Politique

 

La ministre de l’Education nationale a dévoilé son plan pour la rentrée 2016. Plus de bénéficiaires pour les bourses, plus de logements et de frais d’inscription maintenus.

C’est dans une récente interview accordée à la presse que Najat Vallaud-Belkacem a fait part des futures mesures en faveur des étudiants. Elle insiste en premier lieu sur la notion de “l’amélioration des conditions de vie des étudiants” et défend ainsi sa politique. Le premier sujet épineux sur lequel la ministre était attendue est la fameuse augmentation des droits d’inscription. Dans les tuyaux depuis le début du quinquennat, la ministre a du l’abandonner à la rentrée dernière. Et il en sera de même pour la rentrée 2016 : ” pour la deuxième année consécutive, il n’y aura pas d’augmentation des droits d’inscription à l’université.” Autre petit coup de pouce : la non augmentation de la cotisation sécurité sociale et le maintien du prix pour le ticket restaurant universitaire.

Logements et bourses en hausse

Après le maintien du niveau des dépenses de base pour les étudiants, la ministre entend bien également leur offrir des moyens supérieurs. En premier lieu, la question des logements étudiants est soulevée : “nous poursuivons la construction de 40 000 logements étudiants et nous avons créé la caution locative étudiante.”. Une offre en logements qui va par ailleurs s’accompagner d’une revalorisation du montant des bourses universitaires. Sur ce point, ce seront selon la ministre non moins de 25 000 étudiants supplémentaires qui percevront une bourse égale à 1 000€ par an pour autant que les revenus de leurs parents n’excèdent pas 33 000€ annuel.

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Souhaitant briser les ghetto sociaux et donner leur chance à des élèves issus de milieux défavorisés, Najat Vallaud-Belkacem vient d’officialiser l’expérimentation de mixité sociale. 17 territoires seront concernés à compter la rentrée prochaine, pour ce qui fera figure de test grandeur nature. Quitte à réformer la carte scolaire.

Comment parvenir à ce qu’un adolescent des quartiers ou des zones géographiques difficiles puisse avoir le maximum de chances de trouver sa place dans la société ? C’est une des questions à laquelle la Ministre de l’Education tente de répondre à travers les nouveaux enjeux de la mixité sociale. Le plan est assez simple : réformer la carte scolaire pour mettre en place une plus grande mixité dans les collèges. Faire vivre ensemble des enfants de quartiers aisés avec ceux provenant de milieux plus défavorisés en somme. Dès la rentrée 2016 donc, 17 territoires seront ainsi concernés par cette nouvelle mesure qui a le mérite de tenter un rapprochement social entre les différentes couches de la population.

Une première phase d’évaluation

Mais avant de déployer cette réforme à l’ensemble de la France, une cinquantaine de collèges feront office de test grandeur nature. 50 collèges sur les plus de 7 000 peut paraître dérisoire mais cela permettra au Ministre de l’Education d’essuyer les premiers couacs et d’ajuster le tir si nécessaire. Pour autant, on ne peut que saluer la démarche qui tend vers un progrès social. A ce titre, 17 départements pilotes se sont portés volontaires : Bas-Rhin, Charente-Maritime, Doubs, Eure-et-Loire, Haute-Garonne, Haute-Loire, Haute-Savoie, Hérault, Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, Loire, Maine-et-Loire, Meurthe-et-Moselle, Paris, Puy-de-Dôme, Seine-Saint-Denis et Tarn.

Reste à savoir à présent comment cette phase pilote se déroulera et restera également à la Ministre d’être en capacité de convaincre la totalité des départements, des académies et des régions d’appliquer la réforme sur l’ensemble de la France.

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Education nationale : plus de 43 000 recrutements et deux concours externes

Pour remplacer les départs des enseignants en 2013, 22 100 postes sont ouverts aux concours de recrutement externe :

– Comme les années précédentes, ces concours sont destinés aux étudiants en cours de deuxième année de master – Les épreuves d’admissibilité ont lieu à l’automne 2012 et les épreuves d’admission en juin 2013 – Il est prévu, pour les candidats admissibles, un renforcement de l’offre de stage au cours du second semestre de la deuxième année de master, avant les épreuves d’admission – Les étudiants admis seront affectés et en poste à la rentrée 2013 – Ils bénéficieront d’une décharge d’au moins 3 heures permettant un accompagnement de la prise de poste renforcé par rapport à la rentrée 2012

Un second concours sera organisé, en juin 2013, afin de recruter les enseignants destinés à pourvoir les postes à la rentrée 2014 :

– 21 350 postes seront ouverts – Dans le cadre d’un dispositif transitoire, le concours sera ouvert aux étudiants en première année de master – La date des épreuves d’admissibilité est anticipée à juin 2013 ; les épreuves d’admission auront lieu en juin 2014 – Les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) seront, au sein de l’université, l’opérateur de formation de l’État en faveur des enseignants et des étudiants qui se préparent aux concours de l’enseignement – Un stage en responsabilité sera proposé au cours de l’année de M2 à ces étudiants. Le service d’enseignement demandé sera à temps partiel – Les lauréats seront affectés et en poste à la rentrée 2014

source article : http://cache.media.education.gouv.fr

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Education nationale : Manifeste contre le dépouillement de l’école

Les initiateurs du collectif et du manifeste sont un groupe d’enseignants syndiqués (de différents syndicats) et non syndiqués, qui se battent pour une école publique de qualité. Certains ont accepté de prêter leur image pour cette campagne, mais ils ne sont pas seuls et tous ceux qui le souhaitent peuvent rejoindre le collectif.

Nous avons décidé de créer ce calendrier pour illustrer notre révolte et notre sentiment de dénuement.

Nous, collectif contre le dépouillement de l’école, déclarons que les « réformes » appliquées à l’Éducation nationale n’ont de réforme que le nom, et qu’elles masquent en réalité, le plus insupportable, le plus dangereux des dépouillements. Aujourd’hui, selon une logique comptable et technocratique à courte vue, les fondements de l’école républicaine sont menacés, et l’idéal d’une éducation de qualité pour tous sapé à la base.

Nous proclamons aujourd’hui que « l’école est nue ».

Nue non seulement parce qu’elle est privée de moyens financiers, mais aussi et surtout parce qu’elle est amputée progressivement de son sens, expurgée de la visée humaniste qui, depuis les Grecs, lui donne son nom d’« école ».

L’école est dépouillée quand le gouvernement tarit les concours de recrutement de professeurs, quand il n’assure plus la relève des enseignants retraités, ni les remplacements de professeurs malades ou en congé, et qu’il fait appel à des « viviers de vacataires » non formés et corvéables à merci. L’école est abandonnée, quand l’État se décharge de son financement sur les collectivités locales, supprime la carte scolaire et impose l’« autonomie des établissements », instaurant de telles inégalités entre académies, filières et élèves, qu’il bafoue ses principes républicains.

L’école est dégarnie, quand elle est vidée de sa présence humaine (surveillants, conseillers d’orientation-psychologues, médecins et infirmiers scolaires, assistants sociaux, assistants pédagogiques…), remplacés par des caméras de surveillance et autres portiques de sécurité.

Les professeurs sont démunis, placés devant des élèves sans formation pratique sérieuse quand ils débutent ; obligés, au détriment de la qualité de leurs cours, d’assumer des tâches de plus en plus nombreuses ; sommés, dans certaines filières « réformées », de se convertir à des disciplines qu’ils ne maîtrisent pas en l’espace de quelques semaines ; travaillant souvent sans manuel scolaire et sans savoir à quel examen ils préparent les élèves, car les nouveaux programmes sont appliqués dans la précipitation ; contraints de bricoler, de s’agiter, de faire semblant, de s’adapter à tout et surtout à n’importe quoi sous couvert d’innovation pédagogique.

Les professeurs sont destitués, désormais recrutés, selon leur conformité idéologique au modèle du « fonctionnaire responsable » davantage que pour leur maîtrise d’un savoir ; bientôt réduits à des employés lambda, privés de l’essentiel de leur liberté pédagogique, soumis à une concurrence absurde ; obligés pour mendier des moyens de vendre leurs « projets » comme une soupe, et de se battre contre d’autres professeurs pour conserver leurs heures de cours ou leur poste.

Les élèves sont spoliés, parqués à 35 ou 40 dans les classes, livrés à la loi des « flux », broyés dans la masse ; privés de centaines d’heures de cours dans les différentes disciplines, au profit d’activités-gadgets ; privés de dispositifs efficaces de soutien ; leurs familles rendues responsables de leur échec via des « contrats de réussite » ou des « stages d’été » inadaptés.

Les élèves sont appauvris parce qu’on leur refuse d’apprendre le latin et le grec, les langues dites « rares » (c’est-à-dire toutes hormis l’anglais), les arts et ce qui n’est pas « rentable » ; parce que les nouveaux programmes leur proposent de l’anglais sans Shakespeare, de l’histoire sans passé, du français sans grammaire, des mathématiques sans démonstration – toujours moins de culture, et plus de procédures.

Les élèves sont dépecés, eux que l’on doit calibrer avec des « items » selon les nouvelles « grilles de compétences », comme si l’intelligence humaine pouvait se découper en tranches ; eux à qui l’on doit inculquer un « socle commun de connaissances et de compétences » davantage fondé sur l’idéal de l’O.C.D.E que sur celui de Montaigne. Aujourd’hui nous appelons tous les « dépouillés » de l’Éducation nationale à nous rejoindre.

Professeurs, parents, élèves, citoyens, il est encore temps d’inverser le cours délétère des pseudo-« réformes » qui transforment l’école en garderie sociale et transfèrent ses missions vers le secteur privé, au profit des plus riches et des mieux informés. Il suffit d’une volonté politique, celle de démocratiser le savoir, jadis portée par un Condorcet, un Jules Ferry, ou le comité national de la Résistance (qui a produit la commission Langevin-Wallon).

Nous en appelons aux responsables politiques français, pour qu’ils agissent résolument contre le dépouillement de l’Éducation nationale.

Pour signer le manifeste, cliquez ici : http://ecole.depouillee.free.fr/spip.php?article6

Pour voir leur calendrier : http://ecole.depouillee.free.fr/spip.php?article2