rentrée, coût
Société

Alors que les loyers augmentent plus vite que les bourses, et que les APL vont en diminuant, les étudiants ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Et dans ce contexte actuel, qui impose l’emploi du masque et de gel hydroalcoolique, leur situation qui ne risque pas de s’améliorer.

Coût unitaire de 2361 euros

La Fage ( fédération des associations générales étudiantes ) a récemment publié un rapport estimant que le coût de la rentrée 2020 devrait s’élever à 2 361  euros par étudiant, soit 76  euros de plus qu’en 2019. Un constat partagé pas l’Unef, qui précise qu’ « alors que l’inflation au mois de juin est de 0,2  %, le coût de la vie pour les étudiants augmente de 3,69  %, soit presque 18,5  fois plus ».

« Le coût de la vie étudiante explose depuis le début du quinquennat avec une augmentation de 8,71  % . L’APL (aide personnalisée au logement) a été amputée et les bourses ne suivent pas l’inflation », déplore Mélanie Luce, présidente de l’Unef, qui dénonce également le prix des logements. « L’explosion du coût de la vie étudiante demeure liée en partie à l’augmentation du prix des petites surfaces. L’écart entre les appartements de moins de 24  m² et les autres est en moyenne de +  2,56  % », rappelle la syndicaliste. 

Les étudiantes davantage pénalisées 

En ce qui concerne les inégalités hommes femmes, le syndicat étudiant ne démord pas. L’écart était déjà énorme l’an passé (118 % plus élevé pour les femmes ), et il ne va pas aller en rétrécissant. Une différence due, selon Mélanie Luce, à « une précarité menstruelle forte touchant toutes les personnes menstruées, mais également à la “taxe rose” des conventions sexistes qui encouragent les femmes à supporter le coût de la contraception, à s’épiler, se maquiller… ».

Sans oublier qu’à ces dépenses viendront s’ajouter celles liées à l’épidémie, les masques étant obligatoires à la rentrée. « En prenant les moins chers, nous arrivons à 230  euros sur l’année », rappelle  la jeune femme, tandis que la Fage porte elle le compte à 31,75  euros par mois. 

Politique

Pour prendre en compte l’inflation, le gouvernement a accordé mardi 19 août une hausse de 0,7 % de l’allocation de rentrée scolaire (ARS) pour les familles modestes. Un coût que l’association Familles de France tente d’évaluer chaque année.

Ainsi, selon les chiffres de Familles de France dévoilés le 20 août dernier, le prix des fournitures scolaires a une  nouvelle fois augmenté. Pour une entrée en 6e,  il faudra donc compter 189,09 € cette année contre 185,08 € l’an dernier, soit une inflation de 2,17 %.

Cette augmentation concerne plus particulièrement les articles de papeteries (+ 1,4 %) et les articles de sport (+ 4,5 %) et dépendra comme chaque année de la taille du point de vente. En hypermarché, la rentrée coûtera 174,79 € tandis qu’elle reviendra à 199,51 € en supermarché et 206,34 € dans les magasins spécialisés.

Face à cette hausse généralisée qui touche les familles modestes, le gouvernement a annoncé un majoration de l’allocation de rentrée scolaire de 0,7 %. Cette aide, accordée sous conditions de ressources, correspond à 364 € pour un enfant entre 6 et 10 ans, 384,56 € pour un enfant entre 11 et 14 ans, et 397 € pour un enfant entre 15 et 18 ans. Elle avait déjà été augmentée de 1,2 % en 2013 et de 25,0 % en 2012.

Crédits photo : Surtsicna