Coup de gueule

Le projet de loi Marisol Touraine est aujourd’hui encore beaucoup contesté par les médecins libéraux qui estiment que de nombreuses réformes leur sont tout à fait défavorables. Le tiers payant reste l’une des plus discutée même si plus de la moitié des français étaient favorable à la généralisation du tiers payants.

Trois syndicats de médecins : CSMF (Confédération des syndicats médicaux français), MG France et FMF (Fédération des médecins de France) appellent ainsi leurs collègues à faire la grève ce mardi en guise de protestation contre les réformes du projet de loi qui doit être examiné à l’Assemblée Nationale à partir d’aujourd’hui. Certains ont même prévu de se rassembler devant l’Assemblée Nationale avant que le débat ne commence.

De nombreux médecins ont répondu à l’appel pour une journée morte. Le point qu’ils ne cautionnent toujours pas reste la généralisation du tiers payant qui se produira d’ici 2017. Cela représente une grosse perte pour eux ainsi que d’éventuels retards de paiement des assurances vu que les patients pourront se trouver encouragés par ces dispositions à consulter plus souvent. Un sondage réalisé récemment montre en effet que 63% des français sont favorables au projet de loi et spécialement en ce qui concerne le tiers payant.

 

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Votée le 14 octobre dernier par l’Assemblée nationale dans le cadre de la nouvelle loi de transition énergétique, l’ouverture à la concurrence de l’exploitation des concessions hydrauliques aurait pu passer comme une lettre à la poste. C’était sans compter sur la détermination et la mobilisation de nombreux syndicats inquiets pour l’avenir du réseau hydraulique français et de son personnel. Des mouvements de contestation se sont ainsi multipliés durant tous le mois de novembre un peu partout sur le territoire. Le dernier en date, organisé cette semaine près de Toulouse à l’appel de la CGT, aura regroupé plusieurs dizaines d’agents EDF souhaitant informer les usagers sur les dangers d’une privatisation des barrages hydroélectriques.

Selon ces nouvelles dispositions législatives, la propriété des ouvrages hydrauliques français devrait rester publique, mais l’exécution des concessions pourra se faire désormais par le biais de sociétés d’économie mixte où la part publique pourrait devenir minoritaire. L’État pourrait en effet se désengager jusqu’à 66 % et ne garder plus que 34 % des parts. Une mise à mort programmée du service publique hydraulique pour le syndicat CGT EDF, qui suite à la journée de mobilisation nationale du 4 novembre dernier, encourage les personnels des industries électriques à rester mobiliser.

“Notre inquiétude c’est que tout l’argent que l’on met aujourd’hui pour la sécurité, la sûreté des ouvrages ou la maintenance de nos installations ne serve plus qu’à rétribuer des actionnaires privés ou des fonds de pension. Ici en Ariège on est très inquiet pour l’avenir”, souligne Laurent Farenc, secrétaire CGT des agents de production en Ariège.

Particulièrement mobilisée, l’unité de production hydraulique Sud-Ouest d’EDF organise dans ce cadre des manifestations d’information sur l’ensemble des communes de la région depuis maintenant plusieurs semaines. “La gestion de l’eau doit rester publique” et le projet présenté apparaît comme “idéologique” et “dangereux pour les usagers”, ajoute le délégué syndical CGT de Toulouse, Jean-Daniel Navarro pour qui les conditions d’emploi du personnel évolueront forcement dans le mauvais sens.

Mais les enjeux de la privatisation hydraulique ne se limitent pas aux aspects financiers et humains. La CGT est également fortement préoccupée par les risques pouvant découler d’un éclatement des concessions. La production hydraulique et la gestion des rivières font parti d’un ensemble cohérent, permettant à la fois de réguler le réseau électrique et de garantir un étiage suffisant des cours d’eau pour le refroidissement des centrales nucléaires. Une cohésion du réseau qu’il paraît bien difficile de garantir une fois les mouvements de privatisation enclenchés.

D’autre part, l’émiettement de la production hydroélectrique entre plusieurs entités entraînera de manière inéluctable, selon le syndicat, un éclatement de l’activité de recherche, actuellement concentrée au sein du groupe EDF.

Crédits photo : Ludovic Péron

Politique

En grève depuis près de 17 jours, les syndicats et les marins de la SNCM ont voté ce jeudi la suspension du mouvement de contestation. Les différentes parties en négociation seraient finalement tombées d’accord sur une prolongation de l’activité de cinq mois.

La SNCM a donc gagné un surcis de quelques mois. C’est en tous ce qu’ont annoncé les six syndicats de la compagnie maritime qui ont accepté les nouvelles propositions du négociateur envoyé par le gouvenrement.

Les marins ont donc repris le travail après l’assemblée générale qui s’est tenue dans la matinée de jeudi et à laquelle ont assisté environ 200 marins sur le « Danielle Casanova », l’un des bateaux de la compagnie. Un peu plus tôt, le « Kalliste », navire de la Méridionale bloqué à quai à Marseille depuis une semaine par les grévistes de la SNCM, avait pu appareiller. Une décision qui devrait ravir l’ensembles des acteurs socio-économiques corses touchés de plein fouet par ce mouvement.

Parallèlement, Veolia, dont la filiale Transdev, possède 66 % du capital de la SNCM, s’est dit prêt à céder cette participation pour 1 euro symbolique même si pour  Antoine Frérot, président de Véolia, la seule solution pour sauver la liaison entre Marseille et la Corse est de “constituer une nouvelle société afin d’effacer les amendes de Bruxelles”.

A l’origine de mouvement de grève, la réclamation à la SNCM par la Commission européenne de plus de 440 millions d’euros d’aides publiques que la compagnie aurait indument perçue. Une dette qui obligerait la société maritime à être placée sous contrôle du tribunal de commerce. Les syndicats ont toutefois annoncé avoir obtenu un moratoire de plusieurs mois excluant dans l’immédiat une procédure de redressement judiciaire.

Crédits photo : Trayex

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Un mouvement de contestation des agriculteurs a eu lieu ce mardi en région parisienne alors que le projet de loi d’avenir de l’agriculture est actuellement étudié à l’Assemblée nationale. Les manifestants entendent notamment dénoncer la multiplication abusive des normes régissant la pratique de leur activité.

Ainsi, plusieurs centaines de manifestants ont envahi ce matin la place de la Concorde masqués de sac-poubelles et équipés de palettes pour bloquer la circulation. D’autres points centrales en région parisienne ont également été perturbés. Le marché de gros de Rungis et la circulation sur l’autoroute A1 notamment qui furent bloqués dans la nuit de lundi à mardi.

Ces manifestations interviennent alors que le projet de loi sur l’agriculture est actuellement examiné en commission à l’Assemblée avant d’être soumis aux débats au début du mois de juillet. Dénonçant la multiplication des “contraintes” faisant peser sur les exploitations agricoles toujours plus de restrictions et de charges, les syndicats agricoles avaient donc appelé à une journée de mobilisation nationale.

Principalement mis en cause dans ce projet de loi, l’article concernant la délimitation d’une zone d’interdiction d’épandage de produits phytosanitaires (comprenant des produits homologués en agriculture biologique) à moins de 200 mètres de toute zone d’habitation publique. Alors que plus de 100 000 hectares seraient concernés pour la seule région Ile-de-France, la FDSEA rejette en bloc cette nouvelle mesure qui, comme le souligne Dominique Barrot, secrétaire général du syndicat, “vient encore un peu plus réduire l’outil de travail des agriculteurs, dans un contexte de demande alimentaire mondiale croissante. Plus grave pour les producteurs spécialisés, c’est le risque d’être obligés d’arrêter leurs activités».

Crédits photo : Croquant

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Plusieurs manifestations culturelles toulousaines risquent d’être perturbées par le mouvement de contestation des intermittents. Le festival Rio Loco et la programmation de certaines salles de théâtre sont actuellement toujours incertains. Une assemblée générale doit se tenir ce mercredi pour décider de la suite du mouvement.

La colère des intermittents s’est donc propagée en province. Après plusieurs manifestations en région parisienne, c’est aujourd’hui la ville rose qui est touchée. Contestant ainsi une possible remise en cause de leur statut, de nombreux professionnels du monde du spectacle ont voté la grève à Toulouse.

Premier concerné par ce mouvement, le festival Rio Loco qui avait rassemblé près de 125 000 spectateurs lors de l’édition 2013, pourrait voir certains de ses spectacles annulés faute de personnels. Ce fut déjà le cas pour la soirée spéciale d’hier mardi 10 juin organisée en partenariat avec un banque et l’hôpital Sourire. Rappelons ici que sur les 624 salariés du festival, 74 dépendent du régime des intermittents.

L’ensemble des théâtres de la ville rose devrait également souffrir de ce mouvement. Comme l’explique Eric Vanel, coordinateur du théâtre du Grand Rond et délégué régional du syndicat national des arts vivants, “leurs directeurs ont décidé eux-mêmes de se mettre en grève parce que le mouvement concerne aussi bien les employeurs que les employés”. Les salles du Grand Rond, Le Hangar, Le Ring, le Chien Blanc, du Pont Neuf, du Pavé, du Fil à Plomb et la Cave Poésie ont ainsi pris part au mouvement.

Crédits photo : David Olivari

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Révoltés par le montant toujours plus bas de leur prime d’intéressement, des salariés du siège social du groupe Casino basé à Saint-Étienne ont en guise de protestation, reversé la totalité de leur prime à une organisation caritative. Ils entendent par ce biais dénoncer la politique de l’entreprise qui malgré un chiffre d’affaire et des dividendes en hausse, ne cesse de réduire la participation des salariés.

Ainsi, plus d’une centaine de salariés du groupe Casino ont reversé leur prime jugée dérisoire (quelques dizaines d’euros en moyenne) à l’association caritative “42 Sourires d’enfants” intervenant au CHU de Saint-Etienne. Une bonne action certes, mais dont l’objectif est avant tout de protester contre la direction du groupe. En effet, comme le précise Frédérique Augis, représentante CFDT, “les salariés de Casino ne demandent pas l’aumône, mais une reconnaissance de leur travail et de leur implication”, alors que le montant des primes versées actuellement s’apparente plus à de la provocation.

“Voici une dizaine d’années, l’intéressement et la participation cumulés constituaient l’équivalent d’un 14e mois. Aujourd’hui, cela représente 200 euros, alors que le chiffre d’affaires, les bénéfices et les dividendes du groupe ne cessent d’augmenter”, a ajouté la syndicaliste. L’ensemble des employés dénonce de ce fait l’accord sur le calcul de leur intéressement établi pour les trois prochaines années, et signé en 2013 par FO et la CFE-CGC, qui, selon eux, prévoit qu’il soit “calculé sur les résultats des sociétés historiques, les moins rentables du groupe”.

Crédit photo : Groupe Casino