Nos combats

Des déclarations issues du comité confédéral national laissent à penser que le vote d’une grève reconductible reste une possibilité

Ce comité confédéral national s’est tenu les 5 et 6 novembre dernier. Il a réunit les responsables des fédérations professionnelles et des unions locales. Dans sa déclaration finale le comité appelle à l’organisation d’assemblées générales au sein des entreprises et des services publics afin de décider de la marche à suivre pour le 5 décembre. Plus précisément le comité souhaite que soient discutés les « modalités des actions, de la grève, de sa reconduction dans la durée afin de gagner le progrès social ».

L’air de rien, cette déclaration finale rapproche la CGT de la possibilité d’une grève reconductible interprofessionnelle ; ceci n’est pas arrivé depuis plus de vingt ans à l’échelle confédérale. De plus le syndicat appelle à organiser des assemblées générales unitaires pour le 6 décembre. Ensuite le CCN annonce la tenue d’une intersyndicale au niveau nationale pour le même jour. Enfin la CGT appelle ses militants à se mobiliser aussi pour le 7 décembre ; il appellent à « participer massivement à la manifestation nationale contre le chômage, la précarité et pour une reconquête de la sécurité sociale protégeant des risques de la vie ».

Une mobilisation à construire

On voit bien que ces suites d’appels importants visent à poursuivre la mobilisation du 5 décembre. Ceci montre bien que la CGT ne compte pas se laisser faire face aux attaques du gouvernement et cherche à se donner les moyens de ses ambitions. Ceci montre aussi qu’il existe une forte motivation au sein des fédérations et des unions départementales. La CGT a par exemple doublé le tirage de son quatre page sur la réforme des retraites déjà imprimé à un million d’exemplaires.

La réussite du mouvement est malheureusement loin d’être garantie. Il reste à savoir si il saura entraîner largement les salariés dans la grève et éviter que celle-ci reste cantonnée aux transports. L’inquiétude est bien présente même dans les fédérations ayant déjà appelé à la grève reconductible ; la chimie, les services publics et le commerce. Tout le monde semble favorable à la grève reconductible, mais la date du 5 décembre sera un indicateur du niveau de mobilisation.

Foix, CGT, expulsion
Coup de gueule

Lundi 4 novembre à 7h35, quinze policiers et deux huissiers, escortés de déménageurs, ont fait irruption au siège de l’union locale CGT de Foix (Ariège) pour en expulser les occupants. Depuis une semaine le syndicat, privé de local, ne peut donc plus exercer son activité. Cet épisode est le dernier d’une longue liste dans le conflit qui oppose la CGT au maire PS de la ville, monsieur Norbert Meler.

Réaffectation du bâtiment

La mairie et la communauté d’agglomération ont d’autres ambitions pour l’immeuble, qui abrita le local syndical pendant plus de 40 ans. Mais les ambitions en questions ne sont pas très claires, et ont énormément changé en cinq ans, allant du projet d’appartements haut de gamme, à l’hypothèse de foyers-logements pour personnes âgées.

La CGT, elle, n’a jamais refusé de s’installer ailleurs, exigeant seulement que les nouveaux locaux mis à sa disposition soient adaptés à une activité syndicale. Or, ce n’est pas le cas de la maison des associations que la Mairie a octroyé au syndicat. « Ce lieu proposé par le maire est trop petit et n’assure pas la confidentialité pour les salariés qui viennent à nos permanences juridiques », regrette Maryse Gomez, pour qui « le maire fait preuve d’acharnement à l’encontre de la CGT ».

Plus légale que morale

La procédure d’expulsion s’est faite dans les règles. En effet, la cour d’appel de Toulouse avait ordonné à la CGT de quitter les lieux le 17 octobre dernier, mais les militants ont décidé d’ignorer l’arrêt, et de déposer un recours auprès de la cour de cassation. Mais ce recours n’est, hélas, pas suspensif, et la préfète a pu autoriser, à la demande du maire, l’expulsion du syndicat.

Mais légale ou non, cette procédure prive désormais les salariés qui auraient un problème avec leur employeur des permanences juridiques de la CGT, qui apportaient aide et conseils à ceux qui en avaient besoin. « La CGT continue de se battre, tente tout de même de rassurer Maryse Gomez. On va nous voir et nous entendre ! »

Politique

La CGT a lancé une cagnotte pour soutenir les grévistes réclamant l’abandon de la loi El Khomri. 350 000€ ont déjà été récoltés.

L’initiative lancée par la CGT depuis le 24 mai dernier pour apporter un soutien financier aux travailleurs grévistes est entrée dans une nouvelle phase en ce début de semaine. Le syndicat a en effet tout récemment annoncé que la cagnotte s’élevait à présent à quelques 350 000 euros. Un pari que l’organisation syndicale peut d’ores et déjà qualifier de gagné car avec une telle enveloppe, la CGT va ainsi pouvoir dédommager le personnel en grève de chez Air France, Goodyear, des raffineries et d’autres entreprises ou groupes à hauteur de 30€ à 50€ par personne et par jour de grève.

“Solidaires du mouvement”

Ce qui frappe également derrière ce mouvement, c’est la solidarité transgénérationnelle. Le secrétaire général de la fédération Info’com Romain Altmann expliquait à cet égard que “beaucoup de dons viennent de jeunes qui ont entre 20 et 30 ans et de retraités, pourtant pas touchés par le projet de loi, mais solidaires du mouvement”.

Sur les 350 000€ déjà récoltés, un premier versement de près de 160 000€ a été réalisé envers un premier groupe de salariés grévistes précise la CGT suivi d’un deuxième de près de 20 000€ destiné aux grévistes du centre de traitement des déchets d’Ivry-sur-Seine.

Par ailleurs, la CGT a précisé que les fonds récoltés seraient destinés “tous les salariés” grévistes, qu’ils soient syndiqués ou non.

 

Politique

Plusieurs communes de France ont été contraintes de fermer leur service d’urgence pendant l’été faute de médecin pour assurer les permanences. Pour essayer de remédier à cette situation pour le moins critique et très dangereuse, six communes de La Manche avec la CGT ainsi que l’Association citoyenne de défense du centre hospitalier ont décidé de déposer un recours en justice afin de faire annuler la fermeture des urgences de Valognes.

Depuis le début du mois d’août, une manifestation a été organisée devant l’hôpital de Valognes, une ville de 7400 habitants en guise de protestation contre la fermeture des services d’urgence au sein de l’établissement. Une nouvelle manifestation a eu lieu ce samedi. Le maire de la ville s’indigne en rétorquant que les responsables sont en train de jouer avec la vie des habitants. La fermeture du service porte ainsi grandement atteinte à la sécurité des citoyens.

Il faut cependant garder en tête que le cas de Valognes n’est pas un cas isolé. En effet, dans différentes villes à travers la France, les services d’urgence connaissent également des difficultés en cette période estivale. En effet, la pénurie de médecins urgentistes ainsi que les nombreuses manifestations de médecins ces derniers mois ont conduit l’administration des hôpitaux à prendre des décisions assez radicales.

 

Crédit photo: HaguardDuNord

 

Coup de gueuleEconomiePolitique

Ça bouge un peu chez Renault Trucks. Le groupe avait annoncé en avril la suppression de 591 postes sur le site de Lyon contre 79 autres créés (perte nette donc de  512 emplois). Le nombre de licenciements secs devrait être revu à la baisse. La CFE-CGC, majoritaire dans l’entreprise, a annoncé lundi la reprise des négociations.

Il y a vingt jours les discussions, avec les syndicats concernant  le plan social envisagé par la direction, prévoyant 512 suppressions de postes avait cessé. La direction française Renault Trucks du groupe AB Volvo est allée négocier un nouveau mandat en Suède et revient donc avec d’autres propositions et peut-être une nouvelle marge de manœuvre. Des départs en pré-retraite et la réduction de 591 à 559 du nombre de postes supprimés permettraient de réduire le nombre de licenciements contraints. On pourrait s’acheminer, suivant la direction à un plan concernant 150 à 200 licenciements secs.

Dans un communiqué, la CGT quant à elle, dit avoir “pris acte de l’annonce de la trentaine de suppressions de postes annulés”, mais elle considère à juste titre que “les mesures apportées sont loin de la demande exprimée par les organisations syndicales et validée par les salariés”. La centrale reste sur un objectif logique de zéro licenciement contraint.

La feuille de route prévoit maintenant une rencontre mercredi, entre l’intersyndicale (CFE-CGC, CFDT, CGT et SUD) et les ministères de l’Économie, des Finances et du Travail. Une nouvelle réunion de négociations est prévue le 26 août. Rappelons qu’il s’agit du second plan social de Renault Trucks en à peine un an.

Photo de : Mulligan2001

Coup de gueulePolitique

Un appel à la grève a été lancé par la CGT dimanche dernier pour la période du lundi au mercredi, plus précisément pour la journée du mardi. Mais le trafic n’a pourtant pas été dérangé pour autant de toute la journée.

La journée du 10 mars a été comme tous les jours sur les lignes du TGV en dépit de l’appel à la grève lancée dimanche dernier. Seule la ligne B du RER devrait être sujette à quelques perturbations selon les prévisions. Mais à première vue selon la SNCF tout est normal sur les lignes TGV ainsi que les intercités.

Une réforme ferroviaire engagée depuis le mois de janvier serait à l’origine de cet appel de la CGT, et de ce fait la journée de mardi a spécialement été choisie puisque le comité central de l’entreprise était sensé recevoir des consultations sur la mise en œuvre des reformes. La grève est cependant considérée comme non reconductible. De plus, la réforme ferroviaire aura pour effet de regrouper les 149 000 employés de la SNCF avec les 1500 autres du RFF, ce qui aura pour effet de rendre le groupe plus efficace toujours selon la SNCF. D’un autre côté, la CGT cheminot accuse la reforme en question de faire payer au prix fort les cheminots ainsi que les usagers puisqu’elle n’a pour but d’autofinancer la réforme elle-même.

 

Politique

Le 1er octobre 2014 est entré en vigueur le nouveau dispositif des droits rechargeables. Les effets ne sont pas uniquement positifs, et pour au moins 30.000 chômeurs, il serait même pénalisant. Le 18 mars prochain, les partenaires syndicaux se retrouvent pour trouver une solution aux problèmes d’indemnisations posés par le nouveau système.

Lorsqu’un salarié perd son emploi, il doit épuiser ses anciens droits à indemnisation, avant d’obtenir les nouveaux. Vous l’avez compris, s’ils sont inférieurs, il est donc temporairement pénalisé. Cela ne contribue pas à accepter des boulots qui ne correspondent pas à sa demande, même temporairement. L’UNEDIC annonce que 30.000 personnes seraient dans ce cas. Le CGT quant à elle, pense que cela concernerait au moins 100.000 personnes.

De toute façon, il faut trouver une solution à affirmer Eric Aubin (secrétaire confédéral de la CGT) qui a dénoncé un chiffrage restrictif de la part de l’UNEDIC. La CGT demande une “réadmission améliorée” pour permettre aux demandeurs d’emploi de toucher leurs droits les plus élevés pendant toute la période d’indemnisation. La CFDT toujours plus frileuse, est partisane du droit d’option pour que les gens puissent choisir d’abandonner ou pas leurs petits droits en toute connaissance de cause. Et que dire du MEDEF qui ne veut quant à lui rien faire de plus.

Il est évident, qu’apporter un droit nouveau signifie aussi apporter des financements nouveaux.

Crédit photo : Unédic

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Ils étaient plus d’une centaine ce mardi 3 mars aux alentours du barrage de la Rance près de Saint-Malo pour dénoncer l’ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques. Une disposition prévue dans le projet de loi de transition énergétique tout juste adopté au Sénat et qui annone pour la CGT la fin du service public hydroélectrique.

Plusieurs dizaines de salariés des industries Electriques et Gazières se sont rassemblés à l’appel du syndicat CGT Mines Energie de Bretagne afin de sensibiliser le grand public aux menaces que représente le projet de loi de transition énergétique pour l’industrie et le patrimoine hydroélectrique français.

Organisant l’ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques, ce texte prévoit dans un premier temps la mise sur le marché de 49 installations et de deux nouveaux ouvrages représentant plus de 20% du parc hydroélectrique français. Un grand mouvement de privatisation incompréhensible pour ces salariés qui craignent de voir se répéter un scénario identique à celui des concessions autoroutières, et conduisant à une hausse des prix de l’électricité et à une baisse des investissements.

“L’expérience a montré que lorsque le marché privé prend le contrôle d’un bien amorti seuls les actionnaires sont contentés”, explique un manifestant au journal Pays Malouin. “Sous couvert de révolution écologique, il (le texte de loi) cache la privatisation de la production énergie en France et la territorialisation de la distribution de l’énergie”, ajoute un des représentants CGT, très inquiet de voir brader le patrimoine français pour répondre à des exigences européennes mal adaptées et rembourser la dette de l’Etat.

Rappelons ici qu’en vertu d’une disposition européenne concernant l’ouverture à la concurrence des activités de production électrique, le gouvernement a prévu via le projet de loi de transition énergétique, d’ouvrir le capital des structures d’exploitation des barrages hydrauliques à des entreprises et investisseurs privés. Si la propriété des ouvrages hydrauliques français devrait rester publique, l’exécution des concessions pourra elle se faire par le biais de sociétés d’économie mixte où la part publique pourrait devenir minoritaire.

L’État pourra ainsi se désengager jusqu’à 66 % et ne garder que 34 % des parts, tandis que de nouveaux acteurs du marché financier (Français, Européens, mais aussi extra communautaires) fortement intéressés par des installations hydroélectriques très rentables, pourront faire leur entrer dans la filière.

Crédits photo : Wmeinhart

EconomiePolitique

Le président du groupe électronucléaire français Jean-Bernard Lévy a détaillé lors de la présentation des résultats d’EDF le jeudi 12 février dernier, les grands projets pour le parc et la filière nucléaire française dans les années à venir. Des propos rassurants pour la CGT et la Fédération Energie de FO qui dénoncent depuis plusieurs mois déjà les effets néfastes de la réduction du nucléaire sur l’économie, l’emploi et l’efficacité de notre système énergétique.

Si le projet de loi de transition énergétique défendu par le gouvernement devrait être promulgué d’ici l’été prochain, certaines dispositions sensibles du texte ne sont pas du goût de tout le monde, et surtout pas du syndicat CGT qui dénonce la “logique de marchandisation” et la privatisation de l’énergie, qui apparaît à travers cette loi.

Dans le domaine nucléaire notamment, la CGT FNME (Fédération nationale des mines et de l’énergie) se mobilise depuis plusieurs mois maintenant pour contester la réduction de 75% à 50% de la part du nucléaire dans notre mix énergétique national, une mesure qui selon elle, aura des effets catastrophiques pour l’emploi et la qualité du système énergétique français.

“Le nucléaire est une énergie sans carbone, qui permet un faible coût de l’électricité, avec des emplois qualifiés et assure à la France son indépendance énergétique”, souligne le représentant de la CGT au comité central d’entreprise d’EDF Philippe Page, qui estime que les objectifs fixés par le gouvernement conduiront à l’arrêt inéluctable de 15 à 19 réacteurs sur les 58 répartis sur l’ensemble du territoire nationale. Une cataclysme pour l’emploi au sein du groupe EDF bien sûr mais également dans les nombreuses entreprises sous-traitantes et les commerces locaux tous dépendants de l’activité des centres de production nucléaire.

Qualifiant ce projet de loi de “démarche de sobriété imposée et de décroissance”, la FO va même plus loin en considérant la réduction de la part du nucléaire comme une mesure absurde sans lien logique avec les réalités de la conjoncture économique. Le nucléaire “a permis de faire de la France un pays plus vertueux que l’Allemagne” en termes d’émission de gaz à effet de serre, précise FO qui considère ce texte mal adapté aux “besoins des citoyens et des entreprises”.

Cela étant et si le gouvernement a réaffirmé la semaine dernière son objectif de réduction malgré les réserves du Sénat quant au délai imparti, le président du groupe EDF, a quant lui tenu a rappelé l’importance de l’énergie nucléaire pour les décennies à venir et les nombreux investissements qui vont être réalisés. Le nucléaire, en tant que troisième filière industrielle française, présente aujourd’hui des bénéfices écologiques et économiques significatifs et des perspectives de développement prometteuses via le grand carénage destiné à prolonger la durée de vie des centrale et la construction de nouveaux réacteurs.

Le groupe français entend également renforcer sa coopération avec Areva dans une démarche de valorisation de la filière et du savoir-faire nucléaire français. Cette collaboration devrait s’articuler autour trois points essentiels, à savoir, le cycle du combustible amont et aval, la réussite des chantiers en cours, le développement d’un EPR optimisé et d’une nouvelle gamme de réacteurs de 1000 MW.

Crédits photo : Pymouss

Politique

La CGT vient de porter plainte contre X pour espionnage. Des comédiens auraient été employés par un groupe de maisons de retraite pour se rapprocher des salariés et se faire élire au sein des syndicats.

La centrale dénonce “la mise en place d’un système visant à infiltrer le syndicat”. Selon son avocat, Me Sofiane Hakiki, trois comédiens ont été embauchés par la société Orpea-Clinea, n° 2 du secteur des maisons de retraite et des cliniques privées en Europe, afin de mettre en place «un système organisé de surveillance». Ils étaient sous couvert d’un contrat de travail en tant que brancardier ou agent d’entretien à L’Haÿ-les-Roses, Andilly et Lyon en 2010. “Le but était de prendre le pouls social, repérer les hostilités à la direction et ensuite approcher le syndicat qui semblait le plus dangereux” raconte Me Hakiki.

Chaque “implant” a été placé par la société de renseignements privée GSG, spécialisée dans le “conseil en gestion de risque social”, dans le cadre d’un contrat passé avec le gérant des établissements de santé. Facturé 12.500 euros hors taxes par mois au groupe, la prestation comprenait l’envoi de rapports hebdomadaires à l’intention du DRH qui ont été reçus du 22 mars au 4 septembre 2010. Par exemple, dans l’un des rapports, la société apprenait que l’un des observateurs, dans le but de se rapprocher des salariés “les convier à déjeuner chez lui, sorte de pendaison de crémaillère”.

Selon la plainte, ces rapports “caractérisent les délits d’entrave au droit syndical, d’atteinte à la vie privée et de collecte de données à caractère personnel”. Ce n’est pas la première fois que l’on entend parler de la société GSG, son nom est apparu dans l’enquête sur la surveillance illicite de salariés d’Ikea ouverte à Versailles depuis 2012.

Crédits photo : Archibald Haddock