OMS, Big Pharma, solidarité mondiale
IdéesInternational

Mardi 26 janvier, à l’issue de son conseil exécutif, l’OMS a instauré des outils de partage des connaissances à l’échelle mondiale. Malheureusement, les pays riches et Big Pharma refusent d’y prendre part, un choix qui pourrait leur coûter cher. 

«  Le virus prendra le dessus  »

La lente distribution des vaccins Pfizer, Moderna ou AstraZeneca fait que, derrière leur volonté affichée de partage, les pays riches font main basse sur les doses. Le représentant des Etats-Unis à l’OMS, Anthony Fauci, a par exemple assuré que sont pays allait resté dans l’agence onusienne, et qu’il était prêt «  à travailler en partenariat et de façon solidaire pour soutenir la réponse internationale à la pandémie de Covid-19 ». De belles promesses, mais en pratique, rien n’est fait.

Or, « plus longtemps nous attendrons pour fournir des vaccins, des tests, des traitements à tous les pays, plus vite le virus prendra le dessus, avec l’émergence de nombreux variants potentiels, avec un risque plus important encore que les vaccins d’aujourd’hui deviennent alors inefficaces », prévient le directeur général de l’OMS, l’éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Facture de 4000 milliards de dollars

Malgré leurs beaux discours, les pays riches boycottent donc les décisions de l’OMS, à commencer par la France, qui prétend pourtant vouloir faire du vaccin un  « bien public mondial ». Et Big Pharma n’en fait pas davantage. Pfizer et BioNTech ont par exemple annoncé vendredi qu’ils allaient fournir 40 millions de doses pour 92 pays pauvres, une broutille.

Mais selon une étude du réseau international des chambres de commerce, les pays riches pourraient bien regretter leur décision, car les 23 milliards qui leur sont demandés aujourd’hui pour venir en aide aux PED pourraient vite se transformer en 4000 milliards en cas de pandémie prolongée.  « Cette nouvelle année nous offre l’opportunité de changer le cours des choses, de renvoyer le nationalisme vaccinal au passé et d’assurer que les initiatives multilatérales bénéficient du financement et du soutien nécessaires à leur réussite. Garantir l’accès équitable aux vaccins est non seulement le seul choix juste mais, faire autrement, ce serait irresponsable économiquement », prévient le secrétaire général de l’organisation, John W. H. Denton AO.