Coup de coeur

Les chansons révolutionnaires accompagnent souvent les manifestations et les revendications. Certaines d’entre elles sont très populaires et traversent les années sans prendre une ride, d’autres s’adaptent aux circonstances.

En 1786, un violoniste du théâtre Beaujolais nommé Bécourt composa le Carillon national, une contredanse très entraînante et fort appréciée de la reine Marie-Antoinette. Ironie du sort, ce sera ce même air que la foule entonnera lorsque la souveraine sera amenée à l’échafaud, en 1793. Bécourt ne se doutait nullement que son air joyeux serait affublé des paroles révolutionnaires, œuvre d’un certain Ladré, un ancien soldat. En 1790, certains vers de la chanson ont été modifiés durant la fête de la Fédération. Près d’un siècle plus tard, ça ira revient sur le devant de la scène grâce à « Si Versailles m’était conté », un film de Sacha Guitry. Une révolutionnaire, incarnée par Édith Piaf, la chante, mais là encore, des retouches ont été apportées aux paroles.

Coup de coeur

En 1871, Eugène Pottier écrit un poème suite à la répression de la Commune de Paris. Il est alors loin de se douter que son œuvre deviendra par la suite l’une des chansons révolutionnaires les plus populaires.

L’internationale est une œuvre d’Eugène Pottier. Sans doute inspiré par les paroles,  Pierre Degeyter, un musicien d’origine belge lui a composé une musique en 1888. C’est ainsi qu’est née une chanson révolutionnaire, qui sera la plus traduite dans le monde. Entre 1890 et 1900, ce chant a été entonné durant tous les congrès du parti socialiste français. La renommée de cette œuvre dépasse les frontières de la France, puisque jusqu’en 1944, l’internationale était l’hymne national de l’URSS. En 1910, lors du congrès international de Copenhague, 500 musiciens et choristes ont entonné l’œuvre de Pottier et Degeyter. Ce fut la consécration, car ce chant deviendra l’hymne du mouvement ouvrier international.