Politique

Le RN a choisi de retirer son soutien à la liste de Olaf Rokvam sur laquelle se trouve le conseiller municipal Djamel Boumaaz

Il semble que ce dernier soit trop remuant, homophobe et antisémite pour le parti. Cette annonce du retrait du soutien a eu lieu quatre jours avant le dépôt des listes. Boumaaz se trouvait sur la liste de Olaf Rokvam pour les élections municipales. Le RN précise qu’ils n’avaient aucune idée de la présence de l’individu sur cette liste. Histoire d’enfoncer le clou le RN en a même profité pour condamner les propos et attitudes de Boumaaz.

Un « lobbyphobe » ?

Le conseiller municipal est en effet coutumier d’actions et prises de positions réactionnaires. En 2016 l’homme a décroché symboliquement le drapeau LGBT flottant au dessus de la mairie puis l’avait enterré. Il avait été accroché en l’honneur de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. En 2019 il effectuait encore des « quenelles », le geste antisémite faisant référence à Dieudonné. Il se présente d’ailleurs en grand héros de la lutte contre le « politiquement correct » ; le paravent de tous les réactionnaires.

A l’annonce de ce retrait du soutien l’homme s’est montré désolé que le RN soit soumis aux « lobbys » ; il faut lire ici « les juifs » et le « lobby LGBT ». Ce qui est amusant c’est qu’il a publiquement réaffirmé que Rokvam était avec lui, or ce dernier a bien compris que sa position devenait compliquée. Dans un communiqué étrange il affirme avoir été dupé par Boumaaz ; il va donc bizarrement porter plainte pour usurpation d’identité. Peu importe les raisons il semble que les prochaines élections municipales de Montpellier vont être compliquée pour le parti. Néanmoins il s’agit d’un bon coup de communication pour eux.

IdéesPolitique

Édouard Philippe a annoncé qu’il allait avoir recours à l’article 49.3 de la Constitution pour faire passer le projet de réforme des retraites

L’annonce a été faite ce samedi 29 février. Le Premier Ministre a expliqué à la tribune de l’Assemblée nationale qu’il allait avoir recours au fameux article 49.3. Le Conseil des ministre avait préalablement discuté et approuvé cette décision. Pour expliquer cette mesure ouvertement autoritaire Édouard Philippe explique qu’il a le sentiment que les règles du débat démocratique ne sont pas respectées. Le gouvernement avait annoncé à demi mot cette décision il y a quelques jours Cependant la décision a quand même choqué une large partie de la population.

Une mesure autoritaire

Dès l’annonce de cette décision des centaines de personnes se sont rassemblées le soir même devant l’Assemblée nationale. Même la CFDT qui s’était pourtant ralliée au gouvernement a exprimé son inquiétude. Laurent Berger essaye de revenir sur la trahison de son organisation en s’inquiétant du « contenu du texte ». Les mauvaises langue diront qu’il est un peu tard. Parmi les « partenaires sociaux », la CFTC et l’Unsa ont également fait part de leurs réserves. En ce qui concerne les syndicats, la CGT annonce de son côté que la mobilisation va être relancée dès la semaine prochaine.

Même chez certains parlementaires comme le député Matthieu Orphelin, ex-LREM, on déplore l’utilisation du 49.3. Selon Orphelin ; « L’utilisation aujourd’hui par le gouvernement de ce 49.3 est une vraie erreur politique et une vraie erreur démocratique ». Il ajoute ; « « Avec ce 49.3, cet acte d’autoritarisme, j’ai peur que cela ne contribue pas à apaiser le débat ». En effet face à cette négation totale de la part du gouvernement de ses propres prétentions démocratiques il ne reste d’autre solution à la contestation qu’un durcissement du mouvement.

Un enjeu de pouvoir

Ce qui est en train de se jouer là est encore plus important qu’il n’y paraît. En effet la réforme des retraites est sans aucun doute une mesure réactionnaire, largement impopulaire et pro-patronale. Néanmoins l’utilisation du 49.3 pose la question du rôle des « partenaires sociaux » dans leur ensemble. Ce qui se joue là c’est la possibilité ou non de s’opposer à une mesure gouvernementale. Le gouvernement a conscience que ce qui se joue actuellement c’est la question du pouvoir de la rue et des syndicats. Après les reculs du pouvoir après le mouvement des Gilets jaunes un abandon du projet serait pour eux catastrophique.

D’autre part si le mouvement social n’est pas en mesure de s’opposer à une réforme aussi délétère pour la vie des travailleurs, à quoi servent les formes actuelles de la contestation ? Si les syndicats ne se décident pas à durcir radicalement le ton et à s’inspirer de ce qui a fait le succès des Gilets jaunes il faut espérer que le futur de la contestation se fera sans eux, si ce n’est contre eux.

Coup de gueuleSociété

Le terroriste responsable de l’attaque de la mosquée de Bayonne, Claude Sinké, est mort à l’hôpital mercredi dernier avant même son jugement

L’annonce a été faite par le procureur de la République de Mont-de-Marsan ; Claude Sinké est décédé le 26 février à l’hôpital de la commune. L’homme était emprisonné à la prison voisine. Il était mis en examen pour ; « tentative d’assassinats, de destruction de bien par un moyen dangereux pour les personnes commis en raison de la race ou de la religion, de violences avec usage ou menace d’une arme ainsi que du chef de violences sur personne dépositaire de l’autorité publique ».

Un terroriste du troisième âge

La dégradation de son état de santé n’est cependant une surprise étant donné que le terroriste avait 84 ans. Malheureusement pour les familles des victimes ceci entraîne la fin des poursuite. L’avocat Nouhou Diallo, qui représente Maati Baggar, une des deux victimes de l’attaque, s’est exprimé à ce sujet. Maitre Diallo s’est ainsi désolé du fait que ; « Les victimes n’auront jamais le procès qu’elles attendaient, et parce que la qualification retenue dans ce dossier n’était pas la bonne ».

En effet personne ne semble vouloir définir l’acte politique de Claude Sinké pour ce qu’il est ; un acte terroriste. Le parquet national anti-terroriste n’a ainsi jamais été saisi et a choisi de ne pas s’occuper de l’affaire. Cela est d’autant plus choquant que l’on sait à quel point son prompts à réagir les éditorialistes et politiciens quand un musulman ou une personne de couleur commet un acte répréhensible. Le problème n’est pas seulement une question de symbole. Maitre Diallo a ainsi expliqué que ; « la qualification de terrorisme aurait pu permettre une meilleure indemnisation des victime ». Même par delà la mort le terroriste Claude Sinké a réussi à s’en prendre à la communauté musulmane de Bayonne.

InternationalPolitique

Après le massacre perpétré par un néo-nazi à Hanau en Allemagne le rassemblement fasciste annuel de Sofia dérange les autorités bulgares

La capitale de Bulgarie subit tous les ans depuis 2003 une manifestation du mouvement néo-nazi. Des centaines de militants d’extrême droite avaient encore fait le déplacement cette année. La marche aux flambeaux a lieu en l’honneur de Lukov ; un collaborateur du IIIe Reich. Cette fois pourtant la maire Yorkanda Fandakova a réussi à obtenir l’interdiction de l’évènement. Les années précédentes la Cour Suprême du pays avait semble-t-il annulé ses interdictions de manifester. Les militants antifascistes se réjouissent mais soulignent que le problème dépasse une simple manifestation en Bulgarie.

Un problème bulgare

Les autorités allemandes ont par ailleurs réussi à interdire à neuf personnes de se rendre à cette manifestation en l’honneur Hristo Lukov. Le collaborateur nazi avait été assassiné par des partisans communiste en février 1943. Le groupe organisateur de la marche est l’Union Nationale Bulgare. La marche est devenue une des dates importantes dans l’agenda de l’extrême droite européenne et des néo-nazis. C’est également un important outil de recrutement pour cette sphère radicale. Les nazis ont quand même pu se rassembler pour déposer des fleurs devant l’ancienne maison du collaborateur et ont pu se réunir pour un concert.

De leur côté 300 militants antifascistes ont marché dans les rues de la capitale sous une importante protection policière. Selon certains militants la marche n’a pas été réellement interdite. L’extrême droite a quand même pu se réunir, seul la forme du rassemblement a changé. Il s’agirait d’une opération de communication des autorités bulgares après l’attentat de Hanau. Il semble y avoir du vrai dans ces affirmations. La maire Fandakova a fini par reconnaître que sa demande d’interdiction avait plutôt la forme d’une «proposition ». Rappelons que trois partis d’extrême droite font partie de la coalition gouvernementale du premier ministre Boyko Borisov.

Coup de gueule

Le livreur de sushis à fait tomber deux policiers toulousains pour lui avoir soutiré de l’argent après un excès de vitesse

Les deux policiers de Colomiers, près de Toulouse, sont aujourd’hui en prison et poursuivis pour corruption. On ignore actuellement si les deux agents étaient coutumier de cette pratique où si ils ont simplement profité de cette opportunité. Selon le procureur Dominique Alzaeri il s’agit de « faits d’une particulière gravité ». Le livreur de sushis s’est rendu avec son patron au commissariat dans la soirée du vendredi 14 février pour porter plainte. Les agents lui auraient proposé de leur donner plusieurs centaines d’euros en échange de l’absence de verbalisation.

L’enregistrement au cœur de l’enquête

Malheureusement pour les policiers l’homme avait de quoi étayer ses accusations. En effet il possède un enregistrement audio de la conversation. Les policiers ont avoué les faits lors de leur garde à vue et on reconnu s’être partagé l’argent. Un juge d’instruction s’occupe actuellement de l’enquête. Il s’agit maintenant de « déterminer l’ampleur exacte de ces errements qui pourraient s’avérer réitérés », selon le procureur de la République.

On peut raisonnablement se demander si la plainte du livreur de sushis auraient seulement été acceptée au commissariat sans cet enregistrement. De plus l’homme a eu la chance d’être soutenu par son patron, ce qui est loin d’être une règle générale. A un moment où le gouvernement essaye de nous empêcher de filmer les interactions et violences policières cette affaire vient au contraire en souligner la nécessité. L’institution et l’IGPN ont prouvé depuis longtemps qu’ils couvrent leurs collègues. Il ne nous reste pour nous défendre que ces méthodes de débrouille face à l’arbitraire.

Coup de coeurInternational

Des militants anarchistes écologistes squattent l’ancien quartier général de la police anti-terroriste de Paddington Green

Pendant près de 50 ans le commissariat de Paddington Green était le cœur des opérations anti-terroristes du pays. Les 16 cellules de haute sécurité de son sous-sol ont été occupées par toute sortes de gens ; des membres de l’IRA jusqu’aux islamistes. Cependant aujourd’hui c’est un groupe anarchiste qui contrôle le centre. Les militants du Front Anticapitaliste Vert ont ouvert le lieu à la population et sont en train de préparer de nombreuses initiatives ; projections, formations, groupes de travail, concerts etc. Les militants affirment que les autres groupes sont les bienvenus pour participer à la gestion du lieu.

La police ridiculisée

Leur groupe est loin d’être inactif en dehors de Paddington Green ; ils préparent une semaine d’action pour la fin février, dont des manifestations dans la ville. Les membres du Front Anticapitaliste Vert sont inspirés d’organisations comme la Fédération Anarchiste ou les IWW entre autres. Ces groupes ont récemment été nommés dans un dossier anti-terroriste controversé. Leur objectif est de se présenter comme le versant plus cohérent et révolutionnaire que Extinction Rébellion.

Il y a peu le commissariat de Paddington Green était considéré comme un des plus sécurisé d’Europe. Selon la police les militants étaient bien organisés et ont utilisés une échelle pour entrer par le toit. Les squatters n’ont pas donné de précision sur le sujet. Le commissariat était fermé depuis 2018. Il était depuis utilisé comme centre de formation au combat urbain par la police et les forces spéciales. Les militants ont découvert de nombreuses douilles et cibles criblées de balles. Une de ces cibles représentaient un homme d’apparence sud-asiatique tenant une arme. La police a annoncé que le bâtiment devait servir à d’autres séances d’entraienement.

Des militants ouverts mais déterminés

Les militants ont laissé entrer certains journalistes dans le commissariat pour constater la situation. La structure a été construite dans les années 1970 au moments des Troubles en Irlande. Il visait à la détention et l’interrogation des « terroristes ». Le bâtiment est devenu tristement célèbre à ce moment. Un détenu incarcéré là-bas pour une semaine en 2007 a raconté son expérience. Il était dans une cellule sans fenêtre, on le forçait à prendre des somnifères le soir et des douches glacées et il ne sortait que dans une cour d’exercice ridiculement petite tout en restant menotté et surveillé par les gardiens.

Fort heureusement ce centre anti-terroriste est depuis fermé et sous le contrôle d’occupants plus respectables que les forces de police. A la différence d’Extinction Rébellion les membres du Front Anticapitaliste Vert respectent la diversité des tactiques. Autrement dit ils ne condamnent par la « violence » du mouvement social. Espérons que ces militants ne finiront pas pour autant dans d’autres geôles similaires à celles qu’ils contrôlent aujourd’hui.

Coup de coeurInternational

Ce boutiquier de Melbourne vendant des drapeaux nazis et des badges des jeunesses hitlériennes a été obligé de fermer boutique

Ce vendeur de propagande et d’objets nazis a donc finalement mis la clef sous la porte. Depuis un mois des articles de presses dénonçaient l’existence de cette boutique après que son fond de commerce ait été médiatisé. Le propriétaire Garry McDonald vendait en effet des brassards à croix gammés et autres badges et dagues des jeunesses hitlériennes. Le dernier clou dans le cercueil du commerce semble avoir été l’action d’un groupe anarchiste.

L’action directe fonctionne

Ces derniers sont venus taguer la vitrine en lettres rouges ne laissant pas de doute sur leur intention ; « Dehors ordure nazi ». Le petit groupe d’anarchistes a aussi revendiqué son action sur internet. Ils semblent avoir saboté la caméra de surveillance et le verrou de la boutique. Ils ont ensuite peint leur slogan et brisé la vitrine du magasin. Un drapeau confédéré étaient d’ailleurs exposé en évidence dans ladite vitrine. Le groupe a expliqué son geste en pointant du doigt l’inaction des autorités ; « des groupes communautaires juifs et des habitants ont déposé des plaintes sans résultat (…) nous envoyons un message à Garry McDonald – si les autorités ne sont pas prêtes à faire quelque chose contre votre commerce fasciste, nous oui. ».

Sans surprise la police enquête désormais pour retrouver les « vandales ». McDonald avait expliqué à de nombreuses reprises à la presse qu’il se moquait bien de ce que pensent les gens. Cependant il semble que cette fois l’homme ait renoncé ; depuis l’attaque l’individu a quitté les lieux et fermé boutique. La communauté a d’ailleurs salué la fermeture de ce local même si ils craignent que l’homme continue à vendre ses produits sur internet. Tout le monde semble se réjouir de la fermeture de cette boutique. Malheureusement peu nombreux sont ceux qui saluent l’action des courageux camarades qui ont réagit face à l’inaction des institutions.

Coup de coeurInternational

Le peuple de autochtone de Wet’suwet’en s’oppose à la construction d’un gazoduc sur son territoire avec le soutien d’une partie de la population canadienne

Le trafic ferroviaire est largement perturbé par des blocages des canadiens soutenant Wet’suwet’en. Le trafic a commencé à reprendre après une quinzaine de jours dans l’ouest,mais est toujours bloqué dans l’est du pays. Le premier ministre Justin Trudeau a du écourter son voyage à l’étranger devant l’ampleur de l’opposition au projet. Le gazoduc passe en effet sur les terres traditionnelles de Wet’suwet’en malgré l’opposition de la communauté résidant en Colombie-Britannique.

Solidarité avec Wet’suwet’en

Ce mouvement d’opposition menée par les Premières nations est soutenu par une partie importante de la gauche canadienne. La contestation a majoritairement pris la forme de blocage des voies ferrées. Des manifestations de soutien ont aussi eu lieu dans de nombreuses villes du pays réunissant des milliers de personnes. Trudeau a fait une annonce à la presse en compagnie de la ministre des Affaires autochtones et de la Justice. Il souhaite trouver une solution « paisible » et « rapide ». Il est difficile d’imaginer que Wet’suwet’en accepte autre chose qu’un retrait pur et simple du projet.

Les blocages de trains commencent à impacter l’économie canadienne. Ceci a par exemple eu pour effet de provoquer un embouteillage de navires au large de Vancouver. Une soixantaine de bateaux ne peuvent actuellement décharger leurs marchandises. Le secteur automobile a aussi du ralentir la production faute de pièces disponibles et les exportateurs sont pareillement bloqués. Ces blocages ont eu un impact indéniable. Selon la Canadian National Railway Company ce problème mettra des semaines à être résorbé ; espérons que Justin Trudeau a compris la leçon et annulera la construction du gazoduc.

Coup de gueule

La fresque en hommage à Steve tué le 21 juin dernier par la police nantaise a été de nouveau vandalisée par l’extrême droite

Le jeune homme avait été victime de la charge de la police sur le Quai Wilson en pleine nuit. La police avait tenté de couvrir ses agissements, mais il est clair que Steve s’est noyé suite à cette charge extrêmement violente. Une fresque commémorative avait été réalisée par des artistes nantais. La première dégradation avait eu lieu la semaine dernière ; les individus ont clairement marqué leur origine politique en signant « droite dure ». Diverses inscriptions fascistes et moqueries sur la mort du jeune homme étaient aussi présentes. Restaurée deux jours plus tard, la fresque a été de nouveau vandalisée par l’extrême droite.

Police et fascistes main dans la main

Les proches de Steve se sont déclarés très choqués et les artistes s’étaient déjà mobilisés rapidement pour réparer la frise. Cette nouvelle dégradation va nécessiter de lever des fonds pour restaurer à nouveau le travail et prévenir d’autres attaques. Cette fois l’extrême droite a utilisé du goudron pour tenter de détruire définitivement l’oeuvre. On ignore qui est responsable de ces actes haineux mais certains pointent que la culture d’extrême droite de la police, notamment à Nantes, pourrait expliquer cet acte. De plus, lors de la charge qui a causée la mort de Steve, le DJ passait une chanson contre le FN.

L’extrême droite nantaise est coutumière de ce genre de lâchetés. N’ayant pas les forces de s’opposer au mouvement antifasciste local ils préfèrent mener ce genre d’actions et tendre des embuscades. Récemment ils ont recouvert le campus universitaire de croix gammés et saccagé d’autres fresques. Cette fresque a une importance particulière dans cette atmosphère de violences policières décomplexées. Espérons que les militants nantais sauront trouver une solution pérenne pour la protéger.

Coup de coeurPolitique

Rachida Dati affirme que la responsabilité des attentats d’extrême droite contre des personnes racisées est directement liée à l’immigration

Il y a des affirmations réactionnaires si extrêmes qu’on reste surpris de les entendre. Au lendemain de l’attentat d’extrême droite qui a fait neuf mort dans deux bars à Chicha de Hanau, Rachida Dati a décidé que l’heure était de pointer les vrais responsables ; la politique migratoire allemande. Il est clair que certains politiciens ne reculeraient devant rien pour se faire élire, mais ces affirmations restent choquantes. Rappelons que Mme Dati est actuellement en campagne pour l’élection à la mairie de Paris.

Des affirmations indécentes

La candidate des Républicains a donc affirmé qu’Angela Merkel « paie au prix fort » sa politique d’accueil d’un million de migrants en 2015. Histoire de bien faire le lien avec sa candidature elle a dénoncé dans la foulée le laxisme de Anne Hidalgo. Une fois encore les frontières entre la droite et l’extrême droite sont brouillées. A force de chercher à rameuter les électeurs du RN la différence entre ces partis n’est décidément plus qu’une affaire de logos.

Radita Dati s’est lancé dans un bingo des poncifs d’extrême droite ; « Quand vous n’anticipez pas, quand vous ne gérez pas, quand vous ne cadrez pas cet accueil de migrants » dont « la majorité n’ont pas la même conception du vivre ensemble que la nôtre, n’ont pas conscience de nos valeurs républicaines, aujourd’hui il y a des affrontements ». La candidate a aussi ajouté qu’elle comptait sabrer les subventions des associations d’aides aux plus démunis qui « s’attaquent aux valeurs républicaines ». On suppose qu’elle vise là les associations caritatives musulmanes. On se demande bien ce qui empêche aujourd’hui la droite et l’extrême droite de faire liste commune. Réussir à blâmer le terrorisme d’extrême droite sur les étrangers ressemble au début d’un sketch.