Politique

La moitié de l’humanité est citadine et à chaque seconde la population urbaine gagne 2 personnes de plus. Les autorités peinent à leur fournir l’accès aux services de base et l’on compte aujourd’hui encore 1 citadin sur 4 dans le monde qui n’a pas accès à de l’eau potable* et à des structures d’assainissement. À l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau, ACF se mobilise pour sensibiliser le grand public et attirer l’attention sur les impacts de cette croissance urbaine galopante en termes de santé publique.

La rapidité et l’importance du développement urbain font de la gestion de l’eau et de l’assainissement dans les villes un défi de première importance à l’échelle mondiale : 794 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’assainissement et 141 millions de personnes pas accès à l’eau potable, la plupart en Afrique Subsaharienne.

Donner accès à l’eau potable et à des structures d’assainissement à « la moitié urbaine du monde » : un enjeu humanitaire et de santé publique majeur.

Les progrès en matière d’accès à l’eau et à l’assainissement des deux dernières décennies sont compromis par la croissance rapide de la population urbaine.

Alors que dans les campagnes, l’accès à l’eau et à l’assainissement s’améliore, il se détériore en ville.

La situation est plus urgente dans les bidonvilles qu’ailleurs où la promiscuité et la surpopulation ont des conséquences sanitaires graves pour les 827,6 millions de personnes particulièrement vulnérables qui y vivent sans accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Les résultats encourageants des Objectifs du Millénaire pour le Développement en matière d’eau potable ne doivent pas faire oublier leur échec en matière d’accès à des structures d’assainissement.

Action contre la Faim se mobilise dans toute la France

Quelques jours avant la Journée Mondiale de l’Eau, ACF se mobilise autour du thème choisi par les Nations Unies : ‘L’eau pour les villes : répondre au défi urbain’ pour rappeler l’urgence d’une mobilisation des gouvernements, des organisations et du grand public pour améliorer l’accès à l’eau dans les villes les plus pauvres du monde.

Rendez-vous le samedi 19 mars 2011, pour découvrir les 200 pailles géantes plantées dans des bouches d’égouts à Paris et dans 31 villes de France. Elles symbolisent les difficultés d’accès à l’eau potable* dans de nombreux pays dans le monde.

source article : http://www.actioncontrelafaim.org/

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Politique

Dans la province de la Tapoa (Burkina Faso), ACF, en collaboration avec 13 écoles primaires, a mis en place un projet de promotion de l’hygiène à destination des enfants.

Ce programme modifie non seulement les habitudes des élèves, mais il a également un impact sur leur fréquentation scolaire.

Depuis plusieurs années, ACF intervient dans la province de la Tapoa, à l’Est du Burkina Faso, en soutien aux structures sanitaires locales pour assurer le dépistage, la prévention et le traitement de la malnutrition.

Mais l’organisation s’attaque également aux facteurs qui l’aggravent, notamment l’accès insuffisant à l’eau potable et à l’assainissement. En effet, certaines maladies comme les diarrhées sont notamment liées à la consommation d’eau insalubre. Or, les enfants qui en souffrent perdent de l’appétit et peuvent progressivement devenir malnutris.

Pour rompre cette chaîne de contamination, ACF s’attache donc à promouvoir et rendre possibles des pratiques bénéfiques d’hygiène. Dans ce cadre, elle a lancé un programme en collaboration avec 13 écoles primaires, qui a permis de réaliser des forages et des latrines accompagnées de lave-mains dans les lieux scolaires. Le deuxième volet du programme concerne la sensibilisation à l’hygiène.

Après trois mois, les habitudes de nombreux élèves ont changé, à l’école comme à la maison « Chaque soir, je prends de l’eau avec un bidon au forage que je ramène à la maison afin de continuer à boire de l’eau potable, » raconte le petit Ouoba Mandiari, 11ans, du village de Kpenkada, à trois kilomètres de l’école. Autrefois, il consommait l’eau des mares et des puits, comme le reste du village. « Maintenant, quand il n’y en a plus, je prends le vélo de mon frère pour venir en chercher.»

Un taux d’abandon réduit

Les enseignants de l’école, avec l’appui de l’équipe d’encadrement du projet, ont mis en place un club de santé et un comité de gestion du point d’eau, où certaines familles d’élèves viennent maintenant s’approvisionner. Outre les bénéfices induits par ce programme sur le plan sanitaire, le projet a également un impact sur l’éducation des enfants.

« Dans le passé chaque enfant se débrouillait pour amener son eau de la maison, » explique Tenkodogo Wendyam, directeur de l’école de Boupiéna. Aujourd’hui, les enfants se plaignent moins de maux de ventre et fréquentent l’école plus régulièrement.

Selon un rapport d’UNICEF, 400 millions d’enfants en âge d’être scolarisés ont des vers intestinaux, ce qui affecte leurs capacités d’apprentissage. Par ailleurs, les études ont montré que la présence d’infrastructures sanitaires dans les écoles a un effet important sur la fréquentation scolaire, notamment celle des filles. Tenkodogo Wendyam, directeur de l’école de Boupiéna a, quand a lui, noté un autre effet du programme de sensibilisation : « depuis le début des activités, les parents d’élèves fréquentent eux aussi davantage l’école ! »

Le saviez-vous ?

Parce que la malnutrition entrave le développement physique et psychomoteur, elle affecte aussi la capacité à apprendre et donc la réussite scolaire. Par « ricochet », elle affecte plus tard la réussite professionnelle et les revenus. Elle ralentit de ce fait la croissance des pays et peut représenter une perte de 3 % du PIB !

Source : http://www.actioncontrelafaim.org

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Politique

ACF : CONFERENCE F. GIROUD LE 3 MARS 2011 : Eau Urbaine « L’accès à une eau saine en milieu urbain ».

Jeudi 3 mars : 18h30 à 20h au 4 Rue Nièpce 75014 Paris, siège de l’association.

Avec GERARD PAYEN : Président d’Aquated et conseiller pour les questions de l’eau du Secrétaire général des Nations-Unies.

Julie AUBRIOT, Chargée de recherche « droit à l’eau » ACF Doctorante au LATTS/CNRS

Jean-Jacques LOUARN, Directeur de Grotius.fr, Médias & humanitaire

plus d’infos sur : http://www.actioncontrelafaim.org/presse/communiques/communique/article/61/invitation-conference-f-giroud-3-mars-2011/

Politique

Hanna Mattinen, spécialiste de la sécurité alimentaire à Action contre la faim, analyse la hausse de prix de ces derniers mois.

H. M : L’envolée des prix alimentaires de ces derniers mois repose sur plusieurs facteurs : contraction de l’offre, réduction des stocks, prévisions plus faibles de la production agricole, augmentation du prix du pétrole…. Les inondations dramatiques en Australie, qui vont affecter durablement la production de blé, ou encore les incendies en Russie ont aussi eu un rôle, en générant une incertitude supplémentaire qui accentue la spéculation. Les Nations unies ont souligné que la hausse est en partie due à une « panique » sur les marchés agricoles. Comme l’a expliqué Olivier de Schutter, rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, « lorsque des informations sur des incendies en Russie, une canicule en Ukraine, des pluies trop fortes au Canada ou autres s’accumulent, certains opérateurs de marché préfèrent ne pas vendre tout de suite, tandis que les acheteurs cherchent à acheter autant que possible. Si tout le monde fait ça les prix augmentent. » Cela alimente la spéculation.

Les prix des denrées alimentaires ont beaucoup augmenté ces derniers mois. Est-on dans une situation comparable à 2008, qui avait donné lieu aux émeutes de la faim ?

H. M : Les prix alimentaires atteignent en effet des niveaux préoccupants, qui alimentent les inquiétudes quant au déclanchement d’une crise alimentaire. La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) publie depuis 1990 un indice reflétant les variations de prix d’un ensemble de produits incluant céréales, oléagineux, produits laitiers, viande et sucre. En janvier, il a atteint un niveau jamais atteint, à 231 points contre 223 le mois précédent, ce qui le plaçait déjà au dessus du record de juin 2008 à 213,5 points. Cela ne veut pas dire que tous ces produits dépassent les niveaux de 2008. Par exemple, le prix du blé en décembre-janvier était 50% plus élevé à Chicago et 92% plus élevé à Rouen que l’année dernière, mais les prix internationaux restaient 31% en dessous du pic de mars 2008. De même, le prix du mais était 45% plus élevé que l’année précédente mais il restait 10% plus faible que le pic de juin 2008.

Quelle est l’évolution attendue pour les prochains mois ?

H. M : Si aujourd’hui le niveau des stocks est pour l’heure convenable, l’avenir est très incertain. Ainsi, pour les céréales, pour la première année depuis 3 ans en 2010-2011, la consommation de céréales va dépasser la production, ce qui va impliquer automatiquement une baisse des stocks. En effet, la production 2009/2010 de céréales est moins abondante que prévue. De ce fait, la production du premier semestre 2011 sera décisive pour l’évolution future des prix. La situation est extrêmement fragile et le moindre événement adverse peut la faire basculer, au niveau international comme au niveau local.

Quels sont les pays les plus vulnérables face à ces hausses ?

H. M : Ce sont bien sûr les pays importateurs. Pourtant une partie des pays à faibles revenus et en déficit vivrier ont vu leur production augmenter en 2010. Cette augmentation est estimée à 2,5%, marquant une troisième année consécutive de croissance. Cela n’empêchera cependant pas une augmentation des prix, car demeurant importateurs nets, ces pays vont automatiquement subir une hausse de prix alimentée par les cours internationaux. Parmi les pays en situation très fragile, on peut par exemple citer la Mongolie, qui importe la moitié des ses besoins en blé et subit une hausse des cours en raison de la décision russe de cesser les exportations. L’Afghanistan, lui aussi dépendant des importations de blé russe, peut également être sujet à pénurie, bien qu’il ait enregistré de bonnes productions. Les pays dont la sécurité alimentaire est déjà fragile, au Sahel par exemple, méritent également un suivi accru.

source : ACF

Politique

Déjà présente dans le traitement de la malnutrition, ACF, soutenue par la coopération suédoise (SIDA) a lancé en novembre un programme de sécurité alimentaire au Kanem, visant à éviter des crises comme celle de l’été 2010. Cette approche, qui a pour but de promouvoir l’autonomie des ménages, trouve un écho particulier alors que la hausse des denrées alimentaires menace l’accès des plus vulnérables au marché.

Promouvoir des banques de stockage de céréales permettant aux agriculteurs de tirer un plus grand bénéfice des récoltes, mettre en place des campagnes de vaccination et déparasitage pour animaux, proposer des formations à la santé animale ou à la valorisation des sous-produits de l’élevage, mener des études sur la faisabilité de la production locale de semences : voici quelques uns des volets du nouveau programme d’ACF au Kanem, à l’ouest du Tchad. Son but : prévenir les crises par la diversification et la sécurisation des revenus, mais aussi par le renforcement du système d’alerte et de la connaissance des causes de la malnutrition.

En effet, les sécheresses à répétition affaiblissent les moyens d’existence des habitants de la zone sahélienne du Tchad. Elles ont d’autant plus d’effets que les activités des populations sont fortement dépendantes des conditions du milieu et notamment de la pluviométrie, composante indispensable de la repousse des pâturages, du remplissage des mares et des nappes et de la culture dunaire. « Les pâturages ont été asséchés et le bétail décimé »

L’ensemble des modes de vie locaux repose sur des mécanismes d’adaptation très élaborés, la résilience et la gestion des risques. Cependant, la succession d’épisodes de sécheresse et la pression démographique sur cet environnement fragile ont progressivement dégradé les conditions de vie des populations.

« L’insécurité alimentaire est due en grande partie à la dégradation de l’environnement, explique Ahmet Hassane, chef de cantonnement forestier à Mao, capitale régionale du Kanem. La nappe phréatique s’est réduite au cours des dernières décennies, la végétation s’est raréfiée… L’été dernier, les pâturages ont été asséchés et le bétail décimé. Certains éleveurs sont obligés de devenir marchands. D’autres rejoignent les villes mais ne trouvent pas toujours de travail. Les femmes, elles, restent seules au foyer. On trouve même des villages sans hommes. »

Les programmes de soutien doivent impérativement prendre en compte ces nouveaux schémas familiaux. Il faut notamment permettre aux femmes réduire leur dépendance aux prêts des commerçants pour l’achat de nourriture et les soins médicaux dans l’attente des revenus envoyés par les chefs de ménage. C’est pourquoi le nouveau programme d’ACF inclut la formation de 1000 femmes dont les maris ont migré, à la création et à la gestion d’activités rentables permettant de générer des revenus complémentaires.

source article : http://www.actioncontrelafaim.org

Politique

Une consommation de céréales qui en 2010-2011 va dépasser pour la première fois depuis trois ans la production, des prix alimentaires supérieurs selon la FAO aux pics de 2008, où ils avaient provoqué des émeutes de la faim… Dans ce contexte de tension des marchés, ACF a mis en place une veille accrue des cours. La sécurité alimentaire et la nutrition, voilà les cœurs de métier d’Action contre la Faim. De ce fait, l’organisation suit de près les indicateurs (indices de production et de consommation, prix des denrées de base etc) qui reflètent notamment l’accès des plus vulnérables à une nourriture saine et équilibrée.

La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) a publié pour le mois dernier un indice reflétant les variations de prix d’un ensemble de produits incluant céréales, oléagineux, produits laitiers, viande et sucre. Il se situe à 214,7 points en décembre contre 206 le mois précédent, ce qui le place au dessus du record de juin 2008 à 213,5 points.

Un premier semestre décisif

La hausse des prix est notamment imputable à la spéculation, qui a fait grimper les cours. Si aujourd’hui le niveau des stocks est pour l’heure convenable, l’avenir est très incertain. Ainsi, pour les céréales, « pour la première année depuis 3 ans en 2010-2011, la consommation de céréales va dépasser la production, ce qui va impliquer automatiquement une baisse des stocks. En effet, la production 2009/2010 de céréales est moins abondante que prévue. De ce fait, la production du premier semestre 2011 sera décisive pour l’évolution future des prix. » explique Hanna Mattinen, spécialiste de la sécurité alimentaire chez Action contre la Faim.

Une volatilité accrue

Ces incertitudes s’inscrivent dans un contexte de volatilité accrue des prix lors de la dernière décennie. « Elle est un sujet de préoccupation car elle semble vouloir s’installer dans le temps. Cette volatilité provient essentiellement de l’incertitude qui règne sur les marchés. Elle provient de la tension qu’il existe sur le marché où l’offre parvient difficilement à satisfaire la demande, » poursuit Hanna Mattinen.

Une chose est d’ores et déjà certaine : la facture des importations des biens alimentaires va peser lourd dans la balance économique des pays à faibles revenus importateurs de céréales. Alors que l’impact des prix internationaux sur les prix locaux est de plus en plus fort, ces niveaux auront une incidence certaine sur les prix locaux. Ils risquent ainsi d’affecter les ménages les plus vulnérables et dépendants du marché. En Afrique de l’Ouest par exemple, où les récoltes ont eu lieu entre septembre et novembre, la période critique pourrait se situer cet été pendant la période de « soudure », où les stocks peuvent venir à manquer avant la récolte suivante, obligeant les habitants à se procurer sur les marchés les denrées dont ils ont besoin.

Source article : http://www.actioncontrelafaim.org