Amazonie, mégafeux
Coup de gueule

La terre brûle. Elle brûlait hier et elle brûle encore aujourd’hui, sans que personne ne puisse l’éteindre. L’Amazonie, le poumon de la planète, part en fumée, et avec elle disparaît la plus riche réserve de biodiversité du monde, ainsi que le lieu de vie et la mémoire de centaines de peuples amérindiens. 

Mégafeux

Ces brasiers, qui sont visibles du ciel, ne sont pas de simples feux de forêt. En effet, ces derniers, quand ils sont maîtrisés, peuvent être profitables aux écosystèmes, mais les incendies en question, ces mégafeux, sont de véritables catastrophes écologiques et humanitaires. «  Il n’y a pas de résilience ni de résurgence possibles dans un territoire dévasté par un mégafeu  », déplore la philosophe Joëlle Zask.

Or ces mégafeux sont directement liés au réchauffement climatique, et surtout, à la déforestation. En effet, lorsque l’on regarde une carte des incendies vus du ciel, on peut voir que le feu se concentre près des frontières agricoles, où la forêt a été tronçonnée pour faire place aux élevages et aux cultures intensives. «  L’industrie forestière et les grands feux forment un couple inséparable, note Joëlle Zask. L’appauvrissement de la biodiversité que la première provoque prépare le terrain pour les seconds.”  

Phénomène mondial

Toutefois, il est important de rappeler que les mégafeux ne sont pas qu’un problème brésilien. La gravité des faits liée à l’indifférence et à l’incompétence du président Jair Bolsonaro ont conduit l’opinion publique à se focaliser sur le Brésil, qui est pourtant loin d’être un cas isolé. 

Dans son livre Quand la forêt brûle paru le 22 août, Joëlle Zask révèle qu’en quelques années à peine, des milliers d’hectares sont partis en fumée, notamment en Grèce, en Australie, en Sibérie, en Californie, en Indonésie, et au Groenland.

Coup de gueule

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C’est une triste annonce qu’a faite, jeudi 15 août, Rafael Correa, le président équatorien. Face au refus d’une aide internationale, il a demandé au Congrès d’autoriser l’exploitation des réserves pétrolières du parc Yasuni, un des parcs nationaux les plus riches de toute l’Amazonie.

Fortement sollicité par les compagnies pétrolières désireuses d’exploiter les quelques 850 millions de barils de brut enfouis dans la biodiversité du parc national Yasuni, le président de l’Equateur appelle, en 2007, la communauté internationale à l’aide.

En échange de l’abandon du projet, M. Correa demande une aide financière de 3,6 milliards d’euros sur 12 ans, compensant en partie le manque à gagner pour la non-exploitation de ce bloc de forêt tropicale et l’engagement de son pays contre le réchauffement climatique.

Malheureusement, en 5 ans, la communauté internationale n’a réussi à réunir que 13,3 millions, soit 0,37% de la somme demandée, via un compte administré par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Des “résultats économiques” que Rafael Correa n’estime pas à la hauteur des attentes de son pays.

Avec une profonde tristesse, mais aussi avec une absolue responsabilité envers notre peuple et envers l’histoire, j’ai été obligé de prendre une des décisions les plus difficiles de tout mon gouvernement“, a ainsi annoncé la semaine dernière le chef du gouvernement équatorien.

L’ensemble des donateurs, des entreprises privées mais aussi des pays comme la France, la Belgique, le Chili, l’Italie, l’Espagne et l’Indonésie, vont ainsi récupérer leur argent. Et perdre un des derniers sanctuaires sauvages de notre belle planète…