Economie

Le dernier sondage de l’institut BVA démontre qu’une écrasante majorité de salariés français ne veulent pas travailler plus de 35 heures par semaine. L’étude met cependant en avant des avis plus mitigés sur des problématiques complémentaires.

 

Selon les résultats du sondage mené début décembre par l’institut BVA, 65% des salariés de France sont contre la suppression des 35 heures, 35% y étant en revanche favorables. D’autant que moins de 50% d’entre eux estiment que l’évolution de la durée légale du travail impactera positivement l’économie française en termes de relance de l’activité et de baisse du chômage.

Par ailleurs, l’enquête souligne des avis plus mitigés sur des questions complémentaires à la suppression des 35 heures : 50% des salariés seraient contre l’idée de travailler deux heures de plus par semaine et 49% seraient à l’inverse tout à fait pour. Mais une chose est sûre pour 67% d’entre eux : pas d’augmentation du temps de travail sans compensation salariale.

Aussi, la loi El Khomri semble avoir trouvé sa place dans la société selon l’étude car 48% des sondés estiment que les négociations sur le temps de travail hebdomadaire doivent en priorité se tenir au sein même de chaque entreprise, 32% pense qu’elles devraient se jouer au Parlement et 19% au niveau des accords de branche.

Politique

La direction de Smart France réaffirme sur sa volonté de passer aux 39 heures payées 37 afin de garantir les emplois en France. Elle fait même pression auprès de ses salariés en passant outre le votre des syndicats.

C’est un véritable “chantage à l’emploi” que dénoncent à juste titre les syndicats des travailleurs CFTC et CFE-CGC de Smart France à Hambach en Moselle. Car la direction ne semble pas du tout prêt à renoncer à sa volonté de revenir sur les 35 heures en passant à 39h mais payées 37. Le Pacte 2020, sensé garantir le niveau des emplois en France de la firme automobile, n’a pas convaincu les syndicats qui représente 53% des salariés du groupe mais la direction vient de trouver une parade pour parvenir à ses fins : mettre la pression sur les salariés. Comment ? en ajoutant un avenant au contrat de chaque travailleur afin de les forcer individuellement à accepter ce retour en arrière injuste et inégal.

La crainte de la délocalisation en Slovénie

La direction a ainsi indiqué que si 75% des avenants aux contrats des salariés n’était pas signés, une partie de la production serait alors délocalisée en Slovénie, pays où le salaire mensuel est bien plus faible qu’en France, et où les 35 heures sont bien loin d’être la règle.

Certes les 35 heures n’ont pas eu l’effet escompté en termes de création d’emplois mais la mesure a au moins le mérite d’enlever un peu de pression du dos des salariés et de véhiculer l’idée qu’il n’y a pas que le travail dans la vie. Mais Smart à l’instar d’autres grandes structures capitalistes ne l’entend pas de cette oreille et compte faire travailler ses employés toujours plus pour toujours moins. Les syndicats CGT et CFDT du groupe ne se laissent pour autant pas faire et viennent de déposer une procédure d’alerte au CCE (Conseil Central d’Entreprise).

 

Politique

La députée socialiste Barbara Romagnan vient de remettre un rapport sur la politique des 35 heures. Elle estime que ce dispositif a été efficace dans la lutte contre le chômage tout en étant un des moyens les “moins coûteux”.

Instauré en 2000, sous le gouvernement Jospin, les 35 heures ont essuyé beaucoup de critiques. Pourtant, pour Barbara Romagnan, les résultats sont positifs comme elle l’explique dans son rapport “l’impact de la réduction progressive du temps de travail”. Ce rapport, approuvé par la commission d’enquête chargé de ce sujet sera accessible au public la semaine prochaine.

Interrogée par l’AFP, la députée explique : “Entre 1997 et 2002, on a connu la période pendant laquelle le chômage a le plus baissé, de 10,8% à 7,8%. Pendant ces cinq années, insiste-t-elle, il y a eu 2 millions de créations d’emploi. C’est la période où le nombre d’emplois par point de croissance est la plus forte de toute l’histoire. On ne peut pas attribuer ces bons chiffres à la seule croissance”. A cette époque, il y a en effet eu près de 350.000 création d’emplois.

Par ailleurs, elle estime aussi que cette politique de réduction du temps de travail est bien mois coûteuse que les exonérations de cotisations sociales. Elle a évalué le coût de ce dispositif à 12.800 euros par emploi. Elle estime aussi qu’il a permis de réduire les inégalités hommes-femmes “en permettant aux pères de jeunes enfants de leur consacrer plus de temps” et “en freinant la progression du temps partiel, qui touche surtout les femmes”.

Cependant, Mme Romagnan nuance son rapport en soulignant que certains salariés ont été “oubliés” des 35 heures, les “salariés des entreprises de moins de 20 salariés”, les “cadres au forfait-jours”, et les “employés des hôpitaux”. Elle écrit aussi que cette mise en place a “accentué des travers qui existaient préalablement dans des secteurs où le temps de travail était déjà très partiel et flexible”, notamment pour les femmes peu qualifiées sans enfant.

Crédits photo : Richard Ying et Tangui Morlier