Coup de gueule

Une vidéo a émergé montrant des policiers tabassant des migrants tchadiens sur un toit lors d’une éviction de squat à Bagnolet

Cette éviction d’un squat de réfugiés remonte au 3 juin dernier. Sans être de très bonne qualité la vidéo montre clairement des policiers frappants des migrants. Les hommes sont au sol et reçoivent coup de matraque, coup de pieds et de poings au visage.

La vidéo aurait été prise par un voisin depuis sa fenêtre. La vidéo fait désormais partie du dossier et sera étudiée par le Tribunal de grande instance de Bobigny. Il est intéressant de noter que la vidéo n’était pas présente dans le dossier fourni par l’officier de police judiciaire au sujet de l’évacuation.

La police couvre les siens

Comble de l’histoire ce sont trois réfugiés qui sont poursuivis dans cette affaire pour « rébellion et incitation à la rébellion ». L’OPJ devait réaliser un album photographique pour aider la justice à comprendre les circonstances de l’arrestation de trois migrants.

Il semble assez clair que la police a volontairement édité les éléments gênants dans son montage. En effet les pièces fournies à la justice ne montrent que les éléments choisis par la police. On ne peut donc comprendre aisément la situation. Au sujet de la scène concernée, elle est décrite comme « particulièrement hachée ce qui empêche d’accéder à une compréhension de l’intégralité de la scène » ; ceci étant censé expliquer pourquoi une scène manque au montage.

Les avocats de la défense dénoncent un montage policier. Les éléments versés au dossier par la police proviennent des mêmes forces de l’ordre qui sont responsables des violences. Le procès est renvoyé au 13 mai. Fort heureusement le contrôle judiciaire des trois prévenus a été levé. Inutile cependant de s’attendre à une condamnation des agents responsables de ce véritable lynchage.