Resto.Paris, livraison de repas
Société

Révoltée par les méthodes de Deliveroo et Uber Eats, qui exploitent leurs travailleurs, la coopérative parisienne de livraison à vélo Olvo a mis au point une «  plateforme éthique  » baptisée Resto.Paris, qui salarie ses livreurs.

Plus de cinquante restaurants participants

La plateforme, lancée en septembre dernier grâce à un financement de la mairie de Paris (30 000 euros), a déjà séduit une cinquantaine de restaurants qui apprécient cette alternative. « Nous avions déjà réfléchi à proposer des plats en livraison mais nous souhaitions rester cohérents avec les valeurs de notre lieu centré autour du bien-être : nous ne pouvons pas proposer une cuisine bio et avoir recours à des entreprises qui exploitent leurs livreurs. Resto.Paris nous a donné la possibilité d’accéder à la livraison tout en restant fidèles à notre philosophie », se réjouit Lyne Vidal, propriétaire d’un restaurant/salle de yoga, pour qui l’éthique passe avant tout. 

« Environ cinq nouveaux restaurants devraient rejoindre la plateforme chaque mois. Ce chiffre modeste permet de bien les accompagner », assure Chloé Bouilloux, de l’équipe Resto.Paris.

Commandes raisonnées

« Nous voulions montrer qu’un modèle qui traite correctement les livreurs est viable », Leeroyd Levi, fondateur et gérant de la coopérative Olvo. Et pour qu’il soit viable, ce modèle obéit à des règles écoresponsables. En ce qui concerne la distance par exemple, la livraison ne peut s’effectuer que dans un rayon de 4 km. De plus, le montant de la commande ne peut-être inférieur à 35 euros, cela évite qu’un livreur se déplace pour un simple caprice, comme une glace par exemple. 

Ces restrictions permettent « de rappeler que la livraison est un service et qu’elle a donc un coût. Uber Eats, Deliveroo et autres peuvent ne pas faire payer le client parce qu’ils paient très peu les livreurs. Cela invite aussi à passer des commandes groupées », explique Leeroyd Levi.

Iran, Biden
International

Bien que Joe Biden ait promis qu’il retournerait dans l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) s’il était élu, la situation reste incertaine. En cause, les réminiscences des sanctions américaines décidées par Donald Trump, et l’attitude de Téhéran dans le Golfe persique.

Main tendue à l’Iran

Fin février, Joe Biden a annulé une décision unilatérale de Donald Trump visant à rétablir un certain nombre de sanctions internationales contre l’Iran. Il a également accepté de lever certaines restrictions imposées aux diplomates iraniens détachés auprès de l’ONU à New York. « Ne plus appeler à des sanctions, c’est une bonne chose, un événement positif, s’est félicité le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. La pression des sanctions n’a pas favorisé la réalisation de l’accord et a conduit la situation dans une impasse. »

« Le président américain Joe Biden peut choisir une meilleure voie en mettant fin à la politique ratée de Trump de “pression maximale” et en revenant à l’accord abandonné par son prédécesseur. S’il le fait, l’Iran reviendra également à la pleine mise en œuvre de nos engagements dans le cadre de l’accord sur le nucléaire. Mais si Washington insiste plutôt sur l’extraction de concessions, alors cette opportunité sera perdue », a de son côté prévenu le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

« Diplomatie prudente »

Outre son bras de fer avec Téhéran, Joe Biden doit également jongler entre l’exaspération de ses alliés onusiens, le groupe 5+1 (les membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne), et l’inquiétude de ses alliés régionaux, les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite. 

« La menace de la prolifération nucléaire requiert encore une diplomatie prudente et de la coopération entre nous. C’est pour cela que nous avons déclaré être prêts à reprendre les négociations du groupe 5 + 1 sur le programme nucléaire iranien », déclarait le président américain la semaine dernière lors de la conférence de Munich. «  Nous devons aussi absolument répondre aux activités déstabilisatrices de l’Iran à travers le Moyen-Orient », a ajouté Joe Biden, pour rassurer ses alliés régionaux. 

Uber, tiers statut, Union européenne
EconomieInternational

Lundi 15 février, Uber, qui refuse obstinément que ses chauffeurs (et livreurs) soient considérés comme des employés, a demandé à l’Union européenne de créer un « tiers statut », moins protecteur que celui de salarié, mais plus que celui d’autoentrepreneur.

Importation du modèle californien

En novembre 2020, Uber et son concurrent Lyft se sont alliés pour contrer une nouvelle loi californienne stipulant que les travailleurs des plateformes de mise en relation étaient des salariés. Les deux entreprises ont rassemblé 205 millions pour promouvoir et faire adopter par référendum une loi contraire, réaffirmant que les travailleurs étaient des autoentrepreneurs bénéficiant de certains avantages (revenu minimum, prise en charge partielle de l’assurance maladie).

Le PDG de Uber, Dara Khosrowshahi, souhaite maintenant importer ce modèle en Europe, avec l’aval de Bruxelles. « Nous croyons que les travailleurs indépendants à travers l’Europe méritent un meilleur travail, qui offre des possibilités de revenu décent, et flexible quand ils le veulent, et de la protection et des avantages quand ils en ont besoin », explique-t-il.

«  Rapport de force  »

« Plus une entreprise fournit des avantages à ses travailleurs indépendants, moins ceux-ci sont considérés comme indépendants aux yeux de la justice », déplore Dara Khosrowshahi. Mais ses opposants ne sont pas dupes. « Uber cherche à s’exonérer de ses responsabilités d’employeur. L’entreprise revient sur l’histoire du salariat, selon laquelle, en échange du rapport de subordination, on obtient des droits », rappelle la députée européenne (LFI) Leïla Chaibi. 

Selon elle, « ce qui se passe est fondamental  », car Uber, en difficulté dans de nombreux pays, veut à tout prix inverser la tendance.  «  Qui prendra le dessus dans le rapport de forces entre Uber et les travailleurs ? », interroge la député. La question reste entière. « L’Union européenne ne peut pas laisser les plateformes aux pratiques illégales réécrire la loi ! », insiste, de son côté, la Confédération européenne des syndicats.

logements sociaux
IdéesSociété

Bien qu’ils soient un rempart à la précarité, les logements sociaux sont régulièrement boudés par l’Etat et les élus locaux, qui leur préfèrent souvent des logements aux loyers plus élevés. 

«  Le logement social est nécessaire  »

« On a bien vu que [le logement social] joue un rôle d’amortisseur. Il loge 5  millions de personnes, qui, au moins, ont un logement correct avec un loyer modéré, quand elles sont confrontées à une baisse de revenu », rappelle Manuel Domergue, membre de la Fondation Abbé-Pierre. « Ils sont les seuls à pouvoir jouer ce rôle. Le secteur privé ne fait pas du tout ça », abonde Pierre Madec, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

« En moyenne, à caractéristiques similaires, les locataires du parc social s’acquittent de loyers 40  % inférieurs à ceux du privé », illustre l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui chapeaute le réseau HLM. « En Île-de-France, le logement social est nécessaire et correspond aux besoins de la population, et pas seulement pour les plus pauvres, parce que les loyers pratiqués y sont deux à trois fois moins chers que dans le privé », rappelle Jean-Luc Vidon, président de l’association régionale HLM Île-de-France.

Indifférence de l’Etat

Mais cette nécessité de produire et fournir des logements sociaux semble totalement échapper à l’Etat, qui ne cesse de diminuer le budget et les aides allouées au secteur. « En Île-de-France, la production baisse depuis quatre ans, et le nombre d’agréments pour 2021 a même chuté de 30  %. Nous sommes pourtant dans une région où, depuis plusieurs années, nous n’arrivons plus à répondre à la demande de logements abordables, qui continue de croître. Cette année, sur 750 000 demandes actives, nous n’avons pu faire que 59 000 attributions », regrette Jean-Luc Vidon.

« La crise éclaire rétrospectivement la politique de ce gouvernement qui n’a rien fait pour le logement social et l’a même fragilisé avec des mesures désastreuses », déplore Ian Brossat,  adjoint PCF à la Mairie de Paris. Les organismes sociaux «  sont de plus en plus obligés d’utiliser leurs fonds propres pour compenser la baisse de l’aide publique. Mais, moins ils ont de fonds propres, moins ils peuvent construire », pointe Pierre Madec.

armes, France, Arabie Saoudite
IdéesInternational

Contrairement à ses alliés américains et italiens, qui ont suspendu leurs ventes d’armes à l’Arabie saoudite, la France ne semble pas vouloir renoncer à ce ce juteux partenariat, et ce quelles qu’en soient les conséquences. 

«  Un devoir, un message clair de paix  »

Lors de son premier discours de politique étrangère prononcé jeudi 4  février, Joe Biden a été on ne peut plus clair quant à la situation au Yémen. « Nous renforçons nos efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre au Yémen, une guerre qui a créé une catastrophe humanitaire et stratégique. Cette guerre doit cesser », a-t-il prévenu.  « Et pour souligner notre détermination, nous mettons fin à tout soutien américain aux opérations offensives dans la guerre au Yémen, y compris aux ventes d’armes ». Mais rappelons tout de même que quelques jours avant ce beau discours, les Etats-Unis, premier pays exportateur d’armes, signaient un contrat d’armement d’une valeur de 200  millions de dollars avec l’Égypte, pays alliés des Saoudiens dans la guerre au Yémen.

C’est toutefois l’Italie qui a porté le premier coup à Riyad, interdisant dès le 29 janvier l’exportation de missiles et de bombes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. « Nous considérons que c’est un devoir, un message clair de paix qui arrive de notre pays », s’était alors félicité le ministre des Affaires étrangères italien, Luigi Di Maio.

Paris, 3ème exportateur d’armes

« Le fait que des armes de précision soient utilisées lors des raids aériens de la coalition indique que les décès de civils et la destruction de biens civils qui en ont découlé ne relèvent pas d’une simple négligence due à un manque de précaution, mais étaient bel et bien volontaires », a révélé l’association Aser (Action sécurité éthique républicaines).

Mais ce rapport n’a pas attendrit les autorité françaises, apparement désireuses de conserver leur troisième place sur le podium des pays exportateurs d’armes (36% USA, 21% Russie, 8% France). « Le secteur de l’industrie de défense est un secteur très important pour la technologie française et pour notre économie, pour nos emplois  », se justifiait la ministre des Armées Florence Parly en juin 2019, avant de se dédouaner  : «  Je n’ai aucune information me permettant d’assurer que ces victimes civiles le sont du fait des armes françaises ».

islamogauchisme, université
Idées

La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal,  souhaite charger le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) d’enquêter sur « l’islamogauchisme » qui «  gangrène l’université et la société dans son ensemble ». 

« Ravages à l’université »

« Danger, vigilance et action » sont les trois mots-clés sur lesquels le CNRS devra s’appuyer pour « distinguer de ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève du militantisme et de l’opinion ».

«  Dans nos universités, il y a des gens qui peuvent utiliser leurs titres et l’aura qu’ils ont. Ils sont minoritaires et certains le font pour porter des idées radicales, ou porter des idées militantes de l’islamogauchisme en regardant toujours tout par le prisme de leur volonté de diviser, de fracturer et de désigner l’ennemi », estime la ministre, rappelant tout de même que « l’immense majorité des universitaires sont conscients de cela et luttent contre ». 

« L’islamogauchisme fait des ravages à l’université ». « Ces gens-là favorisent une idéologie qui, ensuite, de loin en loin, mène au pire », insiste la ministre.

«  Pathétique et inquiétant »

« Non, les universités ne sont pas des lieux où se construirait une “idéologie” qui mène au pire. Non, les universités ne sont pas des lieux d’expression et d’encouragement du fanatisme. Non, les universités ne sauraient êtres tenues pour complices du terrorisme », répond la Conférence des présidents d’université, rappelant que « la recherche n’est pas responsable des maux de la société, elle les analyse. L’université est, par essence, un lieu de débats et de construction de l’esprit critique ».

« Les étudiants crèvent de faim, certains se suicident, des centaines abandonnent les études, des milliers ne peuvent plus payer leur loyer, mais la priorité, pour Vidal, c’est d’enquêter sur “l’islamogauchisme”.  Pathétique et inquiétant ! », s’emporte le président de l’Observatoire national de l’extrême droite, Thomas Portes. « Affligeante Vidal qui veut charger le CNRS d’organiser la chasse aux sorcières et déshonore sa fonction », fustige, pour sa part, la sénatrice EELV Esther Benbassa. 

loi séparatismes, associations
Société

Plusieurs manifestants membres de diverses associations  (Attac, Sherpa, Greenpeace, …) se sont rassemblés devant l’Assemblée nationale lundi 15 février pour mettre en garde contre les potentielles dérives de la loi dite «  séparatismes  ». 

Droit de vie et de mort sur les associations

Parmi les dispositions de la loi, le contrat d’engagement républicain inquiète tout particulièrement. Ce pacte devra en effet être signé par toute association réclamant des subventions publiques, et conditionnera le versement de ladite aide. Or, comme l’Etat déterminera lui-même quand l’association contrevient au contrat, il pourra librement décider de supprimer ou non la subvention. Il aura, pour ainsi dire, un droit de vie et de mort sur l’association. 

« Cela n’apporte rien en termes d’efficacité contre ce que cela prétend combattre, et cela menace la liberté fondamentale d’association. On nous dit : vous devez être républicain, sinon, vous êtes suspect. Alors quoi, on n’a plus le droit de créer une association monarchiste ou anarchiste ou d’indépendantistes bretons ? », tonne le syndicaliste Joao Viegas, qui dénonce un texte « maladroit et dangereux ».

Outil de censure

Le contrat d’engagement républicain stipule que chaque association signataire s’engage à  « ne pas causer de trouble à l’ordre public ». Or, le trouble à l’ordre public est l’essence même de certaines associations, qui le jugent nécessaire pour faire avancer les choses. « Il y a un risque fort de censure ou d’autocensure, car cette loi instaure une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes », souligne Jean-Baptiste Jobard, du Collectif des associations citoyennes.

« Si demain on a un ministre de l’Intérieur d’extrême droite, il aura tout ce qu’il lui faut pour prononcer la peine de mort des associations qui ne lui conviennent pas », prévient Joao Viegas. 

télétravail, tickets-restaurant
EconomieSociété

Le travail à distance, vital en temps de crise sanitaire, «  ne doit pas être un coût pour le salarié  », rappelait la ministre du travail, Elisabeth Borne, mardi 9 février. Pourtant il finit par en être un, certaines entreprises ayant cessé de payer les tickets-repas. 

«  Economies sur le dos des salariés  »

Bien que la ministre ait insisté sur le fait qu’il « appartient à l’employeur de couvrir les frais engendrés par le télétravail  », de nombreuses entreprises se substituent à leurs obligations concernant les tickets resto. Parmi les plus connues figure SFR, qui a retiré les titres-restaurant à ses employés à distance dès mars 2020. «  Des économies sur le dos des salariés !  », fustige Xavier Courtillat, délégué syndical central CFDT chez SFR. 

Même son de cloche chez Enedis, qui refuse depuis le début du confinement de prendre en charge les repas de ses employés en télétravail. 15 000 employés du groupe travaillant à distance, celui-ci aurait économisé l’équivalent de 3 millions de repas depuis le début de la crise, selon la FNME-CGT. Et cela sans parler des économies réalisées sur le chauffage ou le ménage, moins d’espace étant utilisé dans les locaux. 

Droit inaliénable

Fin 2020, la CGT de Groupama Assurances Mutuelles a saisi la justice pour que soit rétabli le remboursement des frais de restauration des employés. «  Le refus d’attribuer à tous les salariés en télétravail des titres-restaurant est contraire aux positions de l’Urssaf et de la Commission nationale des titres-restaurant  », a rappelé la CGT devant la cour.

Pour les syndicalistes, le droit aux titres-restaurant est pratiquement inaliénable. «  Le Code du travail décrit de façon très précise qu’il est important de faire une pause déjeuner. Quand on travaille chez soi, le domicile devient le lieu de travail. Les salariés sont en droit de demander le retour de ces tickets-restaurant », affirme François Hommeril, président de la CFE-CGC.

Luxembourg, société offshore
EconomieIdéesInternationalPolitiqueSociété

Une enquête récemment menée par des journalistes d’investigation du groupement OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project) a révélé que 37 des 50  plus riches familles françaises disposaient d’au moins une société offshore au Luxembourg.

Impunité du Grand-Duché

Idéalement placé au cœur de l’Union européenne (UE), dont il est l’un des fondateurs, le Luxembourg est dans le top 5 des pires paradis fiscaux du monde. « Et ce, même s’il n’est toujours pas reconnu comme tel par la Commission européenne ni pas la France, rappelle Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac. Cette hypocrisie est terrible, le Luxembourg n’est pas une île exotique, c’est un paradis fiscal de proximité, particulièrement nocif pour ses voisins, c’est-à-dire nous. »

L’étude de l’OCCRP, baptisée OpenLux, a notamment révélé que 70 000 sociétés immatriculées au Luxembourg étaient des sociétés offshore, représentant une valeur de 6 500 milliards d’euros. Les journalistes n’ont toutefois réussi à identifier qu’une petite partie des bénéficiaires de ces sociétés, la plupart d’entre eux n’étant que des prête-noms.

Profils divers

L’enquête a tout de même révélé que les bénéficiaires de ces sociétés avaient des profils on ne peut plus divers, leur seul point commun étant … leur fortune. Parmi eux figurent ainsi des sportifs (Tiger Woods, Christiano Ronaldo), des chanteurs, des mafieux (russes, italiens, …), et surtout de grandes compagnies ( Amazon, KFC, LVMH, …). 

«  Cela confirme que l’évasion fiscale est un sport de riches. 37  des 50  plus grandes fortunes de France y ont un compte offshore, preuve que l’évasion fiscale est systématique. Et on ne parle là que du Luxembourg ! déplore Raphaël Pradeau. Cela vient confirmer que la concurrence fiscale au sein de l’UE est organisée au vu et au su de tout le monde. L’harmonisation fiscale se fait par le bas, la France baisse chaque année son impôt sur les sociétés. »

écologie, île énergétique, Danemark
Société

Pour augmenter sa production d’électricité verte et pallier le manque de place sur son territoire, le Danemark prévoit de construire une île artificielle à énergie éolienne au large de ses côtes. 

«  Hub énergétique  » 

Jeudi 4  février, le ministre danois du climat et des énergies, Dan Jørgensen, a annoncé que son pays venait d’approuver un plan pour construire « la première île artificielle à énergie éolienne » du monde. Située à 80 km de la côte, ce projet pharaonique, qui devrait atteindre les 120 000 m2 pour un montant de 28 milliards d’euros, sera implanté entre de nombreux champs éoliens, et servira à transformer et redistribuer l’énergie produite par les éoliennes offshore. 

« Ce hub énergétique en mer du Nord est le plus grand projet de construction de l’histoire du Danemark. Ce sera une contribution majeure à l’exploitation de l’énorme potentiel européen d’éolien offshore », a fait savoir Dan Jørgensen.

«  Besoin de projets innovants  »

«  Ces dernières années, les éoliennes marines se sont montrées de plus en plus compétitives et il est important pour nous d’aller plus loin dans la réduction de leur coût de raccordement et d’interconnexion au réseau de distribution. Nous avons besoin de projets innovants de grande envergure pour permettre à l’énergie éolienne de jouer un rôle plus important dans notre approvisionnement énergétique futur  », assure Peder Østermark Andreasen, PDG d’Energinet, l’un des promoteurs du projet.

Source d’inspiration

L’île artificielle, dont la construction débutera en 2026, devrait, à terme, fournir les besoins en électricité de trois millions de foyers. «  À ce stade, le début de la construction devrait intervenir en 2026 et nous espérons qu’il soit fini entre 2030 ou 2033  », a déclaré un porte-parole danois.

«  C’est vraiment un grand moment pour le Danemark et pour la transition verte mondiale  », s’est félicité Dan Jørgensen. «  Nous espérons que le projet aura une plus grande influence encore, en inspirant d’autres  ».