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« Ca va mieux » : sur le front du chômage, et pour le second mois consécutif, les chiffres nationaux sont à la baisse. Après une chute de -1,9% en septembre, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, c’est-à-dire sans aucune activité, a de nouveau reculé de -0,3% en octobre.

Une embellie nationale qui ne profite pas à l’Ile-de-France. En région parisienne, le taux de chômage augmente : il a connu une légère progression de 0,1% au mois d’octobre. Il y a ainsi plus de 600 000 chômeurs franciliens de catégorie A. Et plus d’un million d’inscrits à Pole Emploi, toutes catégories confondues. Si la hausse reste contenue, elle n’en est pas moins alarmante. La situation commande d’actionner tous les leviers pour aider les chômeurs à retrouver le chemin de l’emploi. Y compris, bien entendu, celui du Grand Paris. Et pourtant…

Le Grand Paris Express ne profite pas aux emplois locaux

Des opportunités d’emplois, il y en a en Ile-de-France. Et avec les chantiers du Grand Paris Express, le futur métro francilien, il y en aura encore plus. Le carnet de commandes, doté d’un investissement de 30 milliards d’euros, est impressionnant : 205 kilomètres de lignes, 69 nouvelles gares, des infrastructures de transports, de nouveaux équipements, des logements, des services… Autant de débouchés prometteurs, synonymes de formations et d’emplois pour des milliers de jeunes souvent peu qualifiés.

Les jeunes Français ou Franciliens pourraient bien, pourtant, se voir préférer une main d’oeuvre étrangère. La Société du Grand Paris (SGP), qui a déjà commencé à attribuer les lots du futur métro, pourrait en effet avoir recours à des entreprises étrangères – et ce alors que les entreprises de bâtiment et travaux publics françaises sont déjà à la peine depuis 2008. Et ces entreprises étrangères n’ont pas caché qu’elles entendent elles-mêmes recourir à des travailleurs détachés.

Autrement dit, les investissements du Grand Paris, qui sont en grande partie supportés par les contribuables français, pourraient bien ne pas profiter aux entreprises hexagonales ni à la main d’oeuvre locale. Et ce en vertu du droit de la concurrence européen, qui contraint les donneurs d’ordre, comme la SGP, à ouvrir les marchés publics aux entreprises européennes. Or il n’est un secret pour personne que l’absence d’harmonisation communautaire des charges sociales et des normes de qualité offre un avantage compétitif certain aux entreprises originaires de pays moins rigoureux que la France. En d’autre termes, il s’agit d’une prime au moins disant social.

La concurrence est d’autant plus faussée que ces entreprises étrangères font appel à des travailleurs détachés, à la faveur de la fameuse directive du même nom. Une directive européenne qui permet à une entreprise de faire travailler en France des ouvriers, venus d’Europe du Sud ou de l’Est, tout en s’acquittant de charges sociales bien moindres dans leurs pays d’origine.

Prenant conscience de cette concurrence déloyale, plusieurs élus franciliens sont montés au créneau pour défendre les emplois locaux. A l’instar du maire de Yerres, Nicolas Dupont-Aignan, qui demande à ce que « les critères sociaux, économiques, techniques et environnementaux (soient) davantage pris en compte » que celui du moins disant budgétaire, afin que le Grand Paris donne « des perspectives de développement et d’emplois à des zones urbaines enclavées et délaissées, où règne le chômage de masse ». Ou du conseiller de Paris, Alexandre Vesperini, qui demande à la SGP « d’assumer (…) une préférence territoriale » afin « qu’une partie minimale des chantiers soit réservée à des entrepreneurs locaux ». Et de dénoncer une « dérive technocratique de la SGP (qui) tend à devenir une machine à distribuer des bons de commande, sans réelle vision politique ». Des accusations qui collent à la SGP.

Le Grand Paris, « un monstre technocratique »

Que reste-t-il de l’esprit qui a présidé au Grand Paris ? Voici, en substance, la question que se posent avec insistance bon nombre d’acteurs proches du dossier ou spécialistes des problématiques d’aménagement. Aux promesses d’un projet métropolitain bâti en concertation avec le public, par et pour les usagers, a succédé une technostructure qui n’arbitre plus que les luttes politiciennes et les attributions de chantiers.

Pour le géographe Michel Lussault, le Grand Paris « s’est éloigné du grand projet d’intérêt général auquel nous aspirions ». Il déplore « une opportunité gâchée de renouer le pacte politique entre les élus et les habitants — qui attendent toujours qu’on prenne vraiment en considération leurs paroles et leurs besoins ».

Le Grand Paris, un projet et une ambition confisqués aux premiers concernés, les Franciliens : c’est le triste constat que relève également l’architecte et urbaniste Dominique Perraut, pour qui « nous, grand-parisiens, sommes tous des métropolitains de fait depuis des décennies. C’est donc autour et à partir de cette réalité qu’une pensée de la métropole doit être construite ». Et non en se contentant de se conformer aux exigences européennes en matière d’ouverture des marchés publics.

Pour le député François Asensi, la Métropole du Grand Paris est devenue « un monstre technocratique », où la concertation est absente.

« Alors oui, conclut Michel Lussault, on peut être attristé par ce grand cadavre à la renverse qu’est devenu le Grand Paris. Mais on peut surtout déplorer la disparition de l’espoir de penser et de gouverner autrement cette région urbaine sans pareille ». En prenant en compte d’autres facteurs que les seuls critères budgétaires, la SGP contribuerait à redonner au Grand Paris ce supplément d’âme qu’il semble avoir déjà perdu.

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« Un cauchemar. Pour nous, pour l’Europe ». C’est par ces mots, forts, que la Lettonie, par la voix du président de la Commission des affaires étrangères de son parlement, Ojars Kalnins, a qualifié l’attitude et les propos de Donald Trump face aux pays baltes. Celui qui n’était encore que candidat à la Maison Blanche n’a pas manqué, tout au long de sa campagne, de multiplier les signes de soutien à la Russie de Vladimir Poutine. Un article du Financial Times, dans lequel le candidat républicain affirmait qu’il refusait de garantir la protection des Etats-Unis à la Lituanie, à la Lettonie et à l’Estonie, a achevé de semer la panique dans les chancelleries baltes. 

Des pays qui avaient déjà vu d’un mauvais œil les propos de Donald Trump selon lesquels il pourrait reconnaître l’annexion de la Crimée par la Russie et lever les sanctions internationales contre Moscou. Et qui ne se sont toujours pas remis des déclarations de Newt Gingrich, un pilier du parti républicain, qualifiant l’Estonie de « banlieue de Saint-Pétersbourg ». Et de fait, le nouveau président élu n’a jamais caché son peu d’entrain à ce que les Etats-Unis, par l’intermédiaire de l’Otan, continuent de protéger des pays européens dont il estime – à raison – qu’ils n’honorent pas leurs engagements financiers en matière de défense. Les pays membres de l’Alliance atlantique sont, en effet, supposés consacrer au moins 2% de leur PIB aux dépenses militaires. Les pays baltes, à l’instar de la majorité des autres Etats membres de l’Otan, sont loin du compte.

Laisser les coudées franches au Kremlin en Europe baltique s’avèrerait, pourtant, un très mauvais calcul, et ce alors que le pouvoir de Moscou s’étend toujours plus à l’Ouest, s’appuyant déjà sur un certain nombre d’avant-postes aux portes de l’UE : l’Ukraine de l’Est, bien sûr, mais aussi la Biélorussie, jamais vraiment sortie du giron russe (la Biélorussie est membre de la Communauté des Etats indépendants, au même titre que huit autres anciennes Républiques soviétiques). Le cas biélorusse montre bien à quoi peut ressembler un ancien pays du bloc soviétique européen laissé pour compte par l’Otan et donc, de facto, phagocyté par la Russie. Et ça n’a rien de réjouissant.

La Biélorussie, pays-témoin de l’influence russe en Europe

La Biélorussie : ses forêts couvrant 40% du territoire, ses plaines du Sud contaminées par les radiations de Tchernobyl, ses 9,5 millions d’habitants aux conditions de vie précaires et, bien-sûr, son inamovible président, Alexandre Loukachenko. Elu en 1994, constamment reconduit depuis, l’autocrate moustachu dirige d’une main de fer le petit pays, satellite de Moscou, qui n’a d’une République que le nom.

Le 24 novembre, le Parlement européen s’est officiellement ému, à la faveur d’une résolution votée à une écrasante majorité de 468 voix contre 21, de l’absence de progrès démocratiques en Biélorussie. Constatant « qu’aucune élection libre et juste n’a été tenue en Biélorussie depuis 1994 », les députés européens dressent, dans leur résolution, un bien triste tableau de la situation du pays. Un pays dont la majorité des pans économiques restent sous la coupe de l’Etat, qui n’a permis à aucune nouvelle formation politique d’émerger depuis l’an 2000, et dont les autorités mettent un point d’honneur à harceler et emprisonner tout opposant digne de ce nom.

Les eurodéputés en profitent pour demander à la Biélorussie, qui reste le dernier pays du Vieux continent à appliquer la peine de mort, de mettre en place un moratoire sur ce châtiment, qui constituerait « un premier pas vers son abolition permanente ». Un appel dont tout laisse à penser qu’il sera ignoré par les autorités biélorusses, alors que la Cour suprême a confirmé pas moins de quatre sentences capitales durant la seule année 2016. Enfin, les membres du Parlement européen expriment leur inquiétude quant aux mesures de sécurité entourant le chantier de la nouvelle – et toute première – centrale nucléaire biélorusse.

Située dans le district d’Ostrovets, la future centrale ne se trouve qu’à 50 kilomètres de la capitale lituanienne, Vilnius. Une ville qui devrait être entièrement évacuée si le moindre accident se produisait dans la centrale voisine. Et ce ne sont pas l’absence des plus élémentaires règles de sécurité, le non-respect des tests de résistance pourtant obligatoires ou la situation de l’installation nucléaire dans une zone sismique qui vont rassurer les populations européennes voisines.

Qu’importe pour la Biélorussie : Alexandre Loukachenko sait qu’il peut compter sur l’appui de Moscou, auprès de qui il a obtenu l’intégralité des prêts nécessaires pour l’édification de la centrale, elle-même construite par le numéro un du nucléaire russe, l’entreprise d’Etat Rosatom. Pour le Kremlin, la future centrale d’Ostrovets est avant tout l’instrument d’un impérialisme énergétique. Il s’agit de renforcer la dépendance des pays européens à l’énergie russe, le gaz en premier chef. Et, avec la centrale d’Ostrovets, de couper court aux velléités des pays baltes de se raccorder aux réseaux électriques européens. Un message reçu cinq sur cinq en Lituanie.

Les Lituaniens votent pour le maintien des sanctions contre la Russie

Appelés aux urnes en octobre, les Lituaniens ont offert la victoire à l’Union des Verts et des Paysans, une formation populiste, difficile à classer sur l’échiquier politique. Le nouveau chef du gouvernement, Saulius Skvernelis, à l’unisson avec son parti, soutient fermement le maintien des sanctions internationales décidées à l’encontre de la Russie, en représailles de l’incursion militaire des forces russes en Ukraine. Le ministre des Affaires étrangères lituanien s’est dit, quant à lui, « très préoccupé » par le sort des pays baltes. Il redoute en effet que les trois petits pays européens ne servent de manière de « test » de la part de Vladimir Poutine sur son nouvel homologue américain.

Bien décidé à ne pas laisser libre cours aux tentations impérialistes du Kremlin, le nouveau Premier ministre lituanien s’est donc empressé d’affirmer que son pays était prêt à porter ses efforts financiers en direction de l’armée à hauteur des 2% prévus, d’ici à 2018 au plus tard. Un volontarisme, dont la soudaineté dit assez clairement la fébrilité que le géant russe inspire à ses anciens vassaux.

Matthieu Caron

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Selon l’organisme Santé publique France, notre pays compte 13 millions de fumeurs adultes, soit 34,6% de la population. Parmi ces fumeurs invétérés, six personnes sur dix souhaitent arrêter le tabac. C’est en partant de ce constat que Santé publique France et le ministère de la Santé ont joint leurs forces afin de lancer une nouvelle campagne de sensibilisation, destinée à ces nombreux fumeurs désireux de mettre un terme à cette fâcheuse habitude. Après le paquet neutre, voici donc le « Moi(s) sans tabac », qui débutera officiellement, et en grande pompe, le 1er novembre. 30 jours d’un « défi » lancé aux fumeurs, avec une promesse en forme de récompense : « un mois sans fumer, c’est cinq fois plus de chances d’arrêter », assurent ainsi les autorités sanitaires françaises. Ces dernières n’ont pas lésiné sur une communication désuète ; et c’est, peut-être, là où le bât blesse. En promouvant éternellement les mêmes recettes, réchauffées aux mêmes slogans, épicées de gadgets qui frôlent le ridicule, et en ignorant superbement les solutions existantes en matière de réduction des risques, la campagne « Moi(s) sans tabac » renforce davantage encore le fossé qui se creuse entre les préconisations officielles et le quotidien vécu par les fumeurs français.

« Souffler dans une paille », mais pas dans une cigarette électronique

La campagne « Moi(s) sans tabac » est donc, avant tout, une campagne de communication : pas un média – presse, affichage, radio, télévision – qui ne relaie le « plus grand défi de santé publique jamais organisé en France », rien que ça. Plusieurs cibles ont été préalablement définies. Chevilles ouvrières du dispositif, les professionnels de santé sont appelés à relayer la campagne, fondée sur l’entraide et l’encouragement collectif. Des professionnels qui peuvent désormais s’appuyer sur un site internet mis à leur disposition (pro.tabac-info-service.fr), et qui sont également invités à commander les affiches distribuées par le ministère. Quant aux fumeurs, ils ne sont pas en reste : entre un flyer reprenant les principaux contacts et soutiens officiels pouvant les aider à abandonner la cigarette, le numéro gratuit 39 89 et la toute nouvelle appli mobile de Tabac info service, les voilà au centre de l’attention des autorités de Santé.

La ministre Marisol Touraine a même concocté un kit gratuit, qui devrait être distribué en pharmacie. La composition de ce kit laisse néanmoins songeur : une fois quitté l’officine, son heureux propriétaire pourra y découvrir un guide l’aidant dans sa démarche d’arrêt du tabac, mais aussi un « agenda » des 30 jours à tenir sans tabac, un « disque » destiné à calculer les économies effectuées, et même un dépliant « qui permet de surmonter les envies de fumer grâce à des exercices de respirations » – où il est tout à fait sérieusement conseillé au néo-abstinent de « souffler dans une paille », et ce afin de renforcer sa confiance en lui-même. Et si cela ne suffit pas, le fumeur repentant pourra toujours arborer un sticker « Je retrouve la forme, pas les formes », sans parler du badge « Moi(s) sans tabac ». Un véritable concours Lépine du gadget en papier, en somme, qui fait paradoxalement l’impasse sur la cigarette électronique, ainsi que sur les inhalateurs de nicotine, alors même que l’efficacité de ces derniers pour arrêter la cigarette conventionnelle a été prouvée à de nombreuses reprises.

Ce sont les grands absents de ce « plus grand défi de santé publique », précisément parce qu’il est lancé en France. Si les substituts nicotiniques traditionnels non-remboursés (au-delà de 50 euros) ont toute leur place dans la communication gouvernementale, la cigarette électronique et les autres produits du tabac sans combustion, eux, restent toujours blacklistés. Hors de question de vanter les mérites de dispositifs dont le site Tabac info service continue d’affirmer « qu’on ne sait pas aujourd’hui si (ils) sont dangereux pour la santé »… La mise à l’écart de la e-cigarette prend même des proportions inquiétantes : une Agence régionale de santé (ARS) aurait interdit à des magasins de vapotage d’afficher sur leurs vitrines les posters de la campagne « Moi(s) sans tabac ». Dans la communauté des vapeurs, l’incompréhension est telle que plusieurs milliers d’entre eux ont posté de nombreux messages « Moi, grâce à la vape, je vis sans tabac depuis… » sur le blog de Marisol Touraine. Si, pour les autorités françaises, « 2016 est une année cruciale contre le tabagisme », elles ne semblent donc pas avoir tiré toutes les leçons de l’équivalent britannique du « Moi(s) sans tabac ».

Pendant ce temps, en Angleterre

L’initiative française est, en réalité, la – pâle ? – copie de l’opération « Stoptober » (Stop Tobacco in October) qui, outre-Manche et depuis son lancement en 2012, rencontre un franc succès. Il est vrai qu’avec 17% de fumeurs, la perfide Albion a de quoi pavoiser. Il ne s’agit pourtant pas d’un miracle anglais, mais plus simplement de la prise en compte par les autorités sanitaires britanniques des problématiques vécues par les fumeurs. A titre d’exemple, cette année, la campagne « Stopober » invite explicitement, et à grand renfort d’affiches placardées dans les villes, les fumeurs britanniques à passer le cap de la cigarette électronique.

Pour l’agence de santé publique anglaise, les meilleurs taux de succès dans l’arrêt du tabac proviennent en effet d’une association entre e-cigarette ou inhalateurs de nicotine sans combustion et services plus traditionnels d’accompagnement au sevrage. Par cette combinaison, les Anglais frôlent les 60% de succès. Pendant ce temps, en France, le directeur général de Santé publique France se désole de la « stabilité désespérante » de notre taux de fumeurs et du « fardeau des décès », qui dépassent les 70 000 chaque année. Cherchez l’erreur…

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Selon la Banque mondiale, en 2013, 1,2 milliard d’êtres humains n’avaient pas encore accès à l’électricité. La plupart d’entre eux vivent en Afrique subsaharienne et en Asie, dans des pays comme le Soudan, l’Inde ou le Bangladesh. Parmi eux, huit sur dix vivent en milieu rural. Et 2,8 milliards d’individus continuent de brûler du bois afin de se nourrir et de se chauffer. En d’autres termes, les besoins sont immenses, et les investissements nécessaires pour les couvrir colossaux. Colossaux mais pas toujours au rendez-vous, même si des idées prometteuses commencent à émerger.

Des investissements dans l’énergie en baisse

C’est l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui le dit : les investissements dans l’énergie ont baissé de 8% en 2015. Une chute dont la cause réside dans celle des dépenses consacrées au gaz et au pétrole : le prix du baril étant passé de cent à une quarantaine de dollars, les compagnies pétrolières ont drastiquement réduit leurs investissements (-25%). Elles devraient faire de même en 2016. « Même si les différents marchés mondiaux sont généralement bien approvisionnés aujourd’hui, les tendances relevées sur les investissements incitent à la vigilance sur la sécurité énergétique », met en garde l’AIE.

Au contraire du secteur pétrolier, l’AIE se félicite d’un niveau record atteint par les investissements dans l’électricité en 2015. Ces derniers ont augmenté de 4%, pour dépasser les 680 milliards de dollars, 60% étant dirigés vers de nouvelles capacités de production et 40% dans les réseaux. Surtout, « un tournant majeur vers la génération d’électricité bas carbone est en cours », remarque avec satisfaction l’AIE, qui note également la stabilité des investissements dans les énergies vertes, à 313 milliards de dollars.

600 millions d’Africains toujours privés d’électricité

Les initiatives, en effet, ne manquent pas. C’est le cas en Afrique, continent qui comptera 2,8 milliards d’habitants en 2060, soit plus du quart des 10 milliards d’individus qui peupleront alors la planète. Or une grande partie des populations africaines est encore, aujourd’hui, privée d’accès à l’électricité – on avance le chiffre de 600 millions de personnes. L’accès à l’électricité représente donc un défi d’ampleur en Afrique, défi que tente de relever l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo. L’infatigable homme de réseaux parcourt aujourd’hui la planète pour convaincre de l’utilité d’une Agence africaine d’électrification, projet qui a reçu l’aval des chefs d’Etat des 54 pays du continent. A la tête de la fondation Energies pour l’Afrique, Jean-Louis Borloo s’en va répétant que« l’Afrique peut être un formidable relais de croissance pour nous Européens, mais à une unique condition : qu’elle ait accès à l’électricité ». Il n’hésite pas à fixer des objectifs ambitieux, comme faire passer l’Afrique « de 25% à 100% d’accès à l’énergie et à la lumière en une petite décennie ». Il faudra en effet rien de moins qu’un véritable « plan Marshall » pour électrifier l’Afrique, comme l’appelle son concepteur. Car aujourd’hui, le continent produit moins d’énergie qu’un pays comme l’Espagne.

La Banque africaine de développement (BAD) travaille également à l’électrification du continent. Dès sa prise de fonction, en 2015, son président, Akinwumi A. Adesina, affirmait travailler à un Pacte pour l’énergie en Afrique, d’un coût de 4,2 milliards de dollars. L’objectif assumé, ici, est de contribuer à rendre possible l’accès à l’électricité de près de 700 millions d’Africains. La BAD pense aussi faisable de fournir, en Afrique, une énergie issue de sources renouvelables à 90%. Mais en Asie centrale également, les initiatives et projets fleurissent.

Astana EXPO-2017, « l’énergie de l’avenir »

Astana, la capitale du Kazakhstan, accueillera du 10 juin au 10 septembre prochain l’EXPO-2017, un événement s’inspirant des expositions universelles, entièrement consacré à « l’énergie de l’avenir ». Non contente d’ambitionner intégrer le Top 50 des villes intelligentes, ces « smart cities » les plus développées au monde, Astana va devenir, le temps de trois mois, l’épicentre de la réflexion en matière de transition énergétique.

Les thèmes abordés prendront la forme d’autant de défis à relever : un défi économique, en travaillant sur la nécessaire efficacité énergétique et la rationalisation de notre consommation d’énergie ; un défi environnemental, qui était déjà au cœur de la COP21 de Paris, celui de la réduction des émissions de CO2 au niveau global ; un défi social, visant à favoriser l’accès à l’énergie de tous les humains. Etre raccordé à l’électricité pourrait, à terme, être élevé au statut de droit fondamental. Car si rien n’est fait d’ici 2030, ce sont 12% des habitants de la Terre qui vivront sans électricité et plus de trois sur dix qui ne bénéficieront toujours pas de moyens de cuisson modernes. Une fracture technologique qui aura pour première conséquence d’aggraver une autre facture, économique et sociale cette fois.

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La distinction entre service public et service privé s’estompe à vue de nez. Des activités considérées comme des « services d’intérêt économique général » sont quotidiennement déléguées à des organismes privés. Dernier exemple en date : les radars mobiles, dont la gestion devrait être confiée à des entreprises privées, pour la plus grande joie des automobilistes.

En 2009 déjà, le Parti communiste mettait la France en garde : « La Poste, France télécom, EDF, GDF, Air France ont été ou seront privatisés pour ouvrir leurs marchés aux profits de capitaux privés. » Si ces propos avaient à l’époque été considérés comme un rien alarmistes, sept ans plus tard, l’évolution suivie par le service public français est en train de leur donner raison. De fait, nombre de missions « de service public » ont été partiellement ou totalement privatisées. Une tendance lourde aux effets pervers non négligeables.

La première vague de privatisations commence au milieu des années 80, avec la cession des sociétés concessionnaires d’autoroutes APRR, SANEF et ASF. Un rapport de la Cour des comptes de juin 2007 constatait que « le niveau de la dette justifie pleinement que les pouvoirs publics cherchent à le réduire. Mais l’objectif de réduction du ratio de dette brute (…) peut conduire à des choix sous-optimaux en termes économiques et financiers. Pour les sociétés concessionnaires d’autoroutes, le produit financier immédiat attendu des privatisations a primé toute autre considération stratégique. » En des termes moins technocratiques, la Cour déplore qu’un service rendu aux citoyens soit géré comme une vache à lait, quitte à dénaturer l’activité elle-même. Plus récemment, un autre exemple flagrant de la fuite en avant vers le profit a été donné par Air France (où l’Etat possède encore des parts importantes) : l’entreprise a enregistré des bénéfices importants, et pourtant un plan de licenciements de masse a été décidé afin de la rendre plus concurrentielle encore.

Le rail a lui aussi subi cette politique néo-libérale qui ne dit pas son nom. Les manifestations qui ont bloqué le pays ces derniers jours visent à prémunir le secteur du transport ferroviaire des dispositions de la loi travail. Dans un procédé qui n’est que trop connu, les grévistes ont même été comparés par le MEDEF à des terroristes (!), alors qu’il ne s’agit que de la défense de travailleurs contre une vaste entreprise de dumping social. L’histoire a prouvé que l’ouverture à la concurrence a essentiellement eu comme effet de faire sauter les droits des cheminots, et de baisser leurs salaires. Et quand la voie est libre, on assiste à des reculs ahurissants.

Ainsi, exemple édifiant, certaines interventions des pompiers vont devenir payantes dans le Calvados. Une décision du conseil d’administration du Service départemental d’incendie et de secours, datant 21 mars 2016, à Caen, institue une tarification des services des sapeurs-pompiers. 241 € pour une personne qui a besoin d’être relevée chez elle après une chute, sans transport à l’hôpital, même tarif pour une personne en état d’ébriété… La survie devient elle aussi une affaire de sous.

Autre privatisation annoncée dont on parle beaucoup en ce moment : les contrôles radars mobiles devraient être confiés à des sociétés privées. Dès janvier 2017, la conduite des voitures banalisées avec radar embarqué sera prise en charge par un prestataire privé. Première crainte que cela suscite : une inflation des contraventions. « Si une société privée postule auprès de l’Etat et veut conserver son agrément, elle fera tout pour faire du chiffre et donc flasher au maximum. L’Etat fera certes des économies car il n’aura pas à engager de fonctionnaires supplémentaires et bénéficiera du fruit des amendes. Mais c’est l’automobiliste qui trinquera au final », s’indigne à ce propos Alain Fouché, Sénateur de la Vienne.

Nicolas Comte, le secrétaire général du syndicat de policiers Unité SGP-FO partage cette inquiétude, voyant dans cette privatisation une régression sur le plan de la sécurité routière : « Des agents du privé se contenteront de rouler avec les radars » là où des policiers, eux « peuvent mener des missions de sécurité routière. » Et ces missions ne sont pas superflues : un accident sur trois implique l’alcoolémie – sans parler des stupéfiants. Des facteurs que des prestataires privés ne pourront contrôler.

Mais cela constitue surtout une nouvelle étape dans l’externalisation d’un service de l’Etat, particulièrement problématique. Un glissement d’autant plus dangereux que la mission cédée relève d’un service de police. Les fonctionnaires de police seront tributaires des sociétés qui notifieront les infractions, infractions auxquelles ils devront donner suite, relégués au rang de petites mains d’un système de justice privé ! Et cette tendance n’est malheureusement pas isolée. L’arbitrage privé que prévoit le traité de libre-échange transatlantique (Tafta) en cours de négociation avec les États-Unis va également dans ce sens. En l’état, le texte propose l’instauration d’une juridiction d’exception européenne au service des entreprises souhaitant attaquer les décisions des Etats…

Plus globalement, la politique poursuivie par les principaux acteurs et institutions du domaine financier entend démocratiser ce procédé. On l’a vu en Grèce où une privatisation sauvage des domaines publics a été imposée, soi-disant pour assainir les finances du pays. Le port du Pirée, plus grand port maritime de Grèce et l’un des plus grands du bassin méditerranéen a ainsi été cédé à hauteur de 51% au groupe Chinois Cosco Shipping malgré les résistances du gouvernement et l’exaspération de la population. Les pays d’Amérique du Sud ont eux aussi payé au prix fort les exigences qu’imposait le FMI en contrepartie de son aide. Le même procédé a été appliqué pour les chemins de fer anglais, l’eau italienne, ou encore l’électricité aux Etats-Unis. Avec les conséquences souvent désastreuses que l’on connaît.

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Cette année, le thème de la Journée mondiale sans tabac, qui s’est tenue le 31 mai, était le paquet de cigarette « neutre. » L’occasion de revenir sur une mesure qui n’en finit pas de diviser quant à son efficacité et aux conséquences de son adoption. Les buralistes, tout particulièrement, craignent pour leurs emplois.

Sensibiliser, voilà quel a été le mot d’ordre des autorités sanitaires lors de la dernière Journée mondiale sans tabac. Et au vu des chiffres des morts dues à la consommation de cigarettes, ce leitmotiv a du sens. Sauf que, cette année, la priorité était à la promotion du paquet neutre et que cette mesure n’est absolument pas faite pour sensibiliser ou prévenir mais bien pour stigmatiser et punir les fumeurs, tout en nuisant à l’activité des buralistes. Une contradiction de plus en termes de santé publique…

Pour rappel, le paquet neutre est un emballage sans couleur ni logo de marque. Neutre, donc, à ceci près qu’il est recouvert sur 65 % de sa surface par des photos chocs et des messages sanitaires. Son arrivée sur le marché se fait progressivement depuis le 20 mai dernier, et à partir du 1er janvier 2017, seuls les paquets sans logos seront autorisés à la vente chez le buraliste.

Les raisons avancées par ses partisans sont simples : « Le conditionnement neutre rend les produits du tabac moins attrayants. Il en fait disparaître le glamour, ce qui est souhaitable pour un produit qui tue », explique le Dr Margaret Chan, Directrice générale de l’OMS. Pourtant, la réalité est plus complexe. Des études d’éminents instituts tels que de la société de conseil London Economics, le cabinet KPMG ou encore celle de l’université de Zurich ont prouvé que dans le seul pays où cette mesure a été appliquée – l’Australie – le nombre de fumeurs n’a en réalité pas diminué. Les louanges du paquet neutres s’appuieraient en effet sur une réussite « spéculative » d’après le professeur Sinclair Davidson, professeur et chercheur émérite de la RMIT University. Un avis partagé par le docteur Alan Moran, qui rappelle que les chiffres avancés pour justifier le paquet neutre ne prennent pas en compte le déclin naturel et continu observé depuis plusieurs années dans la consommation nationale de tabac. « En réalité, 2013, l’année qui a suivi l’arrivée du paquet neutre (en Australie) est la première année où le nombre de fumeurs adultes a augmenté. »

Ce phénomène a été expliqué par la recherche comme un effet de rejet d’une politique de santé publique jugée comme trop répressive par les fumeurs. En effet, l’Australie s’est illustrée comme un des pays les plus répressifs en matière de tabagisme, avec un historique chargé où le gouvernement a multiplié les mesures fortes : publicité interdite dans les médias en 1990, messages de prévention sur les paquets en 1995, photos de prévention en 2006, interdiction d’exposer les produits dans les points de vente en 2010, puis paquet « neutre » en 2012 – sans compter les augmentations incessantes et spectaculaires du prix du paquet, qui plafonne aujourd’hui à plus de 16 euros pour la marque la plus vendue. Cette montée en puissance a créé un sentiment de frustration – sinon d’exaspération – chez les consommateurs, qui ont fini par ne plus écouter les mises en garde des pouvoirs publics. On peut par exemple citer l’étude menée par le département d’addictologie de l’University of Illinois (États-Unis) : « Nous avons tout d’abord remarqué que les personnes (fumeuses ou non) n’aimaient pas ces visuels choquants, explique Nicole LaVoie. Confrontés à ces images, les volontaires avaient l’impression d’être privés de leur liberté de choix, d’être manipulés par les autorités (…) Cette impression négative peut paradoxalement provoquer un effet boomerang. »

Rien n’y fait. Margaret Chan n’en démord pas. Selon elle, le paquet neutre « freine la publicité et la promotion du tabac. Il limite les emballages et les étiquetages trompeurs et il augmente l’efficacité des mises en garde sanitaires ». Là encore c’est raté : la publicité pour le tabac est interdite en France depuis la loi Evin du 10 janvier 1991. De l’histoire ancienne, donc. Pire encore, la mesure ne convainc pas l’ancien champion de la santé publique en France. Pour Claude Evin, le paquet neutre « n’est pas une mesure qui incite à l’arrêt du tabac. » Sans appel, on pouvait lire dans les colonnes du JDD l’inquiétude de l’ancien ministre : « A titre personnel, je n’y crois pas. Si un fumeur n’a pas décidé d’arrêter, paquet neutre ou pas, il ira acheter ses cigarettes. » A cette mise en garde il faut ajouter celle des professionnels du secteur, les buralistes, qui mettent en avant un autre aspect du problème, celui du manque de symétrie de la mesure entre la France et les autres pays européens : « On n’est pas en train de dire qu’il ne faut pas lutter contre le tabagisme. On est juste en train de dire que les buralistes français ont le droit d’être traités de façon aussi équitable que le reste de l’Europe. Chez nous le paquet neutre, de l’autre côté des frontières, ce sera la directive européenne », rappelait Pascal Montredon, président de la Confédération des buralistes, au micro de Jean-Jacques Bourdin. Une directive européenne qui se contente d’imposer la présence de messages sanitaires.

Par ailleurs, Bernard Gasq, président de la Fédération des buralistes d’Ile-de-France, nous explique que la situation économique des buralistes n’a jamais été aussi catastrophique : « Le paquet neutre va pousser les consommateurs à se fournir dans les pays frontaliers tels que la Belgique, le Luxembourg, l’Italie ou l’Espagne. (…) Nous risquons une baisse des ventes de 50%. »

Déjà aux abois, la profession n’a pas besoin de ça : « aujourd’hui il y a 25 500 buralistes en France, qui reçoivent chaque jour 10 millions de clients. C’est 22 000 buralistes de moins qu’il y a 13 ans, soit 22 000 petites entreprises disparues. » Aussi, ce dernier appelle à des mesures « pour nous constituer de nouveau une trésorerie et amener les banques à nous faire confiance.  Car actuellement, les établissements bancaires ne croient plus en nos projets à cause du paquet neutre. » Et cette crainte est fondée, car le paquet neutre s’accompagnera d’une explosion du marché noir selon les experts. Selon la dernière une étude de KPMG, le marché parallèle des cigarettes en France a atteint le niveau record de 27,1% en 2015, contre 26,4% en 2014, soit une hausse de 770 millions de cigarettes. Depuis deux ans, la France est ainsi le premier pays européen pour la consommation de tabac illicite avec 9 milliards de cigarettes consommées en 2015 provenant de la contrebande et de la contrefaçon. Avec un paquet unique et facile à imiter, cette pratique ne pourra qu’exploser – comme ça a été le cas en Australie. Des perspectives qui font réfléchir sur la pertinence des louanges qui ont été faites à propos du paquet neutre lors de cette Journée mondiale sans tabac.

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Pour la quatrième année, des défilés citoyens ont eu lieu dans les grandes villes de France pour protester contre Monsanto et ses produits.

Très peu reprise dans les grands médias nationaux, la manifestation de plusieurs milliers de personnes à travers tout le pays contre Monsanto aurait mérité une plus grande couverture. Et pour cause car le combat est des plus nobles : refuser l’intrusion des produits de Monsanto dans nos vies quotidiennes. Refuser les OGM dont personne ne connaît ou ne veut avouer les répercussions néfastes sur la santé à long terme, refuser d’ingérer l’un des innombrables pesticides développés par la firme et qui viennent badigeonner fruits et légumes, refuser l’uniformisation des semences et des graines, lutter pour la préservation des abeilles dont l’avenir plus qu’incertain et la conséquence des pesticides Monsanto.

Les grandes villes mobilisées

Ce refus de la vie “made in Monsanto” a été relayé à Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux…plusieurs milliers de personnes sont venus manifester dans le calme brandissant des pancartes telles que “Consommateurs pas cobayes”, “Monsanto, mauvaise graine” et autre “Sauvons nos abeilles, boycottons Monsanto”. Des manifestants qui réclament plus largement l’interdiction des pesticides et celle des OGM. Yves Contassot, le conseiller de Paris et militant écologiste a affirmé au cours de la marche à Paris que “la politique de Monsanto est dramatique pour la biodiversité”, rajoutant “on ne peut pas se permettre d’être les victimes de ces multinationales dont le seul objectif est le profit”.

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L’OMS vient de publier son enquête sur l’augmentation de l’espérance de vie à travers le monde. Les pays riches en profitent le plus.

L’Organisation Mondiale de la Santé fait état de la hausse la plus importante de l’espérance de vie qu’elle ait enregistré depuis les années 1960. Car rien qu’entre les années 2000 et 2015, celle-ci a augmenté de 5 ans en moyenne. Côté bonne nouvelle, une fille qui naît aujourd’hui au Japon vivra jusqu’à 86,8 ans en moyenne et c’est en Suisse que les hommes connaîtront la vie la plus longue : 81,3 ans. L’OMS indique également dans son rapport que la moyenne à travers le monde est ainsi de 71,4 ans, soit 73,8 ans pour les femmes et 69,1 ans pour les hommes. Mais dans le détail, seuls les pays les plus riches bénéficient de cet allongement de l’espérance de vie.

Pays développés vs pays en développement

Même si un meilleur accès aux soins a permis aux populations des pays en voie de développement de vivre un peu plus longtemps, la différence est notable entre le Nord et le Sud. Ainsi, l’OMS dévoile que les nouveau-nés de 29 pays riches ont une espérance de vie moyenne d’au moins 80 ans tandis que pour ceux de 22 pays pauvres (Afrique subsaharienne notamment) elle n’est que de 60 ans. 20 ans de différence d’espérance de vie, un gouffre. A la dernière et triste place du “classement” de l’OMS se trouve la Sierra Leone : 50,8 ans en moyenne pour les femmes et 49,3 ans pour les hommes.

Pour l’OMS, les chantiers auxquels doivent s’attaquer les pays développés pour venir en aide aux plus pauvres sont nombreux, urgents et de première importance : meilleur accès à l’eau potable, (1,8 milliards de personnes boivent de l’eau contaminée), lutte contre le VIH, le paludisme, la tuberculose et donner accès à des soins de santés plus systématiques et moins coûteux.

 

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Une enquête accablante révèle les conditions de travail de l’opérateur de téléphonie et FAI Free. 

Pression sur les syndicats, harcèlement moral, fichage des salariés, ordres et contre-ordres…la vie chez Free est loin d’être rose. En témoignent les nombreux salariés et cadres de la branche de Marseille qui lancent un véritable cri d’alarme concernant leurs conditions de travail. Tout est parti d’un plan de réduction des effectifs dans la Cité Phocéenne avec comme nom de code “Marco Polo”. Le but ? diminuer la masse salariale sans avoir recours au dispositif de rupture conventionnelle. Pourquoi ? car cela pourrait alors créer un doute quant à la santé économique de la marque phare du marché en France. Non, chez Free plutôt que de montrer des signes de faiblesse, on préfère mettre la pression sur les salariés pour les pousser doucement mais sûrement vers la sortie. La DRH du site de Marseille et celle du siège auraient ainsi mis au point une stratégie visant à épuiser moralement et physiquement ses cadres.

Une “stratégie” qui consiste selon les dires d’un ancien cadre RH du groupe à mettre la pression sur les salariés pour les pousser à la démission ou à l’abandon de poste voire même à déguiser un départ en faute professionnelle avec versement discret d’une somme d’argent en compensation. Les déclarations de cet ancien responsable RH sont accablantes : “Détérioration des conditions de travail, isolement physique et moral, demandes floues et répétées suivies de reproches, jeu sur la mobilité…”  On parle même ainsi de “broyage psychologique” comme méthode de management,

Et que dire des employés des centres d’appels ? La situation est identique voire pire : un turn-over de l’ordre de 44% causé par une pression systématique, des objectifs inatteignables, des conditions de travail toujours plus rudes. Reste à savoir à présent quelle sera la réponse de Free et quelle sera la réponse des salariés.

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Les manifestations à l’encontre de la réforme du Code du Travail viennent de prendre une autre tournure. Des raffineries sont bloquées et depuis ce lundi des stations-service sont en pénuries.

Manuel Valls a eu beau gesticuler autant qu’il a pu avant le weekend du 20 Mai pour l’empêcher, la pénurie de carburant en France commence déjà à se faire sentir. Dès la fin de semaine dernière, des syndicalistes de raffineries de l’Ouest du pays avaient annoncé le blocage imminent des infrastructures avec comme répercussion le non ravitaillement de stations-service. Le Premier Ministre avait aussitôt annoncé qu’un décret autoriserait les camions de livraison d’essence à circuler le dimanche pour alimenter les stations et envoyé des CRS pour lever de force les barrages. Mais trois jours à peine plus tard, le pays commence déjà à ressentir les effets du blocage sans que les mesures du Premier Ministre aient changé quoi que ce soit.

1 600 stations-service sont ainsi en pénurie partielle et totale de carburant. Tout le grand Ouest et le Nord-ouest du pays est touché, de même que Paris. Le Nord, le Sud-est et le Sud-ouest commencent à manquer d’essence également. Au total, ce sont déjà près de 20% des infrastructures en France qui attendent désespérément qu’on les ravitaille. Un pourcentage qui est même en train de flamber côté raffineries puisque 6 raffineries sur 8 sont désormais bloquées.

Le projet de loi ne passe pas

Si la France se retrouve sous la menace d’une plus grande pénurie de carburant encore (le gigantesque site de Fos-sur-Mer ayant récemment annoncé le blocage de l’activité) c’est une nouvelle fois en raison du projet de loi El Khomri. Un projet qui ne passe décidément pas. Et pour cause car les salariés du secteur des raffineries craignent pour leurs conditions de travail : et en premier lieu le rabotage de la majoration des heures supplémentaires. Dans un secteur où elles sont légion, la loi El Khomri prévoit d’abaisser sensiblement leur majoration, de 25% à 10% à peine.

Le Premier Ministre appelle les syndicats à faire preuve de responsabilité en ne bloquant pas le pays et les syndicats appellent quant à eux au retrait pur et simple de ce projet de loi ultralibéral et qui remet en cause les conditions de travail des salariés. La loi El Khomri continue de scinder la société en deux. La droite n’avait même pas osé en rêver, la gauche l’a fait.