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L’arrêt maladie entré en vigueur ce lundi, qui permet aux personnes présentant les premiers symptômes du Covid-19 de ne pas venir travailler et de percevoir une indemnité sans délai de carence, inquiète le patronat, qui redoute un absentéisme incontrôlé. 

Mesure nécessaire

L’annulation du délai de carence est une revendication des syndicats de travailleurs depuis la fin du premier confinement, mesure qu’ils estiment nécessaire pour lutter efficacement contre la propagation de la covid-19. En effet, les travailleurs présentant des symptômes rechignaient jusque là à se mettre en arrêt maladie, de peur de voir leur salaire imputé et au risque de contaminer leurs collègues, et seul cet arrêt de travail (sans délai de carence) était de nature à les inciter à ne pas venir travailler.

Le refus de certains salariés malades d’abandonner leur poste de peur de ne pas être payé n’a d’ailleurs pas échappé au patronat. « Dans nos entreprises, on a rabâché : “dès le moindre doute, ne venez pas au travail”. Et néanmoins on a vu certains salariés venir travailler parce qu’ils avaient peur de perdre du salaire à la fin du mois, raconte Jérôme Lopez, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) iséroise. Il y avait un flou sur la question de savoir qui allait les payer, s’ils ne venaient pas. Allaient-ils perdre un jour, deux jours, trois jours ? Au moins, le doute est levé. »

Risque d’une «  très forte augmentation des arrêts maladie  »

Toutefois, au fait de la situation ou non, les patrons n’étaient pas pressés de remédier à la situation, et sont même, pour la plupart, toujours fermement opposés à la suppression du délai de carence. 

« La CPME s’inquiète des conséquences éventuelles de cette annonce qui revient à consacrer le caractère automatique de l’arrêt de travail en cas de symptômes supposés, et ce, sans aucun contrôle médical ni test préalable. Or, parmi les symptômes susceptibles de révéler une infection au Covid-19, certains sont heureusement bénins et sans aucun lien avec la pandémie. Une telle disposition serait de nature à entraîner une très forte augmentation des arrêts maladie et ouvrirait la porte à un absentéisme incontrôlé risquant de désorganiser les entreprises », a fait savoir le syndicat patronal dans un communiqué, avant de réclamer la mise en place d’« un encadrement évitant les dérives de toutes natures ».

Arrêt maladie
Politique

Le groupe de protection sociale complémentaire Malakoff Médéric vient de sortir une étude sur les arrêts maladies en France. 

L’étude menée par Malakoff Médéric s’est portée sur le cas de plus de 60 000 entreprises de France pour 2 millions de salariés. Une enquête qui établit le baromètre des arrêts maladies en France. Les résultats donnent un éclairage singulier sur la situation dans le pays. Le premier chiffe est fort : 34,1% des salariés de France sont absents au moins une fois dans l’année. Les femmes sont légèrement majoritaires vis-à-vis des hommes : 37,5% contre 30,4%.

Si près de 30% des arrêts sont prononcés pour une maladie “ordinaire” de type rhume, les troubles musculo-squelettiques arrivent en 2ième position (18%). Encore plus inquiétants, 17% des arrêts sont prononcés pour cause de burn-out, appelés également “risque psychosociaux”.

Les autres données à retenir

Parmi les indicateurs qui émanent du baromètre de Malakoff Médéric, d’autres sont particulièrement parlants. Ainsi, 12% des arrêts n’ont ainsi jamais été pris par les salariés et pour des raisons diverses : 29% pour des raisons financières, 23% par crainte d’une surcharge de travail à leur retour, 22% à cause de la pression hiérarchique.

Aussi, la tranche d’âge la plus “absente” est celle des 30-39 ans et non la plus âgée comme cela est communément perçu. La pression professionnelle explique en majeure partie ce phénomène ainsi que le fait que l’entreprise ne fait plus rêver les 30-39 ans qui aspire à ne plus pratiquer les fameux bullshit jobs.

Les ouvriers demeurent sans surprise la CSP la plus représentée avec près de 41% des arrêts maladies devant les agents de maîtrise (36%) et les employés à 35%. Pression professionnelle oblige, crainte de perdre son travail, les cadres sont les moins absents à 28%.