Adrexo, élections
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Adrexo, premier opérateur postal privé français, est aujourd’hui accusé d’avoir bâclé la distribution des plis électoraux, mission qu’il avait obtenue en remportant un appel d’offres lancé par La Poste en début d’année. 

17 000 distributeurs contre 70 000 facteurs

Selon Pascal Frémont, de la SUD PTT 44-85, Adrexo a remporté l’appel d’offres  « parce qu’ils étaient moins chers ». Et on comprend pourquoi. Il y a « une part importante des salariés qui sont retraités et qui complètent leur revenu en distribuant du courrier », explique le syndicaliste.

Ces livreurs ne sont donc pas des professionnels, loin s’en faut. Sans compter qu’Adrexo a dû faire appel à des intérimaires, sans aucune formation, pour combler son manque d’effectifs ( 17 000 distributeurs contre 70 000 facteurs). Pas étonnant, donc, que la distribution de la propagande électorale ait été laborieuse, car comme l’explique Pascal Frémont  : «  Le métier de facteur ne s’improvise pas ».

Adrexo bouc émissaire  ?

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a convoqué les dirigeants d’Adrexo lundi, pour obtenir des explications. Un sermon surprenant quand on sait que le gouvernement est à l’origine du problème. « Le ministère a le beau rôle alors que c’est lui qui a lancé l’appel d’offres », rappelle Régis Souaille-Jacques, délégué syndical FO chez Adrexo. En cherchant aussi vite à faire peser la faute sur Adrexo, le ministre a d’ailleurs donné l’impression de vouloir justifier la débâcle de LaRem aux régionales. 

« Il a fallu fournir un travail titanesque et là, l’abstention serait la faute d’Adrexo. Les salariés sont dépités », se défend  Régis Souaille-Jacques, qui explique la réalité de la mission  : « Il faut que les tracts soient dans les boîtes aux lettres avant samedi, mais ils ne seront imprimés que mercredi. C’est un travail énorme. »