Coup de gueule

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Depuis longtemps engagée dans une transition énergétique où le nucléaire n’a pas de place, l’Allemagne n’a aujourd’hui d’autres choix que de recourir à une énergie de compensation : le charbon. [Diffusé lors du journal télévisé de France 2 le 9 septembre dernier, un reportage explique les impacts, environnemental notamment, de ce choix énergétique contesté.

Afin de compenser les retards et les intermittences de ses projets solaires et éoliens, ainsi que la fermeture progressive de ses centrales nucléaires (la production a déjà été stoppée dans 8 centrales sur 17), le gouvernement d’Angela Merkel a décidé de relancer l’exploitation du charbon, présent en quantité considérable sur le territoire allemand.

Toutefois, selon les journalistes de France 2, l’exploitation du charbon nécessite d’immenses mines à ciel ouvert dont l’agrandissement demande de gros sacrifices : des dizaines de villages, comme celui d’Immerath cité dans le reportage, doivent être entièrement rayés de la carte. Impressionnantes, les images montrent également l’avancée implacable d’immenses roues, les paysages réduits en poussière, et la résignation des nombreuses familles expropriées.

Le charbon représente actuellement une part de 40% dans la production d’électricité outre-Rhin. Un choix énergétique qui ne manquera pas de choquer les défenseurs de l’environnement. Surtout quand on sait que l’énergie thermique issue de la mine d’Immerath entrainera l’émission de 96 millions de tonnes de CO2 chaque année!

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Ce mardi 20 août sonne le glas des ressources que nous offre “naturellement” notre belle planète bleue. En effet, selon l’Organisation Non Gouvernementale Global Footprint Network (GFN), il s’agissait du tristement célèbre “Global Overshoot Day“, le jour où ce que la nature régénère n’est plus suffisant pour alimenter l’activité humaine.

Ce jour est déterminé par calculs depuis 2003 par les scientifiques de l’ONG basée au Canada et le think tank New Economics Foundation. Il ne nous aura fallu que 232 jours, en 2013, pour consommer les ressources naturelles disponibles produites par mère Nature. Cette empreinte écologique est calculée en hectare global par habitant et mesure le rapport entre les ressources naturelles disponibles et la consommation réelle d’un pays.

Le premier dépassement est intervenu en 1970 et, depuis, ne cesse de s’avancer signifiant une accélération inéluctable du processus de dégradation de notre planète. Selon GFN, il faudrait actuellement “plus de 1,5 Terre pour répondre aux besoins d’une population humaine toujours croissante. A ce rythme, nous aurons besoin de 2 planètes bien avant la moitié de ce siècle“.

Le rejet massif de CO2 et la surexploitation des milieux naturels seraient les principaux responsables de cette “dette écologique“. “Le seuil critique a été atteint depuis environ trente ans et la consommation des hommes dépasse désormais ce que la nature est en capacité de lui fournir en termes de recyclage de CO2 libéré et de production de nouvelles matières premières” indique l’ONG.

WWF ne se veut guère rassurant en concluant que “notre empreinte écologique va encore augmenter surtout que d’après les prévisions des Nations unies, la population mondiale atteindra les 9,1 milliards de personnes en 2050“. La Terre n’est pas prête d’afficher des excédents en termes de ressources…

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Le projet de la centrale du Havre qui a débuté en juillet 2013 s’inscrit dans le développement d’une filière française de capture et de stockage du gaz à effet de serre (CO2), on évoque aussi l’acronyme de CSC dans les échanges internationaux. L’expérimentation porte sur le dispositif de capture des gaz toxiques et représente un des potentiels leviers d’action pour contenir le réchauffement climatique.

Un dispositif technique performant

Basé sur une centrale thermique, le dispositif doit permettre de réduire les émissions de dioxyde de carbone comme le rappelle le communiqué de presse des deux exploitants français. EDF et Alstom s’allient pour obtenir le meilleur rendement de cette technologie qui parvient à maturité. Les résultats de ces tests techniques serviront à alimenter une étude des « conditions d’équilibre du système », soit la rentabilité de son exploitation commerciale pour un traitement estimé à une tonne par jour en moyenne.

Des solutions encore assez largement méconnues

L’approche de la production est souvent considérée dans les problématiques énergétiques, mais la généralisation de cette pratique de capture sur les gros émetteurs de CO2 serait une manière singulière de contribuer au principe de l’économie circulaire. Une expertise à acquérir qui pourrait de plus se révéler stratégique sur un marché encore faiblement concurrentiel. Un sondage publié à l’été 2013 et mentionné par le journal britannique the Guardian montre la faible visibilité dont bénéficie cette filière en Grande Bretagne, où une partie de l’opinion ignore complètement les solutions existantes.