Politique

Le groupe Areva est sur le point de céder l’intégralité de ses actifs dans l’éolien offshore au groupe espagnol Gamesa. Les élus de Normandie et le gouvernement s’inquiètent du sort destinés aux emplois en France.

Déjà dans les tuyaux depuis le mois de Juin dernier, le désengagement du groupe Areva dans la co-entreprise Adwen spécialisée dans l’éolien en mer est sur le point de passer à une deuxième phase plus opérationnelle. Une conseil d’administration du groupe doit en effet avoir lieu très prochainement afin d’entériner la cession imminente des actifs à Gamesa, pour la coquette somme de 60 millions d’euros, ce qui correspond à la participation d’Areva à hauteur de 50% dans le capital de la co-entreprise Adwen.

Quelle suite au dossier ?

Des élus de Normandie ainsi que des membres du gouvernement ont fait savoir qu’ils restaient quelque peu sur leur garde quant à la reprise des actifs d’Areva par le groupe Gamesa. Car Gamesa est parallèlement en train de se rapprocher de Siemens, ce qui laisse planer un sérieux doute sur le développement des infrastructures en France avec tous les emplois qui vont avec. Pourquoi ? Car Siemens dispose déjà de toute la force de frappe nécessaire sur ses bases allemandes, ses capacités industrielles pouvant s’avérer suffisantes.

Plus encore,  Areva est attendu au tournant car en se désengageant de la sorte, le risque est que les engagements pris par le groupe au sujet du développement d’un éolien marin en France ne soit plus respectés. Mais avant d’envisager tout démarrage de l’activité, l’accord de cession est passé au crible par la Commission Européenne qui doit donner son feu vert.

EconomiePolitique

Les démêlés judiciaires d’Areva ne cessent d’alimenter la suspicion autour de celle qui fut longtemps chargée de conseiller François Mitterrand. Après les révélations de la société Alp services et de son directeur Mario Brero, celles de Luc Oursel, et les accusations de Vincent Crouzet, la justice a finalement innocenté les détracteurs de l’ancienne direction de l’entreprise publique…

A l’occasion de l’audition de Luc Oursel par l’Assemblée Nationale, on apprenait qu’atomic Anne n’avait pas été tout à fait honnête dans ses déclarations. Outre l’expertise tronquée transmise à l’Agence des Participations de l’Etat, elle s’est carrément fourvoyée en affirmant avoir obtenu l’unanimité des dirigeants de l’entreprise pour le rachat d’Uramin. En effet, à la suite de la convocation du nouveau PDG d’Areva, l’AFP affirme qu’il « n’y a pas eu de vote du directoire puisqu’il n’a pas été sollicité pour voter sur cette acquisition ».

Cette réalité avait d’ailleurs déjà été largement établie par le travail par Mario Brero, directeur d’Alp Services, à la demande de Sébastien de Montessus. Les deux hommes avaient dû affronter les foudres d’Olivier Fric et de ses sbires, alors que leurs investigations avaient conduit le parquet financier à ouvrir une enquête préliminaire pour «présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles», «diffusion d’informations fausses ou trompeuses», «faux et usage de faux».

Au service de la vérité, la société d’intelligence économique s’est retrouvée devant les tribunaux alors que l’avocat des coupables présumés affichait avec outrecuidance son mépris pour la procédure en cours. Selon leur avocat, Me Versini-Campinchi. « une enquête se réalise à charge et à décharge. Une fois celle-là bouclée, on se rendra enfin compte que le dossier Uramin Areva n’a rien de pénalement répréhensible ». Aujourd’hui les deux anonymes sont innocentés et le couple à la réputation sulfureuse voit l’étau se resserrer autour de lui… Sans qu’aucun piège n’ait été tendu, ceux qui sont  à l’origine du recrutement de Daniel Wouters feraient bien de commencer à s’inquiéter.

En effet, les soupçons de Vincent Crouzet, consultant spécialiste de l’Afrique, pourraient bien se vérifier. L’auteur du livre, Une affaire Uramin pour les nuls, considère que cette affaire représente « la plus grande opération de rétro-commission réalisée depuis l’affaire des Frégates de Taïwan ». Quant aux bénéficiaires, le mystère reste entier ; cependant poursuit-il, « j’ai la ferme conviction que cette affaire a été montée pour distribuer des sommes d’argent considérables à des hautes personnalités tant africaines que françaises ». Le tout reste de savoir jusqu’à quand Lauvergeon & Fric bénéficieront de la protection du pouvoir élyséen…

Coup de gueulePolitique

Les greffiers sont en colère, et ça se voit. La grève nationale du 28 avril a été exceptionnellement suivie, avec des tribunaux qui annonçait un taux de 100 % de grévistes. Rouages essentiel de la justice, souvent méconnus et assurément peu reconnus, les greffiers sont les premières victimes de l’inflation judiciariste de ces dernières années. Retour sur un phénomène.

Les professionnels du droit vous le diront : ils font face désormais à une inflation des contentieux. Un litige prudhommal ou commercial aurait désormais une chance sur 2 de se doubler d’une affaire civile, et une sur 4 de s’accompagner d’une plainte pénale.

La technique est connue, c’est celle de l’instrumentalisation du pénal dans les affaires privés. Un conflit entre associés, entre un patron et son salarié, va générer une plainte pénale qui servira d’arme de négociation de par sa capacité de nuisance. Même au plus haut niveau de l’Etat, la technique est rodée.

Depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande, c’est ainsi une kyrielle d’adversaires politiques du Président qui se sont vus inquiétés, de Claude Guéant à Nicolas Sarkozy, en passant par Jean-François Copé (on ne vas pas non pleurer non plus) ou même… Médiapart. Dans une autre configuration, Anne Lauvergeon a porté plainte contre Areva lors de son licenciement pour mettre la pression sur ses ex-employeurs.

Résultat : les prétoires et les chambres d’instruction sont encombrées. Mais il faut signaler la part de responsabilité des magistrats dans ce mécanisme. En refusant de prendre leurs responsabilité et de classer sans suite les affaires manifestement vouées à l’échec ou instrumentalisées, ils font vivre des années des poursuites sans aucune valeur.

Dans l’affaire Areva, par exemple, et alors même qu’Anne Lauvergeon a retiré sa plainte, le parquet ne prend pas le temps de clôturer l’affaire. Ce qui fait que l’enquêteur suisse Mario Brero reste mis en examen quand bien même il n’y a plus de plainte à son encontre et que la procédure ne peut aboutir qu’à un non-lieu.

Encombrant un peu plus les bureaux des greffiers de procédures inutiles.