Politique

 

Selon France Stratégie, la France va encore devoir se serrer la ceinture pour au moins une dizaine d’années.

Avec un gouvernement qui s’est engagé envers l’Europe à ramener le déficit public à 2,7% du PIB à l’horizon 2017 après 3,6% en 2015 et 3,3% en 2016, des efforts importants restent à faire. Car la dette représente encore 96% du PIB de la France, alors que le Pacte de Stabilité et de croissance européen impose aux pays membres de la zone euro un ratio dette publique/PIB égal à 60%.

Aussi, pour Arthur Sode, l’auteur de l’étude de France Stratégie – un organe de réflexion du gouvernement – beaucoup de travail reste encore à faire pour se calquer sur les intentions prononcées par la France : “Si elle entend réduire significativement l’endettement public, la France devra, dans les dix ans à venir, conduire un ajustement supplémentaire, compris entre deux et quatre points de PIB”.

Réduire les dépenses publiques

Pour France Stratégie, la route à suivre est claire : elle doit tendre vers une plus grande réduction des dépenses publiques. Il faudra diminuer le déficit public d’un montant compris dans une fourchette allant de 44 à 88 milliards d’euros en dix ans pour qu’il soit de l’ordre de 1,5% du PIB d’ici là.

Etant donné la faible marge de manœuvre dont dispose le pays pour augmenter les impôts des ménages et des entreprises, réduire les dépenses publiques apparaît donc comme le seul levier véritablement efficace. Aides au logement, retraite, subventions aux collectivités territoriales… autant de lignes de budget – et d’autres encore à venir – sur lesquels le gouvernement actuel et le prochain de 20174 devra s’attaquer.

Reste que la mesure de France Stratégie se base sur un maintien du niveau de l’impôt tandis que certains candidats déclarés à la présidentielle de 2017 plaident pour leur part à une réduction du niveau d’imposition.

Coup de gueule

Le budget 2015 de la Grèce qui a été voté par le Parlement dans la nuit de dimanche 7 à lundi 8 décembre a largement été critiqué par la population. Des manifestations ont eu lieu dimanche soir devant le Parlement à Athènes pour dénoncer la poursuite de la politique d’austérité instaurée par la Troïka UE-BCE-FMI.

Les nouvelles mesures budgétaires, votées à 155 voix pour et 134 contre, sont tout de même moins sévères que celles recommandées par les créanciers du pays. Ces allègements ne sont pas compatibles avec les demandes de la Banque Centrale Européenne, de la Commission Européenne et du Fonds Monétaire International qui insistent sur le fait que la Grèce doit encore trouver deux à trois milliards de recettes.

Ce budget n’est donc ni accepté par la population ni par la Troïka. Hors sans l’aval de cette dernière, le pays ne touchera pas la dernière tranche d’aides européennes obtenues lors du deuxième plan de sauvetage en 2012, soit 1,8 milliard d’euros. Les Grecs redoutent donc une prolongation du mémorandum à cause du budget 2015.

Plusieurs manifestations ont eu lieu tout au long de week-end. Samedi soir, une marche en mémoire d’Alexis Grigoropoulos, tué à l’âge de 15 ans par un policier, le 6 décembre 2008 à Athènes a été organisée. Cette marche a tourné à l’affrontement, la police a procédé à 296 interpellations et 43 déferrements à la justice. Dimanche soir, c’est en réponse à l’appel des syndicats et des partis de gauche que les participants ont manifesté contre la politique d’austérité dans les rues d’Athènes. La situation de la Grèce devrait être au cœur des préoccupations de la réunion des ministres des finances de la zone euro ce lundi 8 décembre.

Crédits photo : Ggia

Politique

Des milliers de personnes ont manifesté dans toute l’Espagne ce samedi 29 novembre. De grands rassemblements ont eu lieu dans les rues de Madrid, de Barcelone et d’autres grandes villes espagnoles pour dénoncer l’austérité et la misère, près de 24% de la population espagnole est au chômage.

Les journalistes de l’AFP ont assisté à la manifestation qui a eu lieu à Madrid, ce week-end. Le cortège s’est formé à la gare d’Atocha pour se rendre à la Puerta Del Sol. Sur les banderoles on pouvait lire “Du pain, un toit, un travail”. Les espagnols souhaitent mettre fin à la politique d’austérité qui provoque la misère pour beaucoup et dénoncent une classe politique, qu’ils accusent de corruption. La situation est difficile pour une grosse partie de la population, qui ne trouve pas d’emploi, qui ne peut pas se loger, à cause du prix des loyers et qui a de plus en plus de mal à se nourrir. Cette année, la Croix-Rouge est venue en aide à plus de 5 millions de personnes, menacées par la pauvreté. Un tiers des travailleurs touchent un salaire de 645 euros seulement.

L’AFP a interrogé l’un des manifestants, Agustin Carretero qui vit dans un appartement de 50 m2 de type HLM avec ses deux enfants de six et huit ans, son loyer est de 500 euros. Agustin raconte que son logement vient d’être vendu à un promoteur pour la somme de 60.000 euros, mais en 2018, il n’aura plus le choix, soit il rachète son appartement pour la somme de 140.000 euros, soit il déménage. Plus de 2.300 personnes sont dans la même situation actuellement.

Le gouvernement annonce une croissance de 1,3% pour 2014, “la plus forte de la zone euro”. Mais cela ne reste que de la propagande pour les manifestants du 29 décembre, “la crise se poursuit, on continue à imposer des coupes claires dans la santé, l’éducation (…) à privatiser l’enseignement” raconte Carlos, chômeur de 48 ans, à la recherche désespérée d’un emploi depuis un an et demi. La situation reste compliquée en Espagne, et la trilogie “pain, toit, travail” n’est pas facilement accessible pour tous.

Crédits photo : Barcex

Coup de gueule

Au total, c’est 100 000 personnes qui ont manifesté dans les rues de la capitale et des grandes villes françaises samedi dernier. Les partis de la gauche de la gauche, des syndicats et des associations se sont rassemblés en réponse à l’appel du collectif 3A : “Alternative A l’Austérité”. L’événement a été organisé pour dénoncer la politique d’austérité du gouvernement.

A Paris, le mouvement a rassemblé près de 30 000 personnes dans un défilé allant de la place Denfert-Rochereau à l’Assemblée Nationale. Une trentaine de manifestations ont également eu lieu dans les villes de province, notamment à Toulouse où la CGT a décompté environ 6 000 participants. Le mouvement a été suivi à plus petite échelle à Bordeaux et à Strasbourg.

La manifestation a eu lieu juste avant le vote de l’Assemblée Nationale du budget d’austérité, jugé inefficace par le collectif 3A. Elle fait également écho à la “répression accrue des mouvements sociaux, écologiques et citoyens” selon les propos de Jean-Luc Mélanchon recueillis par le JDD et AFP, suite à la mort de Rémi Fraisse à Sivens.

Ce rassemblement est un véritable succès, chaque entité a marché ensemble, le PG, le PCF, le NPA et bien d’autres. Comme l’indique Eric Coquerel, coordinateur du parti de Gauche, “c’est la plus grande diversité politique syndicale et associative depuis l’élection de François Hollande, de ce côté de l’échiquier politique”.

Le mouvement ne devrait pas s’arrêter là, de nombreuses personnalités politiques et syndicales étaient présentes, réunies pour dénoncer ensemble la politique du gouvernement, notamment le budget 2015 qui, selon Olivier Besancenot (NPA) est “une facture, douloureuse, présentée à des millions de personnes, pour payer un cadeau qui a été fait au patronat, qui est le pacte de responsabilité. Ce cadeau, on le paie avec des suppressions d’emploi”.

Crédits photo : Jebulon

Politique

Le Conseil national du PCF décide d’une grande campagne nationale contre l’austérité

Suite au rapport présenté par Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, le conseil national a décidé d’engager, avec le Front de gauche, une grande campagne nationale contre l’austérité.

En France, des salariés, les organisations syndicales ne baissent pas les bras. Des citoyens, des économistes, des pans entiers de notre société n’acceptent pas l’idée que la gauche va de nouveau se fracasser contre ce mur de la finance. C’est aussi vrai en Europe.

C’est en pensant à ces forces disponible que nous proposons une grande campagne nationale sur le thème « l’alternative à l’austérité, c’est possible ».

Le PCF propose au Front de gauche de s’y engager très fortement, d’en faire notre feuille de route des six prochains mois, et d’y associer toutes celles et ceux qui veulent en être. Nous proposons une implication citoyenne très large : grand meeting national de lancement avec une série de réunions publiques en régions, organisation de votations citoyennes, de marches contre l’austérité, assemblées, ateliers législatifs, journées de mobilisation sur des questions précises permettant de faire la démonstration que des solutions existent. Nous allons proposer des mesures plus justes socialement et bien plus efficaces économiquement.

La coordination du Front de gauche a réagi très positivement à cette proposition d’une grande campagne nationale contre l’austérité dont l’objectif politique pourrait se résumer à une idée : dans six mois, nos concitoyens qui se retrouvent dans des valeurs de gauche seront-ils résignés, abattus, où au contraire dans un esprit de combativité contre l’austérité, mobilisés pour obtenir un changement de cap au nom de ceux qui ont fait le choix du changement ?

source article : pcf.fr