Fabien Roussel, retraite
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Comme plusieurs autres candidats à la présidentielle (Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Nathalie Arthaud … ), Fabien Roussel (PCF) assure pouvoir rétablir la retraite à 60 ans, et permettre à tous les travailleurs de partir « avec un minimum de 1 200  euros » par mois. 

« Améliorer l’existence »

Pour le candidat communiste français, « l’allongement de la durée de vie doit améliorer l’existence au lieu d’allonger le temps de travail », comme le suggérait la droite lorsqu’elle fit passer sa réforme en 2021, reculant l’âge légal de la retraite de 60 à 62 ans. « Nous voulons dire qu’à 60 ans, tout le monde part à la retraite avec un minimum de 1 200  euros », insiste Fabien Roussel, qui estime le coût de la mesure entre « 30 et 40  millions d’euros par an pour une retraite digne ».

Et pour trouver cette somme, le député du Nord propose une solution en deux temps.  « Nous mettrons d’abord en place une cotisation sur les revenus financiers. Cela concernerait les revenus du capital, les plus-values boursières ou encore  les dividendes. Cela représente environ 300  milliards d’euros, sur lesquels nous appliquerons une taxe de 10  %, ce qui nous permettra de dégager 30  milliards d’euros. Puis, parce que l’objectif est progressivement de tarir ces sources de revenus du capital, le système serait financé par la réalisation de l’égalité hommes femmes dans les entreprises et par une création massive d’emplois. Cela fera des cotisations supplémentaires », assure-t-il.

Difficilement réalisable

Les économistes, même de gauche, s’accordent sur le fait que la mesure est optimiste, voire utopiste. « En tant que sympathisant c’est une très bonne idée.  En tant qu’économiste, les 300  milliards sur lesquels Roussel compte pour financer sa réforme n’existent pas. Les dividendes nets que l’on peut taxer c’est de l’ordre de 40 à 50  milliards. Donc au maximum, cela ferait 4 ou 5  milliards de contributions supplémentaires », déplore un spécialiste des retraites orienté très à gauche, ayant souhaité conservé l’anonymat.

Même son de cloche pour l’économiste Alain Trannoy, professeur à l’école d’économie d’Aix-Marseille. « Il me semble qu’il y a un décalage entre les recettes et les dépenses supplémentaires. Pour lever ne serait-ce qu’une partie de la somme évoquée, il faudrait a minima créer une nouvelle taxe sur les dividendes qui ne sont pas distribués. À mon sens, l’enjeu serait plutôt de sécuriser le financement des retraites qui est aujourd’hui déficitaire. Sinon, faute de recettes supplémentaires, le raccourcissement de l’âge légal de départ à la retraite nécessiterait donc un recours accru à l’endettement avec le risque que ça se reporte sur les actifs, par une augmentation des cotisations sociales », détaille l’économiste.

Elyze, application, élection
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Disponible depuis le 2  janvier et téléchargée depuis par plus d’un million de personnes, l’application Elyze, développée par deux étudiants, a attiré l’attention de la CNIL, qui a annoncé lundi 17 janvier se pencher sur son cas. 

« Tinder de la présidentielle »

Rapidement rebaptisée « Tinder de la présidentielle », Elyze fonctionne d’une certaine manière comme la célèbre application de rencontre californienne. Les utilisateurs doivent répondre à une série de questions censées révéler leurs affinités politiques, et l’application les fait ensuite « matcher » avec le candidat qui leur correspond le mieux. 

Toutefois, de nombreuses polémiques se sont rapidement élevées à propos d’irrégularités dans l’utilisation de l’application, concernant son impartialité, mais également la protection des données personnelles. 

Revente des données

La polémique concernant la revente des données est basée sur l’une des conditions générales d’utilisations de l’application, qui stipule : « la revente des données d’utilisation, toujours anonymisées, à des tiers ». 

Pour faire taire leurs détracteurs, les créateurs de l’application n’ont pas hésité à faire complètement marche arrière, en annonçant qu’ils supprimeraient la totalité des données collectées « dès la prochaine mise à jour ».

Réelle impartialité  ?

Jean-Luc Mélenchon est le premier à avoir dénoncé la partialité de l’application, lui reprochant qu’en cas d’accord avec toutes les propositions, « c’est Macron qui termine premier, Hidalgo deuxième et Jadot troisième ». « Encore un coup tordu… À qui profite ce mauvais coup ? Devinez… », a twitté le candidat insoumis. 

De son côté l’application, qui entend « réconcilier les jeunes à trois mois d’une élection présidentielle menacée par l’abstention », parle d’un simple bug, qui sera résolu à la prochaine mise à jour. « Nous tenons à rappeler à rappeler qu’Elyze est strictement neutre et apartisane. Aucun candidat ou candidate ne bénéficie du moindre traitement de faveur », ont déclaré ses développeurs.

salaire, patrons
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Plusieurs candidats de gauche, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon et Anne Hidalgo, parlent de limiter les salaires les plus élevés à un rapport de 1 à 20, mais qu’en est-il vraiment ? La mesure est-elle réalisable  ? 

Pression fiscale

Plus précisément, Anne Hidalgo veut s’attaquer « aux écarts indécents de rémunération qui existent dans certaines entreprises », et limiter de « 1 à 20 l’écart maximal dans les entreprises entre la rémunération la plus basse et la plus haute ». Et pour pousser les entreprises à jouer le jeu, la candidate socialiste mise sur la pression fiscale pour contraindre les entreprises. « Les rémunérations qui dépassent cette limite ne seront plus déductibles de l’impôt sur les sociétés », explique madame Hidalgo.

Ce système de pression fiscale avait déjà été proposé par le député socialiste Dominique Potier, qui estimait qu’il pourrait pousser l’entreprise « à mieux partager ses fonds ».  « Elle aurait un intérêt économique à augmenter les rémunérations les plus faibles pour accroître le plafond de déductibilité, ou à maîtriser ses rémunérations les plus élevées », expliquait le député.

Peu de chances d’aboutir

Concernant la faisabilité d’une telle mesure, le professeur de droit fiscal à l’université Panthéon-Assas, Martin Collet, est sceptique. « On peut supposer que le Conseil constitutionnel s’opposerait à cette mesure qui paraît contraire aux principes libéraux sur lesquels est fondé le droit français depuis 1789. Un salaire maximum semble contrevenir  au principe de liberté d’entreprendre et surtout au  droit de propriété. Ce droit  s’applique aux entreprises, qui ont le droit de disposer de leurs fonds comme elles le souhaitent », estime-t-il. 

Toutefois, « il est tout à fait possible de fixer des limites à la déductibilité en fonction d’un motif d’intérêt général, qui pourrait très bien être la maîtrise des inégalités.  Le Conseil constitutionnel a déjà reconnu ce type de pratique », rappelle Martin Collet. Affaire à suivre donc.

Blanquer, Ibiza
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Depuis les révélations du site Mediapart lundi 17 janvier concernant sa présence à Ibiza la veille de la rentrée scolaire, le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer est sous le feu des projecteurs … et de ses détracteurs.  

Pas interdit, mais pas malin 

Bien que le ministre n’ait enfreint aucune règle en se rendant aux Baléares, le cadre paradisiaque et festif de ces îles rend particulièrement difficile à avaler la pilule que représente le nouveau protocole sanitaire en vigueur dans les écoles … ce même protocole que le ministre détaillait lors de l’entretien qu’il a donné au Parisien depuis Ibiza. 

Les réactions de l’opposition vont donc bon train depuis lundi, allant de la simple « erreur de communication  », selon le député EELV Matthieu Orphelin, à une faute grossière justifiant la démission de Jean-Michel Blanquer, selon l’ancien député LREM Aurélien Taché. Pour le candidat EELV à la présidentielle, Yannick Jadot, le comportement du ministre constitue un « niveau de mépris et d’irresponsabilité »  qui  « n’est pas acceptable ». « Le problème ce n’est pas Ibiza, le problème c’est le dilettantisme », a fustigé le candidat écologiste.

Autres griefs

La candidate socialiste Anne Hidalgo a souhaité prendre du recul quant à la polémique, taclant tout de même le ministre au passage. « Il faut le juger sur ses actes de ministre », a déclaré la candidate, assurant qu’il avait justement « montré toutes ses défaillances ».  « Il a montré tout son mépris pour les enseignants », a-t-elle ajouté. 

« C’est le sentiment du retour du bling bling à un moment où on demande à tout le monde de se serrer la ceinture », a de son côté déclaré le premier secrétaire du PS, olivier Faure. 

Soutien du gouvernement

« Il faut être facilement rapatriable à Paris, joignable en permanence, je n’ai pas de raison de penser que ce n’était pas le cas », a déclaré non sans raison le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

La ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Élisabeth Moreno a, elle, dénoncé « une polémique de précampagne présidentielle », tandis que le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, est allé plus loin encore  : « Je ne crois pas qu’il doive s’excuser », estime-t-il.

International

Si Alassane Ouattara a réussi à se polir une image de techno-démocrate apaisé au niveau international, son élection à un troisième mandat présidentiel a généré une vive colère populaire en Côte d’Ivoire. Car, après 10 ans à la tête de l’État et malgré la forte croissance économique, la population ivoirienne vit encore dans la misère, la corruption bat son plein et les libertés individuelles s’amenuisent peu à peu.

« Il se présentait comme un humaniste mais le masque est tombé »

« La décision d’Alassane Ouattara » de briguer un troisième mandat, intervenue après le décès brutal, le 8 juillet, d’Amadou Gon Coulibaly, son Premier ministre et candidat désigné du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), a tout changé » affirmait très justement le journaliste au magazine francophone Jeune Afrique Vincent Duhem. Le 5 mars 2020, Alassane Ouattara expliquait renoncer à un troisième mandat, dont il savait qu’il serait largement contesté par la rue ivoirienne. Cette décision avait été, à l’époque, saluée par la communauté internationale et, surtout, au niveau africain. Le président français, Emmanuel Macron, avait quant à lui rendu hommage sur Twitter le 5 mars 2020, à un « homme de parole et (un) homme d’État ». Chacun savait qu’un troisième mandat d’ADO (NDLR. acronyme de Alassane Dramane Ouattara) aurait irrémédiablement conduit à de sérieux troubles politiques en Côte d’Ivoire. La suite des évènements a finalement prouvé qu’à sa parole, Alassane Ouattara préférait le pouvoir à tout prix.

La mort de son Premier ministre et héritier naturel, Amadou Gon Coulibaly, dans des circonstances douteuses le 8 juillet 2020 a ainsi changé la donne et conduit Alassane Ouattara à remporter la victoire à un troisième mandat inconstitutionnel, permise en écartant toutes les candidatures de l’opposition. La réélection d’Alassane Ouattara a été logiquement contestée dans la rue. Mais, plutôt que d’écouter la colère des Ivoiriens, à qui l’alternance politique était promise, Alassane Ouattara a préféré écraser dans le sang le mouvement de contestation. Une trentaine de personnes sont ainsi mortes dans le cadre des manifestations contre le troisième mandat, notamment nées dans les quartiers populaires en août 2020 au chant des slogans « STOP ADO ». Même dans le Nord du pays, qui lui est traditionnellement acquis, la popularité du président ivoirien se réduit comme peau de chagrin.

Pour d’anciens proches du président Ouattara, ce mandat sera celui de trop, qui a révélé au monde son vrai visage. « Le masque est tombé. Il se présentait comme un humaniste, un homme de paix, un haut fonctionnaire à l’occidentale qui voulait la démocratie… Il est comme la plupart de nos présidents africains, un chef qui veut garder le pouvoir pour son clan et qui n’hésite pas à réprimer pour se maintenir », explique au magazine français Le Point un proche du gouvernement Ouattara, passé dans l’opposition.

Corruption endémique

Surtout, le manque de confiance de l’opinion ivoirienne dans la gestion de plusieurs des dossiers clés d’Alassane Ouattara est de plus en plus visible. En 2019, 58 % des Ivoiriens pensait que le gouvernement ne luttait pas efficacement contre la corruption. 40 % d’entre eux considéraient que le niveau de corruption a augmenté, contre seulement 32 % en 2015. Une perception qui coïncide avec les faits. En 2021, le pays occupe la 106ème place sur 180 de l’indice de perception de la corruption mené chaque année par Transparency International. La moitié des Ivoiriens déplorent aussi avoir subi la corruption dans l’accès aux services publics du quotidien. Un véritable désaveu.

Si Alassane Ouattara en a fait une des priorités de ses différents mandats, aucune mesure concrète efficace n’a réellement été mise en œuvre. Sachant même qu’une partie de ses proches ont été éclaboussés par des scandales de corruption. En juin 2020, le très sérieux magazine « Vice » accusait, dans une série d’articles, Hamed Bakayoko d’être un « grand trafiquant de cocaïne ». Il est pourtant resté, jusqu’en mars 2021, Premier ministre de Côte d’Ivoire.

Encore 40 % des Ivoiriens sous le seuil de pauvreté

En Côte d’Ivoire, l’espérance de vie à la naissance ne dépasse pas les 57 ans, soit 4 ans de moins que la moyenne de l’Afrique subsaharienne et le pays, en 2020, pointe à la 162ème place (sur 189) au classement de l’indice de développement humain du PNUD. Près de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, malgré un recul marqué depuis 2011 et la guerre civile. 80 % de l’économie reste liée au secteur informel et le chômage des jeunes atteint les 25 %. Comme beaucoup de chef d’État africains, Alassane Ouattara ne semble pas décidé à partager les fruits de la croissance, qui s’élève entre 7 et 8 % par an depuis 2011, malgré un trou logique pendant le COVID. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara, les conditions matérielles des populations ne se sont pas vraiment améliorées.

« Il est important de différencier croissance et développement. Si des routes ont été construites, la population s’est, elle, fortement appauvrie. Le système Ouattara se caractérise par un hyper endettement de l’État et l’enrichissement d’une caste » souligne Michel Galy, politologue, pour TV5 Monde. La « locomotive » de l’Afrique de l’Ouest a bien dû mal à faire avancer les wagons de la grande majorité de la population. La seule chance du peuple ivoirien est finalement l’âge très avancé de son président qui sera, un jour ou l’autre, contraint de quitter le pouvoir.

Société

Bâtiments rebaptisés, premières boudées, … depuis des mois, tout ce qui a trait de près où de loin à l’auteur d’Harry Potter subit les foudres des militants transgenres. Mais où cela s’arrêtera-t-il  ? 

Positions et propos « anti-trans »

A l’origine de cet acharnement contre l’écrivaine, un simple article commenté sur Twitter le 6 juin 2021, concernant l’égalité entre « personnes ayant leurs règles ». Madame Rowling avait alors ironisé à ce sujet, s’interrogeant : «  » Les personnes qui ont leurs règles « . Je suis sûre qu’on avait un mot pour désigner ces personnes, avant. Que quelqu’un m’aide. Fammes ? Fommes ? Fimmes ? ». L’auteur avait ensuite refusé de se rétracter, estimant : « Si le sexe n’est pas réel, la réalité vécue par les femmes du monde entier est effacée. Je connais et j’aime les personnes transgenres, mais effacer le concept de sexe empêche beaucoup d’entre elles de discuter utilement de leur vie. Ce n’est pas de la haine que de dire la vérité ». 

Ensuite, en mars  2019, J.K.Rowling a apporté son soutien à Maya Forstater, une salariée américaine dont le contrat n’avait pas été renouvelé en raison de propos jugés transphobes. « Elargir radicalement la définition juridique du terme « femmes » afin qu’elle puisse inclure à la fois des hommes et des femmes en fait un concept dénué de sens et sapera les droits des femmes et la protection des femmes et des filles. Je pense que les personnes mâles ne sont pas des femmes. Je ne pense pas qu’être une femme soit une question d’identité ou de sentiments féminins. C’est de la biologie », estimait Maya Forstater.

Boycott organisé 

Plus que de boycott, certains parlent d’effacement, tant l’acharnement contre J.K.Rowling est fort. Les illustrations de cette chasse aux sorcières sont d’ailleurs nombreuses, mais parmi les plus marquantes figurent une école rebaptisée, et une première privée de son auteur.

« À l’automne 2021, nous avons revu et renommé l’un des bâtiments de l’école suite à de nombreuses demandes d’élèves et du personnel, ainsi qu’à un vote de l’ensemble de l’école », explique Stephen Mansell, directeur de l’école en question (la Boswells School de Chelmsfort, dans l’Essex). Celui-ci affirme que cette décision fait suite à de « nombreuses demandes d’étudiants et de membres du personnel à la lumière des commentaires et des opinions de J.K. Rowling ».

Enfin, le dernier revers essuyé par l’auteur remonte à la diffusion de l’épisode Retour à Poudlard, le 1er  janvier 2022, auquel l’auteur n’a pas été conviée. Le Los Angeles Times explique qu‘« un porte-parole de HBO (producteur de l’épisode) a fait savoir que Rowling avait été invitée à donner une nouvelle interview, mais que les producteurs ont eu le sentiment que les images d’archive faisaient l’affaire. HBO n’a pas donné suite aux questions visant à préciser si Rowling avait refusé la nouvelle interview, ou si celle-ci avait été filmée avant de finalement être écartée du montage par les producteurs de l’émission ».

La Poste, sans-papiers
Société

Depuis le 7  décembre, une grève bloque le centre de tri Chronopost d’Alfortville, dans le Val-de-Marne. Des dizaines de travailleurs sans-papiers y réclament la régularisation de leur situation, jugée plus que précaire. 

De la guerre à l’esclavage moderne

Parmi eux, Salouf, Madiouma et Aboubacar ont débarqué du Mali en 2018, pour  « fuir la guerre, la pauvreté et les conflits familiaux », mais ils ne s’attendaient pas à se retrouver dans cette situation de quasi-esclavage. 

« J’avais entendu dire par un ami que Derichebourg embauchait des gens dans notre situation. Toutes les semaines, on reçoit des contrats par SMS, pour des missions de quelques jours. Nous touchons entre 600 et 700  euros par mois, explique Aboubacar. Sur notre dos en permanence, les chefs nous disent d’accélérer. Nos tâches consistent à décharger des camions et à trier des colis. Nous devons abattre en quatre heures un boulot qui en nécessiterait huit ! Et si jamais nous tombons malades, on met un terme à notre mission… C’est de l’esclavage moderne. »

Pleine conscience de La Poste

Pour Jean-Louis Marziani, secrétaire adjoint de Solidaires  94, recruter des sans-papiers est particulièrement rentable pour les sous-traitants de La Poste.  « L’objectif est de faire baisser les coûts de traitement des colis, explique-t-il. Lorsque vous recrutez des sans-papiers, vous savez que vous pourrez leur imposer certaines tranches horaires, avec des conditions de travail que n’accepterait pas le personnel statutaire. Sans compter que cela permet de s’affranchir de nombreuses obligations (congés payés,  etc.). »

La Poste est d’ailleurs pleinement au fait de ces recrutements. « Certaines des filiales de La Poste ne pourraient pas fonctionner sans sous-traitance. Si nous avions les conditions sociales des facteurs transposées sur tous les salariés de Chronopost, Chronopost disparaîtrait. Nous avons besoin de la sous-traitance parce que les concurrents exercent une pression sur les prix et les marges », expliquait devant l’Assemblée nationale le patron de La Poste, Philippe Wahl, en février dernier. 

dissuasion nucléaire, Chine
International

Alors que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (USA, Chine, Russie, France, Royaume-Uni) se sont réunis lundi 3 janvier pour convenir qu’une « guerre nucléaire ne pouvait être gagnée », la Chine a fait savoir dès mardi 4 janvier qu’elle continuerait à « moderniser son arsenal nucléaire pour des questions de fiabilité et de sécurité ».

Question de sécurité

« Nous affirmons qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée. Compte tenu des conséquences de grande ampleur qu’aurait l’emploi des armes nucléaires, nous affirmons également que celles-ci, tant qu’elles existent, doivent servir à des fins défensives, de dissuasion et de prévention de la guerre. Nous sommes fermement convaincus de la nécessité de prévenir la poursuite de la dissémination de ces armes », ont en effet déclaré les cinq membres permanents, estimant qu’il était de leur « responsabilité première d’éviter une guerre entre États dotés d’armes nucléaires et de réduire les risques stratégiques ».

Mais puisque dissémination ne veut pas dire modernisation, la Chine a dès le lendemain annoncé qu’elle « continuera à moderniser son arsenal nucléaire pour des questions de fiabilité et de sécurité ». « Les armes nucléaires vieillissent également. Nous devons nous assurer que les nôtres sont à jour et peuvent également servir de moyen de dissuasion », s’est justifié Pékin.

USA/Russie, bien plus mauvais élèves 

« La Chine a toujours adopté la politique de non-recours en premier aux armes nucléaires et nous maintenons nos capacités nucléaires au niveau minimal requis pour notre sécurité nationale », s’est défendu Pékin, rappelant que ses principaux concurrents, Washington et Moscou, disposaient de stocks considérables.

« Les États-Unis et la Russie possèdent encore 90 % des têtes nucléaires de la planète. Ils doivent réduire leur arsenal nucléaire de manière irréversible et juridiquement contraignante », insiste la Chine, qui rappelle que Washington dispose de 5550 armes nucléaires, contre 350 pour Pékin.

Caddie, redressement judiciaire
Société

Le célèbre fabriquant de chariots de supermarchés métalliques s’est déclaré lundi en cessation de paiement, et a été placé en redressement judiciaire le lendemain, avec un délai d’un mois et demi pour trouver un repreneur. 

« La procédure commence tout juste »

Le président de l’entreprise, monsieur Stéphane Dedieu, a annoncé la nouvelle à l’issue d’une audience tenue à huis clos à la chambre commerciale du tribunal judiciaire de Saverne (Bas-Rhin). « Le tribunal met la société en redressement judiciaire et il renvoie l’affaire au 22 février, espérant avoir pour cette date une solution avec un repreneur pour la société Caddie », a fait savoir le dirigeant. 

« Nous sommes pressés par le temps parce que la société a besoin de trésorerie pour continuer, donc c’est important que le processus soit rapide », s’est expliqué Stéphane Dedieu, cet ancien vendeur qui a su monter les échelons jusqu’à la tête de l’entreprise. « Actuellement je n’ai pas de piste, mais la procédure commence tout juste », se rassure le dirigeant, qui croit en « une belle marque, de beaux produits et des collaborateurs impliqués ».

Pas une première

Mais « Les Ateliers réunis Caddie » n’en sont pas à leur premier revers, après un premier redressement judiciaire en 2012, et un second en 2014. Désormais, l’entreprise est détenue à 70%  par le polonais Damix, qui a décidé de supprimer cinquante postes en 2020. Les employés sont donc plongés dans l’angoisse, bien que leurs représentants fassent tout pour les rassurer. 

Le secrétaire CFTC Luc Strohmenger affirme que la priorité sera donnée au «maintien de l’emploi», et l’avocat du CSE, maître Hervé Bertrand, assure que « l’objectif est de retrouver un repreneur le plus vite possible parce que l’état de la société est vraiment catastrophique. L’objectif est de maintenir l’emploi le plus longtemps possible ». Mais le plus confiant reste Stéphane Dedieu : « Pour moi il est évident qu’une belle maison comme Caddie va forcément attirer un industriel », estime le dirigeant. 

Kim Jong-un, difficultés économiques
InternationalSociété

Lors son allocution traditionnelle du Nouvel An, vendredi 31 décembre, le chef suprême de la Corée du Nord à préféré évoquer les problèmes du commun des mortels (logement, habillement, alimentation) plutôt que les grands enjeux internationaux. Une première. 

« Bataille entre la vie et la mort »

Lors de son discours, Kim Jong-un a reconnu la « situation difficile » dans laquelle se trouvait le pays, et a présenté son plan de relance pour l’année à venir. Celui-ci consistera, selon les termes du chef suprême, en « une grande bataille entre la vie et la mort », et « une mission importante pour faire des progrès radicaux afin de résoudre les problèmes d’alimentation, d’habillement et de logement ».

Selon l’agence de presse nord-coréenne KCNA, Kim Jong-un aurait également mentionné cette urgence alimentaire lors de la réunion de son parti. « Les mesures d’urgence de lutte contre l’épidémie doivent être placées en tête des priorités nationales et être vigoureusement mises en œuvre », aurait déclaré le chef suprême.

Choix judicieux

Les experts s’accordent à dire qu’aborder les problèmes de la vie de tous les jours était, en ces temps de crise, plus judicieux qu’aborder les problèmes de politique étrangère, qui servent en général justement à faire oublier les petits aléas de la vie. 

« Monsieur Kim pourrait avoir conscience que révéler des projets de développement militaire sophistiqués alors que les gens souffrent de pénuries alimentaires et de conditions difficiles en dehors de Pyongyang pourrait ne pas être une si bonne idée cette année, estime Chad O’Carroll, du site spécialisé NK News. La Corée du Nord est plus ou moins en mode survie pour 2022, et ne sait pas vraiment quoi faire en matière de politique étrangère en ce moment ».

« La pandémie continue de limiter sa (politique sur le plan) diplomatique, de décimer son économie et de faire du contrôle des frontières son principal problème en matière de sécurité », abonde Leif-Eric Easley, professeur à l’université Ewha Womans de Séoul.