Coup de gueuleInternational

Le père d’une des victimes de l’attaque du Pont de Londres condamne la récupération politique « ignoble » de Boris Johnson

Le fils de David Merritt, Jack, est une des deux personnes tuées par le terroriste Usman Khan. Ceci ne l’a pas empêché de s’attaquer vertement au premier ministre et à Priti Patel. Ces derniers tentent de se servir de cette attaque pour renforcer les outils de répression policière. David Merritt a été on ne peut plus clair ; « N’utilisez par la mort de mon fils pour promouvoir votre ignoble propagande. Jack luttait contre tout ce que vous représentez ».

Un partisan de la réhabilitation

Jack Merrit, 25 ans, travaillait pour le programme de réhabilitation « Apprendre ensemble ». Ce programme vise à aider les anciens détenus à réintégrer la communauté. Suite à cette attaque les conservateurs britanniques ont appelé à renforcer les lois antiterroristes et à fermer les frontières. Ils vont également s’en prendre aux personnes déjà condamnées pour terrorisme. Pour David Merritt, l’utilisation de l’image de son fils et de sa mort à cette fin va à l’encontre de l’engagement politique et social de son fils ; « Il était un défenseur passionné de la réhabilitation et de la justice transformatrice ».

David Merritt a partagé plusieurs tweets allant dans ce sens, notamment ceux du journaliste de gauche Ash Sarkar. Ce dernier en appelait à la population pour pointer les incohérences de la récupération politique de droite. Quelques heures après l’attaque ayant causé la mort de son fils et de Saskia Jones, Merritt avait déjà posté que son fils ; « ne voudrait pas que sa mort soit utilisée comme prétexte à imposer des peines draconiennes ou à emprisonner inutilement des gens ». Malheureusement il semble que Boris Johnson soit plus intéressé par ses gains politiques que par les volontés des victimes et leurs familles.

International

La police a découvert que des militants du parti d’extrême droite FPÖ dissimulaient des lingots d’or à la pension Enzian dans le Tyrol

La révélation a été faite par l’hebdomadaire Profil. La nouvelle s’est répandu comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux autrichiens. Le FPÖ est la troisième force politique du pays. Ils étaient au gouvernement il y a encore quelques mois. Le parti conservait apparemment ses lingots d’or dans des cassettes verrouillées.

Scandales à répétition

L’affaire est désormais connu sous le nom de « Trésor secret du FPÖ ». La découverte remonte à l’été dernier et est le fait de la police. Un raid à la pension Enzian a permis de retrouver ces cassettes. De nombreux cadre du FPÖ ont leurs habitudes dans ce cadre idyllique du Tyrol situé dans le village Sankt Jakob. Selon Dominik Nepp du FPÖ de Vienne, tout serait légal. Le chef de la section se défend de toute malversation. Selon lui l’or a été acheté par le parti au moment de la crise financière de 2008. L’objectif était de protéger les avoirs du parti d’un effondrement du système bancaire.

On ignore encore la somme exacte conservée dans ces caisses. On sait seulement que l’or se présente sous forme de lingots de 500g d’une valeur individuel de 21000 euros. De nombreux partis appellent à la transparence dans cette affaire et ironisent sur le FPÖ qui met son or à l’abri de la fin du monde. Le FPÖ était déjà en difficulté depuis la chute du gouvernement provoqué par son chef. Une vidéo montrant Heinz-Christian Strache acceptant d’offrir des marchés publics en échange d’argent était à l’origine de la chute du gouvernement. Depuis lors le train de vie de Strache a été pointé du doigt. Cette affaire a fait perdre dix points au parti aux élections de septembre. Ce n’est pas la première affaire du genre non plus ; en 2015 un livre révélait l’existence d’une cagnotte secrète du parti au Liechtenstein pour financer la politique de Jörg Haider.

InternationalSociété

Des membres Front antifasciste révolutionnaire membre du Bataillon international de libération passent en revue la situation du Rojava dans le nord-est syrien

Le mois d’octobre a été marqué par la trahison du Rojava par les États-Unis. Ce retournement d’alliance de Donald Trump en faveur de la Turquie a choqué jusqu’à ses plus fervents partisans. Depuis lors la Turquie a lancé une offensive et malgré le rétropédalage américain les combats ont causé de nombreux morts et déplacés. Un « accord » d’occupation d’une zone de territoire syrien a été « accepté » ; les ONG y signalent de nombreuses exactions et exécutions. Les informations viennent de camarades francophones du Front Antifasciste Révolutionnaire (RAF) membre du Bataillon international de libération (IFB), appartenant aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS).

La trahison américaine au cœur du problème

La situation militaire est apparemment en cours de stabilisation. Des affrontements perdurent entre les FDS et « l’armée syrienne libre » (ASL); en réalité des supplétifs islamistes de l’armée turque. Ces derniers sont soutenus par des frappes aériennes et l’artillerie turque. Les kurdes ont été obligés de se rapprocher du régime syrien dans l’espoir que la Russie intercède en leur faveur. Néanmoins le soutiens de Damas est plus formel que concret.

La population du Rojava supporte mal de voir les soldats turques et de l’ASL patrouiller leurs rues. De véritables scènes d’intifada ont eu lieu dans cette zone occupée. Il y a quelques jours les blindés turcs ont tirés sur la foule lors de l’une de ces manifestations. De plus, le 18 novembre dernier des blindés turcs et russes ont reçus des jets de cocktails molotov. On assiste aussi à une certaine hostilité vis à vis des forces du régime syrien qui n’a jamais été un allié. L’alliance de circonstance avec les kurdes est un compromis pour survivre.

Une organisation bicéphale

La situation politique au Rojava est particulièrement compliquée. Le PYD, ou Parti de l’Union démocratique est à l’origine des milices YPG-YPJ. Il s’est cependant s’est cependant en partie fondu en d’autres structures plus petites et locales. Les deux pôles de pouvoir dans la société rojavi sont ; les FDS pour le versant militaire et le Tev-Dem pour le pôle civil. Le Tev-Dem est une structure fédérant les organisations de base, comités locaux, communes depuis 2011. Le Tev-Dem semble actuellement compter sur une intervention salvatrice de la communauté internationale depuis l’invasion du comté d’Afrin par les kurdes.

Pour les combattants francophones le Tev-Dem est en partie responsables des échecs politiques actuels. Toutefois malgré la faiblesse diplomatique du Tev-Dem les institutions rojavi sont solides. Elles continuent à gérer l’organisation de la société malgré la situation de guerre. Ainsi, hors de zones de combats les civils vivent à peu près normalement et les réfugiés sont relogés aussi vite que possible. Néanmoins plus que la résistance des institutions on assiste à une résilience populaire et une auto-organisaton pour palier aux problèmes de première nécessité. Malgré tout la situation reste critique ; le Rojava a plus que jamais besoin d’aide.

Société

Des tags racistes ou nazis ainsi que des autocollants et affiches d’organisations d’extrême droite se font plus fréquentes sur le campus de Strasbourg

La présence de l’extrême droite dans la ville n’est pas une nouveauté. Le 28 mars dernier 6 étudiants sont tabassés sur le campus par une vingtaine de membres du Bastion Social. Les fascistes sont bien équipés, portants gants coqués et barres de fer. Les étudiants agressés sont des antifascistes qui retiraient les affiches de leur organisation.

Le Bastion Social et son ancêtre, le GUD sont réputés pour leur violence et leurs agressions. Nombre de leurs militants ont été condamnés pour des agressions sur des personnes non-blanches et des personnes de gauche. A Strasbourg la riposte avait pourtant commencé à s’organiser ; la vitrine de leur bar associatif, l’Arcadia, a ainsi été brisée en septembre. Depuis l’organisation a été dissoute mais s’est reformée sous le nom Vent d’Est.

Riposte antifasciste nécessaire

En terme de présence sur les murs de la fac il semble que les antifascistes aient l’avantage. Néanmoins les tag violemment racistes, les références nazis ou au suprémacisme blanc choquent les étudiants. Actuellement deux organisations sont présentes officiellement sur le campus ; les royalistes de l’Action Française et la Cocarde étudiante. Leurs militants sont tous susceptibles d’être responsables des tags.

Ce qui se joue actuellement à Strasbourg n’est qu’une des facettes de la tentative d’implantation d’une extrême droite multiforme. Que ce soit à Lille, Montpellier, Lyon ou Paris ; la lutte antifasciste se joue aussi sur les campus. Pour ces organisations ces endroits sont le terrain idéal de recrutement. C’est pourquoi perdre ces bataille pourrait être extrêmement dangereux à court et long terme. Les fascistes empruntent depuis longtemps à Gramsci l’idée d’une lutte pour l’hégémonie culturelle et celle-ci se joue en grande partie dans la population étudiante qui forme les futurs cadres de la société.

Europacity
EconomiePolitique

Qui se souvient que l’annonce de la candidature d’Emmanuel Macron en 2016 avait eu lieu à Bobigny, en Seine Saint-Denis ? Un symbole qui paraît aujourd’hui bien loin, alors que le candidat, devenu depuis Président de la République, ne cesse de droitiser son discours. Une surenchère dans les mots couplée à un véritable abandon des quartiers populaires sous son quinquennat.

Le gouvernement essaie-t-il d’acheter la paix sociale dans les banlieues alors qu’il continue à leur tourner le dos ? Afin de combattre « les difficultés hors norme » de la Seine–Saint-Denis, le Premier ministre Édouard Philippe a présenté, jeudi 31 octobre, une batterie de 23 mesures. Élément phare, le gouvernement veut notamment s’attaquer à l’important turn-over des agents de la fonction publique d’État en octroyant une prime « de fidélisation » de 10 000 euros aux fonctionnaires demeurant au moins cinq ans en poste dans le département.

Une mesure symbolique, qui masque mal une réalité simple : le 93, c’est 30 % de taux de chômage, un habitant sur trois qui vit sous le seuil de pauvreté. Et parallèlement, le même département accueille les sièges sociaux de nombreux géants du CAC 40 comme Veolia, Vinci, BNP Paribas, SFR… Sans compter l’aéroport de Roissy-CDG. C’est ce décalage qui rend la situation sociale explosive dans le département et qui rappelle crûment à quel point la question de la redistribution des richesses est essentielle.

À ce titre, le département de la Seine Saint-Denis est révélateur de l’impuissance du politique : cette dernière décennie, pas moins de 2 700 politiciens, législateurs, hauts fonctionnaires ou ministres s’y sont rendus défendre telle ou telle mesure. Pour quel résultat ?

La banlieue, c’est quoi ?

Ce que les médias et les responsables politiques nomment « la banlieue », c’est 1500 quartiers prioritaires en France, où vivent 4,8 millions de Français, soit 7 % de la population. De plus, 76 % des habitants de ces quartiers vivent dans un logement social et 40 % vivent dans la pauvreté contre 16 % de l’ensemble de la population. La banlieue, c’est donc un territoire géographique, mais aussi un territoire social : c’est l’accumulation de difficultés économiques en périphérie des grandes métropoles qui fait d’un quartier « une banlieue ». Enfin, c’est aussi un territoire mental, solidement ancré dans les représentations collectives : selon un sondage Odoxa, deux Français sur trois pensent que la plupart des jeunes de banlieue « se comportent mal ». Un avis partagé par la moitié des habitants des mêmes quartiers !

Cependant, les mesures promises il y a quelques semaines par le gouvernement pour venir en aide à ces territoires s’apparentent à une forme de « cache-sexe » : dans les discours et les actes, c’est plutôt une politique d’abandon, voire un véritable rapport de force, qui semble avoir la préférence des autorités. La récente polémique sur le voile et les propos du ministre Jean-Michel Blanquer ont creusé le divorce entre le gouvernement et les quartiers populaires.

En 2017, ces derniers représentaient un vivier de voix pour un candidat « social-démocrate » qui reprenait en partie les mots de la gauche. Aujourd’hui, avec 2022 à l’horizon, les banlieues représentent surtout un sujet de débats et de polémiques utiles pour resserrer l’électorat bourgeois urbain autour de son Président, tout en siphonnant quelques voix aux Rassemblement National, l’adversaire annoncé au second tour.

Un abandon symbolisé par la cascade de départs au Conseil présidentiel des villes. Conçu à l’origine comme une « courroie de transmission » entre l’Élysée et la société civile des quartiers, l’organisme a vu ces dernières semaines plusieurs de ses membres emblématiques claquer la porte. La polémique autour du voile dans les sorties scolaires et la position du ministre de l’Éducation Nationale ont été à ce titre un véritable point de rupture : « je démissionne, car je ne puis siéger dans une institution qui voit les humiliations que subissent les habitants des quartiers non pas pour l’endroit d’où ils viennent, mais bien pour ce qu’ils sont tout simplement » a déclaré l’humoriste Yassine Belattar dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron. « Que ce gouvernement laisse s’installer des débats qui n’ont pas lieu d’être m’a profondément choqué » a déclaré pour sa part Mohammed Mechmache, figure associative des quartiers populaires depuis les révoltes urbaines de 2005.

« La promesse initiale était que nous aurions la possibilité de rencontrer le président en séance plénière trois ou quatre fois dans l’année », explique un autre membre du CPV, Majid El Jarroudi à la tête de l’ADIVE, l’Association pour la diversité entrepreneuriale. « Or nous ne l’avons plus vu depuis le lancement du CPV. Nous n’avons donc pas pu jouer le rôle d’alerte que nous aurions dû jouer. Les premiers touchés par tous ces débats inutiles sont les habitants des quartiers prioritaires ».

EuropaCity : se faire « une virginité écolo sur le dos de la banlieue » ?

L’entretien accordé à Valeurs Actuelles au mois d’octobre ne laisse d’ailleurs aucun doute : pour 2022, le gouvernement a mis le cap à droite toute. Un revirement pour lequel les banlieues ont été jetées par-dessus bord.

Sur la question du voile, la banlieue sert d’épouvantail électoral. En économie, elle alimente le discours néolibéral sur « l’assistanat » qui « coûte un pognon de dingue ». Et sur l’écologie elle permet, à moindres frais, de verdir un mandat pour l’instant guère encourageant pour la protection de l’environnement.

Évidemment, EuropaCity c’était à l’origine l’expression d’un capitalisme marchand débridé complètement dépassé. Mais, sous la pression de l’État et surtout des différents collectifs mobilisés, le groupe Ceetrus (filiale d’Auchan) avait été contraint de revoir à plusieurs reprises sa copie : abandon de la piste de ski d’intérieur, division par trois de la surface commerciale, compensation de l’artificialisation des 80 hectares en création de parcs en Île-de-France, plantation de 4 000 arbres sur le site, objectif zéro carbone… Le rapport de force, en faveur des écologistes, avait forcé le groupe Auchan et Europacity à transformer positivement le projet.

Mais au lieu de continuer à accroître la pression pour forcer les acteurs économiques à rehausser leurs objectifs environnementaux, le gouvernement a préféré totalement abandonner EuropaCity. Et du même coup, abandonner les 10 000 emplois attendus dans tout le Val-d’Oise et la Seine–Saint-Denis. Une bonne nouvelle ?

Cela dépend pour qui. Pour les habitants de Gonesse et de Roissy, certainement pas. Pour les candidats LREM aux municipales qui devront aller chercher les voix des électeurs d’Europe Écologie les Verts, probablement. « La déception est immense, on sent un mépris du gouvernement par rapport à la banlieue, on a l’impression que le président nous marche dessus juste pour dire qu’il fait de l’écologie. L’est du Val-d’Oise, c’est le parent pauvre de l’Île-de-France. On n’a rien, pas de transports, pas de métro, on est abandonnés », a réagi Kamel Slimani, membre du Collectif des vrais gens, créé par les habitants du département qui avaient placé leurs espoirs dans EuropaCity. Même son de cloche du côté d’Ali Soumaré, conseiller socialiste de Villiers-le-Bel, pour qui « on se fait une virginité écolo sur le dos de la banlieue. Tout le monde sait que ce n’est pas EuropaCity qui va siphonner la planète, on parle de terres archi-polluées, entre des autoroutes et des aéroports. Cette décision, c’est une belle hypocrisie », peste-t-il.

Un élément supplémentaire dans le divorce entre le pouvoir et les banlieues.

Politique

La marche « contre l’islamisme » du groupuscule fasciste Génération Identitaire n’a réuni que quelques centaines de personnes dans la capitale

Ce n’est pourtant pas rassurant qu’un groupe de ce genre puisse défiler dans les rues sans être inquiété. Ce genre de manifestation n’avait pas eu lieu depuis des années. En 2017 une autre marche du genre avait été interdite par la préfecture par peur des contre-manifestations antifascistes. Les organisateurs avancent le chiffre de 800 manifestants ; l’agence Ebra Presse décompte elle entre 300 et 500 marcheurs.

Selon la porte-parole du groupe ils représentent « le peuple de France ». Ce dernier devait cependant être trop occupé pour se rendre à la manifestation. Cette marche arrive une semaine après la manifestation contre l’islamophobie ; il est rassurant de noter que cette dernière avait rassemblée des milliers de participants.

Un groupuscule actif

Génération Identitaire a beau faire de son mieux pour lisser son image ; leurs manifestations ressemblent à toute les manifestations d’extrême droite. On y trouve une forte majorité d’hommes, habillés de noir et hurlant des slogans racistes et islamophobes. Jean-Yves Le Gallou, ancien cadre du FN était également présent. L’homme est désormais président de la fondation identitaire Polemia.

Cette manifestation a certainement aussi pour but de tenter de galvaniser leur base. On se souvient que deux membres de l’organisation ont été condamnés à de la prison ferme pour l’opération anti-migrants dans les Alpes. Il ne faut aussi pas sous-estimer ce groupuscule fasciste ; leurs relais et leurs connections avec le Rassemblement National ont été clairement révélés. Ces derniers servent depuis longtemps de laboratoire théorique avant l’adoption de leurs thèses par le RN.

Coup de gueule

Une factrice a écopé d’une mise à pied d’un mois sans salaire pour avoir signé un colis en lieu et place d’une usagère à sa demande

Cette factrice de 59 ans travaille à Tulle en Corrèze. L’annonce de cette punition lui a été signifié par un conseil de discipline ce mardi 12 novembre. L’annonce a choqué de nombreux habitants et provoque la colère des syndicats. On l’accuse d’avoir signé un colis à la place d’une usagère qu’elle connait bien pour lui rendre service en son absence.

Cette factrice travaille à La Poste depuis 27 ans. Elle s’est avouée soulagée quand on lui a annoncé qu’elle risquait trois mois de mise à pied ; elle avait peur d’être licenciée. On comprends mal la décision du conseil de discipline. En effet, signer les colis à la place des usagers qu’on connaît est une pratique très répandue dans les campagnes. Karine Lavaud, secrétaire de la CGT FAPT, ajoute que cela permet d’éviter au personnes de se déplacer jusqu’au bureau de poste.

Tous perdants

Il semblerait que ce soit la fille de l’usagère qui se soit plainte en voyant la factrice signer à la place de sa mère. Depuis une pétition à été lancée et a réuni 7500 signatures. De plus le hashtag #TousAvecSylvie est apparu sur les réseaux sociaux. Face à cette levée de bouclier la poste a assurée comprendre la réaction des usagers. Ils affirment qu’ils se devaient de réagir car la faute est réelle.

Pour la secrétaire de la CGT FAPT la punition est bien trop lourde. Selon Karine Lavaud ; « Elle a simplement voulu rendre service, a reconnu son erreur, s’est excusée plusieurs fois auprès de la direction ». La factrice affirme qu’elle continuera à faire son travail au mieux de ses capacités. Cependant elle respectera désormais les ordres à la lettre, elle ne pourra plus rendre service à ses usagers comme le faisait auparavant.

Politique

Le militant d’extrême droite Dieudonné M’bala M’bala va être jugé à Chartres pour des propos antisémites remontant à 2017

Dieudonné aurait tenu ces propos lors du Bal des quenelles à Saint-Lubin-de-la-Haye. Cette nouvelle poursuite judiciaire est peu surprenante pour ce pseudo-humoriste et antisémite notoire. L’homme avait déjà été condamné pour violences envers un huissier de justice. Le 5 juillet 2019 il a aussi été condamné à trois ans de prison dont deux fermes pour fraude fiscale, abus de biens sociaux et blanchiment d’argent.

En finir avec l’antisémitisme

Lors de ce Bal des Quenelles le militant aurait fait allusion au « gang des pyjamas de Cracovie » ; une insulte antisémite transparente envers les déportés juifs. Dieudonné sera défendu par Maître Isabelle Coutant-Peyre. Cette dernière est une ancienne collaboratrice de l’avocat Jacques Vergès. Elle est notamment connu pour sa défense du terroriste Carlos. Ce dernier a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, pour l’attentat contre le drugstore Publicis, à Paris, en 1974. L’attaque avait fait deux morts et 34 blessés. L’avocate a épousé Carlos en prison.

Il est agréable de voir que les médias dominants semblent avoir cessé de considérer Dieudonné comme un humoriste. Pendant des années ce dernier a caché son militantisme d’extrême droite derrière le voile de l’humour. Aujourd’hui la page semble avoir été définitivement tournée et la complaisance a pris fin. Malheureusement l’individu réussi encore à se produire dans des salles lorsque des mairies complaisantes ou laxistes choisissent de laisser faire. Il y a donc encore des efforts à faire pour chasser cet individu de l’espace public.

islamophobie
Société

Les deux institutions tenant le décompte des actes d’islamophobie, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) et le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), même si elles ne s’accordent pas sur les chiffres, relèvent toutes deux une augmentation et une aggravation de ces actes répréhensibles. 

Résultats publics «  rassurants  »

La CNCDH est une autorité administrative indépendante, qui s’appuie sur les statistiques du ministère de l’intérieur et du SCRT, le Service central du renseignement territorial.

Dans son rapport 2019, la CNCDH note que « le nombre total d’actes comptabilisés en 2018 est de 100, ce qui en fait le seuil le plus bas depuis » 2010, alors que leur pic (429 actes) durant cette période a été atteint en 2015, année des attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan. Un autre pic a été observé en 2016 suite aux attentats de Nice et de Saint-Étienne-du-Rouvray. 

La CNCDH souligne donc cette corrélation entre attentats et actes islamophobes, et rappelle «  la nécessité toujours vive de lutter contre les amalgames entre appartenance religieuse et fondamentalisme ».

Résultats associatifs alarmants

L’autre institution, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), est une structure associative qui effectue son propre décompte en se basant sur les témoignages directs des victimes. Ses chiffres sont sans appel. 

L’association a en effet recensé 676  actes répréhensibles en 2018, parmi lesquels 84  % sont des discriminations, 13  % sont des « discours de haine » et 3  % sont d’agressions physiques, et dans 70% des cas, les victimes sont des femmes.

En ce qui concerne les auteurs des actes islamophobes, 8  % seulement sont des personnes physiques, alors que 37% sont des personnes morales, et 55% sont des institutions.

Coup de gueuleIdées

Le militant d’extrême droite qui a attaqué la mosquée de Bayonne ce lundi 28 octobre à 15h était candidat pour le FN en 2015

Claude Sinké a tenté d’incendier la porte de la mosquée de bayonne avec un cocktail molotov. Il a été surpris par deux fidèles et leur a alors tiré dessus avec une arme de poing. Il s’est ensuite enfui en incendiant une voiture. Les gendarmes l’ont plus tard arrêté à son domicile de Saint-Martin-de-Seignanx dans les Landes. Les deux fidèles, âgés de 72 et 74 ans, ont été grièvement blessés mais sont désormais dans un état stable à l’hôpital de Bayonne. L’auteur de l’attaque était candidat pour le Front National à Seignanx en 2015

L’extrême droite frappe à nouveau

L’individu serait un ancien militaire, possédant de toute évidences des armes à feu. Face à ceux qui essayent de faire passer cet acte pour celui d’un « fou » ou d’un “déséquilibré”, rappelons ce qu’un de ses voisin raconte de lui ; « ce n’est pas du tout une surprise d’apprendre ce qu’il a fait. Et si vous entendez que c’est juste un vieux déséquilibré qui perd la boule c’est une aberration. [Il est] furieusement raciste […]. En 2015, après l’attentat de Charlie Hebdo, il avait perturbé la minute de silence devant la mairie en vociférant qu’il fallait mettre en place l’état d’urgence et mettre tous les arabes dehors […] tu sentais que c’était une personne violente ». Ceci est un acte politique.

A l’inverse des attaques djihadistes, les médias présent les terroristes d’extrême droite comme des personnes malades ou fragiles. Cette méthode, largement usitée pour les attaques fascistes qui ont frappé les États-Unis, a un but bien précis ; nier la portée d’un acte politique, d’une attaque terroriste raciste. Ce faisant on peut alors éviter de pointer les responsabilités journalistiques et politiques dans l’islamophobie qui ne cesse de monter en France et dans le monde.

Médias et gouvernement complices

Ce n’est pas un hasard si cette attaque intervient à un moment de surenchère islamophobe. Rappelons l’agression verbal de cet élu du Rassemblement National contre une accompagnatrice d’école portant le voile. Rappelons les polémiques sans fin contre ces femmes qui choisissent de le porter sur toutes les antenne de télé. Enfin n’oublions pas qu’on peut aujourd’hui être condamné pour incitation à la haine raciale et se faire embaucher comme chroniqueur à la télé.

Le Front National/Rassemblement National n’est que la partie immergée de l’iceberg. Ce genre d’attaques nous rappellent qui sont ces militants mais ce serait une erreur de réduire l’islamophobie à un seul parti. Le système médiatique et politique dans sa quasi-totalité participe à la surenchère raciste à l’origine de ces crimes, de ces attaques et à l’émergence de différents groupes fascistes violents. Ces individus, qu’ils soient au gouvernement ou sur les plateaux télé sont les complices de tous les Claude Sinké et devraient être traités comme tel.