Accords de Paris, Michael Bloomberg, Etats-Unis, Donald Trump
Politique

L’ancien maire de New-York Michael Bloomberg a annoncé qu’il allait donner 4,5 millions de dollars aux Nations Unies pour compenser la perte causée par le retrait des Etats-Unis dans le cadre des accords de Paris.

Le milliardaire et ancien maire de New-York Michael Bloomberg a récemment déclaré sur CBS qu’il voulait compenser une partie de la part américaine pour les accords climatiques de Paris. Donald Trump ayant fait savoir que les USA se retiraient de l’accord en juin 2017, Michael Bloomberg entend contrebalancer comme il peut la perte financière qui en découle.

« Nous avons une responsabilité » estime l’ancien homme politique. Il ajoute : « L’Amérique a pris un engagement et en tant qu’Américains… »J’ai les moyens de le faire, je vais donc envoyer un chèque du montant des sommes promises. » Soit l’équivalent de 3,7 millions d’euros.

Michael Bloomberg n’en est pas à son premier coup en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. En juin 2017 déjà, soit au moment où l’actuel président US a officialisé le retrait du pays des Accords de Paris, l’ancien maire de New-York avait fait savoir qu’il allait versé 15 millions de dollars aux Nations Unies via sa fondation Bloomberg Philantropies.

 

Grève, SNCF, Macron, Donald Trump
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En déplacement officiel aux Etats-Unis où il rencontrera Trump, Emmanuel Macron a donné une longue interview à la chaîne TV Fox News. Il y a notamment déclaré qu’il ne reculera pas d’un centimètre sur la réforme de la SNCF.

Un bras de fer vient de s’engager entre les grévistes de la SNCF et Emmanuel Macron. Un bras de fer à distance mais un combat très clair pourtant. Le président est en déplacement ces jours-ci aux Etats-Unis pour y rencontrer Donald Trump. Il a donné une longue interview à la chaîne TV Fox News, très proche du président américain, un soutien même. Le choix d’Emmanuel Macron ne devant évidemment rien au hasard, comme à chacune de ses actions ou de ses dires. Maîtrisant les techniques de communication politique, l’ex-banquier d’affaires de chez Rothschild espère apaiser les tensions avec les USA au sujet notamment des accords climatiques. Comme il espère également développer les relations économiques.

Mais en attendant de rencontrer le président américain, Emmanuel Macron a fait une déclaration on ne peut plus claire au sujet de la réforme de la SNCF. Interrogé sur le conflit social avec les cheminots et sur l’éventualité de revenir en arrière sur la réforme, le président déclare : « Aucune chance. Je n’ai pas d’autres choix car si j’arrête, comment pourrais-je moderniser le pays et faire ce demi-tour ? Je suis là pour servir mon peuple et mon pays, lui rendre sa grandeur ». Une dernière partie de phrase qui fait écho au slogan de campagne de Donald Trump : « Make America great again », déjà copié par le président lorsqu’il défendait les accords de Paris avec le slogan « Make our planet great again ».

Une déclaration savamment préparée et qui vise plusieurs objectifs : gagner la bataille d’opinion face aux grévistes et plaire à son hôte américain.

Politique

« Un cauchemar. Pour nous, pour l’Europe ». C’est par ces mots, forts, que la Lettonie, par la voix du président de la Commission des affaires étrangères de son parlement, Ojars Kalnins, a qualifié l’attitude et les propos de Donald Trump face aux pays baltes. Celui qui n’était encore que candidat à la Maison Blanche n’a pas manqué, tout au long de sa campagne, de multiplier les signes de soutien à la Russie de Vladimir Poutine. Un article du Financial Times, dans lequel le candidat républicain affirmait qu’il refusait de garantir la protection des Etats-Unis à la Lituanie, à la Lettonie et à l’Estonie, a achevé de semer la panique dans les chancelleries baltes. 

Des pays qui avaient déjà vu d’un mauvais œil les propos de Donald Trump selon lesquels il pourrait reconnaître l’annexion de la Crimée par la Russie et lever les sanctions internationales contre Moscou. Et qui ne se sont toujours pas remis des déclarations de Newt Gingrich, un pilier du parti républicain, qualifiant l’Estonie de « banlieue de Saint-Pétersbourg ». Et de fait, le nouveau président élu n’a jamais caché son peu d’entrain à ce que les Etats-Unis, par l’intermédiaire de l’Otan, continuent de protéger des pays européens dont il estime – à raison – qu’ils n’honorent pas leurs engagements financiers en matière de défense. Les pays membres de l’Alliance atlantique sont, en effet, supposés consacrer au moins 2% de leur PIB aux dépenses militaires. Les pays baltes, à l’instar de la majorité des autres Etats membres de l’Otan, sont loin du compte.

Laisser les coudées franches au Kremlin en Europe baltique s’avèrerait, pourtant, un très mauvais calcul, et ce alors que le pouvoir de Moscou s’étend toujours plus à l’Ouest, s’appuyant déjà sur un certain nombre d’avant-postes aux portes de l’UE : l’Ukraine de l’Est, bien sûr, mais aussi la Biélorussie, jamais vraiment sortie du giron russe (la Biélorussie est membre de la Communauté des Etats indépendants, au même titre que huit autres anciennes Républiques soviétiques). Le cas biélorusse montre bien à quoi peut ressembler un ancien pays du bloc soviétique européen laissé pour compte par l’Otan et donc, de facto, phagocyté par la Russie. Et ça n’a rien de réjouissant.

La Biélorussie, pays-témoin de l’influence russe en Europe

La Biélorussie : ses forêts couvrant 40% du territoire, ses plaines du Sud contaminées par les radiations de Tchernobyl, ses 9,5 millions d’habitants aux conditions de vie précaires et, bien-sûr, son inamovible président, Alexandre Loukachenko. Elu en 1994, constamment reconduit depuis, l’autocrate moustachu dirige d’une main de fer le petit pays, satellite de Moscou, qui n’a d’une République que le nom.

Le 24 novembre, le Parlement européen s’est officiellement ému, à la faveur d’une résolution votée à une écrasante majorité de 468 voix contre 21, de l’absence de progrès démocratiques en Biélorussie. Constatant « qu’aucune élection libre et juste n’a été tenue en Biélorussie depuis 1994 », les députés européens dressent, dans leur résolution, un bien triste tableau de la situation du pays. Un pays dont la majorité des pans économiques restent sous la coupe de l’Etat, qui n’a permis à aucune nouvelle formation politique d’émerger depuis l’an 2000, et dont les autorités mettent un point d’honneur à harceler et emprisonner tout opposant digne de ce nom.

Les eurodéputés en profitent pour demander à la Biélorussie, qui reste le dernier pays du Vieux continent à appliquer la peine de mort, de mettre en place un moratoire sur ce châtiment, qui constituerait « un premier pas vers son abolition permanente ». Un appel dont tout laisse à penser qu’il sera ignoré par les autorités biélorusses, alors que la Cour suprême a confirmé pas moins de quatre sentences capitales durant la seule année 2016. Enfin, les membres du Parlement européen expriment leur inquiétude quant aux mesures de sécurité entourant le chantier de la nouvelle – et toute première – centrale nucléaire biélorusse.

Située dans le district d’Ostrovets, la future centrale ne se trouve qu’à 50 kilomètres de la capitale lituanienne, Vilnius. Une ville qui devrait être entièrement évacuée si le moindre accident se produisait dans la centrale voisine. Et ce ne sont pas l’absence des plus élémentaires règles de sécurité, le non-respect des tests de résistance pourtant obligatoires ou la situation de l’installation nucléaire dans une zone sismique qui vont rassurer les populations européennes voisines.

Qu’importe pour la Biélorussie : Alexandre Loukachenko sait qu’il peut compter sur l’appui de Moscou, auprès de qui il a obtenu l’intégralité des prêts nécessaires pour l’édification de la centrale, elle-même construite par le numéro un du nucléaire russe, l’entreprise d’Etat Rosatom. Pour le Kremlin, la future centrale d’Ostrovets est avant tout l’instrument d’un impérialisme énergétique. Il s’agit de renforcer la dépendance des pays européens à l’énergie russe, le gaz en premier chef. Et, avec la centrale d’Ostrovets, de couper court aux velléités des pays baltes de se raccorder aux réseaux électriques européens. Un message reçu cinq sur cinq en Lituanie.

Les Lituaniens votent pour le maintien des sanctions contre la Russie

Appelés aux urnes en octobre, les Lituaniens ont offert la victoire à l’Union des Verts et des Paysans, une formation populiste, difficile à classer sur l’échiquier politique. Le nouveau chef du gouvernement, Saulius Skvernelis, à l’unisson avec son parti, soutient fermement le maintien des sanctions internationales décidées à l’encontre de la Russie, en représailles de l’incursion militaire des forces russes en Ukraine. Le ministre des Affaires étrangères lituanien s’est dit, quant à lui, « très préoccupé » par le sort des pays baltes. Il redoute en effet que les trois petits pays européens ne servent de manière de « test » de la part de Vladimir Poutine sur son nouvel homologue américain.

Bien décidé à ne pas laisser libre cours aux tentations impérialistes du Kremlin, le nouveau Premier ministre lituanien s’est donc empressé d’affirmer que son pays était prêt à porter ses efforts financiers en direction de l’armée à hauteur des 2% prévus, d’ici à 2018 au plus tard. Un volontarisme, dont la soudaineté dit assez clairement la fébrilité que le géant russe inspire à ses anciens vassaux.

Matthieu Caron