dissuasion nucléaire, Chine
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Alors que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (USA, Chine, Russie, France, Royaume-Uni) se sont réunis lundi 3 janvier pour convenir qu’une « guerre nucléaire ne pouvait être gagnée », la Chine a fait savoir dès mardi 4 janvier qu’elle continuerait à « moderniser son arsenal nucléaire pour des questions de fiabilité et de sécurité ».

Question de sécurité

« Nous affirmons qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée. Compte tenu des conséquences de grande ampleur qu’aurait l’emploi des armes nucléaires, nous affirmons également que celles-ci, tant qu’elles existent, doivent servir à des fins défensives, de dissuasion et de prévention de la guerre. Nous sommes fermement convaincus de la nécessité de prévenir la poursuite de la dissémination de ces armes », ont en effet déclaré les cinq membres permanents, estimant qu’il était de leur « responsabilité première d’éviter une guerre entre États dotés d’armes nucléaires et de réduire les risques stratégiques ».

Mais puisque dissémination ne veut pas dire modernisation, la Chine a dès le lendemain annoncé qu’elle « continuera à moderniser son arsenal nucléaire pour des questions de fiabilité et de sécurité ». « Les armes nucléaires vieillissent également. Nous devons nous assurer que les nôtres sont à jour et peuvent également servir de moyen de dissuasion », s’est justifié Pékin.

USA/Russie, bien plus mauvais élèves 

« La Chine a toujours adopté la politique de non-recours en premier aux armes nucléaires et nous maintenons nos capacités nucléaires au niveau minimal requis pour notre sécurité nationale », s’est défendu Pékin, rappelant que ses principaux concurrents, Washington et Moscou, disposaient de stocks considérables.

« Les États-Unis et la Russie possèdent encore 90 % des têtes nucléaires de la planète. Ils doivent réduire leur arsenal nucléaire de manière irréversible et juridiquement contraignante », insiste la Chine, qui rappelle que Washington dispose de 5550 armes nucléaires, contre 350 pour Pékin.

pacifistes, dissuasion nucléaire
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Jeudi 26 septembre, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, les membres de l’association Mouvement de la paix sont descendus dans les rues pour sensibiliser les maires à la question, et exiger qu’ils se positionnent quant au traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN).

Entrée en vigueur prochaine

Par leurs manifestations, les pacifistes de Mouvement de la paix veulent alerter les maires, pour que ceux-ci adoptent des vœux en faveur de la signature du TIAN par Paris. Car la France est parmi les neuf pays détenteurs de l’arme atomique, qui ont bien sûr, pour l’instant, tous refusé de ratifier ce traité adopté à l’ONU en juillet 2017. 

Seulement 26 Etats ont ratifié le TIAN, mais ce ne seront pas les derniers. C’est en partie pour cela que cette journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires est si importante, puisqu’elle pourrait entraîner la ratification prochaine de plusieurs nouveaux pays. « L’an prochain, l’on devrait voir l’entrée en vigueur du traité, quand il sera ratifié par cinquante États », se réjouit Roland Nivet, porte-parole du Mouvement de la paix. L’entrée en vigueur du traité aurait pour conséquence de rendre illégale la dissuasion nucléaire.

Urgence

« Il y a urgence. Il existe un risque très important d’utilisation des armes atomiques. Un risque plus grand qu’il ne l’était à l’époque de la guerre froide », alertait Pierre Villard, de la Campagne pour l’abolition des armes nucléaires (Ican), lors d’un entretien à la Fête de l’Humanité le 15  septembre. Et selon le pacifiste, la menace est encore plus forte depuis que les États-Unis ont quitté, cet été, le traité FNI sur les missiles intermédiaires. 

En effet, un mois à peine après leur retrait, les Américains ont mené de nouveaux essais de missiles de portée intermédiaires capables de transporter des têtes nucléaires. Une démonstration aussitôt dénoncée par Pékin et Moscou, qui y voient le risque d’une «  escalade des tensions militaires  », et d’une relance de la course aux armements.