Mondial, boycott
IdéesSociété

La plupart des grandes villes françaises ont annoncé qu’elles ne diffuseraient pas la coupe du Monde au Qatar sur écrans géants. La plupart invoquent les conditions d’organisation de la compétition pour motiver leur choix, mais d’autres ont récemment avancé l’argument du coût opérationnel et énergétique. D’autres, enfin, envisagent de conditionner la diffusion des matchs aux résultats de l’équipe de France.  

Vies saccagées, aberration écologique

Mercredi 5  octobre, Lyon a rejoint la liste des villes qui ne diffuseront pas la compétition, au motif qu’il s’agit  d’une « abomination sur le plan des droits humains » et d’une « aberration écologique ».

« Ce sont des vies qui ont été saccagées, qui ont été sacrifiées pour cette Coupe du monde, et c’est une aberration sur le plan écologique puisqu’on va essayer de refroidir l’atmosphère qui par ailleurs se réchauffe », insiste le maire écologiste de la ville, Grégory Doucet.  

Coût de la diffusion

Moins préoccupés par les violations des droits de l’Homme que par leurs finances, certains maires assument de ne pas diffuser les matchs en raison du coût des écrans. Selon le maire LR de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, cette diffusion aurait un coût opérationnel et énergétique trop important, dans un « contexte qui n’incite pas à la mobilisation ».

« Organiser en extérieur des retransmissions au début de l’hiver (avec un décalage horaire) et pendant la préparation des fêtes de fin d’année nous paraît depuis toujours d’un très faible intérêt pour le public, et donc peu opportun », estime l’édile.

En fonction des résultats

Enfin, certains maires (de droite et extrême droite) envisagent, eux, de diffuser les matchs en fonction des résultats des bleus. « La route est longue et parsemée d’embûches. Je vous propose de me reposer la question si la France est en finale ou en demi-finale », suggère par exemple le maire de Nice, Christian Estrosi. 

Les mairies de Cannes et Perpignan (LR et RN) ont également annoncé qu’elles prendraient leur décision « en fonction des résultats de l’équipe de France ». 

CEDH, boycott, Israël
IdéesInternational

Jeudi 11  juin, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a décidé que le boycott des produits israéliens n’était pas condamnable, et était même un droit citoyen. 

Affaire vieille de dix ans

L’affaire, initiée en Alsace en 2010, impliquait onze militants de la campagne «  Boycott, désinvestissement, sanctions  » (BDS) ayant conduit des actions d’appel au boycott des produits israéliens pour protester contre la politique expansionniste de l’Etat hébreu.

D’abord relaxés en 2011 en première instance par le tribunal de Mulhouse, ces militants ont ensuite été condamnés par la cour d’appel de Colmar en 2013, décision confirmée par la Cour de cassation en octobre 2015. Les militants ont alors formé un recours auprès de la CEDH en 2016, qui vient de rendre son verdict jeudi 11 juin 2020. 

Par cet arrêt, la CEDH juge donc les décisions françaises d’appel et de cassation contraires au droit européen, en ce qu’elles constituent une violation de l’article  10 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui établit le principe de la liberté d’expression et en limite les restrictions à des cas précis. La CEDH a également rappelé qu’une campagne citoyenne à motivation politique ne pouvait en aucun cas être assimilée à une discrimination économique.

Critique d’Israël ne rime pas avec antisémitisme

« Cette décision met en évidence que la critique des autorités israéliennes et l’usage de moyens pacifiques pour s’opposer à leur politique ne sauraient être confondus avec une manifestation d’antisémitisme », ont déclaré conjointement la Ligue des droits de l’homme (France) et la Ligue internationale des droits de l’homme.

« Israël a mobilisé d’énormes moyens humains et financiers pour faire taire la BDS. Cette décision est un démenti cinglant aux organisations qui se font, en France, le relais de la politique israélienne en attaquant la liberté d’expression et le droit d’action citoyenne », se félicite Taoufiq Tahani, président d’honneur de l’Association France-Palestine Solidarité.