retraites, assemblée nationale
IdéesPolitique

Bien que le projet de réforme des retraites soit à l’étude à l’Assemblée nationale depuis le 3 février, les travaux n’ont pratiquement pas avancé. D’un côté, l’opposition dénonce la brutalité de LaREM, et de l’autre, la majorité crie à l’obstruction parlementaire.

Mépris et parole décomplexée

Il est notamment reproché au gouvernement de vouloir faire passer sa réforme en force. « J’ai été très surpris que la commission spéciale ne soit programmée que pour cinq jours ! s’insurge Stéphane Viry, député LR. Pour la loi Pacte ou la loi sur la bioéthique, nous avions eu plusieurs semaines. Au fond, pour En marche, le Parlement n’est qu’une chambre d’enregistrement : on comprend sa volonté de faire vite ! »

Et même lorsque les questions sont posées, les marcheurs font la sourde oreille. « En commission, nous posons énormément de questions qui restent sans réponse, regrette Boris Vallaud, député PS : emploi des seniors, prise en charge de la pénibilité, coûts financiers de la réforme, etc. »

Mais c’est le ton employé par la majorité qui indigne le plus l’opposition. « Ben moi, je trouve que c’est plutôt pas mal. Cela prouve que notre pays est attractif, cela va servir l’économie ! », avait par exemple rétorqué Éric Girardin à un député socialiste inquiet de l’activisme déployé par les compagnies d’assurances étrangères concernant la retraite par capitalisation.

Stratégie d’obstruction assumée

De son côté, la majorité reproche à l’opposition, notamment à la France Insoumise, sa stratégie d’obstruction pleinement assumée, les insoumis ayant déposé à eux seuls 19 000 amendements (sur 22 000 au total). « Nous voulions importer à l’Assemblée une part infime de la colère sociale qui s’exprime dans la rue, explique le député FI Adrien Quatennens. Nous nous sommes employés à donner quelque 20 000 occasions à l’opposition de critiquer le texte… »

Mais même au sein de la majorité, cette stratégie fait grincer des dents : « Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure méthode, redoute un député de gauche. Il y a fort à parier que nous n’ayons pas le temps d’examiner l’ensemble du projet de loi, ce qui signifie que le texte qui arrivera en séance sera examiné dans sa version initiale : les travaux de cette commission n’auront servi à rien. »

indemnités logement, assemblée nationale
Coup de gueulePolitique

Les députés, ceux-là mêmes qui avaient ordonné la baisse des APL de 5 euros le 1er octobre 2017, viennent de faire passer leur dotation d’hébergement de 900 à 1 200 euros. Cette mesure sera effective dès le 1er novembre. 

Pallier l’augmentation des loyers 

Selon le rapport des questeurs, les députés chargés de l’administration intérieure de l’assemblée, l’augmentation a été décidée «  pour tenir compte du niveau élevé des loyers parisiens ». 

Le député LaReM d’Ille-et-Vilaine et premier questeur de l’Assemblée nationale, Florian Bachelier, va même plus loin, en parlant lui de mesure d’économie :  « Cette dotation a été réévaluée pour tenir compte du niveau élevé des loyers parisiens. Sur une base de quatre nuits par semaine, le coût mensuel de l’hôtellerie par député est aujourd’hui de 3 200 €. La dotation d’hébergement permet donc une économie mensuelle de 2 000 € par député. L’objectif du bureau de l’Assemblée est d’intensifier les économies sur ce poste et, à terme, de supprimer le budget hôtellerie ». 

Mais l’économie est loin d’être certaine, car l’augmentation de la dotation coûtera au moins 304 000 € par an, et peut-être plus encore, puisque «  de meilleures conditions de remboursement  » pourraient inciter «  davantage de députés à opter pour ce type d’hébergement  »

Les syndicats rient jaune

«  Sur les 2 000 collaborateurs parlementaires employés par les députés, certains touchent à peine 1 400 € par mois. Je rappelle qu’un député est rémunéré 7 200 € par mois, plus 5 000 € en frais de mandat et 1 200 € aujourd’hui de dotation pour se loger. Même si l’augmentation peut se comprendre à cause des loyers parisiens, il serait grand temps de s’intéresser à la précarisation des collaborateurs parlementaires », rappelle Astrid Morne, secrétaire générale adjointe du syndicat Unsa. Et la CFTC, quant à elle, a préféré ironiser  : « Tiens, pourtant ‘y a pas d’argent’ pour les collabs paraît-il… ».

Droit à l'erreur, France, Assemblée nationale
Politique

Depuis le début de l’année, le droit à l’erreur s’est introduit dans la législation françaises. Les contribuables ayant commis des erreurs de bonne foi dans une de leurs déclarations ne seront plus systématiquement sanctionnés.

Les déclarations de revenus de même que l’ensemble des fastidieuses et souvent complexes démarches administratives ne vont pas sans s’accompagner de nombreuses erreurs de la part des Français. Des erreurs qui pouvaient leur coûter très cher entre une majoration des impôts, la radiation sur les listes des demandeurs d’emplois, l’arrêt du versement des allocations familiales…

Le projet de loi baptisé “Pour un Etat au service d’une société de confiance” comporte un volet baptisé “Droit à l’erreur”. Selon ce nouveau principe, la logique selon laquelle toute erreur entraînait dans la foulée une sanction est en passe d’être renversée. En passe car le texte est entré en discussion à l’Assemblée nationale. Si il est bel et bien voté, il sera désormais possible de rectifier une erreur lors d’une déclaration de revenus par exemple sans se voir automatiquement affligé d’un amende fiscale.

Le point fort de ce nouveau droit réside dans le fait qu’en cas de bonne foi avérée et sitôt que l’erreur est corrigée par la personne l’ayant commise de manière fortuite, aucune sanction ne pourra alors être prononcée à son encontre.

Un champ d’application des plus larges

Le droit à l’erreur porterait sur un spectre vaste des différentes facettes de la vie des Français, particuliers comme entreprises d’ailleurs.

  • administration fiscale : retard dans les déclarations, omission dans la déclaration de nature à élever l’assiette fiscale… si une erreur de bonne foi est détectée dans le cadre d’un contrôle par les services de l’Etat, les intérêts de retard sont réduits de 30%. Et si l’usager rectifie lui-même sa déclaration, s’il corrige son erreur les intérêts seront réduits de manière plus importante, soit de 50%.
  • URSSAF :erreurs dans les déclarations influant sur le niveau des cotisations sociales
  • Pôle Emploi
  • CAF : oubli de déclaration de reprise d’activité professionnelle pour une personne bénéficiaire d’allocations dans le cadre d’un congé parental…
  • RSA : erreur déclarative mensuelle, retard dans la déclaration de reprise d’activité professionnelle
  • Régime Social des Indépendants
  • allocations logements
  • pensions de retraites
  • assurance maladie
  • impôts fonciers
  • déclaration périodique de TVA
Politique

L’Assemblée nationale a adopté ce jeudi 30 octobre, une nouvelle disposition qui reconnaît aux animaux la qualité symbolique d’« êtres vivants doués de sensibilité ». Une modification législative qui fait suite à une pétition lancée il y a près de deux ans par la fondation de protection animale 30 millions d’amis.

Comme nous l’apprennent nos confrères du Monde, c’est au terme d’un débat des plus animés que les députés ont voté l’article abrogeant le code civil, qui considère les animaux comme « des biens meubles », en l’alignant sur les codes pénal et rural qui les reconnaissent déjà comme « des êtres vivants et sensibles ».

La mesure avait été critiquée notamment par la FNSEA, principal syndicat agricole, qui craignait qu’elle “ne remette en cause la pratique de l’élevage”, mais également par certains défenseurs des animaux qui ne voyaient qu’une mesure inutile puisque dénuée de portée pratique. Mais les agriculteurs sont toutefois rassurés puisqu’aucun statut particulier de l’animal ne devrait accompagné cette nouvelle qualification.

L’Assemblée avait introduit cet amendement porté par le député socialiste des Hautes-Pyrénées, Jean Glavany, dans le projet de loi de modernisation et de simplification du droit, ensemble de mesures juridiques très diverses qu’avait déjà voté le Sénat.

Crédits photo : Laurent Morand

Politique

La crise financière touche de plus en plus les Français actuellement. Selon une étude faite par de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), environ 11 millions de personnes ont une difficulté de s’échauffer et de  régler les factures.

Ouvrir le radiateur, allumer le gaz, c’est un geste simple, mais beaucoup de Français n’ont plus les moyens. Le phénomène est en hausse, l’observatoire révèle que quatre millions de ménages soit environ huit millions de personnes consacrent les 10 % de leurs revenus à la dépense en énergie au sein de leur logement. Elles sont considérées actuellement en précarité énergétique.

Pour leur venir en aide, le projet de loi sur la transition énergétique s’oriente vers deux pistes, la rénovation  de la partie mobilière et la création d’un chèque énergie pour remplacer les tarifs sociaux du gaz et de l’électricité. Mais ce dernier ne pourra pas être mis en place avant l’hiver prochain au minimum. Car, ce projet de loi sur la transition énergétique est en examen à l’Assemblée nationale.

Coup de gueulePolitique

Plusieurs milliers d’Alsaciens ont manifesté ce samedi 11 octobre dans les rues de Strasbourg contre la fusion de leur région avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Un mouvement emmené par le Conseil Régional lui même qui souhaiterait à la place l’instauration d’un conseil d’Alsace.

Ils étaient 7.000 selon la police et plus de 20.000 pour les organisateurs à s’être déplacés place de Bordeaux à Strasbourg ce samedi pour dénoncer la future réforme territoriale. Un texte qui devrait prochainement être soumis à l’Assemblée en deuxième lecture.

Un mouvement qui aura eu le mérite d’unifier une région le temps d’une après-midi (Haut-rhinois et Bas-rhinois) et de mobiliser sa population peu habituée aux manifestations. Concernant les élus, la droite alsacienne, l’UMP en tête à l’origine de cette manifestation avec les chambres régionales, s’est montrée plus unie que jamais pour s’opposer au projet de réforme territoriale mais la mobilisation ne s’est pas résumée aux limites de l’UMP alsacienne. Des partisans de tout horizon politique étaient réunis.

Rappelons également que la politique du Conseil régionale avait été vivement critiquée suite à l’annonce de la mise en place d’un tarif SNCF préférentiel pour venir manifester: cinq euros l’aller-retour en TER contre 36,40€ en tarif plein. Une utilisation indue de fonds publics pour de nombreux députés socialistes.

Crédits photo : Claude TRUONG-NGOC

Politique

Le député socialiste Thomas Thévenoud accusé de fraude fiscale pour ne pas avoir payé ses impôts pendant plusieurs années, a annoncé le lundi 8 septembre son retrait du parti socialiste. Vivement critiqué par l’ensemble de la classe politique, il a toutefois décidé de rester à l’assemblée. 

Et en effet, l’ex-secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, écarté du gouvernement seulement neuf jours après sa nomination pour des irrégularités fiscales, ne démissionnera pas de son mandat de député et cela malgré les nombreux appels de à “tirer les conséquences” de ses actes.

Le député a en effet indiqué dans une déclaration édrite à l’AFP, qu’après s’être “entretenu ce lundi soir avec Jean-Christophe Cambadélis“, le premier secrétaire du PS, il avait “décidé de me mettre en retrait du Parti socialiste et donc du groupe SRC à l’Assemblée nationale”. Il précise également que l’enchaînement de négligences choquantes qui (l’ont) placé dans cette situation ne fait pas de (lui) un fraudeur“, estimant dans le même temps que ses lecteurs seront ses seules juges.

Thomas Thévenoud continuera donc à être député de Saône-et-Loire mais ne siégera plus dans l’hémicycle parmi ses collègues socialistes et devrait rejoindre les non inscrits. “Je comprends la déception et la colère de celles et ceux qui, militants du Parti socialiste, sympathisants de gauche, électeurs de Saône-et-Loire, m’ont fait confiance. Je leur présente mes excuses”, a-t-il ajouté.

Thomas Thévenoud affirme enfin avoir “réglé à ce jour l’ensemble de (ses) impôts avec, comme tout contribuable dans cette situation, l’intégralité des pénalités de retard”. “Je n’ai jamais fait l’objet d’aucune information judiciaire, d’aucune mise en examen, d’aucune condamnation. Si j’ai manqué à mes obligations fiscales, je n’ai jamais commis aucune infraction pénale“, souligne-t-il.

Son épouse Sandra Thévenoud a elle aussi été sanctionnée pour le non paiement des impôts au nom du couple. Elle a ainsi été révoquée de son poste du chef de cabinet du Président du Sénat Jean-Pierre Bel.

Crédits photo : Richard Ying et Tangui Morlier

Politique

À la suite de plusieurs propositions de la part de plusieurs groupes, les nouvelles délimitations territoriales de la France font enfin surface.

La nuit du jeudi 17 juillet, après des heures de débats, les membres de l’Assemblée nationale disent oui à la carte proposée par les partis socialistes. Le premier article pour le projet de loi est accepté par 52 députés contre 23. Certains éléments de la droite ont voté oui lors du scrutin. Le nouveau plan de l’Hexagone comporte 13 régions y compris la Corse.

 

Dans la nouvelle carte de France, la région centre n’est rattachée à aucun autre territoire contrairement aux souhaits de gouvernement. Bretagne et les Pays de la Loire seront eux aussi indépendants l’un de l’autre. La réforme territoriale entraîne le rattachement de Limousin-Aquitaine à Poitou-Charentes. La même démarche s’applique à la Picardie et au Nord-Pas-de-Calais. La Champagne-Ardenne, l’Alsace, et la Lorraine se retrouvent dans une même entité.

Coup de gueulePolitique

Alors que le nouveau projet de réforme ferroviaire devrait être débattu à l’Assemblée nationale à partir du 17 juin prochain, deux syndicats de cheminots ont lancé depuis le mardi 3 juin dernier un appel à la grève reconductible à partir du 10 juin à 19h. La direction de la SNCF a confirmé le préavis de grève.

Ainsi, la CGT-Cheminots et SUD-Rail, respectivement première et troisième organisation syndicale de la SNCF, contestent la réforme prévue qui vise plus particulièrement la réorganisation des forces de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF)  en vu d’améliorer leur rentabilité et de préparer l’ouverture à la concurrence. Mais si ce projet va dans le bon sens, selon ces syndicats, il n’apporte aucun solution au problème d’endettement de la compagnie et ne va pas assez loin dans la réunification des deux entreprises, séparées depuis 1997.

Si ces organisations syndicales ont réclamé l’attention du gouvernement et devraient être reçues le 12 juin prochain par le secrétaire d’Etat aux Transports Frédéric Cuvillier, la SNCF et notamment  François Nogué, DRH du groupe s’interroge aujourd’hui sur les vraies motivations qui poussent des syndicats à lancé un appel “à la grève avant même d’avoir rencontré le ministre”.  Un mouvement que la compagnie juge donc largement précipité.

Le 22 mai dernier, les trois syndicats avaient déjà réuni des milliers de cheminots à Paris (10.000 selon la police, 22.000 selon les organisateurs) pour réclamer une «autre réforme ferroviaire».

 

Coup de gueuleEconomiePolitique

Le projet de loi “Florange” portant sur l’économie sociale et solidaire est finalement de retour à l’Assemblée Nationale. Six mois après son adoption au Sénat, le projet de loi porté à l’origine par Benoît Hamon semble bénéficier d’une opinion largement favorable de la majorité ainsi que de l’ensemble de la classe politique malgré quelques critiques de la droite.

Le projet de loi définit pour la première fois le périmètre du secteur de l’économie sociale et solidaire, qui rassemble en France près de 200.000 structures conciliant activité économique et utilité sociale. Ce secteur représente à lui seul 10% du produit intérieur brut et près de 10% des emplois en France. Comme l’a déclaré le secrétaire d’Etat, Valérie Fourneyron, « les associations, les coopératives, les mutuelles sont une autre façon d’entreprendre que nous allons pouvoir reconnaître pleinement, sécuriser, permettre de développer ».

La loi insiste ainsi sur l’objectif d’utilité sociale que doivent présenter les entreprises se proclamant de ce statut mais également sur la nécessité d’une gouvernance démocratique ou participative et d’une gestion à but lucratif encadré ou limité.

Le secteur de l’’ESS bénéficie alors pour la première fois d’une reconnaissance et de moyens pour se développer. En effet, la loi organise un accès facilité aux financements, au travers notamment de  la Banque publique d’investissement, qui devrait injecter dans  le secteur plus de 500 millions d’euros.

La loi prévoit également des mesures facilitant la reprise de certaines entreprises (moins de 250 employés) par les salariés. Ce sujet en discussion aura logiquement concentré l’ensemble des critiques des députés de droite qui contestent principalement l’information préalable d’un projet de cession assurer aux employés pour leur permettre de déposer un projet de reprise, sous forme de coopérative.

Crédits photo : Benjamin Géminel

Thomas Livingston