Coup de coeur

Ségolène Royal souhaiterait remplacer Pierre Mongin par un de ses conseillers, Francis Rol-Tanguy, à la tête de la RATP. Ceci non pas parce qu’il serait mieux qualifié pour le poste, mais parce que sa présence dérange au sein du ministère. Une intervention de la ministre, accusée de copinage, qui dérange. Entre des expériences malheureuses à différents postes importants et une condamnation en justice en 2012, Francis Rol-Tanguy semble être un habitué des polémiques. 

 Pierre Mongin, actuel directeur de la RATP, a été convoqué chez le secrétaire général de l’Élysée, Jean-Pierre Jouyet le 26 juin prochain. Un rendez-vous qui n’annonce rien de bon pour celui qui est à la tête de l’entreprise publique depuis maintenant 8 ans. En effet, selon le site d’informations Atlantico,Ségolène Royal jouerait de son influence pour le faire remplacer par un de ses conseillers, Francis Rol-Tanguy. Celui-ci ne serait pas assez écolo pour le cabinet de Mme Royal qui essaierait donc de le recaser à la direction de la RATP.

Un copinage qui dérange dans une République déclarée « irréprochable » par François Hollande il n’y a pas si longtemps de cela. Cette nomination contrôlée en coulisse par la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie ne serait cependant pas le premier manquement à la règle. L’été dernier, le Président de la République était pris en flagrant délit de camaraderie un peu trop appuyée alors que les instances de la Caisse des Dépôts se retrouvaient assaillies par ses proches.

Ségolène Royal elle-même aurait bénéficié de sa proximité avec les autorités publiques lors de sa nomination à la vice-présidence de la Banque publique d’investissement. Des échanges de bons procédés entre membres du Parti socialiste sont souvent pointés du doigt par la presse et posent des questions d’éthique évidentes. Ce n’est cependant pas ce qui dérange le plus dans l’affaire de la nomination de Francis Rol-Tanguy à la tête de la RATP. Atlantico rappelle en effet le passé judiciaire inquiétant du conseiller chargé de l’énergie, du mix énergétique, des transports et de la mer de Ségolène Royal.

En 2012, l’inspection du travail a déposé deux plaintes contre lui, alors qu’il était directeur de l’Atelier parisien d’urbanisme, pour travail dissimulé et non-paiement des heures supplémentaires. Il a finalement été condamné à 42 000 euros d’amende pour infraction à la législation du travail. Ajoutez à cela un parcours chaotique au sein de la SNCF et une brève carrière politique à Montreuil et vous obtiendrez l’anti-candidat par excellence pour le poste de directeur d’une des plus grandes entreprises publiques françaises.

Alors que le Gouvernement ne cesse de réaffirmer son soutien aux entreprises du pays, toujours en difficulté aujourd’hui, Ségolène Royal s’apprête peut-être à sonner le glas des derniers points de popularité de la majorité. Qu’importe l’opinion de la population, qu’importent l’éthique et la morale, qu’importent les milliers d’emplois de la RATP concernés, l’amitié doit passer avant tout. Non ?