Politique

Selon les chiffres du Ministère de la santé, 93% des retraités de France bénéficient d’un dispositif de solidarité public.

A l’heure où le gouvernement actuel cherche à réduire la voilure des dépenses publiques, poussé à la fois par Bruxelles et récemment par le FMI, cette étude tombe étonnement bien. Une étude qui émane du Ministère de la santé et qui affirme que d’un côté 93% des retraités bénéficient d’un dispositif de solidarité ou d’aide public et de l’autre que l’opération coûte quelques 47 milliards d’euros par an à l’Etat.

Un coût qui représente plus de 16% de la masse des pensions versées chaque année. L’information, relayée par un célèbre quotidien de droite, intervient donc au moment où la France est gentiment priée de soigner ses dépenses. Et une fois n’est pas coutume, la pression va être exercée sur ceux et celles qui sont les plus silencieux et les moins vindicatifs : les seniors. Une bonne façon de faire culpabiliser les personnes qui pourtant ne touchent pas grand chose en pension de retraite.

Dans la même étude, le patron de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), l’organe en charge des statistiques du ministère, Jean-Marc Aubert, en profite pour mettre un peu de pression cette fois sur les fonctionnaires : «Ce dispositif bénéficie plutôt aux gens aisés car il concerne surtout des fonctionnaires en catégories actives avec des carrières complètes».

Alors au lieu d’être fier d’un système public qui aide le plus grand nombre, le gouvernement préfère jouer la carte du père moralisateur, du père culpabilisateur qui a le petit doigt sur la couture du pantalon dès que Bruxelles et le FMI haussent un peu le ton.