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Contrairement à ses alliés américains et italiens, qui ont suspendu leurs ventes d’armes à l’Arabie saoudite, la France ne semble pas vouloir renoncer à ce ce juteux partenariat, et ce quelles qu’en soient les conséquences. 

«  Un devoir, un message clair de paix  »

Lors de son premier discours de politique étrangère prononcé jeudi 4  février, Joe Biden a été on ne peut plus clair quant à la situation au Yémen. « Nous renforçons nos efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre au Yémen, une guerre qui a créé une catastrophe humanitaire et stratégique. Cette guerre doit cesser », a-t-il prévenu.  « Et pour souligner notre détermination, nous mettons fin à tout soutien américain aux opérations offensives dans la guerre au Yémen, y compris aux ventes d’armes ». Mais rappelons tout de même que quelques jours avant ce beau discours, les Etats-Unis, premier pays exportateur d’armes, signaient un contrat d’armement d’une valeur de 200  millions de dollars avec l’Égypte, pays alliés des Saoudiens dans la guerre au Yémen.

C’est toutefois l’Italie qui a porté le premier coup à Riyad, interdisant dès le 29 janvier l’exportation de missiles et de bombes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. « Nous considérons que c’est un devoir, un message clair de paix qui arrive de notre pays », s’était alors félicité le ministre des Affaires étrangères italien, Luigi Di Maio.

Paris, 3ème exportateur d’armes

« Le fait que des armes de précision soient utilisées lors des raids aériens de la coalition indique que les décès de civils et la destruction de biens civils qui en ont découlé ne relèvent pas d’une simple négligence due à un manque de précaution, mais étaient bel et bien volontaires », a révélé l’association Aser (Action sécurité éthique républicaines).

Mais ce rapport n’a pas attendrit les autorité françaises, apparement désireuses de conserver leur troisième place sur le podium des pays exportateurs d’armes (36% USA, 21% Russie, 8% France). « Le secteur de l’industrie de défense est un secteur très important pour la technologie française et pour notre économie, pour nos emplois  », se justifiait la ministre des Armées Florence Parly en juin 2019, avant de se dédouaner  : «  Je n’ai aucune information me permettant d’assurer que ces victimes civiles le sont du fait des armes françaises ».

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Le candidat RN aux municipales dans la commune de Guînes (Pas-de-Calais), Christophe Marécaux, juge nécessaire d’enseigner le tir aux enfants pour se prémunir « face aux menaces islamistes ».

Impuissance de l’Etat

La tête de liste du Rassemblement national à Guînes (Pas-de-Calais) a fait sa surprenante déclaration après avoir assisté, la semaine dernière, à l’assemblée générale de l’association de tir la Patriote, qui gère le stand de tir de la ville de Guînes.« L’instruction de nos enfants au tir, face aux menaces islamistes présentes et futures, n’est-elle pas une nécessité ? », a interrogé monsieur Marécaux sur la page Facebook de sa liste dimanche 2 février.

Dans une interview donnée au Nord Littoral, le candidat aux municipales juge cette mesure nécessaire « dans un pays où l’État se dégage de ses fonctions régaliennes, et où il y a moins de sécurité partout ». Mais cette idée, qui sonne surtout comme un appel à former des milices, composées de mineurs qui plus est, a plutôt des airs de jeunesses hitlériennes.

« L’État n’assure plus ses missions régaliennes, nous ne sommes plus en sécurité. 0n va pas se laisser faire égorger comme des cochons », a surenchéri Christophe Marécaux.

Simple « question »

Interrogé à ce sujet, Christophe Marécaux a invoqué « l’ouverture au débat », rappelant qu’il n’avait fait que soulever une question : « Je n’ai rien affirmé, je pose une question, pour que les gens s’interrogent. On ne vit pas dans un monde de Bisounours, on est dans un monde où il y a des dizaines et des dizaines d’attentats chaque année. »

L’association de tir la Patriote, malgré son nom pour le moins évocateur, a condamné les propos de l’élu, dénonçant une « recommandation » frisant l’incitation à la violence. Le Rassemblement national, en revanche, ne s’est toujours pas prononcé officiellement sur la publication de son candidat.