couvre-feu, tourisme, VTC
EconomiePolitiqueSociété

Mercredi 14 octobre, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’un couvre-feu de 21 heures à 6 heures du matin en Ile-de-France et dans huit grandes métropoles : Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Etienne, et Toulouse. Cette mesure, jugée radicale par certains, met en difficulté les professionnels du tourisme, déjà particulièrement touchés par la crise.

L’hôtellerie et la restauration durement touchées

« L’inquiétude est réelle pour les 800 000 salariés du secteur de l’hôtellerie et de la restauration, s’alarme Arnaud Chemain, de la CGT commerces et services. Dans les bars, dans les pubs, dans les hôtels et même dans les restaurants, 21  heures, c’est une heure d’activité réelle et pour certains, les services de nuit  s’étalent jusqu’à deux heures du matin ».

C’est  « toute une profession qui est en péril. Avant le Covid, il manquait 150 000 emplois dans la branche et aujourd’hui, 150 000 emplois ont été détruits », déplore le syndicaliste, rejoint ici par la chambre patronale d’Ile-de-France, qui estime qu’« un tiers des TPE-PME du secteur de l’hôtellerie et de la restauration risque de se retrouver en faillite ».

« Bien sûr, nous sommes bien conscients du risque sanitaire, mais le pire avec cette nouvelle annonce de restriction, c’est que le gouvernement nous ôte des moments de convivialité, de vivre ensemble », ajoute Arnaud Chemain.

Les chauffeurs VTC pas épargnés

« Couvre-feu ou pas, pour nous, c’est pareil : on n’a pas de boulot depuis des mois, se lamente Saya Baaroun, adhérant du Syndicat des chauffeurs particuliers (SCP-VTC). On a perdu des milliers d’euros pendant le confinement et les mois de juillet, d’août et de septembre ont été catastrophiques, sans touriste, sans festival, en somme, sans clientèle pour nous ».

« C’est toute la profession qui s’est effondrée et en tant qu’entrepreneur, on n’est pas aidé », poursuit le chauffeur, déplorant que l’aide offerte par le gouvernement suffise à peine à couvrir ses frais.  « C’était déjà la mort, alors, couvre-feu ou pas, finalement, ça ne change pas grand-chose », conclut-il sombrement.