Essity, collier anti-covid
Société

Le fabricant suédois de produits d’hygiène souhaiterait munir ses salariés français d’un collier « anti-Covid » doté d’une alarme pour éviter tout rapprochement entre individus. « La direction traiterait-elle ses salariés comme des chiens ? », s’est aussitôt indignée la CFDT.

Asservissement et espionnage 

Ce dispositif se présente sous la forme d’un boîtier pendu à une dragonne, que les employés devraient porter autour du cou. Munis d’un détecteur et d’une alarme de 85 décibels, les appareils ont pour but de prévenir les salariés qui ne respecteraient pas la distance de sécurité anti-covid de 2 mètres. 

« Ce n’est pas tout, enrage Christine Duguet, syndicaliste CFDT.  À chaque interaction un peu trop rapprochée, le boîtier enregistrerait des données. La direction nous présente ça comme un instrument sanitaire : comme chaque salarié disposerait d’un boîtier numéroté, ce serait plus facile de détecter, ensuite les cas contacts, si une personne est testée positive au Covid. Mais je ne crois pas à cet argument. »

Méfiance des syndicats

Nous avons entamé les discussions « avec les représentants du personnel concernant un dispositif visant à limiter le plus possible tout risque de transmission du virus, s’est expliqué la direction d’Essity. Ce dispositif serait sans système de géolocalisation et non relié à des informations personnelles ».

Mais les syndicats sont sceptiques, jugeant une telle mesure disproportionnée au vu du nombre de cas détectés.  « Nous vivons avec la crise sanitaire depuis près d’un an, et nous n’avons eu que 5  cas positifs, rappelle Christine Duguet. Sur une usine de 500  salariés, c’est peu, d’autant que nous ne recensons à ce jour aucune contamination : tous les cas contacts des 5  personnes en question sont ressortis négatifs des tests. Nous portons le masque en permanence, depuis le moment où nous franchissons la porte de l’usine jusqu’à la fin de la journée. Pour moi, la seule raison d’être de ce boîtier est de fliquer les salariés. Sinon, à quoi bon savoir que 2  salariés se sont croisés à moins de 2  mètres pendant X minutes ? »

McDonalds, harcèlement
Société

Le 19 décembre dernier, Mathilde, une salariée de 21 ans ayant dénoncé des faits de harcèlement sexuel et moral dans un restaurant McDonald du Havre, a été renvoyée pour faute grave.

«  Au McDonald’s de la gare du Havre, une des salariées qui avait dénoncé des graves cas de harcèlement sexuel et moral a été licenciée  » pour faute grave, a fait savoir le collectif McDroits, qui lutte contre les discriminations et le harcèlement au sein de l’enseigne. 

Direction passive

« Il me disait “t’as un beau petit cul” quand je passais en cuisine, posait des questions sur ma vie sexuelle… », témoigne en 2018 Mathilde, qui affirme ne pas être la seule à subir ce harcèlement. L’auteur des faits est alors sanctionné par la direction à huit jours de mise à pied, mais « son comportement ne cesse pas », déplore la jeune femme.

La direction n’en fera pourtant pas davantage, c’est pourquoi le 24 octobre 2020 une quinzaine de salariés du restaurant finissent par se mettre en grève pour soutenir Mathilde. Ce rassemblement fait aussitôt réagir la direction, qui assure «  aux employé-es qu’une enquête loyale, indépendante et impartiale sera diligentée à ce sujet ».

La direction s’est engagée « à mettre en place une cellule psychologique, à destituer de son mandat l’élu du personnel mis en cause et à instaurer des formations sur le harcèlement et le management », explique le collectif McDroits le collectif. Toutefois,  « à ce jour, aucune de ces mesures n’a été mise en place », et, pire encore, « de nombreux salariés ont fait part du fait que leurs témoignages ont été systématiquement discrédités ».

Employée trop bruyante

A l’issue de cette enquête, Mathilde reçoit une lettre de licenciement le 19  décembre 2020, par laquelle la direction lui reproche ses prises de position sur les réseaux sociaux.

« C’est dramatique de voir que c’est la lanceuse d’alerte qui a été licenciée et que McDo surveille les salariés dans leurs conversations privées », enrage Loïc Roldan, de la CGT commerce et services. « Il s’agit évidemment de se débarrasser d’une salariée qui fait trop de bruit, affirme le collectif McDroits. Ce qui se passe au Havre est symptomatique du système McDo. Des salariées dénoncent, la direction ne réagit pas. Dans les 80  témoignages que nous avons récoltés partout en France, c’est toujours le même schéma  ».

Mathilde, à qui l’on a demandé de quitter l’entreprise sans préavis ni indemnités, a annoncé  vendredi 8 janvier son intention de saisir les prud’hommes.

arrêt maladie, délai de carence, covid19,
EconomieSociété

L’arrêt maladie entré en vigueur ce lundi, qui permet aux personnes présentant les premiers symptômes du Covid-19 de ne pas venir travailler et de percevoir une indemnité sans délai de carence, inquiète le patronat, qui redoute un absentéisme incontrôlé. 

Mesure nécessaire

L’annulation du délai de carence est une revendication des syndicats de travailleurs depuis la fin du premier confinement, mesure qu’ils estiment nécessaire pour lutter efficacement contre la propagation de la covid-19. En effet, les travailleurs présentant des symptômes rechignaient jusque là à se mettre en arrêt maladie, de peur de voir leur salaire imputé et au risque de contaminer leurs collègues, et seul cet arrêt de travail (sans délai de carence) était de nature à les inciter à ne pas venir travailler.

Le refus de certains salariés malades d’abandonner leur poste de peur de ne pas être payé n’a d’ailleurs pas échappé au patronat. « Dans nos entreprises, on a rabâché : “dès le moindre doute, ne venez pas au travail”. Et néanmoins on a vu certains salariés venir travailler parce qu’ils avaient peur de perdre du salaire à la fin du mois, raconte Jérôme Lopez, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) iséroise. Il y avait un flou sur la question de savoir qui allait les payer, s’ils ne venaient pas. Allaient-ils perdre un jour, deux jours, trois jours ? Au moins, le doute est levé. »

Risque d’une «  très forte augmentation des arrêts maladie  »

Toutefois, au fait de la situation ou non, les patrons n’étaient pas pressés de remédier à la situation, et sont même, pour la plupart, toujours fermement opposés à la suppression du délai de carence. 

« La CPME s’inquiète des conséquences éventuelles de cette annonce qui revient à consacrer le caractère automatique de l’arrêt de travail en cas de symptômes supposés, et ce, sans aucun contrôle médical ni test préalable. Or, parmi les symptômes susceptibles de révéler une infection au Covid-19, certains sont heureusement bénins et sans aucun lien avec la pandémie. Une telle disposition serait de nature à entraîner une très forte augmentation des arrêts maladie et ouvrirait la porte à un absentéisme incontrôlé risquant de désorganiser les entreprises », a fait savoir le syndicat patronal dans un communiqué, avant de réclamer la mise en place d’« un encadrement évitant les dérives de toutes natures ».

squatters, expulsions, Petit Cambodge
Société

Lundi 4 janvier, le tribunal judiciaire de Paris a ordonné « l’expulsion immédiate » et « sans délai » des squatteurs d’une annexe du Petit Cambodge, ce bar restaurant rendu célèbre par les attentats du 13 novembre 2015. 

Lutte contre la « gentrification »

Le local en question est loué depuis décembre 2015 par les propriétaires du Petit Cambodge, qui prévoient d’y ouvrir une nouvelle salle. Toutefois, selon les squatteurs, les travaux d’aménagement n’ont jamais débuté, et les lieux sont inoccupés depuis 5 ans. Inacceptable pour ces militants opposés à la « gentrification » du quartier, c’est-à-dire au phénomène de remplacement social par lequel les bourgeois expulsent lentement mais sûrement les classes populaires des nouveaux quartiers à la mode. 

Ces militants anarchistes anti « gentrification et spéculateurs » ont donc décidé d’investir les lieux le 14 novembre dernier, pour en faire un centre social autogéré censé héberger des personnes en grande précarité. « Les habitants du quartier de la place Sainte-Marthe n’ont pas besoin d’un énième restaurant, d’un énième lieu marchand hors de ses moyens tenu par des propriétaires venant des quartiers les plus aisés. Ils ont besoin de vie, de rencontres, de liens, d’associations, d’espaces culturels et créatifs, tout ce que ces attentats de 2015 visaient à annihiler», ont fait savoir les occupants des lieux dans un communiqué.

«  Aucun respect des mesures sanitaires  »

Mais le tribunal a estimé, lundi 4 janvier, qu’il n’y avait aucune preuve d’un tel hébergement, et donc que l’expulsion du local pouvait être ordonnée, puisqu’elle ne « portait pas atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale ou du domicile de quiconque ». Les squatteurs se sont vu accorder un délai de 48 heures pour évacuer les lieux, et ont été condamnés à verser 153 euros par journée d’occupation.

«  On ne pouvait pas espérer mieux. C’est la décision qu’on attendait, se réjouit Christian Gallois, l’un des deux cogérants. J’ai l’impression qu’il n’y a pas eu beaucoup de dégradations. Une fois qu’on aura accès au local, on va entreprendre un état des lieux avant la reprise des travaux. On espère pouvoir ouvrir mi-mars ».

« Ce local était squatté de manière illicite. Pendant toutes ces semaines, les squatteurs se sont servis du restaurant pour organiser des apéros et des concerts, des débats sur la lutte anarchiste, un marché de Noël, des projections cinématographiques. Ce, sans aucun respect des mesures sanitaires imposées à tous », a fait savoir l’une des avocates des gérants, Maître Marine Rogé.

Julian Assange, extradition
IdéesInternational

La cour londonienne de l’Old Bailey a rejeté, lundi 4 janvier, la demande d’extradition vers les Etats-Unis du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Washington, qui accuse le ressortissant australien d’espionnage, compte bien faire appel de cette décision. 

Risque de suicide

Arrêté en avril 2019, après avoir passé sept ans retranché à l’ambassade d’Equateur à Londres, Julian Assange est, depuis, incarcéré dans la prison londonienne de haute sécurité de Belmarsh. Poursuivit par Washington pour avoir diffusé plus de 700 000 documents classifiés, le fondateur de Wikileaks risque une peine de 175 ans de prison s’il était extradé, dans des conditions bien plus difficiles que celles qu’il connait aujourd’hui. 

Sa situation actuelle «  n’est rien comparé aux conditions de détention auxquelles il serait soumis aux Etats-Unis s’il était extradé  », affirme l’avocate Stella Moris, avec qui Julian Assange a eu deux enfants durant son séjour forcé à l’ambassade d’Equateur.

Il y serait «  enterré vivant  », poursuit l’avocate. Un avis partagé par la juge Vanessa Baraitser, qui a bloqué la demande d’extradition lundi, au motif qu’il y aurait un vrai risque que le lanceur d’alerte se suicide. « Dans des conditions d’isolement quasi-total, les procédures présentées (par les autorités américaines) n’empêcheront pas monsieur Assange de trouver un moyen de se suicider  », a déclaré la juge. 

Soulagement des soutiens

Barry Pollack, l’un des avocats de Julian Assange, a déclaré que son équipe était «  extrêmement satisfaite  » de la décision de la justice britannique. «  Nous espérons que, prenant en compte la décision de la cour, les Etats-Unis vont décider de ne pas poursuivre plus avant ce dossier  », a-t-il fait savoir. 

Et plusieurs associations de défense des droits de l’homme ont fait part de leur soulagement. Car avec l’affaire Assange, « c’est l’avenir même du journalisme qui est en jeu », affirme Rebecca Vincent, l’une des dirigeantes de Reporters sans frontières. 

Macron, Le Pen, élections
Politique

La semaine passée, des informations ont fuité concernant la rencontre, en octobre dernier, de Bruno Roger-Petit, conseiller « mémoire » d’Emmanuel Macron, et de Marion Maréchal. L’Elysée s’est justifié en évoquant une « démarche personnelle » du conseiller. 

« Je voulais savoir ce qu’elle avait à dire et si elle était en résonance avec l’état de l’opinion, ce qui n’est pas le cas », a expliqué le principal intéressé, sans convaincre. 

Hold-up sur la droite conservatrice

La stratégie électorale de La République en marche se rapproche de celle du Rassemblement National sur de nombreux points, car les deux partis tentent de faire main basse sur la droite de la droite, « mais ne nous y trompons pas, le chef de l’État ne cherche pas à séduire l’électorat de Marine Le  Pen (qu’il sait acquis à sa cause), ou à affaiblir cette adversaire », précise le politologue, directeur de recherche au CNRS, Luc Rouban.

«  L’objectif est plutôt de vampiriser celui de François Fillon en  2017, la droite conservatrice de LR qui aime l’autorité, et peut être sensible au discours identitaire de Marion Maréchal », ajoute le politologue. Car Emmanuel Macron «  se dit qu’il sortira forcément vainqueur d’un nouveau duel contre  » Marine Le Pen. Il mise donc sur elle pour s’imposer à l’issue du second tour, en apparaissant comme «  le seul rempart crédible à l’extrême droite  », affirme Luc Rouban. 

«  Etouffer toute opposition  »

Mais pour s’assurer du passage de Marine Le Pen au second tour, LaREM ne se contente pas de vampiriser la droite, et « veut en réalité étouffer toute opposition, de gauche particulièrement, en se reposant sur des sujets sécuritaires, pour ne pas parler du reste, des conséquences de la crise en particulier. Car le président sait bien, au vu de la crise qui va encore s’amplifier, que sur ce terrain il est disqualifié, assure Ian Brossat, porte-parole du PCF. Il nous faut donc remettre le débat sur de bons rails en imposant la question économique et sociale au centre. C’est aberrant qu’au moment où la France compte 10 millions de pauvres, elle en soit réduite à débattre de Pétain et de Maurras… »

discothèque, vide
Economie

Après 9 mois de fermeture, depuis le 14 mars dernier, les boîtes de nuit s’éteignent lentement mais sûrement. Jusque là indemnisés par l’Etat, les professionnels s’inquiètent maintenant de ne pas percevoir l’aide jusqu’à la réouverture de leurs discothèques. 

Traitement inégal

« Nous sommes méprisés. Il a fallu attendre le 17  juillet pour être enfin reçus par le cabinet d’Alain Griset, ministre délégué aux PME. Nous n’avons pas eu un seul centime lors du premier confinement », dénonce Christian Jouny, propriétaire d’une boîte de nuit et représentant du Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL). Nous avons reçu trois fois 15 000  euros, en juin, juillet et août, « c’est très largement insuffisant. Pour les plus grosses structures, ça ne paye même pas leur loyer », explique le patron.

« Il y a un désarroi général et une réelle détresse. Ça suffit de nous dire qu’on nous comprend, on veut que le gouvernement prenne pleinement la mesure de la situation et agisse », prévient Christian Jouny.

Des salariés non épargnés

Les patrons ne sont pas les seuls à se préoccuper de la situation. Les employés, bien qu’au chômage partiel pour la plupart, s’inquiètent eux aussi de leur avenir. 

« Mon employeur me garde parce qu’il s’y est engagé, on a signé un contrat. Mais on m’a déjà dit que le poste de DJ avait été définitivement supprimé en août, et que je ne serai pas embauché à la fin de mon alternance, se lamente Hugues Arriat, DJ à La Rochelle.  Au moins, je suis salarié, je ne suis pas un intermittent du spectacle comme beaucoup d’autres DJ. Ceux-là n’ont plus de dates depuis le début de l’année, il va falloir qu’ils trouvent de nouveaux domaines d’activité, comme les mariages ou les cours de sport, pour pouvoir toucher le chômage. »

“On peut rouvrir”

Alors que les fêtes clandestines se multiplient, les gérants enragent, assurant qu’une réouverture est possible. « On peut rouvrir avec un protocole, on peut prendre les coordonnées des clients, distribuer du gel et des masques, faire respecter la distanciation avec nos videurs », explique Roger, patron d’une boîte de nuit marseillaise. 

Poutine, immunité
Coup de gueuleInternational

Mardi 22 décembre, le président russe Vladimir Poutine a signé une loi offrant aux anciens présidents russes une immunité à vie. Celle-ci ne concernera plus uniquement les actes effectués dans l’exercice de leur fonction, mais tous faits répréhensibles commis dans la vie de tous les jours (à quelques exceptions près).

Ni perquisition, ni interrogatoire

Par une série d’amendements constitutionnels validés cet été, Poutine s’est d’abord octroyé le droit de rester aux commandes jusqu’en 2036, et il couvre maintenant ses arrières, pour ne pas être inquiété après sa passation de pouvoir.  

Ce nouveau texte stipule en effet qu’un ancien président russe « ne peut être poursuivi pénalement ou administrativement ». Cela implique qu’il ne pourra pas être arrêté par la police, ni subir un interrogatoire ou être perquisitionné. 

Double immunité

La précédente loi, qui protégeait les présidents pour des actions commises dans le cadre de leur fonction, a donc été bien étoffée. Outre cette extension d’immunité, la nouvelle loi octroie d’ailleurs aux anciens présidents un siège à la Chambre haute du Parlement, qui leur confère, de fait, une double immunité.

Seules exceptions à ces immunités, des accusations « de haute trahison ou d’autres crimes graves », qui doivent toutefois être confirmées par les Cours suprêmes et constitutionnelles, puis validées par les deux tiers des membres des Chambres basse et haute du Parlement.

Interrogation quant à l’état de santé de Vladimir Poutine

L’adoption de cette loi, relative aux «  garanties d’un président de la Fédération russe n’exerçant plus ses fonctions, et les membres de sa famille », a suscité l’interrogation quant à l’Etat de santé du président russe. Le Kremlin a immédiatement démenti l’hypothèse d’un départ anticipé de Poutine pour raison de santé.

routiers, frontière
EconomieSociété

Plusieurs milliers de chauffeurs routiers sont bloqués côté anglais suite à la décision du gouvernement français de fermer sa frontière avec le Royaume-Uni. Ils traversent au compte-gouttes, mais la plupart d’entre eux devront certainement passer Noël dans leur camion. 

Tests à la charge du routier

Parqués dans leur cabine, les chauffeurs « ont l’obligation de ne pas quitter leur véhicule, sous peine d’amende et de fourrière », et pour ceux qui n’ont pas le nécessaire avec eux, tant pis, dénonce l’interfédérale CGT, CFDT, FO CFTC. Ils n’ont pas non plus accès aux sanitaires, et encore moins à un repas chaud. 

Pour espérer regagner la France à l’ouverture de la frontière, les routiers devront par ailleurs montrer patte blanche, en effectuant un test PCR à leurs frais.  «  Il faut deux jours en Angleterre pour obtenir un rendez-vous et deux jours supplémentaires pour avoir les résultats », d’un test qui sera « à la charge du routier ou de son entreprise », déplore Sandy Penne, membre du bureau fédéral de la CGT transports. 

Les syndicats dénoncent une « décision prise à la hâte » par le gouvernement, qui pousse «  de nombreux routiers français mais également étrangers  » à vivre «  dans des conditions inhumaines ». Ils réclament donc «  que les tests PCR soient réalisés sur le sol français » et exigent « l’arrêt immédiat des transports de marchandises vers le Royaume-Uni ».

«  Il y a urgence  »

Le ministère des Transports est « incapable de nous garantir que la fermeture des frontières ne durera que 48  heures », fulmine Sandy Penne, pourtant «  il y a urgence  ». 

« En prévision, les Britanniques ont fait des réserves  », explique le cégétiste. Avant la fermeture, déjà, «  le nombre de poids lourds à la frontière est monté à 9 000 par jour et les temps de passage, d’ordinaire de deux heures au maximum, ont grimpé à 6, voire 10  heures ». Maintenant «  on compte entre 15 000  et 20 000 poids lourds à l’arrêt sur l’autoroute et il en arrive chaque heure un peu plus   ». «   En trafic normal, 6 000 camions franchissent la frontière quotidiennement, par le tunnel ou sur des bateaux, alors imaginez le temps qu’il va falloir pour résorber le bouchon », s’inquiète le syndicaliste.

Ouïghours, chine
International

Mardi 15 décembre, l’anthropologue allemand Adrian Zenz a publié une étude dénonçant le travail forcé des Ouïghours orchestré par Pékin dans la province du Xinjiang. Jeudi, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant ces méthodes « assimilables à des crimes contre l’humanité ».

Après les Etats-Unis, l’UE

Le rapport d’Adrian Zenz affirme que Pékin, pour atteindre ses objectifs industriels, enverrait de force des centaines de milliers de travailleurs ouïghours (environ 570 000  personnes) travailler dans les champs de coton du Xinjiang. L’étude fait notamment référence à un système de « rééducation par le travail », et à une main-d’œuvre « docile », mise au pas grâce à « un encadrement de type militaire » et à « une éducation de la pensée ».

Après que les Etats-Unis aient décidé, en début de mois, de bloquer toutes les importations de coton en provenance du Xinjiang, c’est maintenant au tour de l’UE d’agir. Jeudi, le parlement européen a dénoncé une pratique qui « porte atteinte à leur dignité humaine, viole leur liberté d’expression culturelle, de croyance religieuse, leur droit à la liberté de parole et d’expression, ainsi que leur droit à la liberté de réunion et d’association pacifique ». Par leur résolution (non contraignante) les eurodéputés ont exhorté Pékin « à mettre immédiatement un terme à la pratique des détentions arbitraires sans chef d’inculpation, des procès et des condamnations pénales à l’encontre des Ouïghours et des membres d’autres minorités musulmanes, à fermer tous les camps et centres de détention pour les minorités ethniques victimes d’incarcération de masse, et de libérer sans délai et sans conditions les détenus ». 

Démenti chinois

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, a assuré mardi que les travailleurs signaient leurs contrats de travail « selon leur propre volonté ». Le diplomate a ensuite accusé Adrian Zenz de «  fabriquer des mensonges  » et d’être « l’épine dorsale d’instituts de recherche anti-Chine, créés et pilotés par le renseignement américain ».