Coup de gueule

greve_de_la_faim_iran.jpg Le régime iranien continue d’emprisonner les opposants et de bafouer les droits de l’Homme. Il est bien difficile de lutter efficacement contre un régime qui nie les libertés fondamentales de ses citoyens et dont les pressions et menaces sont quotidiennes. La grève de la faim devient alors une arme pour faire entendre la voix de ceux qui sont victimes d’un régime qui n’admet pas la moindre contradiction ni remise en cause de son pouvoir.

Les prisonniers politiques se dénombrent par milliers en Iran. Aucun chiffre vérifiable n’est consultable, mais les rapports des ONG sont unanimes, il n’est pas bon de critiquer le régime et dévier de la doxa des mollahs peut vous amener tout droit à la case prison. Des opposants politiques dans les geôles iraniennes ont lancé une grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements dont ils sont victimes et interpeller la communauté internationale – bien trop souvent apathique – sur leur sort.

80 prisonniers politiques ont entamé une grève de la faim début novembre pour mettre en lumière la manière dont ils sont traités par des autorités iraniennes qui veulent réprimer toute contestation à l’intérieur du pays. Parmi eux, figure l’avocat Abdolfattah Soltani, membre fondateur du CDDH avec le prix Nobel de la Paix Shirin Ebadi. Par ce geste qui met en grave danger son intégrité physique l’opposant proteste « contre le refus par les autorités d’une assistance médicale pour les dizaines de prisonniers ».

Non contents d’emprisonner les porte-paroles de la liberté, les autorités iraniennes travaillent à leur affaiblissement mental et physique. Perçus comme des ennemis mortels, ils sont traités comme tels et physiquement menacés. Karim Lahidji, le président de la FIDH, honnie, par le régime explique qu’« en plus des actes de tortures infligés en détention provisoire et de lourdes peines qui font suite à des procès inéquitables les opposants politiques sont privés de traitements médicaux pourtant requis ».

Le régime iranien se montrera-t-il plus humain ? Rien ne laisse présager des gestes positifs deux semaines après le début de cette grève de la faim. En effet, d’autres grévistes de la faim ont entamé leur combat depuis plus de soixante-dix jours sans que le président Hassan Rohani ne fasse preuve d’une once d’humanité.

Après avoir fait exécuter des opposants politiques réfugiés en Irak lors de l’attaque du camp d’Achraf et avoir pris en otage sept autres réfugiés par l’intermédiaire des amis irakiens au pouvoir, les autorités iraniennes ont vu un vent de protestation internationale se lever. Des dizaines d’Iraniens en exil se sont lancés dans une grève de la faim pour dénoncer les exactions commises en toute impunité par Téhéran. Mais rien ne s’est passé depuis. Le régime ne cède sur rien et n’est pas prêt à embrasser une politique respectueuse des droits de l’Homme. Pauvre Iran.

Politique

jean-yves-ollivier.jpeg Homme d’affaires assez discret, proche de nombreux présidents et hommes de pouvoir africain, Jean-Yves Ollivier s’engage dans l’ombre depuis près de quarante ans pour la paix en Afrique et contre l’ingérence occidentale.

Sans langue de bois, ce businessman singulier prend la parole contre l’impérialisme des puissances occidentales sur le continent africain qu’il nomme le « militaro-humanisme » et qu’il perçoit comme l’héritage du vieux rêve civilisateur colonial. Il souhaite donc l’avènement d’une Afrique indépendante des puissances européennes et dénonce « l’aide au développement qui génère une dépendance malsaine vis-à-de l’Occident ».

On peut dire que l’homme connait parfaitement les rouages des relations franco-africaines, lui qui a longtemps joué l’intermédiaire officieux des relations entre le gouvernement français et les chefs d’Etat africain. L’aide au développement actuelle demeure une forme de paternalisme n’ayant pas de bénéfices réels à long terme pour les populations concernées et encourage même « la corruption généralisée » qui gangrène le continent africain depuis les Indépendances.

Contre le « temple tiers-mondiste » et contre « le droit-de-l’hommisme », il affirme sans tabou que les relations économiques entre l’Europe et l’Afrique doivent être totalement refondées dans le but d’apporter des avantages matériels à long terme pour les populations locales. Il prône ainsi la création de grandes infrastructures modernes, notamment dans le secteur des transports, problème malheureusement récurrent sur le continent Africain.

Si les mots de l’homme d’affaires semblent aller à contre-courant de la pensée officielle, n’y a-t-il pas une certaine part de vérité ? L’aide au développement n’est-elle pas in fine une forme de néocolonialisme qui encourage et généralise la corruption en Afrique ? A ces questions, l’Europe doit apporter une réponse précise et peut-être rompre en partie avec ce vieux rêve impérialiste et colonisateur, l’une des pages les plus sombres de son histoire.