conflit d'intérêt, Jacques Maire, Réforme des retraites
Coup de gueulePolitique

Le député LaREM Jacques Maire assume pleinement posséder des actions de l’assureur privé Axa, alors qu’il est corapporteur de la réforme des retraites. Un conflit d’intérêts décrié par l’opposition, qui dénonce une réforme « par les assureurs, pour les assureurs ».

« Je suis possesseur d’actions au titre de mon activité passée. J’ai quitté Axa fin 2012. Depuis, je n’ai aucun contact particulier avec l’assurance, s’est expliqué Jacques Maire à l’AFP lundi soir.  Je n’ai pas vendu les actions. Pour moi, c’est un produit d’épargne classique, comme de l’assurance-vie ».

7 355 euros de dividendes nets en 2017

« Vous allez tirer un bénéfice privé de cette réforme ! » lance, en plein hémicycle, la députée FI Mathilde Panot. Une accusation totalement fondée, Jacques Maire détenant 13 836 parts de la société Axa, pour un montant évalué à 358 935 euros et des dividendes annuels avoisinant les 7 000 euros ( 7 355 euros en 2017).

Conflit d’intérêts caractérisé donc, car plus l’action d’Axa montera, et grâce à la réforme elle montera, plus Jacques Maire s’enrichira. « Jacques Maire ne peut pas rester rapporteur, sauf à assumer que cette loi est définitivement faite par les assureurs, pour les assureurs, s’insurge Mathilde Panot. « Quand on est en situation de conflit d’intérêts, on doit se déporter. C’est la moindre des choses. Mais il y a visiblement déni et mensonge chez Jacques Maire », confirme le premier secrétaire du PS Olivier Faure.

« La réforme vise clairement à diriger l’épargne des Français vers les assurances privées, regrette le député PCF Pierre Dharréville. La majorité a visiblement une notion assez fantaisiste des conflits d’intérêts. Ils ne voient même pas le problème. Pour eux, c’est normal »,

Déontologue de l’Assemblée nationale

« Cela a été déclaré à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Je ne cache rien, c’est public », s’est justifié Jacques Maire, ajoutant qu’il n’y avait pas conflit d’intérêts car la réforme des retraites « n’est pas un texte sur les produits d’épargne français, c’est un texte sur le régime par répartition ».

Mais poussé dans ses retranchements, l’accusé a tout de même accepté de saisir la déontologue de l’Assemblée nationale « pour ne pas laisser d’ambiguïtés » et « voir s’il y a conflit d’intérêts ou pas ».