerté un membre du personnel.

Au cours de l’échange qui a suivi une employée lui a adressé la phrase en question. Assa Traoré s’est alors indigné de cette remarque et affirmé qu’il s’agissait de propos racistes. Sans se laisser abattre l’employée a nié que c’était le cas en précisant que plusieurs de ses collaborateurs étaient noirs ; ligne de défense très originale pour un raciste. Le premier employé a lors surenchéri sur le racisme en affirmant ; «Et alors, nous, on se fait bien frapper par des noirs toute la journée ». Il s’agit de la première fois que Assa Traoré décide de porter plainte pour ce genre de faits ; « Il fallait marquer le coup. Et j’ai décidé de ne plus rien laisser passer de cette ordre. »

International

Phillip Galea est accusé d’avoir préparé des attaques contre des anarchistes et des groupes socialistes de Melbourne mais prétend qu’il s’agissait d’une « satire »

Un véritable manuel de préparation d’attaques a été retrouvé. Cependant selon le militant d’extrême droite ce document faisant référence à la « préparation de destructions » et à un « massacre » était une plaisanterie dans le style des Monty Python. L’homme se décrit comme un ingénieur électrique autodidacte. Il prétend qu’il n’a jamais utilisé son savoir faire pour blesser qui que ce soit.

Une ligne de défense peu convaincante

Le terroriste présumé de 35 ans s’est exprimé lors de son procès qui se tenait à Victoria. Il est plus précisément accusé d’avoir préparé ces attaques entre août 2015 et 2016. Ces attaques visaient les anarchistes et socialistes de Melbourne. Le but était selon lui « d’éliminer les chefs de la gauche ». Il serait également en cours de rédaction du « Livre de Cuisine du Patriote » (Patriot’s cookbook), en référence à l’Anarchist cookbook ; un manuel fantasque de préparation d’explosifs et objets de destruction.

Galea est aussi lié au groupe d’extrême droite Reclaim Australia. Il insiste que son ouvrage était une parodie destinée à amuser les gens comme le premier livre l’avait fait. L’homme se raccroche à cette ligne de défense et nie toute volonté d’avoir voulu commettre des attaques. Galea est en détention depuis son arrestation en août 2016. En novembre 2015 des experts avaient effectué une perquisition de sa maison ; on avait alors retrouvé cinq aiguillons électrique pour le bétail et 362,1 grammes de Mercure. La saisie de son matériel informatique a révélé qu’il avait effectué des recherches sur les bombes artisanales, les gilets pare-balles et les armes à feux. L’homme prétend que tout cela vise à reproduire des expériences de la série Mythbuters.

IdéesInternational

Le terrorisme d’extrême droite aurait augmenté de 320 % en 4 ans selon le rapport de l’Institut pour l’économie et la paix

Ce rapport annuel souligne que malgré la baisse du nombre de morts du fait du terrorisme, de plus en plus de pays sont touchés par la violence. L’Index Global du Terrorisme de 2019 montre bien que malgré la baisse du nombre d’attaque et de dégâts le problème a seulement changé de forme. Ainsi, les activités terroristes restent un problème majeur, en particulier le terrorisme d’extrême droite qui est en augmentation.

Un terrorisme longtemps ignoré

Le nombre de mort du terrorisme a baissé de 15,2 % entre 2017 et 2018, soit un total de 15 952 morts. Il s’agit de la quatrième année consécutive de baisse du nombre de morts ; 52 % de moins depuis 2014. Malgré tout 71 pays recensent au moins un mort du terrorisme en 2018. De plus l’amélioration de la situation en Europe s’accompagne de l’augmentation du terrorisme d’extrême droite.

Les agence de renseignement et de sécurité d’Europe de l’ouest se sont largement concentrées sur le terrorisme islamiste ces deux dernières décennies. Ceci a eu pour effet d’ignorer l’accroissement des menaces de l’extrême droite. Le nombre de morts de l’extrême droite a augmenté de 52 % dans la région en 2018. Cette tendance semble se confirmer en 2019 avec 77 meurtres d’extrême droite. Si on observe les États-Unis, tous les morts du terrorisme en 2018 viennent d’organisations ou d’individus d’extrême droite.

Un terrorisme favorisé par le contexte politique

Malgré des protestations le président Donald Trump a pourtant coupé les financements d’organisations visant à stopper la radicalisation des jeunes blancs. Ceci n’a rien de surprenant quand ont voit les appels du pied du président aux suprémacistes blancs ou quand on observe son entourage. Le terrorisme d’extrême droite représentait peu de cas auparavant ce qui explique cette augmentation dramatique de 320 % entre 2014 et 2018.

La plupart des morts ont eu lieu au Canada et aux États-Unis ; l’accès aux armes à feux est sans doute un facteur important. Si la plupart des terroristes n’appartiennent pas à un groupe précis ce serait une erreur de les considérer comme isolés. Ces individus se sont radicalisés dans des réseaux bien précis même si ils ont agi seul. Il semble que cette tendance ne soit pas près de disparaître. Par ailleurs il faut souligner que ce n’est pas un hasard si ce retour du terrorisme d’extrême droite se joue au moment de la présidence Trump. L’extrême droite est déjà au pouvoir dans le pays le plus puissant de la planète ; ceci ne peut qu’encourager les terroristes plus radicaux à travers le monde.

Nos combats

Des tags racistes ou nazis ainsi que des autocollants et affiches d’organisations d’extrême droite se font plus fréquentes sur le campus de Strasbourg

La présence de l’extrême droite dans la ville n’est pas une nouveauté. Le 28 mars dernier 6 étudiants sont tabassés sur le campus par une vingtaine de membres du Bastion Social. Les fascistes sont bien équipés, portants gants coqués et barres de fer. Les étudiants agressés sont des antifascistes qui retiraient les affiches de leur organisation.

Le Bastion Social et son ancêtre, le GUD sont réputés pour leur violence et leurs agressions. Nombre de leurs militants ont été condamnés pour des agressions sur des personnes non-blanches et des personnes de gauche. A Strasbourg la riposte avait pourtant commencé à s’organiser ; la vitrine de leur bar associatif, l’Arcadia, a ainsi été brisée en septembre. Depuis l’organisation a été dissoute mais s’est reformée sous le nom Vent d’Est.

Riposte antifasciste nécessaire

En terme de présence sur les murs de la fac il semble que les antifascistes aient l’avantage. Néanmoins les tag violemment racistes, les références nazis ou au suprémacisme blanc choquent les étudiants. Actuellement deux organisations sont présentes officiellement sur le campus ; les royalistes de l’Action Française et la Cocarde étudiante. Leurs militants sont tous susceptibles d’être responsables des tags.

Ce qui se joue actuellement à Strasbourg n’est qu’une des facettes de la tentative d’implantation d’une extrême droite multiforme. Que ce soit à Lille, Montpellier, Lyon ou Paris ; la lutte antifasciste se joue aussi sur les campus. Pour ces organisations ces endroits sont le terrain idéal de recrutement. C’est pourquoi perdre ces bataille pourrait être extrêmement dangereux à court et long terme. Les fascistes empruntent depuis longtemps à Gramsci l’idée d’une lutte pour l’hégémonie culturelle et celle-ci se joue en grande partie dans la population étudiante qui forme les futurs cadres de la société.

Coup de gueuleInternational

L’unité anti-extrémiste a menée un raid contre un évènement antifasciste en l’honneur d’un militant assassiné par des néo-nazis

Les combattants antifascistes russes s’étaient rassemblés pour organiser un championnat d’art martiaux à Moscou. La police a choisi cet évènement public pour mener un raid en plein milieu du championnat. Le rassemblement avait lieu en l’honneur de Ivan Khutorskoy. L’assassinat de cet antifasciste célèbre du milieu par l’extrême droite remonte maintenant à dix ans.

L’unité anti-extrémiste a surpris les participants. Ces derniers ont contrôlé les identités et interrogé les participants. Au moins 25 personnes auraient été arrêtées. Une vidéo montre les policiers cagoulés mettre les antifascistes en ligne. Certains militants s’apprêtaient à monter sur le ring et sont encore torse nu. La police aurait saisi des armes blanches, notamment des couteaux. Étant donné la violence des attaques de l’extrême droite dans le pays cela n’a rien de surprenant.

Des antifascistes attaqués de toutes parts

L’objectif du raid semblait de trouver des antifascistes ayant participé aux émeutes massives à Moscou cet été. Des dizaines de milliers de personnes ont participé à la mobilisation suite à l’interdiction de se présenter faite à de nombreux candidats pour une élection locale. Malgré des soupçons de participation aux émeutes, Vladislave Barabanov, un antifasciste connu du milieu a cependant été relâché.

Le climat politique russe est extrêmement dangereux pour les militants antifascistes. Ils se retrouvent menacé par l’extrême droite et par la police, qui n’hésite pas à fabriquer des preuves et à torturer. Un anarchiste du Red and Anarchist Skinhead (RASH), Khutorskoy, a aussi été assassiné par balle le 16 novembre 2009. Il est une des figures antifascistes abattu par le groupe d’extrême droite BORN. Ce groupe est également responsable de nombreux assassinats. Par exemple les assassinat du militant pour les droits de l’homme Stanislav Markelov et de la journaliste Anastasia Baburova.

International

Des militants et des professeurs expliquent comment ils ont chassé l’organisation néo-nazie grecque Aube Dorée de leur île

Les professeurs d’Héraklion, la capitale de l’île, ont été les premiers à ressentir l’influence du parti. Ces derniers visaient le recrutement d’adolescents, se présentant comme des figures paternelles et amicales leur enseignant l’histoire du pays. Cependant la violence a rapidement suivi ; notamment l’attaque au couteau de deux travailleurs pakistanais. Malgré cela, si la population n’avait pas réagit, l’organisation néo-nazie serait encore présente à Héraklion.

L’organisation a ouvert ses premiers locaux de l’île dans une banlieue populaire en 2011. Le mouvement antifasciste n’a pas attendu pour riposter. Pour eux, la présence d’Aube Dorée dans l’espace public doit être combattu en toute occasion. Le consensus d’une assemblée de quartier était que personne ne souhaitait la présence de ce local, mais les force manquaient pour agir. Le meurtre de Pavlos Fissas par Aube dorée en 2012 a tout changé.

Le sursaut antifasciste

Suite à l’assassinat une vague de mobilisation antifasciste et d’attaques ont eu lieu contre Aube Dorée. La Crète n’ a pas fait exception à la règle. Les antifascistes ont également menée un travail éducatif de terrain dans le quartier, de même que les professeurs dans les écoles. Ces derniers se sont rassemblés en une Ligue des Professeurs Antifascistes. Le choix a été fait de ne jamais traiter des élèves convertis à la politique d’Aube Dorée comme des cas perdus.

Des actions plus dures étaient menées en parallèle de ce travail de terrain. En 2018 une centaine d’antifascistes ont mené une attaque contre le local d’Héraklion. Le local a été entièrement saccagé ; deux semaines plus tard Aube Dorée quittait les lieux. Tout le monde n’approuve pas ce genre d’action. Néanmoins il faut reconnaître que cette double méthode d’éducation politique et d’attaques a fonctionné.