Coup de gueulePolitique

Plusieurs milliers d’Alsaciens ont manifesté ce samedi 11 octobre dans les rues de Strasbourg contre la fusion de leur région avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Un mouvement emmené par le Conseil Régional lui même qui souhaiterait à la place l’instauration d’un conseil d’Alsace.

Ils étaient 7.000 selon la police et plus de 20.000 pour les organisateurs à s’être déplacés place de Bordeaux à Strasbourg ce samedi pour dénoncer la future réforme territoriale. Un texte qui devrait prochainement être soumis à l’Assemblée en deuxième lecture.

Un mouvement qui aura eu le mérite d’unifier une région le temps d’une après-midi (Haut-rhinois et Bas-rhinois) et de mobiliser sa population peu habituée aux manifestations. Concernant les élus, la droite alsacienne, l’UMP en tête à l’origine de cette manifestation avec les chambres régionales, s’est montrée plus unie que jamais pour s’opposer au projet de réforme territoriale mais la mobilisation ne s’est pas résumée aux limites de l’UMP alsacienne. Des partisans de tout horizon politique étaient réunis.

Rappelons également que la politique du Conseil régionale avait été vivement critiquée suite à l’annonce de la mise en place d’un tarif SNCF préférentiel pour venir manifester: cinq euros l’aller-retour en TER contre 36,40€ en tarif plein. Une utilisation indue de fonds publics pour de nombreux députés socialistes.

Crédits photo : Claude TRUONG-NGOC

Coup de coeur

Jean-Paul_Huchon_photoPS.jpg Deux rapports de la chambre régionale des comptes (CRC) épinglent le président socialiste du conseil régional d’Ile-de-France. De ces documents ressort une très mauvaise gestion des finances publiques régionales. Un nouveau coup dur pour Jean-Paul Huchon, déjà condamné par la justice pour « prise illégale d’intérêts ».

Le premier rapport dénonce l’absentéisme des fonctionnaires qui « dépasse quarante-cinq jours par an soit près du quart du temps effectif de travail des agents ». La CRC évoque une perte qui s’élève tout de même à près de 40,3 millions d’euros et une gestion des ressources humaines totalement calamiteuses depuis la décentralisation de 2004. Mais ce n’est pas tout. La chambre régionale des comptes fustige dans un second rapport la conduite de la politique de la petite enfance par la région. Pour l’attribution des places en crèches, elle dénonce une sophistication croissante des critères d’attribution qui vient totalement perturber l’organisation et la gestion des places. En bref, un conseil régional à la dérive en matière de gestion des fonds publics. Pour la candidate UMP à la région Ile-de-France Valérie Pécresse, « l’absence de pilotage du conseil régional en matière de gestion des personnels qui conduit à un système qui dérive ».

Mais ce n’est pas tout pour Huchon, l’opposition francilienne ne cesse de condamner les « gabegies de la majorité rose-rouge-verte de la Région », notamment en pointant du doigt des subventions et des dépenses parfois curieuses. Jean-Marc Ruffin, maire de Lésigny et membre du Nouveau Centre, dénonce « une étude dont le coût a été de 500 000 euros pour la faisabilité d’utiliser des montgolfières ou des dirigeables pour le transport économique» exigée par l’écologiste JM Brulé, allié de Jean-Paul Huchon au conseil régional d’Ile-de-France ! Sans surprise, l’étude apporta une réponse négative au projet de JM Brulé. Dans une tribune publiée sur internet, des cadres et élus de l’UMP francilienne parlent de « subventions indécentes, trains de vie somptuaires, contrats de travail hasardeux, gâchis publics… ».

Depuis 14 ans à la tête de la région, Jean-Paul Huchon a aussi dû faire face à la justice. Condamné en 2007 pour « prise illégale d’intérêts », ilest ainsi accusé d’avoir «fait prévaloir un intérêt personnel sur l’intérêt général dont il est pourtant le garant en sa qualité d’élu» , notamment en encourageant la région à engager sa femme ou des entreprises dans lesquelles sa femme était salariée pour des événements culturels. Il est finalement condamné à 6 mois d’emprisonnement avec sursis et 60 000 euros d’amende.

Après 14 à la tête de la région, le bilan du président du conseil régional apparaît donc comme très mitigé.

Politique

Photo : parti socialisteLa Chambre régionale des comptes (CRC) d’Île-de-France a publié deux rapports qui dénoncent la mauvaise gestion des finances publiques régionales par le président de région, Jean-Paul Huchon. Le premier s’inquiète du record d’absentéisme des agents techniques dans les lycées francilien et le second met en évidence l’opacité des critères d’attributions des subventions aux crèches.

Le premier rapport de la CRC, qui s’est penché sur la gestion des ressources humaines par la région, fait état d’un absentéisme « élevé » et « onéreux » dans les lycées. Il indique qu’en moyenne, ces 8145 agents payés par la région sont absent plus d’un mois par an. Un chiffre « supérieur à celui des grandes communes et départements franciliens ».

« La moyenne des absences dépasse quarante-cinq jours par an soit près du quart du temps effectif de travail des agents », s’indignent les auteurs du rapport consulté par Le Monde. Selon la CRC, le coût de ces absences pour la région serait de 40,3 millions d’euros par an !

Le second rapport, dédié aux interventions régionales en faveur de la petite enfance, s’inquiète sur « les sérieuses difficultés d’application » des critères d’attribution des subventions aux projets de crèches. D’après la CRC, la réglementation à ce sujet mise en place par la région serait d’une « sophistication croissante ». Elle prévoit « 20 critères » dont « certains apparaissent inopérants ou invérifiables par les services » et d’autres « n’ont jamais été mis en œuvre ».

L’organisme de contrôle des dépenses publiques s’interroge aussi sur le fait qu’entre 2008 et 2011, 27,5 % des 17,5 millions d’euros de crédits régionaux ont été versés à Paris alors que la capitale « compte le nombre le plus important de places de garde rapporté au nombre d’enfants concernés ». Le rapport regrette que les « indicateurs sociaux » ne soient pas pris en compte pour que ces aides puissent bénéficier à des villes plus pauvres à la place de Paris.

L’opposition du conseil régionale, par la voix de sa tête de file, Valérie Pécresse a dénoncé « l’absence de pilotage du conseil régional en matière de gestion des personnels qui conduit à un système qui dérive ».

En 2007, Jean-Paul Huchon a été condamné par la justice à 6 mois de prison avec sursis et à une amende de 60000 euros pour prise illégale d’intérêts.