Politique

France Liberte : des milliers de personnes ont dit au revoir à Danielle Mitterrand

Les obsèques de Danielle Mitterrand se sont déroulées aujourdʼhui à Cluny en présence de milliers dʼanonymes, de la gauche française et des représentants des peuples quʼelle a soutenus, peuples dʼAmérique Latine, Kurdes, Sahraouis, Iraniens, Tibétains…

Le gouvernement Français était représenté par Frédéric Mitterrand, neveu de Mme Mitterrand.

Autour de sa famille, près de 2 000 mille personnes se sont recueillies pour un dernier hommage dans les jardins de lʼAbbaye de Cluny.

A lʼoccasion dʼune conférence de presse, Emmanuel Poilâne, directeur de France Libertés, la fondation de Danielle Mitterrand a réaffirmé la volonté de poursuivre les combats et les engagement de sa fondatrice.

La cérémonie a été ouverte par un prélude de Chopin interprété au piano par Miguel Angel Estrela, virtuose argentin, ami de longue date de Danielle Mitterrand. Le cercueil est entré dans les jardins devant une haie dʼhonneur de 40 élèves ingénieurs de lʼEcole Nationale de Arts et Métiers.

A lʼissue des discours de Michel Joli, secrétaire général de France Libertés et de Gilbert Mitterrand (voir les discours ci-joint), la famille a souhaité projeter un documentaire « Danielle Mitterrand et France Libertés » avec la voix de Mélanie Laurent sur un texte de Danielle Mitterrand retraçant les combats quʼelle a menés avec sa fondation : de la lutte contre lʼAppartheid au soutien des peuples kurdes en passant par les forums sociaux ou le combat pour lʼaccès à lʼeau pour tous.

Le cortège parmi lequel de nombreuses personnalités de la gauche française, François Hollande, Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal, Manuel Walls, Harlem Desir, Laurent Fabius, Hubert Védrine, Sandrine Bélier a ensuite accompagné le cercueil jusquʼau cimetière.

Danielle Mitterrand a été inhumée aux côtés de sa famille au cimetière de Cluny, dʼoù elle pourra contempler pour lʼéternité les collines de cette « vallée inspirée » quʼelle aimait tant.


Lʼadieu des Porteurs dʼeau à Danielle

« Chacune de mes rencontres avec Danielle fût un moment d’intense plaisir. Toujours souriante et aimable, elle n’en faisait pas moins preuve d’une détermination et d’une vigueur qui surprenaient ses interlocuteurs. Elle parlait avec force et conviction du nécessaire respect de la dignité de chaque être humain, fût-il le plus misérable, le plus démuni. La même conviction perçait dans son propos quand elle abordait le problème de la justice, du besoin de compréhension et de partage équitable. Quoi d’étonnant alors que son engagement pour rendre l’eau accessible à tous les êtres humains, ait pris une telle importance dans sa vie de femme militante. C’est ce combat pour l’eau, pour la justice, pour plus de compréhension entre les êtres humains, en somme, pour plus de fraternité, qui a tissé nos liens d’amitié, que chaque nouvelle rencontre rendait plus solide. Je ressens le vide créé par sa mort. Malgré notre différence d’âge je me suis vite sentie très proche d’elle. Son humanité, son énergie juvénile m’ont marqués. J’espère que l’oeuvre entreprise se prolongera, car les problèmes demeurent. Elle m’a appris à garder les yeux ouverts… » Mélanie Laurent

« Un engagement sans concession au service de l’autre Un engagement rare fait de simplicité et de discrétion J avais beaucoup d’admiration et de tendresse pour elle Elle va me manquer Je l aimais » Yann Arthus-Bertrand

« Le peu que je suis nʼest pas grand chose mais je le dois tout à Danielle Mitterrand, mon modèle de rigueur, de vision, de beauté, de lumière. Je lʼaimais. » Philippe Starck « Danielle, je l’aimais ! Elle m’impressionnait alors qu’elle était toujours si amicale avec moi. Son courage, sa passion pour l’humain, son besoin de toujours faire tout ce qu’elle pouvait pour les causes qu’elle avait choisies de défendre. Elle osait !, toujours… et elle rejoint dans mon coeur l’Abbé Pierre. » Agnès b.

« Une belle et généreuse conscience vient de sʼabstraire de notre réalité. Danielle Mitterrand fait partie de ces êtres qui ensemencent de leur bienveillance active un monde où lʼaridité semble gagner. Jʼai le regret et le chagrin au coeur que nous nʼayons pu accomplir la rencontre quʼelle souhaitait obstinément, probablement pour échanger sur nos engagements humanistes. Je reste honoré de cette intention et de cette attention qui suscitent, dans le secret de mon coeur, gratitude et immense affection pour toujours. » Pierre Rabhi, Lablachère, le 25 Novembre 2011.

« De Madagascar, j’apprends la disparition de Danielle Mitterrand. Au delà de la peine que chacun ressent, je voulais vous dire le désarroi que provoque son départ. Elle est de ces personnages irremplaçables qui laissent un vide éternel. J’avais eu quelques trop rares occasions de la rencontrer et je garde le souvenir d une femme à l’écoute ; à l’écoute des petites et grandes misères du monde. Une femme tournée vers l’autre et donnant sans recevoir. Dans ce moment de chagrin, je voulais juste vous transmettre mon amitié. Nicolas Hulot

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Politique

Une grande dame vient de nous quitter ce 22/11/2011 : Danielle Mitterrand

Agée de 87 ans, Danielle Mitterrand a porté jusqu’au bout ses idées. Elle fêtait le mois dernier le 25è anniversaire de sa Fondation entourée et écoutée, pour son plus grand bonheur, de nombreux jeunes.

Malgré son départ, Danielle Mitterrand nous laisse un message d’espoir, qui montre la voie d’un monde plus juste aux générations qui inventeront le monde de demain. « Nouveaux résistants à l’ordre néolibéral, bâtisseurs d’un monde où chacun trouve sa part de vie, de liberté et d’action, expérimentateurs de solutions alternatives aux problèmes du temps… Qu’ils se rassemblent, s’unissent, fusionnent partout dans le monde pour mettre un terme à la dictature économique et financière, suppôt des dictateurs politiques. Celles-ci semblent être, enfin, ébranlées par la colère des peuples. C’est heureux mais ce n’est qu’un début. Je souhaite de tout cœur que nos propositions en faveur des biens communs du vivant soient comprises de tous et participent à l’urgente et indispensable métamorphose de la société humaine vers une nouvelle civilisation ».

France Libertés donne rendez-vous jeudi 24 novembre à 13 h sur le Pont des Arts à Paris à tous ceux qui souhaitent rendre un dernier hommage à Danielle mardi 22 novembre.

Personnalités et anonymes se retrouveront en ce lieu emblématique dʼoù Mme Mitterrand avait lancé la campagne des Porteurs dʼeau pour lʼaccès à lʼeau pour tous le 5 juin 2010.

Son cercueil sera visible au funérarium des Batignolles vendredi 25 novembre de 14h à 17h.

Lʼinhumation aura lieu au cimetière de Cluny à 15h00 le samedi 26 novembre.

Danielle Mitterrand a porté jusqu’au bout ses idées. Elle fêtait le mois dernier le 25è anniversaire de sa Fondation entourée et écoutée, pour son plus grand bonheur, de nombreux jeunes.

Celle qui se reconnaissait dans les mots de Jean Paul Sartre « Il n’est pas juste de vouloir traiter les souffrances des hommes sans sʼengager dans la lutte contre les causes même de ces souffrances » avait créé France Libertés pour toujours rester à l’écoute des peuples et de leurs droits et retransmettre leurs attentes.

Pour lui rendre un dernier hommage ou pour partager avec nous votre vision de Danielle et de ses engagements, écrivez quelques mots ici : http://www.france-libertes.org/Livre-d-or.html

source article : http://www.france-libertes.org/

Politique

Belo Monte : tous devant la Grande Arche de la Défense samedi 20 août pour sauver le « poumon vert » de la Terre !

Organisée dans le cadre des journées mondiales d’action contre le barrage de Belo Monte (voir article précédent) et soutenue par France Libertés, Movimento Xingú Vivo Para Siempre (Brésil) et l’ONG américaine Amazon Watch, une manifestation se tiendra le samedi 20 août 2011 de 15h à 18h devant les marches de la Grande Arche de la Défense (côté Paris). Soyez nombreux à venir demander l’abandon définitif du projet Belo Monte, la suspension de tout autre projet de barrage en Amazonie allant à l’encontre du respect des droits des peuples autochtones et de la biodiversité et la recherche d’une alternative énergétique non destructrice pour l’environnement.

« Nous, peuple indigène du Xingù, ne voulons pas de Belo Monte. Nous, peuple indigène du Xingù, luttons pour notre peuple, pour notre terre mais aussi pour l’avenir de la planète. Le président Lula a déclaré qu’il était inquiet pour les Indiens, qu’il était préoccupé par l’Amazonie et qu’il ne voulait pas que des ONG internationales s’opposent au barrage de Belo Monte. Nous ne sommes pas des ONG internationales. Nous, les 62 leaders indigènes des villages de Bacajâ, Mrotidjam, Kararaô, Terra-Wanga, Boa Vista Km 17, Tukamâ, Kapoto, Moikarako, Aykre, Kiketrum, Potikro, Tukaia, Mentutire, Omekrankum, Cakamkubem et Pokaimone, avons déjà subi de nombreuses invasions et affronté de nombreux dangers.

Lorsque les Portugais sont arrivés au Brésil, nous, les Indiens, étions déjà là ; beaucoup sont morts, beaucoup ont perdu leurs vastes territoires, la plupart de leurs droits, beaucoup ont perdu une partie de leur culture et d’autres groupes ont totalement disparu.

La forêt est notre épicerie, la rivière notre marché. Nous ne voulons pas que les cours d’eau du Xingù soient envahis et que nos villages et nos enfants, qui seront élevés selon nos coutumes, soient en danger. Nous ne voulons pas du barrage hydroélectrique de Belo Monte car nous savons qu’il n’apportera que destruction. Nous ne pensons pas qu’au seul niveau local, mais à toutes les conséquences destructrices de ce barrage : il attirera encore plus d’entreprises, plus de fermes, il favorisera l’invasion de nos terres, les conflits et même la construction de nouveaux barrages. Si l’homme blanc continue ainsi, tout sera très vite anéanti. Nous nous demandons : « qu’est-ce que le gouvernement veut de plus ? Qu’apportera de bon tant d’énergie après tant de destruction ? »

Nous avons déjà organisé de nombreuses réunions et avons participé à de grandes rencontres pour nous opposer au complexe de Belo Monte, comme en 1989 et en 2008 à Altamira, et en 2009 dans le village de Piaraçu où beaucoup de nos leaders étaient présents. Nous avons déjà personnellement parlé avec le président Lula pour le convaincre que nous ne voulions pas de ce barrage et il nous a promis qu’il ne nous serait pas imposé. Nous avons également discuté personnellement avec Eletronorte et Eletrobrâs, avec la Funai et Ibama. Nous avons déjà prévenu le gouvernement que si la construction du barrage avait lieu, la guerre serait déclarée et il en porterait la responsabilité. Le gouvernement n’a pas compris notre message et, une fois de plus, a nargué les peuples indigènes, assurant qu’il construirait le barrage coûte que coûte. Lorsque le président Lula a dit ceci, il a démontré qu’il ne tenait aucun compte de la parole des peuples indigènes et qu’il ne reconnaissait pas nos droits. Son manque de respect l’a conduit à planifier l’appel d’offres pour le Belo Monte durant la Semaine des peuples indigènes.

En raison de tout ceci, nous, les Indiens de la région du Xingù, avons invité James Cameron et son équipe, des représentants du Movimento Xingù para Sempre (ainsi que le mouvement des femmes, ISA et CIMI, AmazonWatch et d’autres organisations). Nous voulons qu’ils nous aident à transmettre notre message au monde entier et aux Brésiliens eux-mêmes qui ne savent pas encore ce qui se passe dans le Xingu, Nous les avons invités car nous savons qu’il y a beaucoup de gens au Brésil et ailleurs qui veulent nous aider à protéger nos droits et nos territoires. Ceux-ci sont bienvenus parmi nous.

Nous luttons pour notre peuple, pour nos terres, pour nos forêts, pour nos rivières, pour nos enfants et à la gloire de nos ancêtres. Nous luttons également pour l’avenir du monde, car nous savons que ces forêts sont autant bénéfiques aux peuples indigènes qu’à la société brésilienne et au monde entier. Nous savons aussi que sans ces forêts, beaucoup de gens souffriront, beaucoup plus que de toutes les destructions qui ont eu lieu par le passé. Tout vie est interconnectée, comme le sang qui unit les familles. Le monde entier doit savoir ce qui se passe ici, il doit se rendre compte à quel point la destruction des forêts et des peuples indigènes signifie sa propre destruction. C’est pour ces raisons que nous ne voulons pas de Belo Monte. Ce barrage signifie la destruction de notre peuple. En conclusion, nous proclamons que nous sommes décidés, que nous sommes forts, que nous sommes prêts à nous battre et que nous nous souvenons des termes de la lettre qu’un Indien d’Amérique du Nord avait jadis envoyé à son président : « C’est seulement lorsque l’homme blanc aura détruit la forêt entière, lorsqu’il aura tué tous les poissons et tous les animaux et aura asséché toutes les rivières qu’il s’apercevra que personne ne peut manger l’argent « .

Auteurs : Cacique Bet Kamati Kayapô, Cacique Raoni Kayapô et Yakareti Juruna

Signature de la pétition de RAONI

source article : http://raoni.fr