COP26, éboueurs, Glasgow
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En marge de la conférence annuelle des parties sur le réchauffement climatique, les éboueurs écossais,  « travailleurs essentiels » à l’environnement, ont profité du tapage médiatique pour faire valoir leurs revendications  : pas de justice, ni sociale ni climatique, … pas de paix !

Chose promise, chose due

« Nous avons un message très clair pour le gouvernement écossais !  Payez à ces héros un salaire décent ! Parce qu’ils le méritent ! La camaraderie et la solidarité ne font que croître. Elle est toujours plus grande, plus grande et plus grande, et nous n’allons pas reculer », prévenait le 20 octobre dernier Chris Mitchell, le porte-parole du mouvement, menaçant de lancer une grève à l’ouverture de la COP26.

Et comme chose promise, chose due, la grève a débuté la semaine dernière, et n’a cessé de gagner en intensité depuis. Les éboueurs ont d’ailleurs été rejoints par le syndicat des locataires de Govanhill (quartier au sud de Glasgow), qui eux aussi dénoncent le manque de moyens mis en œuvre par la commune.  « Au-delà de la rémunération des travailleurs, en tant que résidents, nous devons voir des investissements massifs dans notre service de nettoyage, qui, pendant des années, a été en sous-effectif et sous-financé », estime l’association.

«  C’est une question d’environnement, notre métier  »

Lundi 8 novembre, l’ancien dirigeant du Labour, Jeremy Corbyn, est venu apporter son soutien aux grévistes, tout comme le secrétaire général des TUC (fédération des syndicats britanniques), Frances O’Grady. « La justice climatique et la justice sociale vont de pair, mais, alors que Glasgow accueille ce sommet sur le climat, les travailleurs essentiels qui la nettoient ne reçoivent pas le traitement juste et la considération au travail qu’ils devraient recevoir », a souligné ce dernier.

Mais de tous les orateurs se succédant pour prendre la parole, Chris Mitchell était le plus tranchant. «  C’est une question d’environnement, notre métier, nous avons affaire à du recyclage et du gâchis alimentaire. Il est malheureux et même lamentable de devoir endurer des coupes budgétaires depuis ces dix dernières années, et ces quatre dernières années ont été proprement horribles. Si vous vous souciez de l’environnement, vous devez investir dans les services publics, mais, malheureusement, Glasgow n’a fait que des économies d’échelle permanentes, au détriment du bien commun et des travailleurs », insiste le porte-parole des éboueurs.