VTC, salariés, Californie
Economie

La cour supérieure de justice de San Francisco vient de prendre une décision imposant aux deux géants du secteur, Uber et Lyft, de traiter leurs chauffeurs comme des salariés et non plus comme des autoentrepreneurs.

«  Les chauffeurs ne veulent pas être des employés  »

Ce verdict du juge Schulman, si sévère soit-il, est loin de faire plier les deux multinationales, qui comptent bien faire appel, estimant que cette décision va à l’encontre de l’intérêt des chauffeurs. 

« Les chauffeurs ne veulent pas être des employés, point final », a fermement répondu Lyft dans un communiqué, tandis qu’Uber s’est servi d’un sondage réalisé durant la crise sanitaire du Covid-19 pour démontrer qu’« une énorme majorité » de ses chauffeurs ne voulaient pas être salariés.

Le combat des géants du VTC continue d’ailleurs hors des tribunaux. Ils ont en effet débloqué 95 millions d’euros pour financer une campagne visant à obtenir un référendum d’abrogation du cadre juridique nouvellement établie en Californie.

«  Arguments bidon  »

Selon le procureur de la Californie, Xavier Becerra, Uber et Lyft ont été  « percés à jour »  par cette décision, et leur défense se résume à une suite d’« arguments bidon ». « Quel travailleur ne veut pas de congés maladie ? Quel travailleur ne veut pas d’assurance-chômage en pleine crise de Covid-19 ? Quel travailleur ne veut pas être payé pour ses heures supplémentaires s’il travaille 60  heures par semaine ou 12  heures par jour ? », ironise-t-il, collant parfaitement à l’esprit de la décision. 

« Si nous acceptions ce raisonnement, la majorité des industries qui reposent sur la technologie pour gagner rapidement des parts de marché pourraient, impunément, priver des légions de travailleurs des protections de base qui leur sont dues », estimait en effet le juge Schulman en rendant son verdict.

CRA, grève de la faim
IdéesSociété

Samedi 8 août, 25 détenus du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes ont décidé de cesser de s’alimenter pour protester contre des conditions de vie déjà inhumaines, et aggravées par les mesures prises pour lutter contre le Covid-19.

« Depuis la fin du confinement, les prisonniers avaient gagné le droit à la cellule individuelle  »,  explique le collectif À bas les CRA. Mais aujourd’hui «  la direction du CRA a décidé d’enfermer tout le monde dans le même bâtiment, obligeant les prisonniers à se mettre à quatre en cellule. »

Véritable cauchemar 

« On dort, on fait des cauchemars. On se réveille et c’est encore le cauchemar », se lamente Ahmed, un algérien de soixante ans arrivé en France en 1976 et habitué des centres de rétention administrative. 

« Ici, on est dépourvu de tout. J’avais un rendez-vous en préfecture programmé le 16  septembre, et une visite médicale le 12  août. Tout est annulé et on nous dit qu’ils vont supprimer le parloir », raconte le sexagénaire. 

Protocole inhumain

Les nouveaux arrivants sont d’abord retenus dans la partie 2A du CRA, où ils sont testés avant d’être répartis, dans le bloc CRA-1 s’ils sont négatifs, et CRA-2B s’ils sont positifs. 

« Ceux qui sont enfermés dans le CRA-2B sont complètement isolés, explique Margot Berthelot, de la coordination juridique de l’Assfam. On ne sait même pas s’ils sont en contact avec des policiers. Pour autant, ce nouveau système n’offre aucune garantie face aux risques de contamination. » 

« Nous allons demander la remise en liberté des personnes contaminées, assure Margot.  Elles ne peuvent être expulsées dans leur état et les CRA ne sont pas des lieux de mise en quarantaine. »

plans sociaux, prêt-à-porter
Société

En grandes difficultés avant même la crise du Covid-19, le secteur du prêt-à-porter connaît aujourd’hui les heures les plus noires de son histoire. 

Conséquences des mouvements sociaux pour les dirigeants

Avec une chute de 15 % de valeur de marché en 12 ans (selon l’institut français de la mode), due notamment à l’essor de la vente de vêtements en ligne, le secteur du prêt-à-porter ne s’est jamais aussi mal porté que ces deux dernières années.

En cause selon les dirigeants (La Halle, Camaïeu, André, …), les différentes crises sociales et sanitaires qui ont secoué le pays depuis 2018 : le mouvement des Gilets jaunes, les grèves des transports, les manifestations contre la réforme des retraites, et plus récemment la crise sanitaire du coronavirus.

Mauvaises stratégies selon les salariés

Pour les salariés en revanche, les déboires du secteur sont dus avant tout aux stratégies purement financières des actionnaires, qui ont misé sur le rachat de sociétés en LBO (leveraged buy-out, rachat par effet de levier). Cette stratégie consiste à s’endetter dans un premier temps, puis à se rembourser sur le dos de ces nouvelles acquisitions, avant de les revendre, appauvries. Il en est allé ainsi, par exemple, avec La Halle, qui a été partiellement rachetée le 8 juillet par les groupes Beaumanoir, Chaussea et Chauss 34.

En effet, sur les 5 500  employés concernés par ce rachat, 3 334 seulement conserveront leur poste. « Tout cela a été réalisé à “arrache.com”, fulmine Gaëlle, directrice d’un magasin La Halle à Morlaix (Côtes-d’Armor).  Nous devions savoir si nous étions reclassés ou virés le 15  juillet, mais on n’a rien vu venir… On m’a annoncé que je n’étais pas transférée dans un autre magasin et donc licenciée le 27  juillet. Nous avons été traités comme des vieux chaussons après vingt-cinq ans de bons et loyaux services, sans compter ses heures. C’est écœurant. »

locataires, propriétaires, loi Elan
Coup de gueuleSociété

Suite à l’adoption à l’automne 2018 de la loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, dite loi Elan, le gouvernement a élaboré une ordonnance de mise en application qui n’est pas sans inquiéter les associations de locataires.

Procédure trop complexe

L’une des principales inquiétudes des associations concerne la complexité des démarches pour les locataires, qui tient à l’absence d’un acteur unique et intelligible en matière de lutte contre l’habitat indigne. En effet, il existe aujourd’hui treize réglementations protégeant les locataires, sept inscrites dans le Code de la construction et de l’habitation et cinq dans le Code de santé publique, les premières relevant de la responsabilité du maire, et les autres de celle de l’Etat. 

Or, l’objectif de l’ordonnance est  « d’harmoniser et de simplifier les polices administratives ». Le texte ne traite donc pas le problème de fond, simplifiant seulement la législation sans réduire le nombre d’acteurs. « Il n’y a plus qu’une législation, mais les acteurs restent les mêmes, explique Samuel Mouchard, responsable de l’espace solidarité habitat de la Fondation Abbé-Pierre (FAP).  Cela veut dire que les occupants de ces logements vont continuer à ne pas savoir vers qui se tourner, avec un risque que celui qui est interpellé, le maire ou la préfecture, se dise incompétent. On a raté l’opportunité de faciliter les démarches des victimesen leur offrant un interlocuteur unique. »

Remise en cause de la suspension des loyers

Alors que jusqu’à aujourd’hui la suspension immédiate et automatique des loyers était prononcée suite à un arrêté d’insalubrité sur les parties communes, l’ordonnance de mise en application marque un grand retour en arrière, prévoyant que « lorsque l’arrêté de mise en sécurité porte exclusivement sur les parties communes d’une copropriété, les loyers ne cessent d’être dus que pour les logements devenus inhabitables »« La suspension des loyers est un des outils les plus efficaces de lutte contre l’habitat insalubre. Cette mesure joue autant un rôle de prévention auprès des propriétaires qu’un rôle de protection auprès des locataires », déplore pourtant Ian Brossat, adjoint PCF en charge du logement à la mairie de Paris.

Pour remplacer la suspension des loyers, le gouvernement propose un système d’astreintes financières, mais «  le problème, c’est que celles-ci sont aléatoires. Il faut saisir la justice, obtenir une décision. Toutes les municipalités n’ont pas les moyens de le faire, et il y a toujours un risque qu’au bout d’un certain temps, le juge les diminue »,  s’inquiète Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au logement (DAL).

PMA, assemblée nationale
IdéesSociété

Lundi 27 juillet, les députés ont repris l’étude, en deuxième lecture, du projet de loi bioéthique, dont la mesure phare est l’ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) à toutes les femmes, autrement dit aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires.

Opposition de la droite sénatoriale

« Heureusement que la gauche était là ! Comme en 1975 pour la loi Veil », a twitté l’ancienne ministre et sénatrice PS Laurence Rossignol. Car bien qu’adoptée (de justesse) en première lecture au Sénat, la disposition relative à la PMA a été très largement rejetée par la droite sénatoriale, qui a même obtenu la suppression de sa prise en charge par l’assurance-maladie pour toutes les femmes, conditionnant son remboursement à la présence d’un homme, et excluant de fait les femmes seules et les couples lesbiens.

Majorité divisée 

La loi bioéthique divise au sein même de la majorité, et deux dispositions, relatives au don dirigé de gamètes entre deux femmes, et à l’élargissement du diagnostic préimplantatoire des anomalies dans le nombre de chromosomes, ont particulièrement enflammé le débat. 

« Une loi de bioéthique n’est pas une loi d’égalité : elle doit poser un cadre et fixer des limites aux avancées scientifiques », affirmait il y a peu Aurore Bergé, la porte-parole du groupe LaREM, ex-Républicaine anciennement sympathisante de la Manif pour tous. 

« Les moins frileux, ce sont les Français qui veulent avoir accès aux progrès médicaux, estimait, à l’inverse, le corapporteur LaREM du projet de loi, Jean-Louis Touraine.  Si on faisait un référendum, je suis convaincu que le texte serait plus progressiste qu’aujourd’hui. »

Nouvelle loi, même débat

Des années après le mariage pour tous, les arguments sont toujours les mêmes. « Un papa, une maman ! » pour la droite, « Une bonne dose d’amour ! » pour la gauche. 

« Alors que la crise sanitaire nous a fait prendre conscience que l’humanité est autant à protéger que la nature, le projet de loi bioéthique prévoit d’organiser la fabrication artificielle d’enfants privés délibérément d’un père », estime par exemple l’association antiavortement Alliance Vita.

« Il faut une énorme dose d’amour pour faire ce parcours du combattant qu’est une PMA, c’est la seule chose qui compte. Les enfants qui en sont issus ont souvent plus de chances d’épanouissement que les autres. On ne peut pas lutter avec des arguments contre des a priori basés sur des croyances irrationnelles », rétorque Jean-Louis Touraine.

macron, formation, supplémentaire
PolitiqueSociété

Lors de son allocution télévisée du 14 juillet, le président de la République Emmanuel Macron a offert la possibilité aux étudiants qui le souhaitent de continuer leurs études plutôt que d’entrer sur un marché de l’emploi déjà saturé. Hélas, les écoles n’ont pas les moyens des ambitions du président.

200 000 places vont être créés « dans des formations qualifiantes supérieures pour permettre à un jeune qui n’a absolument aucune issue, aucune perspective d’embauche, de poursuivre un peu ses études, avec un accompagnement social », promettait monsieur Macron. 

Intéressant pour certains étudiants 

Parmi les quelques 700 000 jeunes qui doivent entrer sur le marché du travail à la rentrée, certains étudiants trouvent l’idée de rempiler intéressante. Diane, jeune diplômée d’un master 2 en relations internationales, a par exemple choisi de prolonger ses études de deux ans.

« Je considérais l’idée de continuer mes études avant la crise, mais c’est sûr que le Covid a accéléré ma réflexion. C’est une source d’inquiétude, ça va être plus difficile d’entrer sur le marché du travail, explique la jeune femme. Ce semestre, j’ai effectué mon stage de fin d’études dans une collectivité locale, mais avec une partie en télétravail, je n’ai pas pu faire toutes les choses prévues à l’origine. J’ai peur que ça ne me porte préjudice, que je ne sois pas assez formée pour trouver un emploi tout de suite. »

Infaisable selon les profs 

De leur côté, les enseignants, qui savent qu’ils n’ont pas les moyens d’accueillir 200 000 étudiants supplémentaires, sont sceptiques. « Nous n’avons déjà pas les moyens d’accueillir les nouveaux bacheliers qui vont commencer leurs études à la rentrée, prévient Anne Roger, cosecrétaire générale du Snesup-FSU, syndicat des enseignants du supérieur. Le danger est que, faute de ressources, on brade les formations en balançant les étudiants en stage dans des entreprises, sans plus de théorie. Ce qu’on réclame, c’est le plus haut niveau de formation pour tous ».

« Il nous faut plus de moyens, au moins pour couvrir les frais d’inscription qui représentent entre 6 000  et 7 000  euros par élève. Mais il nous faut aussi un plan massif d’embauche d’enseignants titulaires et non pas contractuels, et bien sûr plus de mètres carrés pour accueillir tous les étudiants », précise la syndicaliste.

féministes, Dupond-Moretti, Darmanin
PolitiqueSociété

Depuis une semaine, des milliers de féministes partout en France dénoncent les nominations de Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti aux postes de ministre de l’Intérieur et de la Justice.   

« Culture du viol En marche »

Vendredi soir, à Paris, des milliers d’hommes et de femmes ont fustigé la « culture du viol En marche », illustrée par la nomination, aux postes de ministre de l’Intérieur et de la Justice, de Gérald Darmanin, qui fait l’objet d’une plainte pour viol, et de l’avocat Éric Dupond-Moretti, connu pour ses positions antiféministes. 

« En nommant ces ministres, le message est très clair : agresseurs, n’ayez plus peur », affirme Margot, du collectif féministe de l’université Paris-I. « On est très choquées du choix du gouvernement de nommer à des postes clés deux personnes qui incarnent la culture du viol et non le respect du mouvement des femmes qui demandent davantage de justice », regrette, un peu plus loin, Sophie Barre, une enseignante de 42  ans. « J’ai subi des violences sexuelles dans mon enfance, je vis aujourd’hui dans un environnement ultrasexiste au boulot. Quand Éric Dupond-Moretti assure que la justice ne se rend pas sur les réseaux sociaux avec #MeToo, je me demande ce qu’il va répondre à toutes ces femmes dont les plaintes ne sont pas reçues dans les commissariats », ajoute à ses côtés une militante cachant son identité.

«  La présomption d’innocence est bien sûr un principe légal, mais nommer Gérald Darmanin premier flic de France, alors qu’une enquête vient d’être rouverte contre lui, c’est affirmer à toutes les victimes qu’on ne les croit pas », estime C., une militante de 29 ans qui sort la nuit pour placarder des affiches contre les violences sexuelles.

Slogans puissants

Criés ou inscrits sur des pancartes, les slogans fusaient vendredi soir. « Pas d’agresseur à l’Intérieur, pas de complice à la Justice », scandaient les manifestants. Et dans la foule, les pancartes étaient partout  : « Violence sexiste, riposte féministe », « tu parles d’une grande cause nationale, c’est la honte internationale   », « Ministère de la honte », « La puissance des femmes vaincra », pouvaient ont lire sur les panneaux.

airbus, licenciements
IdéesSociété

La direction d’Airbus a présenté jeudi un plan prévoyant la suppression de 5 000 emplois en France, dont plus de  3 500 à Toulouse : 2 398 à la production, 980 au siège et le reste dans des filiales de l’avionneur.

Mobilisation le 9 juillet

Les syndicats, FO en tête, ont dénoncé « un cataclysme social » et en ont appelé à la responsabilité du gouvernement. « Comment l’État peut-il accepter autant de licenciements ? », s’est par exemple indigné le responsable de FO, Jean-François Knepper. 

Dans l’ensemble, les syndicats acceptent les licenciements, et ne demandent qu’une baisse de leur nombre, mais la CGT, elle, s’oppose catégoriquement à cette stratégie, accusant la direction d’Airbus de chercher  « à imposer des accords de compétitivité pour imposer des reculs sociaux au nom du maintien de l’emploi ». La confédération a donc appelé les salariés du groupe à manifester jeudi 9  juillet, des rassemblements étant prévus à Toulouse, Pamiers, Tarbes, Nantes et Saint-Nazaire.

Préserver le secteur

Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a lancé jeudi un appel à se mobiliser pour sauver l’aéronautique français. Le syndicaliste s’est dit « préoccupé » par la situation de  « cette filière déterminante pour notre pays ». « Il faut que les collectivités se mobilisent aux côtés des salariés pour empêcher le plan annoncé par Airbus  », a-t-il ajouté.

Fabien Roussel estime que pour préserver le secteur, les actionnaires d’Airbus ( qui ont récolté 1  milliard d’euros de dividendes l’an dernier ) « doivent participer à l’effort pour éviter la casse sociale. Il n’y a aucune fatalité à supprimer des emplois dans l’aéronautique. »

Responsabilité de l’Etat

«  Les aides publiques (15  milliards de l’État pour l’aéronautique et Air France – NDLR) doivent être conditionnées au maintien des emplois et à l’investissement dans la recherche et la formation. L’argent public ne doit pas être utilisé pour mettre au chômage. L’État, actionnaire d’Airbus, ne peut laisser faire, sinon il se rend complice ! », a ajouté le responsable communiste. 

Et en ce qui concerne la baisse incontestable de l’activité, il propose simplement, et logiquement, de réduire le temps de travail. « Que les salariés travaillent moins mais travaillent tous ! », clame-t-il. 

lacrymogène, cyanure
Société

Vendredi 26 juin, l’Association toxicologie-chimie de Paris a publié une étude réalisée par le professeur de mathématiques et docteur en biologie Alexander Samuel, révélant que les gaz lacrymogènes ortho-chlorobenzylidène malonitrile, ou gaz CS, produisaient du cyanure. 

Deux formes d’expositions

«  L’exposition au cyanure arrive par deux voies, note Alexander Samuel.  Dans l’air, c’est la dégradation thermique du gaz CS, due à la très forte chaleur produite par l’explosion de la grenade, qui dégage du cyanure.  »

L’autre forme d’exposition au cyanure résulte de l’absorption directe du gaz CS par l’organisme. En effet, dans le corps la molécule de malonitrile subit une biotransformation qui la scinde en deux anions de cyanure et un formiate. Le cyanure est alors évacué par l’organisme sous forme de thiocyanate, et c’est la détection de ce composé ionique qui permet d’établir l’exposition au poison.

Résultats édifiants

Alexander Samuel a tenu à valider sa théorie grâce à une technologie utilisée par le FBI, les tests suisses Cyanoguard. Les résultats se sont révélés sans appel. «  Avant manifestation, toutes les personnes testées présentent une absence de cyanure, explique le chercheur. Après, nous avons des taux qui vont jusqu’à 0,75 mg/litre de sang, et aucune des personnes exposées n’est au-dessous de 0,5 mg/litre ».

«  Le cyanure prend la place de l’oxygène dans le corps, poursuit le biologiste. Donc on a toutes les conséquences du manque d’oxygène, y compris sur le cerveau. Et en même temps, comme on tente de compenser cela en respirant plus fort, l’oxygène inutilisé s’accumule dans le corps et produit un stress oxydatif qui peut conduire à l’apoptose. Si cela se produit beaucoup et souvent, les organes en souffrent à long terme, notamment le foie et le cerveau  ».

réfugiés, HCR
IdéesInternational

Jeudi 18 juin, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) a dévoilé un rapport extrêmement alarmant sur l’augmentation du nombre de personnes en exil. Selon les chiffres, ils étaient 41  millions en 2010, contre 79,5  millions aujourd’hui (soit 1% de la population).

85% des réfugiés viennent du sud

« Le Covid-19 nous a rappelé que nous vivons dans un monde interconnecté, où la santé de chacun est liée à celle des plus marginalisés, relève la porte-parole du HCR en France, Céline Schmitt.  Plus de  8  réfugiés sur 10 vivent dans des pays où les systèmes de santé sont insuffisants, avec un accès limité à l’eau potable et à un système d’assainissement adéquat.   »

C’est même un peu plus de 8 sur 10, puisque 85% des réfugiés sont originaires de pays du sud, les deux tiers d’entre eux provenant de cinq pays seulement  : la Syrie (6,6  millions), le Venezuela (3,6 millions), l’Afghanistan (2,7 millions), le Soudan du Sud (2,2 millions), et le Myanmar (1,1 million). 

40 % d’enfant

Le HCR a également dénombré 30 à 34  millions d’enfants parmi les déplacés, soit 40 % de l’ensemble des personnes en exil.  « Leur condition nous préoccupe particulièrement, notamment en termes d’accès à l’éducation, note Céline Schmitt. C’est un réel défi qui s’est accentué avec le Covid-19.  »

Absence de solutions

Alors que dans les années 90, environ 1,5  million de réfugiés rentraient dans leur pays chaque année, aujourd’hui leur voyage est le plus souvent un aller simple. En effet, « au cours de la dernière décennie, ce chiffre est passé à environ 385 000, attestant d’une croissance des déplacements très supérieure aux solutions », explique le Haut-Commissariat. «  Si on solutionnait les crises qui affectent ces cinq pays, on compterait beaucoup moins de déplacés », confirme sa porte-parole.